Promouvoir et défendre le logiciel libre

28 July 2016

bansieau.png Benoît ANSIEAU

Paiement par carte

Le 28 July 2016 à 16:05:51

Je suis à la recherche actuellement d’une peluche, ou d’un porte clef à l’image de «Bip Bip» / «Road Runner», et c’est une chose étonnamment difficile à trouver.

Et alors que j’avais trouvé un fournisseur (avec un tarif raisonnable), je n’ai pas pu, éthiquement, en faire le paiement.

On m’a proposé de payer par carte, en leur envoyant le numéro par mail ou par fax

Visiblement, pour certaines entreprises c’est quelque chose d’acceptable.

32 ou 64 Bits ?

Le 28 July 2016 à 11:00:53

Petit article technique sur une évidence finalement pas si claire.

CPU

Parmi les multiples unités de calcul que contient un ordinateur l’unité de calcul centrale, ou en anglais «Central Processor Unit», d’où l’abréviation CPU, est l’un des plus importants, et souvent celui pris en référence.

Ces unités font des opérations sur des «mots» de données : des suites de 1 et 0 d’une taille dépendants de la génération de l’unité de calcul.

Une unité de calcul pouvant gérer des mots d’une longueur de 32 unités (1 ou 0, des bits) est dite «32 bits».

C’est la différence fondamentale entre les «16 Bits», les «32 Bits» et les «64 Bits» : La taille des mots que l’unité est capable de traiter.

Attention : Un CPU 64 Bits, même s’il gagne en performance, n’en devient pas deux fois plus puissant que son équivalent 32 Bits

32 Bits : La référence … historique

Dans la plupart des cas, la question ne se pose simplement pas pour l’utilisateur même éclairé, sauf dans le cas des CPU de la famille des x86 qui équipent ce que l’on appelle communément les PC, ce qui inclut les machines Apple Mac depuis 2006, et bien d’autres choses.

Après un bref début sur des CPU (8086, 8088, 80286) en 16 Bits, les PC ont adopté (avec les 80386) une conception en 32 Bits dès 1986, et que l’on retrouve encore aujourd’hui.

Et si les premiers systèmes MS-DOS fonctionnaient en 16 Bits, les premières versions populaires de Windows (Windows 3) nécessitaient un processeur 32 Bits.

Rétrocompatibilité

Depuis le début des années 2000, on commence à voir apparaître des x86 en 64 Bits : x86_64, qui en plus d’augmenter la capacité de traitement du processeur en profitent pour revoir en profondeur les principes de conception et faire tomber certaines limitations historiques (Voyez Wikipédia pour plus de détails).

Pour éviter de laisser de côté tout le travail historique, les architectures x86 sont «Rétrocompatibles» :

  • Un système 16 Bits peut fonctionner sur un CPU 16 Bits, 32 Bits ou 64 Bits
  • Un système 32 Bits peut fonctionner sur un CPU 32 Bits ou 64 Bits
  • Un système 64 Bits ne peut fonctionner que sur un CPU 64 Bits

Cela signifie qu’il y a encore peu (avant la généralisation de l’UEFI, mais cette partie nécessiterait un article complet) on pouvait faire fonctionner un vieux DOS des années 80 sur une machine de 2014. Avec toutes les limitations qu’apporterait un si vieux système sur un matériel aussi récent.

Prudence, Prudence

Dans cette période de transition technologique, et dans l’incertitude du CPU auquel nous avions alors à faire, quelques constatations se furent rapidement :

  • Un système 32 Bits fonctionnait sur la majorité des ordinateurs (le 16 bits n’étant que historique).
  • Le gain du 64 Bits était peu visible, avec la réputation de n’être nécessaire que pour des «usages spécifiques».
  • L’acteur majeur qu’est Microsoft, avec son Windows ne s’est mis que tardivement au 64 Bits
    • La version 64 Bits de Windows XP n’avait une distribution que très restreinte.
    • Les constructeurs ont mis longtemps avant de créer des pilotes pour les Windows 64 Bits, d’où une mauvaise gestion du matériel dans les années 2000.
    • Les premières versions des Windows 64 Bits cassaient la compatibilité avec les applications 16 Bits encore utilisées par certaines entreprises.

La seule véritable limitation visible par l’utilisateur est que sans l’utilisation d’une extension PAE, testé un temps sur certaines versions de Windows XP, mais aujourd’hui complètement abandonnées par Microsoft : Le CPU ne sait pas gérer plus de 4 Go de mémoire RAM, valeur alors énorme à l’époque (et même encore souvent considéré comme acceptable il y a peu).

Un système Windows 32 Bits n’arrivera, Quelle que soit la quantité de mémoire installée et le CPU de la machine, qu’a gérer un maximum de 3,25 Go de RAM.

Installer du 32 Bits était donc l’assurance de ne pas avoir de problème, le 64 Bit n’étant à envisager que sur des besoins spécifiques. Après 15 ans d’existence des CPU 64 Bits, cette règle s’applique toujours.

Les autres systèmes

Même si le système de Microsoft est le plus présent sur le marché, il est loin d’être le seul à fonctionner sur des CPU x86

Apple MacOS

Depuis 2006 les ordinateurs Apple utilisent des CPU x86, mais le nombre de machine limitée et la forte maîtrise que la société a sur son matériel est ici une chance. La société a pu gérer la transition de bout en bout.

Aujourd’hui tous les ordinateurs Apple et les systèmes Mac OS actuellement encore supporté sont en 64 Bits

Gnu/Linux

Le monde du logiciel libre est plutôt réactif sur ce type de nouveautés. On a trouvé très vite des systèmes complètement en 64 Bits et les systèmes 32 Bits ont très vite géré le PAE qui permet la gestion de plus de 4 Go de mémoire RAM.

Seuls les modules non libres, tel que les pilotes graphiques, ou des modules tels que Flash ont historiquement posé des difficultés.

Aujourd’hui ?

Mis à part le cas particulier d’une machine historique qui aurait un CPU 32 Bits seulement, il n’y a plus aucune raison d’utiliser un système 32 Bits.

Les Windows Vista, Seven, 8 et 10 existent en 64 Bits, les pilotes matériels y sont maintenant adaptés et de nombreuses applications également. Ces versions sont même nécessaire pour gérer plus de 4 Go de mémoire RAM, qui sont aujourd’hui une quantité minimum pour de nombreuses applications.

Pour les systèmes Apple, la question ne se pose pas. Le tout étant géré par le constructeur et le choix n’étant finalement pas laissé à l’utilisateur (comme pour tout les autres type de CPU)

Les systèmes Gnu/Linux, et les autres grands systèmes libres gèrent depuis longtemps les systèmes en 64 Bits à 100%.

l’UEFI

Le changement du système de démarrage des ordinateurs de type PC, abandonnant le BIOS des années 1980 pour le nouveau système UEFI, pourrait signer la fin de l’historique 32 Bits.

Effectivement, mis à part les premières machines Apple avec CPU x86, les ordinateurs avec un UEFI sont équipés d’un CPU 64 Bits, et les systèmes 32 Bits ne prennent simplement pas en charge le démarrage via un UEFI.

Mode Legacy – Retour au BIOS

Pendant longtemps, les nouveaux UEFI possédaient un mode de fonctionnement imitant le fonctionnement du BIOS pour laisser le temps de la transition. Et passer dans ce mode de compatibilité permet de continuer à utiliser les systèmes 32 Bits qui apportent ce confort historique.

Mais si ce mode a existé pendant plus de 10 ans, il tend aujourd’hui à disparaître pour laisser la place à l’unique nouvel UEFI … Rendant ces nouveaux systèmes incompatibles avec les systèmes 32 Bits.

Conclusions

Les systèmes 32 Bits sur x86 appartiennent aujourd’hui au passé récent, et même s’il mettra encore longtemps avant de disparaître complètement de notre paysage informatique, surtout à force d’habitude, il n’y a aujourd’hui plus de véritable raison de ne pas adopter le 64 Bits à 100%.

Mais les habitudes sont souvent difficiles à changer.

26 July 2016

april.png Nouvelles April

Logiciel libre et monde associatif : état des lieux - Laurent Costy - RMLL2015

Le 26 July 2016 à 15:00:58


Laurent Costy

Titre : Retour sur les rapports entre associations et logiciels libres
Intervenant : Laurent Costy
Lieu : RMLL2015 - Beauvais
Date : Juillet 2015
Durée : 33 min 38
Licence : Verbatim
Pour visionner la vidéo

Présentation

Il s’agira de regarder comment évoluent la prise en compte, par les associations 1901, des logiciels libres dans leur quotidien suite à l’enquête menée par le groupe de travail Libre Association de l’April sur ce sujet fin d’année 2014 et début d’année 2015.
231 associations ont ainsi rempli entièrement le questionnaire et ces réponses seront présentées et comparées pour certaines d’entre elles, aux résultats d’un questionnaire proche mis en place en 2008/2009.

Transcription

Bonjour à tous. Je vous propose de commencer puisque la conférence était censée commencer à 14 heures. Je vous rappelle très rapidement le thème, même si je pense que vous savez pourquoi vous êtes là. L'idée c'est de parler de logiciel libre et de monde associatif, et de cibler plus particulièrement un état des lieux, suite à un questionnaire qui a été émis fin d'année 2014, début d'année 2015. Les résultats qui vont être présentés brossent, une partie des résultats, mais pas l'ensemble, évidemment, on n'aurait pas le temps aujourd'hui. Pour l'instant il n'y a pas encore eu de note de synthèse qui a été produite et diffusée, parce qu'elle est encore en cours de finalisation. Elle devrait finir dans le courant du mois de juillet, et puis je pense qu'on aura ça disponible sur le site de l'April1 au mois de septembre. Dans la présentation vous avez toutes les adresses qui vous mentionneront le lieu où vous pourrez trouver la synthèse, enfin l'analyse de toutes les questions qui avaient été posées fin 2014, début 2015.

Je me présente très rapidement. Moi je suis Laurent Costy, administrateur de l'April, et puis je m'occupe plus particulièrement, depuis 2007, de toute la question du rapport entre logiciel libre et associations, vous l'avez compris. Je vous ai rappelé le site libreassociation.info, qui est une déclinaison, qui est hébergé sur les serveurs de l’April, bien sûr, puisque c'est un groupe de travail au sein de l'April, et puis je vous indique aussi la liste, enfin l'adresse qui vous permet de vous inscrire à la liste mail Libre Association2, qui compte 240 inscrits, où on discute, effectivement, de toutes les questions associations et logiciel libre. Sur cette liste-là, on retrouve à la fois des gens qui sont très techniques, techniciens du logiciel libre, mais aussi beaucoup de personnes au sein d'associations qui souhaitent faire migrer leurs associations vers du logiciel libre, toujours plus de logiciel libre. D'ailleurs c'est beaucoup de personnes qui sont plutôt milieu associatif. On essaie de faire le lien entre les techniciens, alors « techniciens » entre guillemets, parce que techniciens, il faut entendre beaucoup de choses, mais entre techniciens et les membres d'associations.

Les associations en France

Très rapidement je vous ai brossé un paysage associatif en France. C'est important, quand même, de fixer les idées parce que c'est vrai qu'on ne prend pas forcément conscience de ce que ça représente sur le territoire. On est toujours, évidemment dans les médias, en train de parler des entreprises, de ce qu'elles produisent au niveau du PIB, etc., mais on oublie complètement la partie associative parce qu'elle est souvent dans l'état d’esprit comme quelque chose qui ne produit rien. Ceci étant, ce n'est pas du coup le cas. En France, alors ça, ça date de 2014, les chiffres, en France on avait 1,3 millions d'associations, ce n'est quand même pas neutre. Et puis on estimait qu'un Français sur deux était membre d'une association. Évidemment c'est inégal en fonction du territoire, etc., en tout cas ce n'est quand même pas négligeable sur la France.

Vous avez quelques chiffres en termes de thématiques associatives. C'est vrai que les associations les plus nombreuses ce sont les associations sportives, donc elles ne sont pas classées par ordre, mais en tout cas, ce sont les associations sportives. En général c'est la santé qui vient derrière. Alors après, évidemment, en fonction de la manière dont on classe, on a des différences, mais voilà, sport, santé, défense des droits et des causes, et puis l'éducation, action humanitaire. Là il y a le nombre d'associations et puis après, évidemment, il y a le poids, parce qu'il y a des associations qui emploient, par exemple, beaucoup plus de salariés que d'autres et puis surtout qui ont des budgets plus importants. Dans la santé, on sait que c'est là que les budgets sont les plus importants parce qu'il y a souvent délégation de service public, etc.

Je ne vais pas épiloguer, c'est pour avoir une représentation, un peu, du paysage associatif français. Si vous avez des questions là-dessus, de toutes façons il y a beaucoup de chiffres qui sont produits qui sont sur les sites de référence, en particulier Le Mouvement associatif3 qui coordonne, enfin qui représente la vie associative, auprès des ministères, en France.

1,3 millions d’associations, ça représente 24 millions de bénévoles. Contre les idées reçues il faut savoir, quand même, que le bénévolat ne décroît pas. On entend souvent : « Oh, je n'arrive pas à trouver des bénévoles dans mon association ». En fait, la réalité est plus complexe. C'est-à-dire que les associations continuent de croître, le nombre de bénévoles continue de croître, mais la manière de s'impliquer dans les associations change. C'est-à-dire qu'avant on avait des gens qui étaient capables de s'impliquer sur une unique association et y passaient tout leur temps. Maintenant les gens ont souvent des spécialités et préfèrent s'investir dans différentes associations sur leurs spécialités, par exemple. C'est ça qui va faire changer un peu les états d'esprit par rapport à tout ça. Donc voilà, il y a quelques indicateurs, comme ça, qu'il est important d'avoir en tête, pour lutter un peu contre les idées reçues.

Les volontaires, puisque c'est assez récent aussi dans le paysage associatif, le Service Civique qui se met en place et qui monte en puissance. Vous avez entendu les préconisations de M. Hollande. En termes de salariés ça représente 1,8 millions de salariés en France. Encore une fois, ce n'est pas neutre, et 1,7 milliards d'heures travaillées, ça, vous n'avez peut-être pas les chiffres en tête. En tout cas, ce qu'il faut peut-être retenir de tout ça, c'est que l'ESS, donc ce n'est pas que le milieu associatif, puisqu'à l'ESS, l’Économie Sociale et Solidaire4, il faut rajouter après les fondations et les mutuelles, représente 10 % de l'emploi privé en France. Donc c'est quand même assez considérable.

Et puis, chiffre important aussi, c'est que sur ces 1,3 millions, seulement 15 % de ces 1,3 millions ont des salariés. Donc la majeure partie des associations en France, finalement, n'ont que des bénévoles. D'accord ! Évidemment, il peut y avoir des associations avec un nombre de salariés très important, quand on rentre sur des associations de santé, des services à la personne, etc., il peut y avoir énormément de personnes.

Contexte &cadre de l’enquête

J'en ai terminé avec ça, c’était important de refixer un peu le contexte associatif en France et, du coup, je m'intéresse à l'étude qui a donc été menée, cette fin 2014, début 2015, donc ça été étalé, je pense, sur trois mois, je n'ai plus les dates exactes en tête, mais c'est entre, je crois que c'est 15 novembre jusqu'à fin février, où on a mis en ligne un questionnaire destiné aux associations, pour continuer à essayer de mieux connaître, un peu, leur rapport au logiciel libre. Pour faire ça, on a utilisé LimeSurvey, que certains connaissent peut-être, qui est un logiciel libre, qui permet de faire des enquêtes, qui est un logiciel assez abouti. Évidemment, ça reste un peu compliqué à appréhender comme logiciel au départ, il faut quand même investir un peu de temps, mais comme tout logiciel, je dirais, mais une fois qu'on l'a en main, c'est vrai que ça permet de mener ce type d’enquête et de dépouiller. On est dans le dépouillement. Complémentairement, évidemment, on a utilisé LibreOffice, Ngnumeric et puis Inskcape. Pourquoi Ngnumeric et Inskape ? Parce que, pour exporter des graphiques, finalement, pour exporter du SVG, Ngnumeric est pratique, alors que LibreOffice Calc ne le fait pas, je crois.

Une de nos attentions c'était de faire attention de ne pas trop interroger d'associations libristes. Il fallait qu'on ait des retours d'informations d'utilisateurs, je dirais lambda, pas des associations qui sont déjà sensibilisées au Libre, parce que ça aurait faussé un peu notre enquête. On a estimé qu'on avait moins de 5 %. Alors c'était important aussi d'avoir leur avis parce qu'elles préconisent aussi des choses, et puis elles sont en interaction avec des associations qui ont besoin de Libre, mais, en tout cas, on ne voulait pas trop d'associations libristes, donc on estime à moins de 5 %, une dizaine d'associations libristes, qui ont répondu. Il faut l'avoir en tête parce qu'il y a certaines questions pour lesquelles ça influence un peu les données, mais ça reste raisonnable par rapport aux conclusions qu'on peut tirer.

Il n'y a pas eu pas eu de questionnaires papier renvoyés, malgré le fait qu'on avait rendu ça possible. Évidemment, il y a plusieurs possibilités. D'abord, ceux qui ont eu l’information, c'était d'abord de l'information numérique par les réseaux numériques donc, de fait, les gens qui sont déjà réticents à du papier, ne sont pas sur les canaux de distribution numérique de cette information-là. Il faudrait creuser cette question-là mais, en tout cas, on n'a pas eu de retours papier alors qu'on pouvait télécharger, imprimer le fichier. Mais il aurait fallu, aussi, pouvoir envoyer de manière papier des questionnaires à des associations complètement isolées sur les territoires. Et là, on aurait peut-être eu des retours papier.

On avait déjà mené une enquête, un peu du même type, alors pas avec les mêmes questions, c'est pour ça qu'on ne va pas, dans la grande majeure partie des questions, on ne va pas pouvoir les comparer entre 2008 et 2009. Sur certaines questions on va pouvoir le faire, mais très peu, finalement, mais on avait déjà, quand même, mené une enquête avec le groupe Libre Association de l'April en 2008/2009. On avait eu 396 associations qui avaient rempli entièrement le questionnaire à cette époque-là, et on avait pu faire une première analyse et, du coup, fixer quelques éléments. Donc c'est en orange ici parce que le lien est actif. Donc ça veut dire que si vous cliquez sur « Une précédente enquête », vous êtes renvoyé sur le site libreassociation.info, et vous avez accès à l'analyse qui avait été produite à l'époque, donc qui commence à dater, mais, en tout cas, qui restera un témoin de cette période-là.

Pour cette session, on a eu moins de répondants. On n'a eu que 231 associations qui ont répondu, enfin que, comparativement à 2008/2009. Il y a eu 446 questionnaires qui ont été entamés mais qui n'ont pas été terminés. Donc là, ce sont des gens qui sont confrontés, peut-être, à des questions qui les dépassent, qui ne comprennent pas les questions. Ça, il faudrait pouvoir l’analyser, on est un peu en cours de dépouillement. On estime que, quand même, sur 231 associations, ça fait de la matière pour avoir des tendances. On ne peut pas conclure, on ne peut pas généraliser, évidemment, avec 231 associations, mais ça nous donne quand même quelques tendances, surtout quand on les corrèle avec d'autres enquêtes sur du numérique, « numérique » entre guillemets, parce qu'il y a eu des débats sur plusieurs listes. En tout cas, quand on corrèle ces résultats avec d'autres études que je mentionne après, ou, en tout cas, que je mentionnerai, enfin qu'on mentionnera dans la synthèse, ça permet d'avoir, quand même, des tendances confirmées. Là vous avez une capture d'écran de ce que c'est que l'interface de gestion de LimeSurvey, alors ce n'est pas très explicite, mais, en tout cas, ça vous donne un aperçu.

