Promouvoir et défendre le logiciel libre

23 April 2019

Guillaume ROUAN

Produisez & collaborez enfin en toute liberté !

Le 23 April 2019 à 19:40:03

En tant que professionnel.le, un certain nombres d’outils que vous utilisez, et qui ont fait leurs preuves au fil du temps, ne sont pas toujours ...

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april.png Nouvelles April

« Libre à vous ! » diffusée mardi 23 avril 2019 sur radio Cause Commune - Next INpact - Entreprises - « Jouons collectif »

Le 23 April 2019 à 13:10:31

Nous avons commencé par une chronique de Xavier Berne, journaliste à Next INpact. Nous avons enchaîné avec notre sujet principal qui portait sur sur les entreprises du logiciel libre avec Véronique Torner (Alter Way, administratrice du Syntec Numérique, présidente de l'Open CIO Summit), Stéfane Fermigier (Abilian, co-président du CNLL et président du Groupe Thématique Logiciel Libre) et Laurent Wargon (Easter Eggs et Réseau Libre Entreprise). Nous avons poursuivi avec la chronique « Jouons Collectif » de Vincent Calame, informaticien libriste. Nous avons terminé par diverses annonces.

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Podcasts des différents sujets abordés

Les podcasts seront disponibles après la diffusion de l'émission (le jour même ou le lendemain).

Photo d'illustration de l'émission

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio « Cause commune » a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h.

N'hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat). L'émission dispose d'un flux RSS compatible podcast.

Programme de l'émission du 23 avril 2019

La vingt-deuxième émission Libre à vous ! de l'April a été diffusée en direct sur la radio « Cause commune » mardi 23 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h.

Au programme :

  • chronique de Xavier Berne, journaliste à Next INpact, sur Parcoursup
  • les entreprises du logiciel libre
  • chronique « Jouons Collectif » de Vincent Calame

Personnes participantes

Les personnes qui ont participé à l'émission :

Références pour la partie chronique de Xavier Berne sur Parcoursup

Références pour la partie sur les entreprises du logiciel libre

Références pour la chronique de Vincent Calame (« Jouons collectif »)

Références pour la partie sur les annonces diverses

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 16 avril 2019

Le 23 April 2019 à 11:34:49


Bannière de l'émission

Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 16 avril 2019 sur radio Cause Commune
Intervenants : Marie-Odile Morandi - Angie Gaudion - Denis Dordoigne - Christian Pierre Momon - Noémie Bergez - Frédéric Couchet
Lieu : Radio Cause Commune
Date : 16 avril 2019
Durée : 1 h 30 min
Écouter ou télécharger le podcast
Page des références utiles concernant cette émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

logo cause commune

Transcription

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur la radio Cause Commune 93.1 FM en Île-de-France et partout dans le monde sur le site causecommune.fm. La radio dispose d’un webchat, donc utilisez votre navigateur libre préféré, rendez-vous sur le site de la radio et rejoignez-nous sur le webchat consacré à l’émission.
Nous sommes mardi 16 avril 2019, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.

Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, le délégué général de l’April.

Le site web de l’April c’est april.org, et vous y retrouvez déjà une page consacrée à cette émission avec un certain nombre de références, qui sera mise à jour après l’émission. Je vous souhaite une excellente écoute.

Nous allons passer maintenant au programme de l’émission.
Nous commencerons dans quelques secondes par la chronique de Marie-Odile Morandi intitulée « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Marie-Odile est avec nous par téléphone, on la retrouve d’ici quelques secondes.
D’ici une quinzaine de minutes notre sujet principal portera sur les CHATONS, le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires et je présenterai mes invités à ce moment-là.
En fin d’émission nous aurons la chronique juridique de Noémie Bergez intitulée In code we trust.

À la réalisation de l’émission aujourd’hui Patrick Creusot, bonjour Patrick, avec l’aide d’Isabella Vanni ma collègue de l’April.

Chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture »

Frédéric Couchet : Nous allons commencer tout de suite par une intervention de Marie-Odile Morandi pour sa chronique intitulée « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Marie-Odile bonjour.

Marie-Odile Morandi : Bonjour à tous.

Frédéric Couchet : Quel est le sujet dont tu souhaites nous parler aujourd’hui ?