On avait découpé le questionnaire en trois et, au total, ça représentait 42 questions, on ne l'a pas fait exprès :

  • Production de contenus, logiciels de diffusion et travail collaboratif
  • Logiciels utilisés, et puis
  • Objet et contexte de l'association, pour vérifier qu'on n'avait pas qu'une frange d'associations qui répondait, ce qui n'aurait vraiment pas rendu pertinents les résultats obtenus.

Quelques résultats estimés intéressants

Objet et contexte de l'association

Par rapport au contexte de l'association, je vous ai collé ce graphique-là, je ne sais pas quoi en faire, en fait. C'est le nombre d'adhérents moyen, par association qui a répondu. Ça veut dire qu'on a, à la fois, des toutes petites structures associatives avec moins de 5 adhérents et puis, la majeure partie des répondants, elle se situait avec des adhérents compris entre 50 et 200 adhérents. Donc on est plutôt sur des petites, moyennes associations.

Public : C'est quoi le chiffre moyen ?

Laurent : Entre 51 et 200. C'est la majeure partie des associations qui ont répondu. Ce qui est un peu plus étonnant c'est le fait que, finalement, 50 % des associations qui ont répondu avaient des salariés. Donc vous voyez qu'on est très loin de ce que je disais tout à l'heure, des 15 % d'associations qui avaient des salariés. Donc ce n'est pas très représentatif par rapport à ça. Ceci étant, on peut l'expliquer. C'est-à-dire que les associations qui ont des salariés, eh bien sont sur les réseaux, ont un peu plus de temps pour capter ce genre d'information, et puis décider de remplir ce questionnaire pour la structure dans laquelle ils sont. Les structures associatives qui n'ont que des bénévoles, elles vont consacrer le temps qu'elles ont d'abord à l'objet de l'association, et un peu moins de temps que les salariés. D’accord ? C'est sans doute pour ça qu'on a une tendance forte d'avoir des associations répondantes avec des salariés. Et par ailleurs, évidemment, on constate que, même si elles ont des salariés, la majeure partie des associations qui ont répondu n'en ont que de 1 à 5, donc des petites et très petites associations.

Public : C'est à peu près la même tendance que dans le précédent questionnaire ?

Laurent : Oui. Alors je n'ai pas rapproché. Oui, oui, de toutes façons. Oui, sur cette question-là, oui, sans aucun doute. Ce qu'on souhaitait vérifier c'est qu'on avait bien touché à peu près tous les champs de thématiques associatives, ce qui semble être le cas. Alors évidemment, par rapport au rapport que j’évoquais, et par rapport au fait, par exemple, que les associations sportives étaient les plus nombreuses, évidemment, ça ne colle pas forcément au profil national. Ceci étant, l'important c'était d'avoir tout le panel représenté, ce qui est le cas. Donc on a quand même, encore une fois, des résultats qui vont être à peu près cohérents, des tendances à peu près cohérentes.

J'ai extrait certaines questions qui me semblaient intéressantes de pointer aujourd'hui ; évidemment, je ne les ai pas toutes extraites. Donc on avait posé la question du choix de l'association de favoriser, encourager, prioriser la diffusion des productions de l'association sous licences libres. Là on ne parle pas encore de logiciel libre, mais on parle de licences libres. Évidemment, la majorité ça reste « non », ceci étant, on a quand même été surpris par le nombre important de « oui ». On s’attendait à avoir moins de « oui », et puis, si on essaye de projeter, je pense que cette question-là n'aurait pas pu être posée il y a cinq ans. C'est-à-dire que la question des licences libres, il y a cinq ans, on n'aurait pas pu la poser comme ça. On aurait posé, il y a cinq ans, la question : « Est-ce que vous connaissez les licences libres », et on aurait eu des réponses. Alors que, poser la question de cette manière-là il y a cinq ans, je pense qu'on aurait eu une réponse beaucoup plus faible en termes de « oui ». Donc c'est plutôt positivement étonnant que d'avoir autant de réponses « oui ». Si vraiment vous souhaitez intervenir, n'hésitez pas à poser des questions. On essaye de réserver les questions pour la fin, mais si, à un moment donné, ça vous démange et que c'est plus simple d'intervenir sur le graphique, n'hésitez pas.

Production de contenus, logiques de diffusion et travail collaboratif

Ah, j'ai oublié de remettre le titre de la question sur le slide, donc ça ne va pas être très pratique. Ah oui, ça faisait suite à la question précédente, finalement, pour les associations qui avaient effectivement décidé de favoriser la production en licences libres, comment s’était prise cette décision-là. C'est important parce que, une de nos analyses précédentes, c'était de dire la question de l’informatique et de l’informatique libre en particulier, elle est souvent considérée essentiellement comme du technique. Et ça on souhaite l'éviter, on souhaite faire prendre conscience aux associations que c'est aussi une question politique et aussi une question en lien avec leur projet associatif. C'est pour ça qu'on se permettait de poser cette question-là, et on s'aperçoit qu'on a encore beaucoup de décisions non formelles. Donc on imagine bien que c'est dans une petite association, le salarié qui a une sensibilité au logiciel libre, qui essaye de promouvoir et de faire passer le logiciel libre. Dans ces situations-là, on est plutôt dans ces logiques-là où un administrateur, etc., mais il n'y a pas, à un moment donné, quelqu’un qui dit « on met ça à l'ordre du jour du CA » ou alors « on met ça dans nos statuts de promouvoir préférentiellement, par exemple, les licences libres ». D’accord ? Encore une fois, là-dedans, il faut penser qu'il y a dix associations dont c'est l'objet même que le logiciel libre. Donc ça gonfle un peu cette partie-là, quand il y a une décision institutionnelle.

Estimez-vous que la prise en considération des logiciels libres et des logiques de diffusion libre a évolué positivement durant la vie de l'association ?

Ça c'est du ressenti. Ça reste toujours très compliqué quand on fait une enquête de mesurer ce type de choses-là. Ceci étant, encore une fois, c'est une tendance, un indicateur et, si on regarde, on a quand même plutôt une forte tendance positive, en tout cas, par rapport à ça, puisque 42 % ont répondu « oui » de manière importante. Donc, par rapport aux questions qu'on se pose parfois « est-ce que le libre évolue positivement en milieu associatif ? », on aurait tendance à penser, qu'avec cette réponse-là, la réponse est plutôt « oui ». Encore une fois, avec toutes les réserves qu'on doit poser sur une enquête avec 231 structures, mais, en tout cas, on a une tendance.

Y a -t-il eu un choix qui a été fait par l'association pour favoriser ?

Alors là, on est passé aux logiciels utilisés. Avant on s'occupait un peu des contenus produits parce qu'il fallait aborder aussi les associations par ce biais-là, mais quand on s'intéresse après aux logiciels utilisés, eh bien on leur posait aussi la question la question de « favoriser, encourager ou prioriser l'utilisation de logiciels libres ». Là aussi, ça a été assez étonnant de voir un chiffre aussi important, à relativiser par rapport à ce que je vous ai dit, le nombre d’associations libristes dans le questionnaire. Ceci étant, si on rapporte ça aux 2 %, qui sont souvent évoqués, d'utilisateurs de logiciels libres, couramment, enfin ce qu'on entend couramment dans la presse, l'écart est quand même très important. En tout cas, ça vaudrait la peine de creuser de manière importante, sur cet aspect-là des choses, parce que le pourcentage semble quand même très élevé. Donc c'est plutôt une bonne surprise, en tout cas, de cette enquête 2014/2015.

Les logiciels utilisés.

Après, on a essayé d'en savoir un peu plus sur les logiciels utilisés. Ça ne va pas être très éloquent là, parce qu'il faudrait pouvoir comparer vraiment précisément avec 2008/2009. Je vous ai mis, trois slides après, le graphique pour 2008/2009, mais ça va être difficile à comparer parce que, en fait, en 2008/2009, on n'avait pas exactement le même nombre de critères possibles. Il n'y a en que quatre dans le 2008/2009 et là on en a cinq, donc c'est difficile de comparer. Ceci étant, la tendance serait quand même à l’augmentation de l'utilisation de ces logiciels-là, quand on regarde vraiment les chiffres sur ce graphique-là. Comparer graphique à graphique ce n'est pas très possible, mais si on détaille dans les chiffres, on s'aperçoit que la tendance est à l'augmentation. À priori, pour LibreOffice, le nombre de « oui » resterait identique, mais pour tous les autres logiciels on a visiblement plutôt une augmentation de ce qu'on a dépouillé.

Donc on avait interrogé sur Mozilla, sur LibreOffice, Thunderbird, VLC, et puis, Gimp, Inskape, Scribus, et puis un CMS. C'est pareil, on a regroupé par rapport au questionnaire 2008/2009, où on avait détaillé un peu les CMS. Mais, à priori, ne serait-ce que sur le « oui, très répandu dans l'association », ou « oui », si on estime que c'est comparable, on peut considérer que ça a augmenté, l'utilisation. Voilà, 2008/2009, je vous ai mis le graphique, c’était « tous, beaucoup, peu, non ». C'est un peu compliqué à comparer quand même, donc il faut rester prudent.

Sur les logiciels utilisés, ça rejoint ce que je disais tout à l’heure, c'est-à-dire qu'on a été assez étonnés de voir ce pourcentage aussi important sur l'utilisation d'un système GNU/Linux pour le système d’exploitation en milieu associatif. Ça demanderait, quand même, à être creusé, si on rapproche ça des 2 % que j'évoquais tout à l'heure, et qui est reconnu par la majeure partie de la presse sur la question. Une des explications, peut-être, par rapport à ça, c'est qu'il y aurait beaucoup, aussi, d'ordinateurs en dual-boot et que, quand on pose la question « quel système d'exploitation vous avez ? », eh bien évidemment les gens répondent d’abord le système d’exploitation qui était là nativement quand ils ont acheté la machine. Ils ne pensent pas à répondre que, en fait, ils ont deux systèmes d'exploitation sur la bécane. Ça masquerait, peut-être, le nombre de systèmes d'exploitation GNU/Linux sur les machines. Tout ça ce sont des hypothèses. Notre questionnaire ne permet pas de répondre finement à cette question-là ; en tout cas ça pointe, quand même, des chiffres importants sur cet aspect-là des choses.

On a posé aussi des questions complémentaires sur le meilleur moyen, par exemple, de faire aboutir le développement d'un logiciel qui serait utile à l'association. Je ne sais plus, oui, on avait proposé des items. Donc il y avait « utiliser un site de crowdfunding » puisque c'est très à la mode en ce moment, ou « s’adresser à une fédération nationale, une association nationale ou une fédération ». Visiblement, les gens pensent que les associations nationales ou les fédérations sont les meilleurs outils pour y répondre, par rapport au crowdfunding. Mais de toutes façons, dans la réalité, on voit bien que les associations essayent aussi ce nouveau mode de financement. C'est sans doute dans l'hybridation qu'on trouverait des solutions pertinentes pour faire aboutir un développement, soit à partir de zéro, mais, plus vraisemblablement, l'adapter à un besoin pour les associations.

On avait aussi posé la question de « quels organismes seraient les plus à même de coordonner le développement d'un logiciel libre utile aux associations ? » Évidemment, on avait cité, à la fois, des structures qui sont libristes, enfin reconnues dans le monde libriste, et puis des structures qui sont reconnues dans le monde associatif, donc l'April, l'Adullact5, l'Aful6,Framasoft7, vous connaissez sans doute si vous êtes libriste. Le Mouvement associatif, c'est la grosse structure que j'évoquais tout à l'heure, qui coordonne la parole associative, en France, vis-à-vis du ministère sur la question associative. Évidemment, les collectivités territoriales, donc là c'était assez générique pour contenir dedans le Conseil départemental, le Conseil régional, la municipalité, etc. Et puis le CNAJEP8, alors j'en avais parlé l'année dernière, le CNAJEP c'est la coordination nationale des associations de jeunesse et d'éducation populaire. D’accord ? Dans les 1,3 millions associations, il faut considérer qu'il y en a 400 000 qui relèvent de ce champ-là. Donc il y a aussi une structure, un peu comme Le Mouvement associatif, qui coordonne le mouvement pour ces associations d'éducation populaire.

Pourquoi je les pointe celles-là ? Parce que j'estime que, par rapport aux valeurs qu'elles portent, elles sont fortement en lien avec les valeurs du logiciel libre. Donc il y aurait une tendance plus naturelle encore, que le monde associatif en général, à converger vers le logiciel libre. Donc c'est intéressant de voir que, à parts égales, l'April, Le Mouvement associatif, Framasoft, sont les structures identifiées pour coordonner. Évidemment, après, peut-être que les structures-là ne s'y retrouveront pas comme étant leur mission au départ, mais, en tout cas, vu de l'extérieur, les gens estiment que ces structures-là le sont.

Public : C'était une question ouverte ou fermée ?

Laurent : C'était une question fermée, avec la possibilité de remplir un champ « Autre ». Oui c'est ça, oui je confirme. On avait proposé ces items-là, tout à fait.

Public : Toutes celles qui ont été citées : l'Aful, l'Adullact ?

Laurent : Tout ça, toutes celles-là. Oui, oui tout à fait, le CNAJEP, l'April, le Mouvement associatif, l'Adullact, l'Aful, Framasoft, les collectivités territoriales. Et on laissait la possibilité aux gens de rajouter un autre champ, alors je n'ai pas détaillé là les autres mentions qui sont faites.

Public : Et les autres, c'était quoi ?

Laurent : Je n'ai pas en tête, c'est ce que je dis. Mais ce sera dans le compte-rendu, normalement en septembre.

Sur la dernière question je me suis fait un petit peu plaisir. J'ai repris, finalement, des questions textuellement de personnes anonymes, enfin des personnes qui ont répondu au questionnaire sur justement cette question « est-ce que finalement il est encore pertinent de défendre le logiciel libre, dans un contexte où toute la question, maintenant, porte sur le cloud et les data délocalisées ». Donc là, eh bien je ne vais pas vous les lire, mais vous voyez un peu les réponses, alors des extraits de réponses, évidemment. Il y a aussi des réponses qui étaient négatives, qui n'allaient pas dans ce sens-là. Mais là, j'ai choisi de vous présenter des réponses positives, mais de gens qui, visiblement, ont déjà une conscience importante de ce que c'est que le logiciel libre et qui, évidemment, estiment qu'il faut continuer à défendre le logiciel libre, pour aussi défendre la vie privée de chacun.

Public : En quoi c'est contradictoire ?

Laurent : Qu'est-ce qui est contradictoire ?

Public : Inaudible.

Laurent : Ouais. Je pourrais expliciter.

Public : Entre le fait d'avoir… Inaudible.

Laurent : L'esprit de la question au départ, et peut-être qu'elle était mal formulée, il faudra la reposer, mais est-ce que la question de défendre le logiciel libre, est-ce que ce n'est pas un peu has been, finalement, parce que maintenant, la vraie question c'est la vie privée, etc., enfin la question qui est passée sur le devant de la scène, pardon, la question qui est passée sur le devant de la scène, c'est la question de la vie privée, du cloud, des données lointaines et, du coup, on peut se dire, mais on ne voit plus ce que vient faire le logiciel libre là-dedans.

Public : Inaudible.

Laurent : Je me fais l'avocat du diable, et c'est en tout cas la perception pour quelqu'un, en milieu associatif, qui ne connaît pas le Libre, qui n'appréhende pas toutes ces questions de cloud, le lien avec le logiciel libre qui est sur un serveur lointain, etc., ça nous semblait pertinent de poser cette question-là. Effectivement là c'est dans doute, peut-être, des réponses de libristes, sans doute, mais sans nous semblait intéressant d'essayer d'évaluer ça, quand même. Évidemment, il y a beaucoup plus de déclinaisons, beaucoup plus d'expressions, mais je ne pouvais pas vous les mettre aujourd'hui. On essaiera d'en mettre un maximum sur le compte-rendu final.

Pour conclure

L'étude complète sera accessible courant septembre sur le site Libre Association

Encore une fois, j'ai fait une sélection de questions que je souhaitais vous montrer aujourd'hui. L'étude complète sera mise en ligne, sans doute, courant septembre sur le site Libre Association, donc l'adresse de la page est contenue dans le lien. On essaiera d'intégrer, sans doute aussi, des préconisations à la fois de libristes pour les milieux associatifs, et des associations pour les libristes, parce que, par exemple, il faut, aussi, qu'on discipline les associations par rapport aux remontées de bugs. Comment on valorise aussi le travail de tous les libristes qui travaillent sur des programmes mais qui sont complètement isolés, qui n'ont jamais de retours, par exemple ? Donc ça, on va essayer de le glisser dans le rapport. Et puis, par ailleurs aussi, on glissera des préconisations pour les libristes qui, parfois, sont perçus comme un peu durs dans la réponse ou un peu trop techniques, et qui noient très vite des gens qui venaient essayer de chercher finalement de l'information avec une volonté de passer au Libre et puis qui sont freinés dans leur élan parce que la réponse est trop technique, trop abrupte, etc. Donc, voilà, il y aura sans doute une page ou deux de recommandations sur ça.

Et puis il y aura aussi, je vous le signale, puisque ça va sortir sans doute en juillet, là, une tribune de l'April sur logiciels libres et associations, sur la question de la convergence des valeurs que j'évoquais tout à l'heure. C’était une conférence qui avait été faite aussi aux Rencontres mondiales l'année dernière sur les valeurs portées par l'éducation populaire et puis les logiciels libres, qui convergent sur beaucoup d'aspects.

Je vais en rester là. Je ne vais pas détailler. Je vous laisse éventuellement des questions. J'ai fait court volontairement. Il doit nous rester une dizaine de minutes si vous avez des questions, sur, à la fois l'aspect technique, sur, à la fois l'aspect de fond, si je peux y répondre.

Public : Bonjour. Merci beaucoup pour tout ce travail-là d'essayer de faire avancer dans les associations et de faire des choses aussi complètes. Moi, ce qui m'a marqué, c'est quand on a vu qu'il y avait, alors je n'ai pas l'habitude des sondages comme ça, mais qu'il y avait 400 associations qui avaient fait une réponse incomplète, donc pas prise en compte ici, je suppose, dans ce que tu nous as montré, sur deux cents qui ont répondu. Et en fait, ce que je me demande c'est est-ce que beaucoup d'associations qui justement n'y comprenaient rien au logiciel libre, se sont dit « mais je ne peux pas répondre à ces questions, je ne sais pas de quoi ils me parlent, et donc je ferme et je ne vais pas jusqu'au bout ». Est-ce qu'il y aurait moyen de poser des questions très bêtes au début, et d'avoir des formulaires qui se finissent tôt si on sent que c'est un public qui ne va pas pouvoir répondre à des questions plus compliquées ?