Marie-Odile Morandi : Le sujet de cette nouvelle chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » m’est venu suite à une situation que j’ai vécue récemment, pas sur Internet mais dans une banque. On m’a demandé de signer un document… j’avais la personne en face qui me pressait comme si c’était banal… Et le lendemain, après réflexion je me suis dit que ce qui m’avait été demandé était intrusif, concernait ma vie privée et j’ai repensé à la réflexion qu’on entend encore bien trop souvent « je n’ai rien à cacher ».
Diverses conférences ont été transcrites par notre groupe avec dans leur intitulé cette affirmation et vous retrouverez tous les liens sur le site de l’April, sur la page de références concernant cette émission.

Frédéric Couchet : Quelle est la conférence la plus ancienne que le groupe Transcriptions ait transcrite avec ces mots dans son intitulé « je n’ai rien à cacher » ?

Marie-Odile Morandi : Déjà en 2013, lors de l’événement Pas Sage en Seine, une personne dont le pseudo est Numendil avait tenu une conférence intitulée « Si, vous avez quelque chose à cacher ».
Il nous montre qu’il est très difficile de définir ce qu’est la vie privée, qui dépend de nombreuses variables si bien que chacun d’entre nous aura sa propre définition et toutes ces définitions seront différentes.
Il rappelle que quand on dit : « Moi j'ai des choses à cacher », il nous est répondu « c’est que tu es un terroriste, un pédophile, voire les deux » Bien entendu, comme l’idée même de ces crimes est révoltante il sera facile pour les gouvernements d’expliquer que la vie privée, eh bien on la met au second plan. On en arrive à une société de surveillance généralisée avec, comme conséquence, une évolution de l’État policier au fur et à mesure des années.
Numendil nous indique comment il a pu, presque par jeu, connaître la vie complète d’une personne et donc combien ce sera facile pour d’autres entités.
Ses conclusions sont qu’il faut une sensibilisation dès le plus jeune âge, une éducation au numérique ; qu’il faudrait plus de transparence de la part des sites qu’on consulte concernant la récupération de nos données et qu’il faudrait expliquer au public que la nécessité de lire les fameuses CGU, les conditions générales d’utilisation, avant de cliquer sur le bouton « OK » est très importante.
Je vous laisse lire la transcription de cette conférence, je le rappelle de 2013, avec en particulier une actualité de l’époque concernant la reconnaissance faciale dans le métro pour repérer les personnes ayant un comportement suspect. L’actualité récente, certes dans le registre de la publicité ciblée dont il est aussi fait mention dans la conférence, a pointé les fameux panneaux publicitaires dans les couloirs du métro qui diffuseront des messages différents selon les heures de la journée en fonction du profil des usagers. Cela ne manque pas de laisser perplexe…

Frédéric Couchet : Ça c’est la plus ancienne conférence. Par la suite quelles conférences ont été transcrites ?

Marie-Odile Morandi : Diverses conférences ont été transcrites par la suite, en particulier en 2015 car plusieurs conférences se sont tenues sur ce sujet. 2015 est l’année qui correspond à la discussion de la loi renseignement au Parlement et à sa promulgation.
Nous avons transcrit la conférence de Julien Vaubourg, alors doctorant dans une équipe de recherche, qu’il a donnée lors d’un séminaire à Nancy.
Il aborde la question de façon provocatrice en disant : je n’ai rien à cacher donc j’ai donné à Google une licence de reproduction, de modification, d’affichage, de distribution de tous les contenus que je lui fournis. Quand j’envoie un message sur Gmail, Google en fait ce qu’il veut parce que je l’ai accepté : il a le droit de lire, d’interpréter, de recopier, de distribuer les informations. J’ai accordé à Facebook une licence non-exclusive, transférable, des contenus que je publie. » Il nous rappelle que certes sur Facebook on peut effacer des contenus sauf ceux qui sont partagés par d’autres, l’essence même d’un réseau social !
Il nous invite à réfléchir avec cette question : « Sommes-nous prêts à assumer dans dix ans ce que nous faisons aujourd’hui ? », mentionnant le conseil du PDG de Google : « Si nous souhaitons que personne ne soit au courant de certaines choses que nous faisons peut-être ne faudrait-il pas les faire, tout simplement ! »
Il nous rappelle qu’une analyse de 2008 du principal fichier policier français comportait de nombreuses erreurs dues à des fautes de frappe, à des homonymies, qu’il faut se méfier de cette surveillance de masse dont on fait l’objet au quotidien et qui risque de nous mettre en péril.
Surtout il s’inquiète de la façon dont évoluera la société et à quoi ressembleront nos lois dans 20 ans. « Certes, dit-il, peut-être que j’ai confiance dans mon gouvernement actuel, mais qu’en sera-t-il des gouvernements qui suivront et des gouvernements étrangers ? » Son opinion est qu’il faut toujours garder une certaine latitude pour que la population puisse ne pas respecter totalement la loi, puisse faire un pas de travers pour se rebeller si ça part dans le mauvais sens, pour que la loi puisse évoluer, qu’elle ne soit pas morte. N’est-ce pas cela la démocratie ?
Je vous invite aussi à lire la transcription des questions du public et des réponses apportées par Julien Vaubourg lors de cette conférence. Le lien est sur la page des références concernant notre émission.

Frédéric Couchet : Ça c’était en 2015 et toujours en 2015 il y a une conférence de Laurent Chemla à Pas Sage en Seine.

Marie-Odile Morandi : Oui, et qui était intitulée « Rien à cacher – Vie privée : guide de survie en milieu hostile ». Pour Laurent Chemla, le milieu hostile c’est notre famille, nos amis, les personnes avec qui nous sommes en relation.
Laurent nous rappelle que ce sujet n’est pas très récent, il en parlait déjà en 2004. Il constate lui aussi que personne n’a jamais vraiment défini ce qu’est la vie privée et il nous demande de ne pas confondre privé et secret, je vous laisse aller lire ses explications.
Pour Laurent, cela fait une trentaine d’années que la vie privée a perdu de son importance dans l’esprit du public ; il cite tour à tour les émissions de télé-réalité, les babyphones, la vidéoconférence ainsi que la sémantique avec l’exemple du mot « vidéosurveillance » qui devient « vidéo protection ».
Laurent indique qu’une façon de convaincre son interlocuteur qu’il a bien quelque chose à cacher sera de lui marteler :« Si toi tu considères que tu n’as rien à cacher, moi j’ai des choses à cacher. Donc en te protégeant, tu protèges aussi ton entourage dont je fais partie. »
Mais pour Laurent ce qui est plus grave, c’est qu’avec cette surveillance constante, on ne se sent plus libre, on n’agit plus de la même façon non seulement physiquement mais dans sa façon de penser. On adopte un conformisme qui nous est imposé, on ne se démarque plus. Il n’y a plus de confrontation des idées, tout le monde adopte les mêmes. « Il n’y aura plus de démocratie, nous dit-il, mais un semblant de démocratie. Certes on ira toujours voter, mais pour quoi ? Aura-t-on encore le choix ? »
Laurent est bien conscient qu’il donne cette conférence devant un public de convaincus, le public de Pas Sage en Seine. Il nous propose des pistes, que je vous engage à lire car, selon lui, faudra beaucoup de travail et de temps pour faire en sorte que les gens se sentent concernés, pour que la vie privée retrouve de sa valeur auprès du public.

Frédéric Couchet : Tu cites Pas Sage en Seine. Pas Sage en Seine c’est à Choisy-le Roi près de Paris et la prochaine édition arrive dans quelques mois, je n’ai pas les dates en tête, mais c’est sans doute juin 2019. Le site c’est passageenseigne.org, « passageenseine » tout attaché. Dernière question : Laurent Chemla ne te semble-t-il pas un peu pessimiste sur le sujet ?

Marie-Odile Morandi : Oui, il me semble un peu pessimiste même si lui dit qu'il pense qu’il est optimiste. Il est optimiste surtout parce que nous parlons de cette question-là et qu’il y a des conférences concernant ce sujet.
Pour terminer sur quelque chose d’un petit peu plus léger dans son expression, je souhaitais vous parler de la transcription d’un podcast enregistré en 2016 et intitulé « Je n’ai rien à cacher – Conversation entre 4 assos du Libre », « Partage d’arguments pour répondre au fameux « je n’ai rien à cacher ».
Là le thème est traité de façon plus légère et plus accessible, mais de façon tout aussi percutante, les exemples choisis allant du journaliste qui veut protéger ses sources aux ados qui ne souhaitent pas que leurs parents ou leurs profs sachent ce qu’ils partagent avec leurs amis. Je vous laisse prendre connaissance de ces divers exemples.
Il nous est aussi redit que les bases de données dans lesquelles chacun se retrouve de nombreuses fois sous de nombreuses formes ne sont pas du toutes fiables, qu’il y a des homonymies, des risques d’usurpation d’identité.
Les mœurs changent. L’évolution vers des systèmes autoritaires est en marche. Nous risquons demain d’être fichés comme ayant des comportements qui ne sont plus tolérés. Avec comme conclusion de cet échange entre 4 assos du Libre : « Peut-être qu’on n’a rien à cacher, mais on a des choses à protéger. »

Frédéric Couchet : Pour conclure tu encourages les personnes à relire ces transcriptions dont les références sont sur le site de l’April, april.org, c’est bien ça ?