Laurent : Je pense que l'hypothèse est bonne. Je pense qu'il y a eu des gens qui ont été rebutés par l’aspect trop compliqué des questions, des questions qui, évidemment, nous paraissent ici à priori compréhensibles. Mais je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se sont arrêtés parce que la formulation, parce que le vocabulaire qui était employé n'était pas bon. Donc ça, oui, c'est une préoccupation. Par acquit de conscience on a quand même passé en revue les questions qui n'étaient pas, enfin les questionnaires qui n'avaient pas été remplis. Bon, comme de toutes de toutes façons, ça s’arrête assez vite en général. Pour certaines questions, ça a confirmé les tendances, par exemple, ça donnait la même tendance que sur les 231. Mais oui, il faudrait pouvoir s'adapter. Mais après c'est vrai que la construction d'un questionnaire reste quand même très compliquée parce que, qui est-ce qu'on cible ? Il ne faut être trop compliqué, mais il faut quand même essayer d'obtenir de l'information, donc ce n'est pas simple. Et puis, encore une fois, ces associations-là qui sont, par exemple, isolées en milieu rural, qui n'ont pas du tout l'habitude de ces technologies-là, moi je reste persuadé qu'il faudrait les toucher par courrier, par exemple. Parce que les toucher par les réseaux numériques, elles ne sont pas sur les réseaux, pas encore, ou pas complètement, en tout cas elles ne sont pas familiarisées avec. Et puis répondre à un questionnaire ça leur demande un effort bien plus complexe qu'à des gens qui manipulent les ordinateurs depuis toujours, enfin pas depuis toujours mais, en tout cas, qui sont très à l'aise avec. Est-ce qu’il y a d'autres questions ?

Public : Je voulais savoir pourquoi ne pas poser, aussi, les questions sur « quels sont les services en ligne, libres, que vous utilisez ? »

Laurent : Ça fait partie des questions que je n'ai pas retranscrites ici, mais effectivement, à un moment donné, on leur a posé la question de « quels sont les services en ligne que vous utilisez ? » Et on leur pose même la question de savoir « est-ce que vous avez conscience que certains services que vous utilisez ne sont pas très bons pour votre vie privée ou, en tout cas, pour la vie privée de vos adhérents ? », puisque, en fait, évidemment, on tourne ça sur la question associative. Mais cette question-là était posée. Elle n'a pas été retranscrite ici, il fallait que je fasse un choix dans les questions, mais ce sera dans le compte-rendu, en septembre. On a posé cette question-là bien sûr.

Public : C'est quoi les réponses ?

Laurent : Il y a une conscience que ce n'est pas bien, mais que, il y a des fois, ils sont tellement contraints par le temps, parce que ça aussi la question a été posée, la question du frein de l'utilisation de logiciels libres, c'est la question du temps pour se former, la question de la compétence, de l’accompagnement. C'est souvent la même réponse qui est formulée par rapport à ces services : oui on a conscience que ce n'est pas bien, pour ceux qui en ont conscience, mais, concrètement, il faut qu'on aille vite, et on n'a pas le temps d'acquérir des nouvelles compétences pour ça.

Du coup, j'en profite pour faire un petit complément. Évidemment, on a regardé aussi toutes les études qui se faisaient de manière parallèle, alors qui ne portent pas forcément sur le logiciel libre, mais qui portent sur le numérique, par exemple. En particulier, il y a une structure qui s'appelle Recherche et Solidarités9, qui a fait tout un questionnaire sur le numérique. Et évidemment, on a corrélé la question de la compétence technique à cette problématique du temps. C'est-à-dire qu'il y a des fois des gens qui sont convaincus par rapport aux valeurs, par rapport aux bienfaits du numérique, mais qui n'ont pas le temps dans leur quotidien, dans leur objet associatif pour, pour eh bien se dire « je me pose trois heures et je me forme aux logiciels, je trouve quelqu'un pour le faire, ou je paye un formateur, je me paye une journée de formation, etc. » Donc c'est d'abord ce facteur temps qui est un vrai problème pour les associations. Est-ce qu’il y a d'autres questions ?

Public : Bonjour.

Laurent : Bonjour.

Public : Moi j'aurais voulu savoir, en fait, comment ont été sélectionnées les associations qui ont répondu au questionnaire ? Est-ce qu'elles sont allées par elles-mêmes sur le site, ou est-ce que vous avez ciblé des associations particulières ?

Laurent : On n'a pas ciblé, effectivement, en espérant en avoir un maximum. On a utilisé tous les canaux qu'on connaissait. Du coup, on a utilisé tous nos canaux libristes, par l'April, qui a un réseau de diffusion au niveau libriste, évidemment, assez important, mais on a complété ça avec les réseaux associatifs traditionnels, les réseaux associatifs du CNAJEP, que j'évoquais tout à l'heure, tous les réseaux qui se revendiquent de la mise en réseau des acteurs associatifs, donc Le Mouvement associatif on les a contactés. Alors, après quand je parlais du CNAJEP, Coordination nationale des associations de jeunesse et d'éducation populaire, il faut savoir qu'il y a des déclinaisons régionales qui sont les CRAJEP, Coordinations régionales des associations nanana, donc on est aussi passé par toutes ces structures-là. Voilà. Toutes les structures qu'on connaissait, qu'on avait repérées sur la mise en réseau associative, on les a contactées. Mais après, on n'a pas filtré. Toute personne qui avait envie d'y répondre pouvait répondre, évidemment. On n'a pas filtré à ce niveau-là. Mais de fait, le choix de réseau-là, il a des conséquences sur le retour de l'information. C'est ce que je dis, on a fait le choix de ne pas envoyer des courriers, pour des questions de moyens et des questions de temps, évidemment, ceci étant, ça aurait sans doute, peut-être, changé quelques éléments.

On conclut ? On arrête là. En tout cas, je vous remercie d’être venus nombreux, parce qu'effectivement, ce n'était pas gagné à moins cinq, donc merci à vous.

Applaudissements

25 July 2016

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 29 de l'année 2016

Le 25 July 2016 à 17:06:44

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 29

[next51.net] SAIP l'application d'alerte sur iPhone et Android qui ne convainc personne

Par Next 51, le samedi 23 juillet 2016. Extrait:
> Lancée à l'occasion de l'Euro 2016 début juin dernier, l'application d'alerte SAIP sert à compléter l’éventail des dispositifs d’alerte (signalétique urbaine, information diffusée oralement sur le terrain par les forces de sécurité ou via les médias, réseaux sociaux ...).
Lien vers l'article original: http://www.next51.net/SAIP-l-application-d-alerte-sur-iPhone-et-Android-qui-ne-convainc-personne_a13685.html

[Le Monde.fr] Snowden présente une coque d’iPhone antisurveillance

Par la rédaction, le vendredi 22 juillet 2016. Extrait:
> Le prototype, développé avec le hackeur Andrew Huang, doit permettre de savoir si un téléphone émet des ondes à l’insu de son utilisateur.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/07/22/snowden-presente-une-coque-d-iphone-anti-surveillance_4973611_4408996.html

Et aussi:
[Numerama] Snowden présente une coque anti-surveillance pour iPhone
[Next INpact] Le projet Tor a élu un nouveau comité de direction

Voir aussi:
Position de l'April sur la surveillance généralisée

[Les Echos] Le code open source pour les… enfants!

Par Grégory Becue, le jeudi 21 juillet 2016. Extrait:
> Les nouvelles générations sont les plus connectées au monde. Élevées dès leur plus jeune âge par les nouvelles technologies, leur doudou n’est autre qu’Internet, Facebook ou Snapchat. Aujourd’hui, la question de l’apprentissage du code devient donc une évidence. Mais pour parvenir à démocratiser la programmation, tant pour les grands que pour les petits, l’open source est la condition sine qua non par laquelle passer.
Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-159100-le-code-open-source-pour-les-enfants-2015962.php

[Next INpact] Windows 10: pourquoi la CNIL met en demeure Microsoft

Par Marc Rees, le jeudi 21 juillet 2016. Extrait:
> De nombreux manquements à la loi Informatique et Libertés de 1978. Voilà le reproche qu’a adressé hier en fin de journée la CNIL à Microsoft, et son système d’exploitation Windows 10. L’éditeur a trois mois pour corriger le tir, avant une possible sanction.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/100719-windows-10-pourquoi-cnil-met-en-demeure-microsoft.htm

Et aussi:
[Numerama] Microsoft gagne en justice pour mieux protéger les données des Européens

[Les Echos] Le logiciel libre doit passer de la réussite technologique au succès économique

Par Sebastien Dumoulin, le mercredi 20 juillet 2016. Extrait:
> Les Gafa ont popularisé l’open source, cependant les entreprises qui vivent du logiciel libre restent rares. Avec l’émergence du cloud et du Big Data, des start-up se sentent pousser des ailes.
Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211139278397-le-logiciel-libre-doit-passer-de-la-reussite-technologique-au-succes-economique-2015476.php

[LeMagIT] Inria construit la grande bibliothèque mondiale du code source

Par Sophy Caulier, le mardi 19 juillet 2016. Extrait:
> Le projet Software Heritage a l'ambition de collecter et d'organiser le patrimoine logiciel mondial. Démarrée il y a déjà un an et demi, cette initiative veut être une gigantesque bibliothèque du code source. Le projet initié par Inria a déjà reçu plusieurs soutiens dont le premier de Microsoft.
Lien vers l'article original: http://www.lemagit.fr/actualites/450300582/Inria-construit-la-grande-bibliotheque-mondiale-du-code-source

[Journal du Net] Loi pour une République numérique: ce qui va changer

Par Gregoire Ducret, le lundi 18 juillet 2016. Extrait:
> La version finale du projet de loi pour une République numérique a été décidée le 29 juin. Quels en seront les impacts concrets pour les entreprises? Réponses croisées de l'homme d’affaires et président de l'Acsel Cyril Zimmermann et de l'avocat Eric Barbry.
Lien vers l'article original: http://www.journaldunet.com/ebusiness/expert/64845/loi-pour-une-republique-numerique---ce-qui-va-changer.shtml

Voir aussi:
Projet de loi numérique: des codes sources communicables sous conditions et des logiciels libres simplement encouragés

[MacGeneration] La police lituanienne va augmenter ses salaires en virant Microsoft

Par Nicolas Furno, le lundi 18 juillet 2016. Extrait:
> La police lituanienne a abandonné les produits Microsoft dans ses commissariats. À la place de Windows, ses ordinateurs tournent désormais sous Ubuntu et à la place de la suite bureautique Office, c’est LibreOffice qui a succédé.
Lien vers l'article original: http://www.macg.co/ailleurs/2016/07/la-police-lituanienne-va-augmenter-ses-salaires-en-virant-microsoft-94967

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

xcartron.png Xavier CARTRON

Test de syncthing

Le 25 July 2016 à 14:06:55

Syncthing permet de syncroniser ses documents sur plusieurs machines. Il m'a convaincu par sa facilité d'utilisation, et ses nombreux clients. Ainsi, je peux disposer de mes documents sur windows (au travail), sur mes PC Linux (Android si vous avez un ordiphone) et sur OpenBSD. J'ai toujours sous la main ma solution ssh+rsync avec mon serveur, mais qui reste peu pratique sur les ordinateurs des collèges où je bosse.

Pour télécharger un client syncthing, il suffit de cliquer sur le lien voulu en page d'accueil : https://syncthing.net/ .

J'ai choisi le client pour OpenBSD 64 bits (of course).

wget https://github.com/syncthing/syncthing/releases/download/v0.14.0/syncthing-openbsd-amd64-v0.14.0.tar.gz
tar xvzf syncthing*.tar.gz
cd syncthing*
./syncthing

Et là, comme par magie, on voit apparaître une jolie page web dans notre navigateur préféré (firefox bien sûr). :

Si on clique sur "Ajouter un dossier", on a tout le nécessaire sous la main. C'est en français, c'est clair, chouette :)

Je vous laisse consulter le guidre (très) complet pour plus d'infos :
https://docs.syncthing.net/intro/getting-started.html .

Je vais voir dans le temps comment ça se comporte, si ce n'est pas trop long de récupérer les fichiers à chaque fois, et si ça vaudrait la peine de faire tourner une instance sur mon serveur. Peut-être l'avez-vous déjà testé davantage?

24 July 2016

Frederic BEZIES

Mate Desktop sur Archlinux : une histoire qui est en train de mal finir ?

Le 24 July 2016 à 13:13:28

Je suis repassé durant le courant de la semaine sur Xfce 4.12, en passant par la compilation du paquet AUR thunar-git pour corriger un bug des plus laxatifs en relation avec le copier / coller dans le gestionnaire de fichiers. Bug tué en juillet 2015, et apparemment non rétroporté sur le paquet pour Archlinux, bien qu’un bug soit ouvert.

J’étais passé à Mate-Desktop après un article concernant Mate-Desktop 1.13.x en version gtk3 en février 2016. J’avais été tellement conquis que j’avais migré mes trois machines vers Mate Desktop à l’époque. J’escomptais à la sortie de Mate Desktop 1.14 faire utiliser les paquets officiels. Mais Martin Wimpress, qui était le mainteneur officiel de l’environnement pour Archlinux, est parti pour se concentrer sur un projet important : Ubuntu Mate.

J’ai donc décidé de migrer vers des paquets de Mate-Desktop 1.14.x en gtk3 compilé maison. Depuis le mois d’avril 2016, toujours aucune nouvelle du port de Mate Desktop 1.14. Pour une distribution GNU/linux qui se veut en « flux constant » et donc toujours à la pointe côté logiciels, c’est l’ennuyeuse exception à la règle. Même la Manjaro Linux propose une ISO avec Mate Desktop, bien que basée sur du code « instable » depuis le mois de mai 2016.

En juin 2016, j’avais mis à jour l’article du mois de février 2016 en montrant une version 1.15.x de l’environnement. Celle qui finira par donner en septembre (ou fin août ?) la version 1.16. Il y a bien des projets de ports de Mate Desktop 1.14 pour Archlinux, mais rien pour rafraichir la version officielle.

Celui d’Eadrom, qui n’a pas bougé depuis début juillet 2016. Celui de xpander69, mais qui ne propose que gtk2. Enfin, il y a un effort sur AUR pour proposer des paquets pour la version de développement de Mate Desktop, maintenu par nicman23.

Autant dire que c’est vraiment la mouise au cube. Je me demande ce qu’attendent les mainteneurs d’Archlinux pour être réalistes et rétrograder Mate-Desktop dans AUR.

Ce serait une mauvaise nouvelle pour les utilisateurs de Mate-Desktop, mais au moins, cela aurait le mérite d’arrêter de laisser pourrir sur pied une version obsolète de l’environnement dans le dépot Community.

Même si Xfce se développe au rythme d’une tortue rhumatisante à trois pattes en ce moment et modulo cette censurée de bug à la mords-moi l’appendice caudal dont j’ai parlé plus haut, cela reste utilisable.

Je ne regrette pas les quelques semaines passées sous Mate-Desktop, mais il faut savoir cesser rester réaliste. Je n’ai pas l’intention de changer de distribution GNU/Linux à cause de mon environnement de bureau. C’est pour cela qu’à compter du tutoriel d’installation du mois d’août 2016 et jusqu’à nouvel ordre, Mate-Desktop sera absent de ses pages.

xcartron.png Xavier CARTRON

Mon premier article

Le 24 July 2016 à 09:52:38

Éditez-moi

Philippe SCOFFONI

La saison des forks, après Owncloud, Seafile

Le 24 July 2016 à 08:41:22

Seafile partage de fichiers en ligneJ’avoue que cela en devient presque comique. Après le fork d’Owncloud, voici celui de Seafile, une autre solution de stockage de fichiers en ligne. La rupture intervient cette fois entre Seafile Ltd et Seafile Gmbh.

Les deux structures ont chacune publié leur version des faits. Voici celle de Seafile Ltd et celle de Seafile Gmbh.

De ce que je comprends rapidement de la petite histoire, Seafile Gmbh a été créée après Seafile Ltd et avec l’aide de cette dernière. Seafile Gmbh aligne une longue série de doléances dont celle de l’augmentation des tarifs de support, 400 % annoncent-ils.

De son côté Seafile Ltd aligne également quelques griefs vis-à-vis de son clone allemand avec un dépôt de la marque Seafile aux USA, le non-versement du pourcentage de commission prévu, etc..

Je pense que tout cela va partir en gros « fight » entre avocats et juge à qui je laisse le soin de démêler l’affaire. Les utilisateurs « finaux » risquent d’avoir quelques sueurs sur la suite des événements.

Personnellement, je trouve ce fork très « instructif ». Je n’ai pas de soucis pour que l’on vienne m’expliquer les avantages du modèle d’éditeur de logiciel libre. Ce modèle a des avantages indéniables, mais aussi des faiblesses communes, oserais-je dire, à celles du logiciel propriétaire, également soumis au jeu du business et de ses coups bas.

Tout ceci me ramène à de vieux articles sur le sujet comme celui-ci évoquant des bisbilles entre deux sociétés françaises éditrices de logiciels de messageries collaboratives. Déjà à l’époque je pointais du doigt les différences de modèle et la stabilité potentielle qu’ils pouvaient offrir sur le long terme.

Y’a-t-il un bon et un mauvais modèle ? Communautaire vs éditeur ? Je ne pense pas, c’est comme les logiciels, il y a celui qui répond à mon besoin et à mes attentes. C’est tout l’intérêt de bien les comprendre, pour faire vos choix en toute connaissance de cause. Des deux côtés vous aurez à subir des inconvénients et bénéficier d’avantages. A vous de choisir ceux qui vous conviennent le mieux et ceux que vous pensez le mieux servir vos choix et vos orientations. C’est presque comme choisir le modèle de société que vous voulez pour demain.


Réagir à cet article

Article original écrit par Philippe Scoffoni le 24/07/2016. | Lien direct vers cet article

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons BY à l'exception des images qui l'illustrent (celles-ci demeurent placées sous leur mention légale d'origine).

.

23 July 2016

april.png Nouvelles April

CHATONS - Pierre-Yves Gosset - PSESHSF 2016

Le 23 July 2016 à 11:19:00


Pierre-Yves Gosset

Titre : CHATONS : des félins (et de la bière ?) pour sauver le monde
Intervenant : Pierre-Yves Gosset
Lieu : PSESHSF (Pas Sage En Seine - Hacker Space Festival)
Date : Juillet 2016
Licence : Verbatim
Durée : 51 min 43
Pour visionner la vidéo
Pour enregistrer la présentation

Présentation

CHATONS est un collectif initié par l'association Framasoft suite au succès de sa campagne « Dégooglisons Internet ».

Le projet vise à rassembler des acteurs proposant des services en ligne libres, éthiques, décentralisés et solidaires afin de permettre aux utilisateurs de trouver - rapidement - des alternatives aux produits de Google (entre autres) mais respectueux de leurs données et de leur vie privée.

Bien que l'annonce officielle ne soit prévue que pour octobre 2016, cette conférence permettra de présenter le projet, son organisation, son manifeste, sa charte, ses ambitions et ses premiers membres en avant-première.

Transcription

Bonsoir. Pas Sage en Seine, Hacker Space Festival. Il ne faudrait pas qu'il y ait un troisième événement l'an prochain, sinon ça va devenir compliqué à dire. Je me suis dit qu'on était un petit peu entre, à la fois, des gens qui sont geeks, des hackers, etc., et puis peut-être du grand public, enfin j'espère.

On m'avait lancé le défi de le faire sans respirer, je ne pense pas que je vais y arriver : « CHATONS est un projet disruptif et innovant visant à solutionner la globalisation des e-services des pure-players historiques du digital au business model basé sur des plateformes big-data crowdsourcées via l’expérience user-centric dans le cloud, en mettant en œuvre A.S.A.P. [As Soon As Possible dès que possible, NdT] une contre-uberisation community-managée par des acteurs non-corporate travaillant en synergie en mode blockchain afin de challenger une stratégie de providers software as a service [SaaS] opensource en circuit-court, [on revient à la conf d'avant], en mutualisant efficacement les knowledge-process tout en intégrant du design de Retour Expérience d'utilisateurs sur les backlogs houblonnés entre les devops et les end-users. »

Applaudissements

Public : Bravo !

Pierre-Yves : Pas mal avec ça ! Et ça a vraiment du sens, parce qu'en fait, tout ce que je vais vous raconter après, ça va résumer ça, mais avec des vrais mots. Voilà. J'ai rajouté blockchain. J'ai mis blockchain, à la demande du public, j'ai mis blockchain. Je me suis dit, au cas où, ça pourrait servir.

Donc au commencement était Internet. Là suspense. J'avais dit qu'il y avait du gif animé de chatons. Je suis contractuellement obligé, mon contrat à Framasoft1 m'oblige à mettre des photos, des vidéos de chatons dans chacune de mes présentations. Donc vieux gimmick sur Internet, comme quoi Internet serait composé de chatons, les tuyaux en fait. Les paquets Internet nous seraient apportés par des chatons. Voilà un exemple d'image de sous-réseau. C'est vraiment une toute petite partie d'un sous-réseau. Et donc, ce dont je vais vous parler c'est un petit peu de la concentration des acteurs. Je sais qu'il y a déjà eu Tristan qui est passé, je crois hier, qui a déjà dit beaucoup de choses dessus.

Donc aujourd'hui voilà Internet. C'est quand même beaucoup de gens qui font des choses, j'allais dire qui vous vendent des choses, mais pas forcément, ils ne les vendent pas forcément. [Alors hop. Si c'est bon.]

Et donc deuxième vie de chatons. Celui-ci explique pourquoi ma vidéo est lourde, enfin ma présentation est lourde. Voilà c'est devenu un petit peu encombré partout, au milieu des produits. Je ne vous cache pas, il a fallu la trouver celle-là. Aujourd'hui Internet c'est devenu un petit peu ça et voilà une image de quelqu'un qui avait présenté une carte des différents acteurs d'Internet. Voilà je zoome directement sur la partie Google. Vous avez Google News, Google Bookmarks, Google Groups, etc. Et ce qui est assez intéressant c'est que sur cette fausse carte, qui recense, je crois 1200 services quand même, il y a des gens qui n'ont pas grand-chose à faire de leurs journées, on voit différents continents, ou sous-continents qui apparaissent. Vous avez Google ici, Facebook, Amazon, Microsoft, Apple et puis en bas vous avez le Darknet, Darkweb, et le porno, quand même. Donc ce qui est assez intéressant c'est de voir que si on regroupe par services on s’aperçoit qu'il y a quand même des entreprises qui contrôlent un certain nombre de choses. Donc ce qu'on appelle GAFA ou GAFAM, ce que nous on appelle GAFAM en tout cas, Google, Apple, Facebook, Amazon, et nous on rajoute Microsoft parce qu'il y a des caractéristiques communes qui sont importantes, même si Microsoft paraît toujours has been dans l'esprit de beaucoup de journalistes, ça a quand même bien changé.

Je rappelle, parce que je vais beaucoup parler de Google, mais en fait Google ne s'appelle plus Google. Google s'appelle Alphabet2, ça a changé il y a quelques mois. Google, donc, n'est plus qu'une filiale d'Alphabet, dans lequel vous retrouvez les services que vous connaissez. Mais vous avez aussi Nest qui est la filiale qui s'occupe de la domotique, Google Fiber qui s'occupe de poser du câble et du tuyau, pour l'instant essentiellement aux États-Unis, mais un jour ou l'autre ça finira bien par débarquer chez nous. Google ventures et Google Capital qui sont les bras armés financiers de Google. Google X qui est le laboratoire de recherche et développement, un des laboratoires de R&D les mieux dotés de la planète, qui font tout et n'importe quoi. Ils ont du pognon donc autant le claquer quelque part. Et vous avez Verily et Calico qui sont des filiales qui elles s'occupent plutôt de la santé. Chose que assez peu de gens savent, Google investit massivement dans les domaines de la santé, de l'ADN, etc.

Je vais aller très vite sur cette présentation, en tout cas sur le début, pour ensuite vous parler du projet CHATONS, mais c'est important de resituer pourquoi est-ce qu'on fait ce projet.

Donc voilà. Vous avez ici des chiffres qui montrent que entre janvier 2012 et octobre 2014, c'est le montant total des investissements et acquisitions sur les entreprises internet, on va appeler ça comme ça. Et on voit que, à deux entreprises, donc Google et Facebook, à elles-seules, représentent quasiment 30 % des achats qui ont pu être faits.

Ici vous avez un extrait de la page Wikipédia des acquisitions de Google. Et on voit que la 187e acquisition, je n'y suis pas retourné depuis, mais je pourrais, je pense que la liste s'est allongée, c'était une boîte qui s’appelait Bebop. Qui a entendu parler de Bebop ? Une société qui fait du cloud, qui a été rachetée quand même 380 millions de dollars. Voilà. Moi je n'avais jamais entendu parler de Bebop, mais ce qui était intéressant c'était de vous montrer que la liste est très longue.

Dernier achat qui a un petit peu, évidemment, fait parler de lui, c'est LinkedIn racheté par Microsoft pour la bagatelle de 26 milliards 200 millions de dollars, ce qui est quand même loin d’être négligeable !

Là vous avez les 185 acquisitions. Juste pour vous présenter, ça c'est ce qu'a acheté Google ces dernières années, en termes de boîtes. Là ce sont vraiment les acquisitions. Ce qu'on oublie aussi c'est qu'il y a les investissements. Vous ne le savez pas forcément mais Google est un des principaux investisseurs, en tout cas il faisait partie de la série A en termes de levée de capitaux de Uber. Donc Google fait à la fois des Google cars, mais Google est aujourd'hui un des principaux actionnaires de Uber.

Amazon, à travers le fonds d'investissement de Jeff Bezos, a investi 112 millions de dollars dans Airbnb, ce qui représente quand même un joli paquet d'actions.

Ce qui était pour moi intéressant là-dessus c’était de voir que…, évidemment il y a les cas que tout le monde connaît ou presque. Tout le monde sait que YouTube c'est Google. Les gens quand on leur dit Instagram c'est Facebook, ils en ont vaguement conscience. Quand on leur dit WhatsApp c'est Facebook, déjà ils font : « Ah je ne savais pas ! », parce qu’effectivement ce n'est marqué Facebook nulle part, en tout cas pas pour l’instant. Là on est vraiment sur des acquisitions. Mais par contre, quand on leur dit que Uber, il y a du Google dedans, là tout de suite ils sont : « Ah, on n’était pas au courant ! » Donc toutes ces informations sont évidemment vérifiables.

Juste pour donner quelques données chiffrées parce que c'est un peu ça, finalement, le fond du problème, à notre sens. C'est non seulement elles construisent, ces entreprises, des silos de données qui sont hyper-importants. Pour ceux qui ont assisté à la conf de Tristan, je ne reviens pas dessus, mais la puissance financière est quand même hyper-importante. On voit que pour finalement assez peu d'employés, Amazon sur les 220 400, il y a à peu près 200 000 esclaves qui sont payés au SMIC, qui font du carton. Mais finalement ce n'est pas tant d'employés que ça. Par contre on voit que les, alors là du coup s'il y a des gens qui travaillent un peu avec des entreprises ou dans la finance, ce sont des montants qui sont quand même en milliards de dollars, c'est quand même loin d’être négligeable. Si on prend le total de la valorisation boursière de ces entreprises, on arrive à peu près à 2 000 milliards de dollars, ce qui veut dire le PIB de l'Italie, de la Russie ou du Canada. Oui, ou de la France d'ailleurs, pas loin. On est un petit peu au-dessus, quand même.

Évidemment c'est la valorisation boursière donc ça ne veut pas dire grand-chose, mais par contre, là aussi, quand nous on s'adresse au grand public, on se rend compte assez raidement, qu'en fait, quand on leur demande qui est la boîte la plus puissante de la planète en termes [de capitalisation, NdT] boursière, enfin en termes de capitaux, la plupart des gens vont nous répondre, je ne sais pas, Exxson, BP, enfin des gros industriels, pétrole, énergie, etc. Non, non, la première capitalisation boursière mondiale en 2015 c’était Google suivie de près par Apple. Ils ont juste changé de place, l'année dernière c'était inversé. Bon, ils se tirent la bourre à quelques dizaines de milliards de dollars près, mais qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? Quelques chemises de Macron ! Et ce qui est intéressant surtout, à mon sens, ce sont les capitaux propres, en gros ce qu'ils ont en trésorerie sur leur compte en banque. Et c'est 87 milliards pour Google, 119 milliards pour Apple. Amazon 80 milliards. Donc racheter une entreprise 26 milliards, évidemment ça ne représente pas grand-chose. Sachant que, évidemment, Microsoft n'a pas déboursé 26 milliards, il n'a pas fait un chèque de 26 milliards. Ils ont fait un échange d'actions, donc ça ne lui a quasiment rien coûté, probablement. Mais c'est assez intéressant, du coup, de voir que cette puissance financière est hyper importante.

Et le dernier chiffre que j'ai trouvé là récemment, c’était que Apple, Microsoft et Google détiennent à elles trois à peu près un quart du cash des entreprises américaines. Je vous laisse, il faut un peu l'encaisser cette phrase. Voilà, il y a trois boîtes qui tiennent à peu près le tiers du cash de toutes les entreprises américaines.

Concrètement elles sont donc pétées de thunes.

L'autre problème qu'on soulève. Non seulement elles sont riches, mais on a toujours l'impression qu'elles sont dans quelque chose de très numérique, voilà, Internet. Or aujourd'hui, on est bien d'accord qu'elles ont complètement débordé d'Internet. Ça, ça fait l'objet vraiment de la sensibilisation que nous faisons au public, c'est de dire : « Non, non Google ce n'est pas que un moteur de recherche et ce n'est pas que du Google Drive et des choses comme ça. » C'est aussi des Google cars. Voilà. Apple fait des montres. Google fait des thermostats. Sous peu, à mon avis, Amazon va faire des machines à laver. Ils font déjà plus ou moins des frigos. On va trouver des téléphones.

Évidement quand vous regardez sur les smartphones. Je vais faire le test du coup. Qui a un smartphone dans la pièce ? Ou plutôt qui n'en a pas ? On va gagner du temps. Trois, sur, je ne sais pas, une quarantaine/cinquantaine. Et donc maintenant ceux qui ont du Apple, levez la main, iOS du iPhone. Oh putain ! Deux. Je ne suis jamais tombé… C'est bien ! On est dans un truc. Qui a du Android ? Beaucoup plus. Blackberry et Ubuntu phone, Firefox OS, un petit peu, ouais OK. Putain ! Il n'y a que deux iPhones dans la pièce ! Vous me cassez toutes mes stats habituelles, mais ce n'est pas grave ! L'idée c’était de montrer qu'évidemment que sur l'ensemble des gens qui ont un smartphone, c'est-à-dire aujourd'hui quand même une grosse portion des utilisateurs de téléphones dans les pays développés et pas que dans les pays développés, il n'y a quasiment que deux systèmes qui émergent : iOS par Apple et Android qui, aujourd'hui, est largement tenu et de plus en plus refermé par Google.

Qu'est-ce qu'ils font ? Ils font évidemment de la télévision. Google fait des webcams et des systèmes de vidéosurveillance. Voilà. Ce que je voulais un petit peu exprimer c’était la capacité aujourd'hui qu'ils ont à sortir d'uniquement Internet.

Là j'ai pris quelques coupures de presse de ces derniers mois ou ces dernières années pour dire qu'il y a quand même des produits qu'on retrouve maintenant au quotidien, des objets physiques. Les Google Glass qu'on pensait abandonnées sont revenues. Là c'est une expérimentation à la SNCF. Je ne sais pas, je crois qu'elle a été abandonnée, mais en tout cas les Google Glass sont de retour notamment pour les médecins, pour les opérations, etc. Donc ce sont des produits qui sont de nouveau vendus. Je crois que ça ne s'appelle plus Google Glass, mais ça fait exactement la même chose.

Voilà le genre de dérives sur lesquelles on essaye un petit peu de sensibiliser le public. Le fait, par exemple, que Facebook puisse faire de l’évaluation de solvabilité de clients pour des banques. Amazon Echo, allez voir la publicité d'Amazon Echo3, sur YouTube évidemment, tant qu'à faire. Et c'est assez phénoménal l'exemple qu'ils prennent. Alors Amazon Echo c'est ce petit cylindre que vous avez là. C’est un objet qui écoute, évidemment un objet connecté, qui écoute en permanence ce que vous dites. Et vous lui dites, je crois qu'il faut dire Alexa genre « Alexa joue-moi de la musique de Charles Trenet. » Et hop, Charles Trenet directement dans votre salon. Ça se connecte évidemment. Ça veut dire que ça écoute en permanence et ça envoie en permanence les informations aux serveurs d'Amazon. Ce qui est intéressant c'est que dans la publicité, ça dure trente secondes, mais c'est quand même assez rigolo. En fait, du coup, le Echo de Amazon est placé dans la chambre et vous voyez le mari qui sort, le couple américain typique. Le mari qui sort, vaguement, en disant ; « Oh là, là, c'est lundi est-ce qu'il faut que j'aille travailler ! Et là du coup la boîte lui répond : non, non, aujourd'hui tu n'as pas de réunion avant telle heure, tu peux te recoucher ! » Il se retourne, il embrasse sa femme, c'est merveilleux, c'est magnifique. Et donc ce truc-là est en train d'écouter chez lui et c'est comme ça qu'on vous le vend. Allez vérifier la pub, c'est plutôt rigolo.

La même chose mais pour les plus petits, avec des Barbies qui peuvent écouter, évidemment, ce que disent les enfants dans la pièce. Là du coup, il y a plus d'experts que moi en termes de sécurité dans la salle, mais je crois que ça a été hacké à peu près quinze jours après. Ils ont montré qu'on pouvait écouter le flux, évidemment qui était transmis, je ne sais pas s'il était chiffré ou en clair. Mais du coup c'était un petit peu compliqué. Moins de quinze jours, ça y est, on pouvait écouter ce qui transitait. Et la deuxième faille qui a été découverte sur cette Barbie donc qui a été vendue à Noël 2015 et qui a été, du coup, retirée quelques mois après, c’était qu'il y avait éventuellement, parce que toutes les phrases étaient enregistrées sur des serveurs d'un prestataire de Mattel, et donc que les phrases pouvaient être réécoutées a posteriori. Donc non seulement on pouvait écouter votre gamin dans la chambre, mais en plus, on pouvait réécouter ce qui avait été dit puisque, évidemment, la poupée ressortait les phrases, en fonction, c'est beaucoup plus intelligent qu'un système aléatoire, en fonction de ce qui lui était demandé par l'enfant.

Le coup des thermostats et des caméras qui peuvent vous surveiller. Ça soulève un autre problème. On a traduit un article sur le Framablog il n'y a pas très longtemps, sur ce que nous, on a appelé l'obsolescence imposée4. J’étais assez fier du terme, donc un peu d’auto-congratulation. À la différence de l'obsolescence programmée que vous connaissez déjà, c'est le fait que votre imprimante arrête d'imprimer au bout de 2 000 pages et pas 2 001. C'est le fait que votre machine à laver tombe en panne le lendemain de l’expiration de la garantie, donc ça c'est l’obsolescence programmée. L'obsolescence imposée, c'est Google qui a racheté Revolv qui était une boîte qui faisait aussi des thermostats connectés et quand ils ont racheté Revolv, deux/trois mois après, Google a envoyé, au nom de Revolv évidemment, ils n'ont pas envoyé au nom de Google, ils ne voulaient pas se faire de la mauvaise publicité. Ils ont envoyé un mot en disant : « Désolé, vous avez acheté un thermostat Revolv qui coûte trois cents dollars, mais en fait, dans trois mois, on le débranche. » Et les gens ont fait : « Mais pourquoi ? Qu'est-ce que se passe ? Il ne marche plus ? Si, si, il va très bien marcher, sauf que c'est un produit Revolv et nous, Revolv n'existe plus. » Donc vous avez un produit qui fonctionne, qui techniquement est toujours efficace, il n'est pas du tout arrêté, etc. C'est juste qu'il y a quelqu’un qui, à l'autre bout du monde, a décidé d'appuyer sur un bouton pour dire « on arrête de faire fonctionner ce produit. » Et donc ça, à mon avis, c'est quelque chose qu'on va voir de plus en plus souvent, c'est le fait que vous allez acheter des produits et que, tout simplement, il y a quelqu'un qui décidera quand est-ce qu'ils doivent fonctionner ou pas.

Des exemples encore. Voilà. Je vais aller un petit peu plus vite. Voilà les mouchards automobiles. Le Google Doctor, qui est toujours, je crois, en bêta test aux États-Unis. Calico et Verily qui sont des filiales de Google, enfin d'Alphabet — ils ont bien joué leur truc, comme ça on ne peut plus dire que c'est Google, non, c'est Alphabet,comme les gens ne connaissent pas Alphabet — qui fait des nanoparticules.

Encore une fois je vais très vite sur les dangers parce que, normalement, ça a été déjà plus ou moins traité avant, mais je reviens quand même rapidement dessus.

Premier point c'est qu'ils sont pétés de thune, mais tellement qu'aujourd'hui il n'y a pas grand-chose qui peut les arrêter et ça on a beaucoup de mal à expliquer. Quand vous parlez avec des gens de collectivités, voire du gouvernement, tout ce qu'ils veulent c'est faire des trucs aussi gros en face et on leur explique « vous n'y arriverez pas ! » Ils ont dépassé un seuil, un poids tel, qu'aujourd'hui ça ne va pas être possible de les tuer. Ça ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas disparaître demain, mais ça veut dire qu'un gouvernement ne peut pas dire « moi je vais m'attaquer à Google ». La Cour de justice européenne essaye depuis des années de les faire payer. Oui ! Le jour où ils décideront de mettre cinquante ou soixante avocats de plus eh bien ça va être beaucoup plus compliqué. À mon avis c'est peine perdue, c'est être extrêmement naïf que de croire qu'on va pouvoir les attaquer côté justice.

Évidemment il y a les atteintes aux libertés, à la vie privée. Donc la collusion entre l'État et GAFAM, évidemment, c'est mis en avant et de façon beaucoup plus visible par les révélations d'Edward Snowden.

Évidemment c'est gratuit mais c'est parce que, finalement, ils collectent des informations sur vous.

L’espionnage industriel, je ne reviens pas trop dessus. Mais on voit régulièrement des entreprises qui mettent leurs données sur du Google Drive et autres. C'est évident qu'ils sont parfaitement capables de traiter ces données pour en retirer de l'information. Personnellement je n'ai pas de preuves mais enfin, tôt ou tard, ça arrivera. En tout cas ce n'est pas intelligent de mettre les données, du coup, d'une boîte sur du Google Drive.

Public : Google Traductions !

Pierre-Yves : Ou Google trad ! Ouais.

Public : Google Traductions. Des manuels entiers de produits qui sont traduits.

Pierre-Yves : Voilà. Ouais. Donc on pourrait parler des bouquins qu'ils scannent aussi. Voilà. On leur file, de toutes façons, de la donnée sans trop y réfléchir.

Évidemment c'est la possibilité de fermer un service du jour au lendemain. Donc typiquement Google Reader qui fonctionnait plutôt bien, qui a fermé du jour au lendemain. Framanews était sorti le même jour. On était assez fiers, on était prêts. On attendait ! Tapis au fond du bois!

Évidemment des modifications des services qui font que, du jour au lendemain, Google peut dire « eh bien maintenant non, on va traiter le spam comme ça, et ça se passera comme ça, et vous avez juste pas le choix ». Bon. OK !

Ça peut être aussi : hier Google Calendar est tombé en rade pendant cinq heures je crois. Je ne sais pas s'ils ont fini par donner une explication, mais c'était assez nébuleux. Je crois qu'ils n'avaient pas trop compris, au départ, pourquoi est-ce que Google Calendar était tombé en rade. Mais du coup, ça veut dire qu'il y a potentiellement des centaines de millions d’utilisateurs qui n'ont pas pu utiliser leur calendrier. Donc si vous utilisez ce type de solution dans un cadre professionnel, eh bien vous vous retrouvez en rade. Encore une fois, n'importe qui peut tomber en rade. Si vous utilisez un service auto-hébergé, ou par un prestataire, je ne dis pas qu'il ne tombera pas en panne. Mais là, le problème c’était l'impact. L'impact a touché potentiellement des… C'est un peu comme quand Gmail tombe en panne. Il y a à peu près, aujourd'hui, un milliard de comptes Gmail. Autant vous dire que ça impacte un petit peu de monde !

Et puis surtout, ce sont les extensions hors d'Internet ou en tout cas sur l'Internet des objets et tout ce qui va être numérique connecté. On est capables de faire des moratoires sur les OGM, là aussi je fais le lien avec la conf d'avant ! On est capables de faire des moratoires sur le clonage humain ! Mais alors personne ne dit : « Est-ce qu'on ne devrait pas réfléchir un petit peu avant de confier toutes nos données à une boite ? » C'est soulevé, la question n'est même pas de nous. Mais il ne faut pas arrêter l'économie quoi ! Le clonage humain pour l'instant il n'y a pas d'économie donc on peut y réfléchir pendant cinq ou dix ans, ça ne pose pas de problème. Par contre, là il y a du pognon, donc surtout il ne faut pas toucher, on ralentirait l'économie !

Souvent on prend l'analogie de 1984, le bouquin de Georges Orwell, donc société plutôt d'oppression, de surveillance permanente, etc. Vous êtes bien conscients qu'il y a une part de vérité sans doute là-dedans, mais on est plus probablement dans Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, c'est-à-dire une société de la distraction et donc tous ces objets-là, finalement, nous distraient. On a envie d'acheter le dernier iPhone parce que c'est l'objet qui éveille notre désir. Et ils sont très doués. Ils ont du pognon pour embaucher des gens en marketing. Là aussi je fais le lien avec une conf qui avait lieu plus tôt, à laquelle je n'étais pas, mais sur le marketing olfactif. Ils manipulent très bien ces outils-là, ce qui nous empêche de nous intéresser aux sujets de société qui devraient nous intéresser, genre est-ce qu'on a un premier ministre qui va bien ? Est-ce qu'on a un gouvernement qui est toujours de gauche ? Voilà. On n'a pas le temps de s'en occuper parce qu'on est très occupés à, finalement, aller poster nos petites vidéos de chatons sur Twitter ou Facebook, ou autre.

Question derrière, c’était de savoir si on n'arrivait pas à avoir une espèce de Skynet qui se préparait pour 2028. Je m'aperçois qu'il y a des gens qui n'ont pas vu Terminator, donc je vais quand même repitcher Terminator. Terminator, le premier du nom avec Schwarzenegger jeune ou à peu près jeune dedans. C'est en 1992, une boîte qui s'appelle Cyberdyne, en Californie, invente une super puce. Cette super puce permet de construire des super ordinateurs, un super calculateur. Ce super calculateur, dedans, on développe une intelligence artificielle qui s'appelle Skynet. Skynet est associée à des robots qui sont, au départ, censés assister l’être humain. Et puis, évidemment, autour de 2028 Skynet pète un câble parce que les humains ne font plus rien qu'à se taper dessus. Et donc, la meilleure façon de protéger les humains c'est de les éliminer et, du coup, on va dérouiller, à grands coups de Schwarzenegger, on va dérouiller les êtres humains.

Évidemment on pourrait dire que je suis paranoïaque, on n'est évidemment pas là. D'abord on n'est pas en 2028, ça peut encore arriver, mais je ne pense pas qu'on y arrive. Mais, par contre, Google a investi massivement dans des robots. Là je ne vous ai pas mis la vidéo, mais pour ceux qui voient c'est Boston Dynamics. C'est une société qu'a revendue Google récemment, parce que, justement, l'image de Boston Dynamics n'était pas très bonne. C'est une boîte qui, au départ, fabriquait des robots pour l'armée américaine, que Google a rachetée, parce que Google est évidemment très intéressée par nous vendre des objets qui seront des objets de confort, c'est-à-dire l'objet final de Google. Il y a Calico qui est donc la filiale d'Alphabet qui vise à prolonger la vie, voire à euthanasier la mort, c'est encore mieux. Allez voir Calico.com5, je crois. Ils veulent tout simplement tuer la mort, mais surtout, l'objectif de Google, c'est de dire : « Il faut qu'on arrive à devancer, à comprendre quels sont les besoins des utilisateurs avant même qu'ils les formulent ». C'est-à-dire : « Tiens, il ne te reste qu'un yaourt dans ton frigo, je vais donc en recommander un puisque je sais que systématiquement tu commandes chaque fois telle marque de yaourt, etc. » Donc c'est hyper-pratique, sauf que ça fait évidemment consommer. On reste dans une société de consommation et, en plus, une société de consommation complètement assistée.

Donc voilà, ça c'était le bordel. Et donc on a cette dérive, petit à petit, de ces acteurs immensément riches et sur lesquels personne ne s'inquiète de savoir jusqu'où ils sont prêts à aller. J'aurais pu vous faire encore plus peur sur comment est-ce qu'ils commencent à investir un petit peu le champ de la politique étrangère, de la diplomatie, des choses comme ça. Et donc on s'est dit qu'il fallait qu'on réfléchisse un petit peu à ce qu'on pouvait faire pour proposer un autre système, on va dire. On s'est dit qu'on n'était pas contents. Je n'ai pas précisé, mais « on », c'est qui ? « On », c'est Framasoft, association loi 1901, toute petite association, il y a une trentaine de membres. Du coup il y a pas mal de salariés pour très peu de membres vu qu'on est à peu près cinq salariés. Et donc en 2013/2014, on s'est dit qu'il fallait qu'on propose quelque chose pour contrebalancer ce pouvoir, notamment suite aux révélations d'Edward Snowden.

La première chose qu'on a faite c'est qu'on a quitté Google, d'abord, parce qu'on utilisait nous-mêmes, Framasoft utilisait massivement les services de Google. Je me repends, je bats ma coulpe, etc. On a mis des mois, en fait, à quitter les services de Google et on s'est dit « c'est juste pas possible, si nous, alors qu'il y a quelques informaticiens dans l'asso, même si on n'est pas une asso d'informaticiens » — Framasoft c'est français et mathématiques, le « fra » et le « ma », on vient plutôt du milieu de l'éducation. Mais on s'est dit que si nous on avait mis des mois et des mois à quitter Google, pour M. et Mme Dupuis-Morizot ça allait être un petit peu compliqué. On ne les appelle pas les Michu chez nous : les pauvres Michu dans l'annuaire, ils sont un petit peu harcelés. Et donc M. et Mme Dupuis-Morizot, on s'est dit « eh bien ça va être un petit peu compliqué pour eux de quitter Google surtout si on ne leur dit pas quels sont les dangers, déjà, et comment est-ce qu'on peut leur proposer des alternatives . »

Donc on s'est dit que la première chose qu'on pouvait faire c’était sensibiliser. Ça tombe bien, on est une association d'éducation populaire, donc notre boulot c'est aussi de venir parler devant les gens et leur expliquer quels sont les problèmes.

Deuxième chose, on s'est dit on ne peut pas juste sensibiliser et dire « ce n'est pas bien d’utiliser du Google Drive, etc. » Il faut qu'on puisse proposer des alternatives en face.

Et le troisième objectif c'était d'essaimer. [C'est le moment où je regarde ma montre pour savoir si je suis très à la bourre ou juste un peu à la bourre. Vous noterez que j'ai un téléphone Nexus Android by Google. Même pas avec avec Cyanogen. Il ne me reste même pas vingt minutes, enfin une vingtaine de minutes. Je vais aller très vite.]

Donc qu'est-ce qu'on a fait ? On a sorti une campagne qui s'appelle Dégooglisons Internet6 qui vise, en fait, à prendre un certain nombre de services et on s'est dit « voilà, sur trois ans, les services sur lesquels on pourrait essayer de proposer des alternatives ». Et donc en octobre 2015, ça fait encore quelques mois, eh bien on a quand même abattu certains camps romains de l’oppression « googlelienne » et pas seulement « googlelienne ». Quand je dis Google, encore une fois, c'est beaucoup plus large que ça, c'est GAFAM. On pourrait rajouter d'autres entreprises dedans. Si vous voulez j'ai un petit stand, en bas, qui recense un petit peu les différentes alternatives qu'on propose. Donc voilà alternative à Google Docs, alternative à Google Spreadsheet, on en est loin, mais au moins ça existe.

Alternative à Pocket, alternative à Doodle, Mindmap, Google Reader, et la nôtre elle fonctionne encore ! Facebook, Twitter, c'est du diaspora, on est à mi-chemin entre les deux, ce n'est ni l'un ni l'autre, mais ça fonctionne : on a 27 000 membres quand même, on est loin d'un milliard cinq cents millions. Tous ces services-là vous les retrouverez sur de la documentation que j'ai en bas.

Framagit, on a 5 000 projets. Framabee alternative pour le moteur de recherche, Google Books, des jeux. Alternative à Dropbox, on avait 5 000 membres, ils sont partis en, je ne sais plus ! En tout cas, il y a 2 000 comptes qui sont partis en quarante-huit heures. Donc les 5 000 ont dû partir très vite aussi.

On a crowdfoundé et développé un plugin qui s'appelle MyPads qui permet d'avoir des pads privés. Voilà alternative à Trello, alternative à WeTransfer. Puisque que ça parle quand même beaucoup sécurité, je rappelle juste que sur cette alternative-là, la particularité c'est que les fichiers sont chiffrés avant de nous parvenir ce qui fait que, nous-mêmes, nous ne savons pas ce qui est hébergé sur nos serveurs.

Alternative à uMap, service bien sûr ajouté par-dessus OpenStreetMap, qui été utilisé notamment pas Nuit debout. Autant vous dire que, du coup, la communauté OpenStreetMap était plutôt ravie que ça soit chez nous plutôt que chez eux parce que ça permettait de maintenir correctement le service pour eux.

Les deux derniers services qu'on ait sortis Framateam, Framavox. J'en parlerai éventuellement après.

Voilà. Schwarzenegger, clin d’œil. C'est pensé quand même ! J'ai beau l'avoir finie il y a dix minutes ! Quels sont les problèmes que tout ça pose ?

Le premier problème c'est qu'on ne pensait pas que ça marcherait aussi bien. Et en gros, il y a plein de gens qui viennent chez nous et donc ça fait beaucoup de travail. Ce n'est pas qu'on n'aime pas travailler, mais on se sentirait plus à l'aise s'il y avait un peu moins de gens chez nous.

Deuxième problème, c'est que, nous à la base, [ah ça y est il y en a qui viennent de comprendre !], en gros, on est une bande de potes. C'est une petite association qui ne vise pas du tout à devenir grosse et du coup on pose des services un peu comme ça. Là je peux teaser un petit peu, annonce spéciale dédicace, spéciale spoiler Pas Sage en Seine, on va sans doute sortir un service alternatif à MinecraftEdu, et ça, on ne le savait pas il y a quinze jours. On s'est dit « tiens Microsoft a racheté Minecraft. Microsoft veut mettre du Minecraft éducation et pousser ça à l'Éducation nationale. Ce n'est pas cool. Tiens, si on faisait un serveur Minetest, à base, donc, logiciel libre, alternative à Minecraft. Oh ouais, tiens ça pourrait être rigolo ! » Il y a quinze jours et ça se fait un peu comme ça un peu à l'arrache, mais c'est quand même bien chouette.

On fait de l'expérimentation. On n'est pas là pour proposer du service, avec une qualité de service, avec de l'hot time à 99,9999 %.

Troisième point qu'on nous reproche toujours : « Ah ! Mais vous êtes en train de recentraliser le web. En gros c'est super, les gens quittent Google pour aller chez Framasoft. Bande de salauds ! Vous ne faites pas de la décentralisation ! » Eh bien excusez-nous, on ne l'a pas fait exprès ! D'abord on n'a pas un milliard cinq cents millions de comptes sur Framasphère, mais c'est vrai que ça pose un vrai problème et on n'avait pas du tout anticipé que ça se passerait comme ça.

Et enfin, dernier problème. Ce n'est pas un problème, c'est un choix qu'on a fait en assemblée générale, c'est qu'on a dit qu'on voulait arrêter de grossir. Je ne parle pas de moi, je parle de l'asso ! Mais du coup, vraiment, la difficulté qu'on a c'est que, encore une fois, on est une asso qui est une bande de copains et on n'a pas envie, à un moment donné, d'avoir cinquante salariés, etc. On n'a pas volonté, de toutes façons, de devenir leaders de quoi que ce soit. Donc on est plutôt en mode AMAP, en train de se dire : « Bon c'est bien, nous on a bien réussi à cultiver notre jardin. C'est bien ! Ça marche bien. Il y a des gens, ils viennent chez nous, on est contents, mais il ne faudrait pas qu'ils soient trop nombreux. » Donc comment est-ce qu'on va faire pour virer ces gens-là, en tout cas les envoyer ailleurs ? Et ces gens-là, potentiellement, c'est vous !

Donc on a comparé les 74 milliards de dollars, machin, 23 milliards de bénéfices. Nous on a 20 000 euros de perte en 2014. 4,4 salariés parce qu'ils ne sont pas tous à temps plein. 22 serveurs pour 33 machines virtuelles. Donc on n'est rien, mais c'est quand même rigolo !

Donc on s'est dit qu'il fallait maintenant passer à la phase 3, un petit peu anticipée. On n'avait pas prévu que ça viendrait aussi vite, mais on s'est dit pourquoi pas ! Et donc cette phase s'appelle CHATONS, j'y reviens après, mais c'est chercher, finalement, à créer un réseau d'hébergeurs, avec des hébergeurs qui existent déjà depuis longtemps et puis d'autres qui veulent se créer. J'ai quelques exemplaires de la charte version papier que je pourrai diffuser après, sinon vous pourrez la retrouver en ligne7.

Les principaux points c'est, en gros, on utilise 100 % du logiciel libre. Pas 99 % ! 100 %. On fait évidemment de l'éthique. On est transparents sur les méthodologies qu'on a pour mettre en place les services. Sur les tarifs aussi, on est transparents vis-à-vis de l'utilisateur. On n'utilise pas de régie publicitaire qui vient croiser les données, les récupérer, les revendre,etc. On respecte la vie privée et les données personnelles. On essaye, évidemment, de décentraliser, donc là, pour nous, notre boulot ça va être d'accompagner différentes structures dans la mise en place de services équivalents à ceux qu'on propose, voire d'autres, je pense notamment au mail qui est une question qu'on nous pose souvent.

Et surtout, en tout cas pour nous c'est important, solidaires, c’est-à-dire non seulement qui facilite l'entraide entre CHATONS et qui fait de l'éducation populaire. C'est-à-dire que ce qu'on veut c'est, à un moment donné, rapprocher l'informaticien du reste du monde, c'est-à-dire des utilisateurs, ces trucs qui vous envoient des mails pour vous dire que ça ne marche pas. Et donc, je vais y revenir, éventuellement, tout à l’heure.

On n'est pas les premiers à faire ça. Il y a plein de gens qui proposent ça depuis longtemps. Je pense au Rhien, historiquement, à Ouvaton, Lautre, etc. Il y a plein de gens qui proposent déjà ce type de services, mais l'idée c'est de se mettre d'accord. Donc il y a un manifeste et une charte. Là je n'ai vraiment pas le temps de revenir sur le manifeste et la charte, mais je vous donne l'adresse après, donc vous pourrez aller les voir en ligne.

L'idée c'est, à un moment donné, de créer finalement un réseau d’acteurs. Concrètement c'est, voyez ce que fait la FFDN pour les fournisseurs d'accès à Internet associatifs. Eh bien c'est de faire un petit peu la même chose. Il va y avoir forcément des différences, mais pour des gens qui proposent de l'hébergement de services en ligne. Notamment, une des choses sur lesquelles on insiste c'est que, en termes de taille, vous pouvez être une association, une coopérative, une entreprise, à la limite, nous on s'en fout, on ne regarde pas la structure juridique en tant que telle, par contre on cherche plutôt les artisans du numérique plutôt que les gros. C'est-à-dire que typiquement OVH, même si on peut penser ce qu'on veut d'OVH, en bien ou en mal, ne pourra pas faire partie de CHATONS tout simplement parce qu'ils ont une taille trop grande et qu'ils sont déjà, eux-mêmes, en train de concentrer des données. Ce qui n’empêche pas que des CHATONS mettent en place des services en partie sur OVH.

Ce qu'on veut c'est abaisser la barrière à l'entrée pour les gens qui veulent créer, notamment une association, par exemple. Et puis surtout, agir localement, ça veut dire, en gros, boire des bières, avec ou sans alcool, enfin buvez autre chose que de la bière sans alcool ! Mais vraiment l'idée de fond c'est que si on veut résister aux énormes silos de GAFAM, à un moment donné, ce qu'il va falloir mettre en place, et on n'y coupera pas à mon avis, c'est rapprocher l'informaticien qui lui sait chiffrer ses mails, sait changer, sait sécuriser sa connexion, sait éventuellement s'installer un ownCloud ou autre, de l'utilisateur qui, lui, ne sait pas forcément comment ça marche. Et donc l'idée est toute simple : c'est tout simplement on met ces deux personnes localement dans un même lieu, en train de boire un coup ensemble, et en espérant qu'à un moment donné il va dire : « Mais pourquoi mon mail était en panne hier. Ah ben oui c'est parce qu'il s'est passé ça, etc. » Et que les gens s'intéressent finalement à comment ça marche l'informatique plutôt que de se laisser avoir par le côté Le Meilleur des mondes, le bouquin d'Aldous Huxley dont je vous parlais tout à l'heure où ça part un petit peu en sucette et où, finalement, on dit : « Vous n'avez pas à savoir comment ça marche. Google s'occupe de tout ! »

Donc voilà. La carte est totalement évidemment fausse, mais l'idée c'est un peu ça c'est de dire « où est-ce qu'on va trouver des CHATONS près de chez soi ? » Cette carte est tout aussi fausse. Vous noterez quand même qu'on avait fait un effort sur le nom : Collectif des Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts Neutres et Solidaires, ce qui fait CHATONS. Et bizarrement ça marche plutôt bien. En France on déjà une vingtaine de structures qui sont intéressées, pour l'instant. On va voir, après, qui part en même temps que nous ou pas. Et puis à l'étranger ça y est, ça commence. Donc au Québec ils sont déjà partants : on a une asso qui est partante pour se lancer dans le projet. Aux Pays-Bas vous avez Disroot8. En Allemagne je crois qu'il y avait Cobite9, au Portugal Indiehosters10. Voilà. En Côte d’Ivoire, il y a des gens qui sont intéressés aussi. À La Réunion aussi il va se monter probablement un CHATONS. Et comme il me reste très peu de temps je speed un peu.

Donc c'est inspiré directement de ce que fait, de ce que propose la FFDN, si ce n'est qu'eux font fournisseur d'accès. L'idée c'est de dire « OK, mais pour l'hébergement comment est-ce qu'on fait ? » On reste sur un modèle AMAP de façon à ce que si jamais il y en un qui tombe, eh bien ce n'est pas grave, on va chez celui d'à côté. CHATONS ce n'est jamais ni plus ni moins qu'un label qui peut être forké. C'est-à-dire si CHATONS ne vous plaît pas, si des gros veulent faire les chiots, les canards, les oies, ils se démerdent, ils reprennent, tout est sous licence libre.

On vise nous spécifiquement plutôt, vraiment encore une fois, les artisans, ce qui va poser des problèmes puisqu'en termes de, je ne sais pas, je vais dire de sécurisation par exemple, eh bien il n'y a pas 800 ingénieurs sécurité comme chez Google.

C'est du 100 % logiciel libre. On s’engage donc, là encore je vais vous redonner l'adresse de la charte et du manifeste. C'est basé sur la confiance et l'autogestion. C'est probablement le point faible, je ne le nie pas. Mais d'un autre côté, si on veut résoudre les problèmes avant qu'ils n'apparaissent, je pense qu'on ne fait pas des bonnes choses. Et l'idée c'est de rapprocher les informaticiens et les moldus, le prolétaire du web qui va se retrouver face à Internet.

Le planning, pour l'instant, il est respecté, ce qui n'est quand même pas toujours le cas avec nous. Si vous avez pour l'instant une adresse à retenir c'est celle-là, donc framagit.org/framasoft/CHATONS11. Vous allez autrement sur le site chatons.org. Le nom de domaine était disponible, c'était quand même super. C'était le win du jour quoi ! Vous retrouverez le manifeste et la charte qui sont assez longs, qui sont des documents que je vais faire tourner tout à l'heure. Mai/septembre, c'est-à-dire à peu près maintenant, on va se remettre à faire le site web, à accueillir les premières structures. L'idée c'est de faire une annonce en octobre. Et un an après, si tout va bien, je reviendrai à Pas sage en Seine avec d'autres…

Libérez le monde avec des CHATONS et de la bière, c'est possible et c'est important parce que sinon on risque d'avoir un monde qui sera non pas… Internet pourrait devenir « Googlternet » et ce n'est pas que une question de tuyaux. Je sais qu'il y a beaucoup de techniciens, mais là je ne vous parle pas de termes techniques, je vous parle en termes vraiment de vision politique, voire sociétale du monde qui nous sera imposé, vu que tout ce qu'on va utiliser, le téléphone, la télé, les vidéos, etc., passeront par Google ou autre, peu importe, mais en tout cas, on sera complètement dépendants de ça.

Voilà, ça c'est le slogan. Si vous avez des questions, j'ai été hyper vite mais le sujet était vaste.

Stéphane Bortzmeyer : Comme d’habitude, seulement avec le micro les questions pour les malheureux qui sont loin.

Pierre-Yves : Je peux même transmettre le micro, si tu veux.

Public : Moi j'ai une question toute bête. Est-ce qu'il y a une taille minimale pour être un CHATONS ?

Pierre-Yves : Non.

Public : Non ! C'est-à-dire même si c'est un truc où on est vingt ?

Pierre-Yves : Par contre, il y a des engagements, par exemple sur le backup. Pour moi, il faut que tu sois capable de proposer une solution. Tu ne peux pas juste te contenter de mettre en place, par exemple, du Framadate, que tu renommes « totodate » ou ce que tu veux, ça c'est parfaitement possible, et dire « ça y est je demande à apparaître sur la carte des CHATONS ». Parce que si tu ne fais que ça, potentiellement, si le service tombe, les gens ne sont pas contents, etc. Donc il y a des engagements vis-à-vis notamment du backup qui sont indispensables. Peu importe la taille, l'important c'est que ça soit bien fait ou suffisamment bien fait pour que ça ne pose pas de problèmes derrière.

Public : OK. Merci.

Pierre-Yves : Et on déjà plusieurs particuliers qui potentiellement sont intéressés pour proposer ça uniquement à leur famille, par exemple. Très bien.

Stéphane Bortzmeyer : D'autres questions ? Loin là-bas.

Pierre-Yves : Je vais faire tourner la charte en attendant.

Public : Tout d'abord bravo, merci ! Vous êtes formidable ! Je suis là.

Pierre-Yves : Merci. Ah tu es là !

Public : Du coup comment imaginer aussi des complémentarités avec de l’auto-hébergement, les projets genre YunoHost12.

Pierre-Yves : Cozy13 et compagnie.

Public : Je pensais plus à la brique YunoHost, ce genre de projet.

Pierre-Yves : On sur-kiffe notamment YunoHost, avec qui on se disait, justement la semaine dernière, qu'on allait sans doute faire des projets ensemble, notamment pour que nous on facilite le travail d'intégration des applications, type ce qu'on propose, donc je ne sais pas, du EtherPad dans YunoHost. Peut-être qu'on arrivera à libérer un peu de temps salarié, ce qui est important, pour participer et contribuer à YunoHost. Le problème de l’auto-hébergement c'est qu'il y a des super bons côtés d'un point de vue technique, mais il y a des vraies problématiques qui, pour l'instant, ne sont pas résolues d'un point de vue logistique, pratique. C’est-à-dire qu'est-ce qui se passe si j'ai tout mis sur une petite carte mémoire, donc j'ai ma distrib YunoHost qui est installée sur ma micro SD qui fait, je ne sais pas, 128 gigas, super, et puis cette carte plante ? Qu'est-ce qui se passe si j'ai une inondation dans mon appartement et que ma brique internet a pris la flotte ? Toutes ces questions-là de l’auto-hébergement. On est vraiment pour l’auto-hébergement, soyons très clairs, ce projet ne sert qu'à faire la transition vers un auto-hébergement, mais un auto-hébergement qui soit efficace chez M.et Mme Dupuis-Morizot. Aujourd'hui, la brique internet c'est super et on est plusieurs a en avoir. C'est très bien, mais c'est compliqué de dire à M. et Mme Toutlemonde « allez-y, branchez-le et vous n'aurez plus à vous occuper de rien ! » Ce n'est pas vrai ! Pour moi, aujourd’hui, c'est juste pas vrai ! Ça marche et ça marche carrément bien, mais on ne peut pas juste se contenter de dire « ouais ça va fonctionner et vous n'aurez plus à vous occuper de rien ! »

Alors que là, l'idée c'est qu'à un moment donné ce soient des gens. Typiquement moi je suis à Lyon. Il y a une association qui s'appelle Hadoly14 qui s'est montée à Lyon il y a peu de temps. Ce n'était pas du tout en relation avec le projet CHATONS. Ce sont juste des gens de Illyse qui est le fournisseur d'accès associatif local, membre de la FFDN, des gens de l'ALDIL, qui est le GULL local, qui se sont dit : « Ah ben tiens, on pourrait aussi, nous, mutualiser nos solutions d'hébergement. OK très Bien. Ah ben tiens, on va monter une asso. OK, très bien. Ah puis tiens, on pourrait proposer ces services à des gens aussi qui sont à l'extérieur. OK très bien. » Sauf que, à un moment donné, c'est comment est-ce qu'on fait pour que cette offre soit visible sur Lyon ? Et moi ce que j'espère c'est que, à un moment donné, CHATONS ce sera une carte sur laquelle, eh bien OK je suis à Lyon, je veux faire héberger mes mails, ce que ne fera pas Framasoft, je tease un peu, mais je doute qu'on propose un jour une alternative de ce côté-là. À ce moment-là tu vas voir Hadoly qui elle pourra proposer du mail contre un abonnement type ce que propose Lautre.net, etc., mais en version décentralisée. Parce que moi, aujourd'hui, si j'envoie tous les gens qui veulent du mail Framasoft chez Lautre.net, j'en connais qui vont faire la gueule, parce que ça va leur faire un petit peu de boulot. Ça va leur faire des sous, ouais, mais un petit peu de boulot.

Public : Dans le préambule, juste au début, en fait, un des premiers engagements qu'on prend c'est celui de respecter la loi. C'était quoi l'importance de s'engager à ça ? Qu'est-ce qui fait que c'est important que les gens qui adhèrent à ce truc soient absolument respectueux de la loi en premier ?

Pierre-Yves : Tu veux dire dans la charte ? On a mis ça parce qu'à un moment donné on est pris, nous, pour des terroristes, pédonazis, machin, bidule, et on explique que non ! C'est très peu arrivé dans l'histoire de Framasoft, mais on a déjà eu des requêtes judiciaires spécifiquement sur tel ou tel point. Il ne s'agit pas de se mettre contre la loi, il s'agit de l'appliquer strictement en fonction des besoins qui nous sont faits. C'est-à-dire qu'on ne réagit pas sur un coup de fil, quand bien même on nous dirait que c'est la police, machin et tout. On attend la requête judiciaire qui nous dit : « Il faut fournir des infos de tel endroit, de tel type, à tel moment ». Si évidemment il y a quelque chose qui arrive et qui nous dit : « Voilà on veut avoir un accès root à vos serveurs », eh bien on va probablement se prendre les pieds dans le tapis et tous nos serveurs se retrouveront effacés. Merde ! Désolés ! Un peu ce qu'avait fait Lavabit.

Public : Je n'ai pas micro, mais tu ne respectes pas la loi dans ce cas-là.

Pierre-Yves : Non.

Public : Je n'ai pas le micro, mais dans ce cas-là, tu ne respectes pas la loi du tout.

Pierre-Yves : Ah si tu effaces ? Je dis bien ! J'ai bien dit « on s'est pris les pieds dans le tapis, désolés ! »

Public : C'est un accident.

Pierre-Yves : Voilà. C'est un accident !

Public : Cinq admins oublient leurs mots de passe !

Pierre-Yves : Oui, voilà, ça marche aussi. On trouvera une façon de… Voilà !

Public : Je suis Mme Dupuis-Morizet.

Pierre-Yves : Mme Dupuis-Morizot.

Public : La moldu des spectateurs je pense, et du coup j'ai une petite question pour conquérir le monde. Est-ce que dans vos projets vous arrivez à avoir, notamment en organisation et en communication, des gens qui ne sont pas le côté informatique, mais qui aideraient plutôt dans l'organisation, la répartition des demandes ou des choses, on va dire, de base, de gestion en fait. Et qui aideraient peut-être à, justement, populariser un peu ce côté-là.

Pierre-Yves : Ouais ! Très bonne question. On galère, très honnêtement. Framasoft, c'est trente membres, il y a peut-être dix informaticiens à tout casser. On a la chance d'avoir de très bons informaticiens dans ce lot-là. Mais pour le reste, à la louche, tu as du prof de ski, du comptable, du directeur d'école primaire. Donc tous types de métiers qui ne sont pas des informaticiens et qui ont, du coup, une vision plus grand public. Encore une fois, nous on vient du milieu de l’Éducation nationale/éducation populaire donc c'est assez varié comme profils. Par contre on est ouverts à toutes les contributions. C'est-à-dire que pour nous, il n'y a pas besoin d’être membre d'une asso pour participer à améliorer les choses. Donc on est complètement ouverts à toutes les propositions. Je remets au passage peut-être l'adresse du Git. Après vous pouvez aller discuter. OK, il faut se créer un compte, c'est du Gitlab. Mais vous pouvez participer et donc poser des questions et on répond. La charte et le manifeste là, qui circulent, ont déjà été modifiés par des personnes qui ne font pas du tout partie de l'association et qui viennent poser des questions sur « mais telle règle, je trouve qu'il faudrait l'adapter comme ci comme ça ». Et donc ça peut être aussi le cas sur l'aspect communication. Je ne sais pas si ça répond à ta question.

Stéphane Bortzmeyer : Il reste le temps juste pour une question, donc si quelqu'un en a une.

Public : Est-ce que les collectivités telles que les villes et les régions peuvent participer en tant qu'hébergeur ?

Pierre-Yves : Pour moi, si elles respectent la charte et le manifeste, si elles s'engagent à respecter la charte et le manifeste, oui. Je suis complètement agnostique en termes de structure. Par contre il y a une problématique de taille. C'est-à-dire que si demain une collectivité dit : « Moi je vais être CHATONS pour x millions de personnes », ça fait un silo. Si ça fait un silo ce n'est pas bon !

Stéphane Bortzmeyer : On a peut-être le temps pour une dernière, dernière question.

Public : Du coup quelle est la taille critique, finalement ?

Pierre-Yves : Je n'en sais fichtrement rien. Et je vous propose qu'on la définisse ensemble, que ce soit demain, que ce soit en ligne, etc. Soyons très clairs, ce n'est pas un projet qui a été pensé pendant des mois et des mois. L'acronyme a été sorti un soir de presque beuverie, on ne va pas faire de la promotion. Mais à un moment donné, nous, c'est juste qu'on s'est dit « mais on commence à porter un poids qui est trop lourd par rapport au projet qu'on voulait faire. Soit on grossit et on va devenir un gros machin centralisé avec des gens qui ne se connaissent pas dans l'asso et ça va être chiant. Et ce n'est pas ça qu'on voulait. Donc on s'est dit il faut qu'on encourage les gens, finalement, à faire un petit peu la même chose que ce que nous on propose, mais ce que La mère Zaclys, ce que Lautre.net, ce que Ouvaton font déjà depuis des années. Et donc de dire mettons en avant ce modèle-là, le modèle de l'AMAP, ni plus ni moins ». Nous on fait du service bio, du service en ligne bio. C'est très bien, mais on le fait sur 20 hectares. On ne peut pas le faire sur 2 000. À un moment donné c'est comment est-ce qu'on accompagne d'autres structures pour dire « vous allez pouvoir, vous aussi, vous constituer comme ça ». Et donc quelle est la taille ? Sur les tailles maximales ou des choses comme ça, je n'en sais strictement rien, et je pense qu'il faudra qu'on le définisse ensemble. Très concrètement, moi, ma façon de fonctionner, alors ce n'est pas forcément l'unanimité ou dans l'asso ou ailleurs, c'est de dire « on fait le truc et on voit si ça marche. » Et si ça marche eh bien c'est chouette ! Et si ça ne marche pas, ce n'est pas grave ! Quand je dis qu'on veut sauver le monde, vous êtes conscients de l’ironie, j’espère. On n'a pas non plus la tête comme ça.

Stéphane Bortzmeyer : Merci bien Pyg pour cette présentation.

Pierre-Yves : Merci à vous.

Applaudissements

22 July 2016

april.png Nouvelles April

Loi « pour une République numérique » : quelles avancées ? quelles limites ? Un retour des acteurs associatifs

Le 22 July 2016 à 13:15:36

23 Juillet 2016 - 14:00
23 Juillet 2016 - 15:30

La radio Libre@Toi réunit samedi 23 juillet 2026 de 14h à 15h30 des représentants d'associations étant intervenues au cours de l’adoption de la loi « pour une République numérique », dont l'April, pour débattre ensemble et répondre aux questions du public, sur place et en ligne.

Les détails sont en ligne et pour écouter la radio samedi rendez-vous sur le site de la radio.

Frederic BEZIES

En attendant l’arrivée d’une « Ubuntu Lumina Desktop » ou d’une ISO communautaire pour la Manjaro Linux, à quoi ressemble ce nouvel environnement de bureau ?

Le 22 July 2016 à 13:00:17

Vous ne connaissez pas Lumina Desktop ? C’est un environnement basé sur QT5, tout comme LXQt ou encore Plasma, mais qui utilise comme gestionnaire de fenêtre fluxbox.

Développé par les équipes de PC-BSD, c’est un environnement qui se veut léger. Le code pour la version 1.0 ayant été gelé le 8 juillet 2016, j’ai eu envie de faire « mumuse » avec cet environnement qui se veut minimaliste. Selon l’article qui annonce le gel du code, la date visée pour la publication de la version 1.0.0 est la mi-août 2016.

Pour tester le dit environnement, je suis parti d’une base Archlinux avec un Xorg préinstallé. Il existe un paquet pour Lumina Desktop 0.8.8 – au moment où je rédige cet article, le 22 juillet – donc sérieusement obsolète. Une version git dont il faut corriger légèrement le PKGBUILD nous permet d’accéder à une version presque 1.0.0.

Dans ma machine virtuelle dédiée, j’ai modifié le PKGBUILD en commentant la ligne suivante :

$srcdir/lumina/libLumina/make-linux-distro.sh Debian

Pour avoir la gestion du réseau, j’ai rajouté dans la ligne depends le paquet networkmanager-qt. Enfin, j’ai modifié la ligne du qmake-qt5 en rajoutant « QMAKE_CFLAGS_ISYSTEM= » ce qui donne au final :

qmake-qt5 QMAKE_CFLAGS_ISYSTEM= PREFIX="/usr" QT5LIBDIR=/usr/lib/qt

J’ai rapporté le correctif le 1er juillet 2016, mais le mainteneur semble s’en préoccuper autant que de sa première couche-culotte.

J’ai donc fini avec la commande magique :

makepkg -si

Il faut noter que l’utilisation du thème d’icones oxygen fait récupérer une partie non négligeable de Plasma 5.x… Juste 84 paquets pour un peu plus de 336 Mo.

lumina002

Ensuite, en post-installation, j’ai rajouté compton, xterm, pavucontrol et numlockx. La partie marrante a été de rajouter les traductions. Par défaut, l’environnement est en anglais. Il faut passer par un autre dépot git, lumina-i18n.

Je n’ai lancé la session graphique qu’après la création des traductions. Cette dernière est sympathique. Il faut commencer par cloner le dépot git.

git clone https://github.com/trueos/lumina-i18n.git
cd lumina-i18n

Il faut ensuite modifier le fichier mkrelease.sh dans le répertoire scripts. En effet, pour archlinux, l’exécutable lrelease ne se trouve pas dans /usr/local/lib/qt5/bin/lrelease mais dans /usr/bin/lrelease.

Une fois la ligne correspondante modifiée, on peut lancer la génération des traductions via le script mkrelease.sh


cd scripts
./mkrelease.sh
cd ..

On crée le répertoire où seront stockés les traductions :

sudo mkdir /usr/share/lumina-desktop/i18n
sudo tar xvf dist/lumina-i18n.txz -C /usr/share/Lumina-desktop/i18n

J’ai ensuite lancé sddm tout en définissant auparavant un clavier en français :


sudo localectl set-x11-keymap fr
sudo systemctl start sddm

Une fois déconnecté et reconnecté, on se retrouve avec un lumina dans la langue de l’utilisateur. Du moins, si tout s’est bien passé. Le gros problème de l’environnement, outre sa jeunesse, c’est la légèreté de la logithèque disponible.

Pour compléter la logithèque, j’ai rajouté Qupzilla, LibreOffice, pulseaudio, sans oublier qps pour avoir un gestionnaire de tâches. Je n’ai pas réussi à obtenir une icone pour le réseau. Sûrement un bug de jeunesse, car nm-applet a beau être présent, l’outil de configuration Lumina refuse de l’activer.

Lumina Desktop est un peu comme LXQt, et les deux sont vraiment encore trop incomplets pour proposer un environnement léger basé sur QT5. Un des points faibles est le gestionnaire de fichiers, rudimentaire. Mis à part cela, pour une première version d’un environnement écrit depuis la feuille blanche, le résultat est intéressant…

Il est presque certain qu’il y aura des bonnes âmes pour proposer soit une ISO basée sur Ubuntu, soit sur la Manjaro Linux avec Lumina Desktop… Au moins, vous aurez pu voir avec cette vidéo une version à peu « brute de décoffrage » de l’environnement !

21 July 2016

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

French State of Emergency: Overbidding Mass Surveillance

Le 21 July 2016 à 12:04:32

Paris, 21 July 2016 — Once again. The State of Emergency in France has been extended until January. In reaction to violence shaking the country and with the presidential election of 2017 only a few months away, political leaders are indulging an ignominious orgy of security-driven policy. Not satisfied with merely prolonging the state of emergency, lawmakers have also amended the 2015 Intelligence Act passed last year to legalize domestic mass surveillance.

It is hard to believe that only 48 hours have passed since the bill was sent to the French National Assembly. With incredible speed, in the middle of summer, the Committee on Legal Affairs of the French Senate has given carte blanche to rapporteur Michel Mercier (UDI - centre-right wing and former Minister of Justice) to erase so-called "rigidities" in the Surveillance Law adopted last year.

The provision, much criticised during the parliamentary debates at that time, provides for real-time scanning the connection data of individuals suspected of terrorist activities.

As soon as of the November attacks, with ink on the Surveillance Law not yet dry, an official for the Ministry of Interior was explaining that with lightened oversight procedures, "by cross-referencing data with an already-known very powerful algorithm, we could be able to monitor those 11 700 persons [in the terrorist watchlist] in real time"1.

Then, again according to Le Monde, during the previous National Council of Intelligence last January, the decision was taken to "put under surveillance all the communication data of the 11 700 persons with a S-File linked with radical islamism".

Until now, this form of surveillance targeted only individuals who had been "identified as a [terrorist] threat". But now, in accordance with this amendment, the code of national security stipulates that an individual has to merely be identified as "likely to be related to a threat" or to belong to "the entourage" of individuals "likely related to a threat", to have his or her metadata analysed in real time, and for four months, by intelligence services.

Despite the vagueness of the legalese, it is fairly clear that several dozens, hundreds or even thousands of persons are directly concerned, rather than just the 11 700 individuals who are already on the "S" watchlist. This severe extension of the scope of this provision is all the more shocking considering that in late May, testifying before the parliamentary investigation committee on 2015 terrorist attacks, François Delon, president of the CNCTR, said that this technique [of surveillance in real time] " was beginning to be applied, but only on a small group of people." He also repeated that the number of interceptions of communications (real time surveillance of both metadata and content of communications) was much lower than the authorised quota of 2700 individual and simultaneous wiretaps (covering both telephone and Internet lines and including all the duties of intelligence agencies, not just terrorism). Delon then insisted that the quota was "sufficient".

And yet there we are. Two months later, in less than 48 hours and without any real debate, the provision that was supposed to be a relatively targeted measure brutally shifts towards large-scale, suspicionless surveillance. In the short run, it feeds the political strategies of a few irresponsible people seeking exposure. In the long run, it could come to epitomise the mismanagement of security and methodical destruction of the rule of law, to which nearly all parliamentarians consented to vote in the past two years.

Besides prolonging the state of emergency, the law as adopted also changes the regulations on house searches for digital data. Censured after a decision of the French Constitutional Council last February, those searches can now resume (without anyone knowing what will happen to the enormous data collected during the first three months of the state of emergency).

Tuesday evening, as an anchor on a news channel was asking a representative of far-right party (not short on crazy proposals) whether carrying fire guns should be legalised "for all citizens", MP Isabelle Attard was uttering these words at the National Assembly:

We have witnessed, since the night of Thursday to Friday, a security-driven overbid as we have never seen before. It has been a race to the more months of state of emergency prolongation, all the way up to making it permanent. More weapons, more war, more mass surveillance, more prison, more preventive confinement, more internment camps.

The minutes of the debate reports that to this sentence, "several MPs from The Republicans (conservative party)" answered: "So what?".

So? So we repeat what Philippe Aigrain wrote here on Tuesday: that those who want to resist the mechanics of violence will have to "keep ploughing the soil of the possible, while it is the very idea of politics that others are burying."

  • 1. See the anonymous official source quoted in the article of the French newspaper, Le Monde on the 19 November.

20 July 2016

Carl Chenet

Tribulations d’une migration depuis WordPress.com

Le 20 July 2016 à 22:01:28

wordpress-evil

Depuis quelques temps, la nécessite de renouveler l’infrastructure de mon blog se faisait de plus en plus pressante. Le billet d’aujourd’hui évoque les tribulations autour de cette aventure/galère/pt1cable et la nouvelle infrastructure du blog en espérant que cela puisse servir de leçon à d’autres tentés par l’aventure.

1. Pourquoi

Mon blog était clairement vieillissant. Hébergé chez WordPress.com, il devenait mystérieusement de plus en plus long à charger. Étant un client payant chez WordPress.com, j’étais donc fortement insatisfait du service, mais j’ai mis beaucoup trop de temps à me décider à corriger le problème. Pourquoi ? La raison principale est que j’avais souscrit mon nom de domaine carlchenet.com chez WordPress.com.

Une migration de DNS d’un hébergeur vers un autre ? Rien de plus facile se dit le néophyte. Mais quand tout faire pour compliquer la tâche au client fait qu’il se décourage de partir, c’est donc un outil de monétisation. Et là les ennuis commencent.

2. L’option existe dans l’interface, ça va être simple

Je commence donc à regarder via l’interface d’administration WordPress de mon blog comment transférer ma zone DNS. L’option existe. Cool, ça va être vite réglé. HAHAHA.

fuyez

Plein de bonnes volontés je suis les différentes étapes indiquées dans leur documentation. À la fin on me signale qu’un e-mail de confirmation va être envoyé à l’adresse de contact de la zone DNS. Ok, envoie.

Une semaine plus tard et tel un poisson rouge, je constate de nouveau la lenteur de mon blog. Je rage de nouveau et je me souviens que j’ai jamais reçu le fameux e-mail. J’enquête donc et constate que j’ai une erreur dans l’adresse e-mail de contact de ma zone DNS. Je corrige via l’interface de WordPress, attend une journée, et redemande l’envoi du fameux e-mail de confirmation de transfert de la zone. Pause pop-corn.

Plusieurs mois plus tard, je pète de nouveau un câble face à la lenteur de mon blog que je commence à délaisser car je n’arrive pas à le faire évoluer. Je plante des couteaux dans une poupée vaudou à l’effigie de WordPress.com et j’ouvre un ticket auprès de leur support. On me recontacte sous 24 ou 48 heures.

24 heures plus tard, la personne du support WordPress.com identifie le problème : il y a une erreur dans l’adresse de contact de ma zone DNS. Merci, c’est en effet l’un des problèmes, mais le principal est que je ne peux pas la changer moi-même. J’en informe cette personne qui me dit qu’elle revient vers moi.

24 heures plus tard, le support m’annonce que l’adresse a été changée. Très bien ! Enfin ! Je me connecte à l’interface pour renvoyer le fameux e-mail contenant le code de transfert.

Plusieurs heures plus tard je reçois l’e-mail en question qui me demande une confirmation de ma volonté d’effectuer cette manoeuvre et le fameux code de transfert. Je commande un transfert de zone chez OVH qui me demande le fameux code et se met en attente du retour du serveur DNS de WordPress.com.

Je reçois un e-mail de WordPress.com qui m’annonce qu’ils sont très tristes de me voir partir (surtout mon abonnement mensuel) et pour me donner un délai de réflexion, vont m’infliger 4 jours d’attente pour annuler au cas où, comme si ça n’était pas déjà suffisamment compliqué comme procédure. Je passe au fusil à pompe sur la poupée vaudou pour prendre mon mal en patience.

4 jours plus tard et la date annoncée dans l’e-mail expirée, j’ouvre une nouvelle demande au support WordPress.com pour leur préciser que, bon, j’ai décidé de me barrer, j’ai confirmé 20 fois, j’en suis à deux demandes de support et ça commence à bien faire, en fait. 24 heures plus tard, sans réponse du support, je reçois enfin la confirmation de transfert de la zone et au même moment la confirmation d’OVH qu’ils ont bien rapatrié ma zone.

L’e-mail final de WordPress.com est hilarant :

Dear Carl Chenet,

We're sorry you transferred your domain name(s) away from WordPress.com.
We are committed to providing quality services and products
and hope that we met your needs.

Tout cela est au final un peu trop long et un peu trop fastidieux.

3. Le nouveau blog WordPress avec un certificat Let’s Encrypt

Sur mon serveur propulsé par une Debian Jessie, j’ai donc installé un blog WordPress en version 4.5.3 avec deux plugins : l’importateur WordPress et WP-Super-Cache. J’ai fait pointer le cache généré par ce plugin vers un tmpfs sur mon serveur afin que le cache du blog soit donc en RAM. Et ça bourrine ! Bien, le principal problème qui a entraîné la migration est donc résolu.

Mon ancien blog WordPress de WordPress.com proposant une fonctionnalité de migration. Migrer les données a donc été un jeu d’enfant. Que ce soit donc bien clair, je n’ai rien à reprocher au moteur de blog WordPress, c’est plutôt avec la société commerciale WordPress.com que j’ai eu du mal.

letsencrypt

Niveau certificat SSL et afin d’économiser quelques euros par an, je décidais de mettre en place les certificats Let’s Encrypt avec un renouvellement automatique. Rien de plus facile avec le programme client de Let’s Encrypt certbot présent dans les dépôts officiels backports de Debian. Installer certbot est aussi simple que de taper la commande suivante sur votre serveur :

# apt-get install python-certbot-apache -t jessie-backports

La documentation officielle de Certbot est on ne peut plus limpide et vous est présentée en fonction de votre système d’exploitation et votre serveur Web. Le renouvellement automatique se fait à l’aide d’un cron installé automatiquement et se lançant tous les jours pour vérifier la validité de votre certificat.

4. Les leçons à retenir

Lorsqu’on souscrit à un moteur de blog, la première vérification doit être pour le système d’import/export de vos données. Cela va lourdement vous handicaper si vous souhaitez changer de moteur de blog. Avec WordPress, j’étais tranquille à ce niveau-là.

Ma grande erreur a été de sous-estimer le risque lié à mon nom de domaine. Aveuglé par l’offre faite pour coupler le moteur de blog et le nom de domaine, je me suis retrouvé très dépendant de WordPress.com pour migrer vers un autre système de blog. Il aurait donc fallu souscrire ma zone DNS chez un autre prestataire indépendant de celui gérant le moteur de blog.

Enfin cette aventure a été un grand décrassage pour moi et l’occasion de reprendre sous mon aile une partie de mes données afin de les présenter à l’aide d’un moteur de blog désormais propulsé via mon infrastructure. Et j’espère de vous faire un retour d’expérience avec quelques leçons à en tirer 😉

Frederic BEZIES

Maintenant que la Slackware Linux 14.2 est sortie, où en est la MLED 14.2 ?

Le 20 July 2016 à 13:25:34

En janvier 2016, je faisais un article sur la MLED 14.2 (encore en cours de développement, et assez proche d’une version alpha). La Slackware Linux 14.2 étant sorti le 1er juillet 2016, j’ai eu envie de voir où en était la future MLED 14.2.

Comme pour l’article du mois de janvier, je tiens à préciser les points suivants :

  1. J’ai décidé de faire cet article sans contacter l’auteur auparavant.
  2. La MLED 14.2 n’est pas encore sortie. On peut dire que la version que je vais présenter est une béta avancée.
  3. La seule version officielle stable au moment où je rédige cet article, c’est la MLED 14.1. C’est clair ?

J’ai donc repris mon article de janvier 2016, en l’adaptant. Mais trève de bavardage, attaquons le vif du sujet.

Comme base de départ, j’ai pris l’ISO DVD de la Slackware Linux 14.2 en 64 bits. Puis mon ami VirtualBox a chauffé pour la suite de l’article.

Une fois la Slackware Linux 14.2 lancée, j’ai commencé par créer un partitionnement classique, cf la capture d’écran ci-après.

Après avoir activé la connexion avec un petit dhcp eth0, j’ai récupéré les tags qui permettent d’installer la sélection de logiciels correspondants à la MLED 14.2. En utilisant wget, cela donne :

cd /tag
wget -c http://www.microlinux.fr/microlinux/desktop-14.2-64bit/tagfiles.tar.gz
tar xvfz tagfiles.tar.gz

J’ai lancé l’installateur avec la commande setup. J’ai monté la partition /dev/sda1 en tant que / et /dev/sda3 en tant que /home.

Ensuite, j’ai demandé une installation depuis le DVD, gardé les groupes par défauts, mais au moment de l’installation, j’ai pris l’option « Tagpath ». Et j’ai indiqué /tag comme chemin d’accès à la liste des logiciels à installer.

Une fois l’installation complétée, j’ai demandé à avoir la console en UTF-8, pris NetworkManager comme gestionnaire de réseau. Les autres réglages comme le fuseau horaire à utiliser ont été définis par la suite.

J’ai fait redémarré la machine virtuelle, et suivant les recommandations de la documentation de la Slackware Linux, j’ai demandé la génération d’un noyau générique, plus léger que le noyau par défaut.

Une fois le système démarré sur le noyau allegé, j’ai cloné le github du projet.

cd
git clone https://github.com/kikinovak/microlinux

L’étape suivante ? En utilisant links, j’ai récupéré la version adapté du greffon slackpkg+, installé avec un petit :

installpkg slackpkg+1.7.0-noarch-1_microlinux.txz

J’ai choisi le miroir de lip6 pour slackpkg, dans le fichier /etc/slackpkg/mirrors.

Étape suivante ? La synchronisation des miroirs et des clés gpg :

slackpkg update
slackpkg update gpg

Comme pour l’article de janvier, j’ai demandé la récupération de deux logiciels, puis j’ai fait mettre à jour la Slackware fraichement installée :

slackpkg install mplayerplug-in recordmydesktop
slackpkg upgrade-all

Une fois tout cela mis en place, j’ai attaqué le gros de l’installation, l’environnement Microlinux.

slackpkg install microlinux-desktop

À la fin, on nous demande s’il faut appliquer les modifications apportées par le dépot. Ça vaut mieux !

J’ai fini en rajoutant un compte utilisateur avec adduser.

Pour avoir des menus configurés aux petits oignons, j’ai lancé le script cleanmenu.sh.

cd microlinux/desktop-14.2-64bit/tools/
./cleanmenu.sh

L’utilisateur créé, j’ai décidé de passer en mode graphique pour rajouter les additions invitées de VirtualBox.

Pour se faire, j’ai entré la commande init 4. Un lxdm m’a accueilli, et j’ai pu me connecter. Attention : par défaut, le clavier est en QWERTY.

La première étape a été de faire passer le clavier en français. Puis j’ai demandé à VirtualBox de récupérer l’ISO des additions invitées. J’ai utilisé le clic droit, puis « ouvrir dans un terminal » de Thunar.

Dans la capture d’écran ci-dessous, vous avez les commandes utilisées pour installer les additions invitées de VirtualBox.

Un redémarrage plus tard, VirtualBox me proposait du plein écran. J’ai donc fait chauffer mon ami Simple Screen Recorder, car Kazam commence à se faire âgé…

Le résultat est vraiment très agréable, même pour une préversion avancée. Les traductions non activées peuvent l’être en un simple clic de souris. L’ensemble est rapide, esthétique.

Le seul gros défaut ? La version ancestrale de Calibre… Mais comme c’est un logiciel qui sort une version toute les semaines ou tous les 15 jours, c’est difficile de suivre le rythme. J’aurai préféré trouver une version 2.x du logiciel. Il y a eu aussi le plantage bizarre de VLC… Ce n’est pas une version finale de la MLED, donc on peut pardonner cela sans trop de problèmes.

Mis à part ce point noir et l’installation qui peut apparaître comme un peu rébarbative, cela reste une très bonne surprise. Je suppose que la version finale de la MLED 14.2 sortira d’ici la rentrée de septembre 2016.

En tout cas, ça change vraiment des palanquées de dérivées pour Ubuntu dont le seul mérite est de changer le fond d’écran et parfois le jeu d’icones.

bsibaud.png Benoît SIBAUD

LinuxFr.org : première quinzaine de juillet 2016

Le 20 July 2016 à 09:44:07

Cinquante-quatrième épisode dans la communication entre les différents intervenants autour du site LinuxFr.org : l'idée est tenir tout le monde au courant de ce qui est fait par les rédacteurs, les admins, les modérateurs, les codeurs, les membres de l'association, etc.

L'actu résumée ([*] signifie une modification du sujet du courriel) :

Statistiques

  • 1658 commentaires publiés (dont 2 masqués depuis)
  • 547 tags posés
  • 157 comptes ouverts (dont 63 fermés depuis)
  • 41 entrées de forums publiées (dont 3 masquées depuis)
  • 24 dépêches publiées
  • 36 journaux publiés
  • 3 entrées dans le système de suivi
  • 1 sondage publié
  • 80 pages wiki publiées (dont 80 supprimées depuis)

Listes de diffusion (hors spam)

Liste linuxfr-membres@ - [restreint]

  • RAS

Liste meta@ - [restreint]

  • [Meta] Seconde quinzaine de juin 2016 [*]

Liste moderateurs@ - [restreint]

  • [Modérateurs] Sites amis
  • [Modérateurs] informations supplémentaires pour la dépêche "Traduction en français des documentations d'ownCloud 9.0"

Liste prizes@ - [restreint]

  • [Prizes] LinuxFr prizes recap du vendredi 8 juillet 2016, 08:26:28 (UTC+0200)
  • [Prizes] LinuxFr.org vous offre un abonnement à GNU/Linux Magazine France !
  • [Prizes] LinuxFr.org vous offre un livre ! [*] (six fois)

Liste redacteurs@ - https://lists.linuxfr.org//wws/arc/redacteurs [public]

  • RAS

Liste team@ - [restreint]

  • [team linuxfr] Spam massif du 1er juillet

Liste webmaster@linuxfr.org - https://lists.linuxfr.org//wws/arc/webmaster [restreint]

  • RAS

Canal IRC adminsys (résumé) -

  • Mises à jour de sécurité diverses
  • Vague de spam et mises en place de contremesures à chaud
  • Discussion autour d'une rencontre houblonnée
  • Sortie de Rails 5
  • Charge CPU anormale ayant nécessité un redémarrage de daemon img
  • Détection d'une configuration antispam erronée ayant bloqué des confirmations de modération
  • Bug résolu côté DNS TuxFamily, rendant possible l'exportation complète de notre zone DNS. Cf https://bugs.vhffs.org/view.php?id=278

Tribune de rédaction (résumé)

  • Plusieurs corrections de section de dépêche post-publication
  • Les corrections/évolutions sur une dépêche sont acceptées par commentaire sur la dépêche ou sur la tribune de rédaction ou par ping par XMPP ou IRC ou par courriel ou …

Tribune de modération (résumé)

  • Gestion du grosse vague de spam (ce qui a conduit à la limitation de la création/modification de pages wiki aux comptes avec un karma supérieur à 20, pas un nouveau compte donc)
  • Une signature tendancieuse évoquée mais jugée plus décridibilisante pour son auteur que pour le site
  • Préparation d'un stand à POSS
  • Gestion des Unes et du logo de deuil

Commits/pushs de code https://github.com/linuxfrorg/

  • RAS

Divers

  • Première diffusion de cette revue de la quinzaine en journal bien accueillie (note de 24)

Lire les commentaires

xcartron.png Xavier CARTRON

Rimworld version A14 m'a fait peur

Le 20 July 2016 à 04:55:08

Rimworld est certainement l'un des jeux les plus intéressants auxquels j'ai pu jouer. À la fois drôle, immersif, il demande aussi de la stratégie. Qui plus est, il est disponible sur Linux sans DRM. L'investissement demandé est rapidement couvert devant la qualité du jeu :) . Ce dernier est sorti en version A14 il y a quelques jours.

Malheureusement, je ne parvenais plus à le lancer dans cette version.

Heureusement, quelqu'un a trouvé l'origine de la solution. Il s'agit d'un bug d'unity 3d (le moteur du jeu), qui est facile à résoudre en ajoutant l'option "-force-opengl" au lanceur.

Le fichier start_Rimworld.sh devient alors :

#!/bin/bash
#Launcher for the Linux version of RimWorld

# cd into the directory containing this script
SCRIPT=$(readlink -f "$0")
DIR=$(dirname "$SCRIPT")
cd "$DIR"

#Getting game executable name.
GAMEFILE=`ls | egrep x86$`

#Checking if OS is 32 or 64 bits and adjusting the game executable name accordingly.
OSVERSION=`uname -m`
if [[ $OSVERSION == "x86_64" ]]
    then GAMEFILE=${GAMEFILE}_64
fi

#Puts the game executable as... executable if not the case.
if [ ! -x $GAMEFILE ]
    then chmod +x $GAMEFILE
fi

#If this is a dev version, we want to activate logs.
#if [[ $GAMEFILE == *Dev* ]]
#    then LOG="-logfile /tmp/rimworld_log"
#    else LOG=""
#fi

#We always want to activate logs
LOG="-logfile /tmp/rimworld_log"

#Locale resetting (important for Ubuntu players who are not native speakers of English) and launching the game.
LC_ALL=C ./$GAMEFILE $LOG -force-opengl

Sinon, c'est l'été, et les vacances du web pour moi. Ça fait un bien fou un retour aux sources, loin des trolls. :)

19 July 2016

Philippe SCOFFONI

Le groupware SOGo change de modèle économique

Le 19 July 2016 à 20:06:58

gorupware SOGoL’annonce vient de paraître et le changement est suffisamment significatif pour que cela mérite une petite news.

SOGo est un logiciel de messagerie collaborative qui se greffe sur une infrastructure traditionnelle de transfert et de stockage d’email comme par exemple le duo Postfix et Dovecot avec un annuaire LDAP pour la gestion des comptes utilisateurs.

Avec SOGo, vous bénéficiez d’un webmail auquel ont été ajoutées des fonctionnalités d’agenda et de gestion de contacts. Ces derniers disposent de fonctions de partage. SOGo c’est aussi des protocoles de synchronisation comme CalDav et CardDav ou encore ActiveSync pour les terminaux mobiles. A cette palette s’ajoute aussi le projet OpenChange qui a pour but de faire croire à Outlook qu’il est en train de discuter avec un serveur Exchange.

Jusqu’à présent pour installer et mettre une installation SOGo, il était possible d’utiliser des dépôts destinés aux principales distributions GNU/Linux du marché : Debian, Ubuntu, CentOS, Red Hat ou encore openSUSE. Ceci pour pas un rond.

Et bien, c’est fini maintenant. Il va falloir payer pour avoir accès aux dépôts un support. Ce modèle économique est similaire à celui de Red Hat ou encore d’autres acteurs de la messagerie collaborative comme BlueMind. Les tarifs sont également connus et s’échelonnent de 700 € par an et par serveur à 9 600 € pour une version « Grand compte » illimitée.

Je pense que pas mal de grosses boîtes vont grincer des dents en lisant cette annonce. Inverse prend potentiellement un gros risque en procédant ainsi. Mais j’imagine qu’elle connaît mieux que quiconque le nombre de téléchargement. Je vous laisse libre d’interpréter ce changement comme bon il vous semble. Je pense que les appréciations iront de « gros enfoirés » à « c’est tout à fait normal ». Je ne porterais pas de jugement en bien ou en mal. Au fond de moi, une petite voix me dit que c’est inévitable et qu’il y va peut-être de la survie de ce projet face à la pression des utilisateurs. Ou alors, nous sommes encore en face d’une inévitable évolution liée au modèle de l’éditeur de logiciel libre.

Je ne suis pas étonné de cette évolution. Le logiciel libre attire de plus en plus d’utilisateurs qui hélas ne comprennent pas le modèle et se contente de n’y voir qu’une opportunité de gratuité sciant sans le savoir la branche sur laquelle ils se sont assis. D’où l’importance de continuer à expliquer et faire comprendre les modèles économiques du logiciel libre si l’on veut que ce dernier ait une chance de continuer d’exister. Et surtout expliquer aux utilisateurs comment financer le logiciel libre et l’aider à se développer dans l’intérêt commun de ceux qui écrivent le code et de ceux qui l’utilisent. Une indispensable synergie souvent faiblement mise en œuvre.

Certe, SOGo reste un logiciel libre. Qui veut et en a les compétences peut se construire les packages nécessaires à son installation. Nous verrons peut-être apparaître dans les mois une version communautaire de SOGo à l’image de CentOS et de Red Hat.

Si je pouvais faire une demande, à Inverse, ce serait de prévoir un prix « ras les pâquerettes » sans support, mais juste avec l’accès aux dépôts et de prévoir une offre « gratuite » pour les organisations d’intérêt général. C’est ce que fait BlueMind en offrant gratuitement l’accès à son offre payante aux associations promouvant les logiciels libres.

Pour la première demande, il semblerait que ce soit déjà mort d’après la liste de discussion SOGo. Pour la deuxième, cela reste à voir, mais j’ai comme un doute…


Réagir à cet article

Article original écrit par Philippe Scoffoni le 19/07/2016. | Lien direct vers cet article

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons BY à l'exception des images qui l'illustrent (celles-ci demeurent placées sous leur mention légale d'origine).

.

Frederic BEZIES

OpenMandriva 3.0rc1 : où en est l’acharnement thérapeutique sur le cadavre de la Mandriva Linux ?

Le 19 July 2016 à 17:05:24

Je ne suis pas un grand fan du projet OpenMandriva qui – à mes yeux – est un parasitage du projet qui est le vrai héritier de la Mandriva Linux, j’ai nommé la Mageia.

La dernière fois que je parlais de la OpenMandriva, c’était en mai 2014, pour la sortie de la version 2014.0.

Je concluais l’article ainsi :

Ensuite, y a-t-il un quelconque intérêt à avoir deux distributions qui se battent pour continuer à faire vivre la Mandriva Linux ? Ne serait-il pas mieux de regrouper toutes les énergies sur une distribution unique et déjà bien implantée ? Je n’ai pas la réponse à la question, mais à chaque fois que je vois deux distributions aussi proche dans l’idée comme OpenMandriva Lx et Mageia, je me dis qu’il y a un léger problème quelque part.

Le projet OpenMandriva n’ayant sorti aucune version majeure en 2015, on pouvait penser qu’il allait finir aux abonnés absents, mais il faut se méfier de l’eau qui dort. En effet, sur les notes de publication de la OpenMandriva Lx 3.0rc1, on apprend que les paquets sont recompilés avec LLVM en lieu et place de gcc (pourquoi pas), que Plasma 5.6 remplace le vieillissant KDE SC 4.x, un noyau linux 4.6.4 et qu’il utilise Calamares (le projet développé par Manjaro Linux) pour installer la OpenMandriva sur le disque dur.

J’ai donc téléchargé l’ISO et vérifiée l’intégrité de celle-ci via le fichier sha1sum fourni. J’ai ensuite lancé mon ami VirtualBox pour faire mumuse avec la OpenMandriva.

J’ai lancé Calamares pour installer la distribution. En gardant les options par défaut.

Une fois l’installation terminée et l’ensemble redémarré, j’ai eu au panneau « welcome » qui m’a annoncé que les dépots 32 bits seraient disponible par défaut. Autant dire qu’il faudra faire gaffe lors de l’installation de logiciels complémentaires.

J’ai utilisé le panneau de configuration héritée de la Mandriva Linux pour installer les mises à jour. Une grosse trentaine au final.

J’ai fini en rajoutant les additions invitées de VirtualBox.

J’ai finalement lancé Simple Screen Recorder (Kazam semblant avoir quelques vapeurs liées à sa vieillesse) pour capturer en vidéo de la distribution.

J’ai une impression mitigée avec cette distribution. On a l’héritage de la Mandriva, mais il y a pas mal de choses qui me font tiquer.

  1. La distribution charge une tétrachiée de services au démarrage.
  2. Je suis sûrement une vieille carne, mais la corbeille doit être reprensentée par une icone ressemblant à une corbeille.
  3. Pourquoi conserver le lanceur qui fait penser à l’afficheur d’applications d’Android ?
  4. Pourquoi avoir conservé le son de démarrage de KDE SC 4.x ?
  5. Pourquoi un tel mélange 32 et 64 bits qui peuvent provoquer des emmerdes. Pour Steam ou encore Skype ?
  6. Les doublons inévitables entre le centre de contrôle de Plasma et celui de l’OpenMandriva. C’est aussi vrai pour Mageia.

Il y a cependant des bons points, comme la logithèque traduite en grande partie dès le départ, ou encore un jeu d’icones qui n’est pas insupportable. Mais je me pose la question suivante : est-ce que cette distribution est vraiment utile alors que la Mageia existe depuis plus longtemps que l’OpenMandriva ?

C’est un exemple du gaspillage des ressources entre deux projets qui gagnerait tout à mutualiser leurs forces. Enfin, je dis cela, mais je dis rien.

Le duo (ou duel) Mageia et OpenMandriva montre que le fork, c’est bien, en abuser ça craint ! Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que les théoriciens du logiciel libre auraient bien envie de monter un bûcher pour me faire cramer dessus…

Faites-vous votre propre opinion. À vous de voir si elle diffère ou pas de la mienne exprimé dans cet article.

18 July 2016

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 28 de l'année 2016

Le 18 July 2016 à 18:21:57

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

En podcast.

Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 28

[Le Monde Informatique] Collectivités territoriales: Le label libre plus disponible au 1er octobre

Par Didier Barathon, le vendredi 15 juillet 2016. Extrait:
> L'Adullact, avec le soutien de l'Etat et de la DINSIC, propose depuis le 1er juillet aux collectivités territoriales qui le souhaitent de se doter du label Territoire numérique libre pour signifier leur engagement envers les technologies ouvertes. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 30 septembre.
Lien vers l'article original: http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-collectivites-territoriales-le-label-libre-plus-disponible-au-1er-octobre-65421.html

Et aussi:
[Localtis.info] Territoire numérique libre, un label pour récompenser les collectivités impliquées dans le logiciel libre

Voir aussi:
Lancement du label Territoire Numérique Libre

[ZDNet France] AbulEdu, des logiciels libres pour l'enseignement sauvés par crowdfunding

Par Thierry Noisette, le jeudi 14 juillet 2016. Extrait:
> Créé en 2001 par des enseignants et des informaticiens libristes, cet ensemble d'outils logiciels devrait être pérennisé grâce à une campagne réussie.
Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/abuledu-des-logiciels-libres-pour-l-enseignement-sauves-par-crowdfunding-39839724.htm

Voir aussi:
Participez à la campagne de financement participatif pour AbulÉdu

[Les Echos] Pour une Équipe France du numérique

Par Grégory Pascal, le mercredi 13 juillet 2016. Extrait:
> En politique, économie, pour un seul secteur professionnel, il n’existe pas d'"équipe". Une équipe suppose à sa tête un modèle de référence sur lequel on peut, si ce n’est, copier, du moins, compter. Avons-nous donc un leader, capable de créer l’"Équipe France" du numérique qui saura positionner le pays sur les devants de la scène internationale? La question est posée, mais la réponse est loin d’être facile.
Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-158896-pour-une-equipe-france-du-numerique-2014279.php

[Le Monde.fr] A peine adopté, l’accord Privacy Shield sur les données personnelles est déjà menacé

Par Martin Untersinger, le mercredi 13 juillet 2016. Extrait:
> Le nouveau cadre négocié entre l’Union européenne et les Etats-Unis pour remplacer Safe Harbour pourrait se retrouver bientôt devant la justice.
Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/07/13/a-peine-adopte-l-accord-privacy-shield-sur-les-donnees-personnelles-est-deja-menace_4969020_4408996.html

Voir aussi:
Position de l'April sur la surveillance généralisée

[Prat!que] La loi numérique fait débat

Par Charlotte Jouss, le mardi 12 juillet 2016. Extrait:
> Dans le cadre de la loi Numérique, mercredi 29 juin dernier, la commission mixte paritaire (CMP) composée de 7 députés, 7 sénateurs ainsi que de nombreux membres suppléants, a réussi à mettre en place un accord pour que les administrations encouragent "l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement". Celui-ci fait débat.
Lien vers l'article original: http://www.pratique.fr/actu/la-loi-numerique-fait-debat-1563076.html

Et aussi:
[Global Security Mag] Axelle Lemaire à l'heure du bilan (catastrophique) du gouvernement sur le numérique

[Next INpact] Java: Oracle ne veut pas laisser passer la victoire de Google

Par Vincent Hermann, le mardi 12 juillet 2016. Extrait:
> En mai, Google a infligé une défaite retentissante à Oracle. Ce dernier réclamait 9 milliards de dollars pour avoir violé le copyright de Java et s’en être servi pour assurer le succès d’Android. Un juge en a finalement décidé autrement: il s’agit bien d’un cas de fair use. Qu’Oracle conteste à présent.
Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/100607-java-oracle-ne-veut-pas-laisser-passer-victoire-google.htm

Et aussi:
[Developpez.com] Procès sur les API Java: Oracle ne veut pas s'avouer vaincu et conteste la décision du jury

[Developpez.com] La ville de Grenoble compte faire migrer huit autres écoles sur Linux cette année

Par Olivier Famien, le lundi 11 juillet 2016. Extrait:
> En juin 2015, les autorités de la ville de Grenoble ont présenté leur projet de remplacer les systèmes d’exploitation propriétaires équipant actuellement les appareils dans les écoles de la ville par le système d’exploitation Linux. Quelques mois plus tard, et plus précisément en décembre dernier, la ville de Grenoble a encore annoncé son adhésion à l’association April, ayant pour vocation de défendre et promouvoir les logiciels libres.
Lien vers l'article original: http://www.developpez.com/actu/101131/La-ville-de-Grenoble-compte-faire-migrer-huit-autres-ecoles-sur-Linux-cette-annee-et-prevoit-de-basculer-plusieurs-autres-ecoles-d-ici-2018

[la Croix] «Les communautés du Web collaboratif restent peu visibles du grand public»

Par Julien Duriez, le vendredi 8 juillet 2016. Extrait:
> Cet été, La Croix fait le portrait des communautés des bénévoles de l’Internet libre et collaboratif. En guise d’introduction, entretien avec Dominique Cardon (1). Ce sociologue de la technique, spécialiste des rapports entre nouvelles technologies et mobilisation politique, suit les militants du Web collaboratif depuis leurs débuts.
Lien vers l'article original: http://www.la-croix.com/Sciences/Numerique/Les-communautes-Web-collaboratif-restent-visibles-grand-public-2016-07-08-1200774524

Note

Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

La Quadrature du Net answers to BEREC EU consulation on Net Neutrality

Le 18 July 2016 à 15:16:34

Paris, 18 July 2016 — Today ends the BEREC consultation on Net Neutrality. This consultation aimed at consulting the people on the guidelines clarifying the implementation of the telecom regulation1. The version sent by La Quadrature du Net is the one written by the FDN Federation, we believe this answer is appropriate and we support its provisions.

La Quadrature du Net would like to stress the following issues raised by the FFDN answer:

  • in section 5, on zero-rating, the approach proposed, based on a clear reading of the Regulation and Directives, is the one which should prevail to protect the end-used free-speech and open society on an open network.
  • in section 7, the questions about how end-users or civil society organisations can protect their rights, about the procedures leading to litigation, are important; LQDN is a civil society organisation which aims to protect citizens rights and liberties in the digital environment, and the absence of those subjects in the present guidelines is worrying.
  • in section 8, the provisions proposed by BEREC to get end-user empowerment are too weak, and we do support the remarks from FFDN requiring stronger tools on this point.

Also, La Quadrature du Net would like to stress its dissatisfaction on the fact that the consultation was only available for English-speaking citizens which severely shrunk the pool of possible participants and hindering the democratic nature of the consultation. Only very few European citizens could participate to this consultation although all of them will be affected by its results. This lead to the creation of a multilingual citizen-lead consultation with the Save The Internet coalition. This consultation gathered nearly half a million comments that will be sent to the BEREC expressing the important interest of EU citizens for this subject.

As stated in one of our press release, the wording of the guidelines and the very obscure procedure sum to the global lack of transparency of this consultation. As La Quadrature du Net was present from the very beginning of the legislative procedure, we regret the lack of transparency of this stage of the procedure.

  • 1. The regulation was adopted on 25 November 2015 and entered into force in April 2016


Powered by Planet!
Mise à jour: Le 29 July 2016 à 13:32:25