Marie-Odile Morandi : Effectivement, j’encourage les auditeurs et les auditrices à relire ces transcriptions afin de garder à l’esprit et à tout moment ce dont il est question et d’être en capacité de réfléchir. Il en va effectivement de la protection de notre vie physique, de notre vie numérique et, comme cela a été souligné plusieurs fois, de notre démocratie.

Frédéric Couchet : Écoute merci Marie-Odile pour cette nouvelle chronique intitulée « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture ». Les références sont sur le site de l’April, april.org. Marie-Odile je te souhaite de passer une belle journée, on se retrouve le mois prochain.

Marie-Odile Morandi : Entendu. À la prochaine fois.

Frédéric Couchet : À la prochaine. Nous allons faire maintenant une pause musicale. Le titre a été choisi par l’un de nos invités qui intervient tout à l’heure ; le titre s’appelle Clémentines, l’artiste c’est Löhstana et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Clémentines par Löhstana.

Le collectif CHATONS

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Clémentines par Löhstana qui est une musique libre, licence Creative Commons Partage à l’identique. Les références sont sur le site de l’April. Comme vous l’avez entendu ce n’est pas tout à fait de saison parce que c’est la fin des clémentines ; en tout cas c’est un très beau titre qui est en licence Art libre.

Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm. Nous allons changer de sujet. Excusez-moi le démarrage a été un petit peu speed parce qu’on avait un petit problème technique. Je vais en profiter pour indiquer que le générique de début a changé ; je ne sais pas si les personnes qui écoutent régulièrement l’émission l’ont noté. Vous le réécouterez la semaine prochaine et je salue au passage PG qui est une personne du salon, qui nous a fait ce nouveau montage avec des voix réenregistrées récemment, il y a un petit montage différent par rapport à d’habitude. Je voulais le signaler parce que j'avais oublié tout à l’heure lors de la diffusion du générique de début.

Nous allons poursuivre avec notre sujet principal qui va porter sur les CHATONS, le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires, des mots qu’on va expliquer au fur et à mesure et je vais commencer par présenter mes invités. Normalement nous avons au téléphone Angie Gaudion de l’association Framasoft. Bonjour Angie.

Angie Gaudion : Bonjour.

Frédéric Couchet : Avec nous en studio Denis Dordoigne de l’association INFINI. Bonjour Denis.

Denis Dordoigne : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Christian Pierre Momon de l’association April et du chaton Chapril. Bonjour Christian.

Christian Momon : Bonjour.

Frédéric Couchet : Nous allons donc parler des CHATONS, je vais refaire l’acronyme, dans le site web c’est chatons avec un « s » point org, donc Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires. D’abord un petit tour de table de présentation rapide de chacun et chacune d’entre vous pour dire qui vous êtes. On va faire dans le sens inverse ce coup-ci. Christian.

Christian Momon : Moi je suis développeur du Libre, membre de l’April, membre du conseil d’administration de l’April. Je fais des choses depuis une vingtaine d’années avec l’April. Je soutiens le chaton de l’April, entre autres, j’y participe activement.

Frédéric Couchet : Qui s’appelle Chapril, évidemment jeu de mots en « chaton » et « April ». Denis.

Denis Dordoigne : Moi, à titre professionnel, je travaille chez un hébergeur, ce sont des gens qui fournissent des services sur Internet ; on aide certaines boîtes à le faire. Je fais partie d’une association qui s’appelle INFINI, qui existe depuis plus de 20 ans maintenant, presque 25, qui fournit des services justement à ses utilisateurs et qui a été parmi les chatons au lancement du projet.

Frédéric Couchet : D’accord. Je précise que tous les deux vous êtes bénévoles dans des structures de type chaton. Et toi Angie ?

Angie Gaudion : Moi je suis salariée au sein de l’association Framasoft qui a pour mission, objectif, de faire la promotion du logiciel libre et de la culture libre en général. Au sein de mes missions je suis chargée de communication et de partenariat et j’ai, pour le coup, actuellement la coordination du collectif CHATONS.

Frédéric Couchet : Très bien. Je précise d’ailleurs qu’on recevra normalement Pierre-Yves Gosset, délégué général de Framasoft, le 4 juin pour une émission sur Framasoft et peut-être d’autres personnes de Framasoft. La date reste à confirmer ; en tout cas suivez l’actualité de l’émission. Première question collective : quel est le problème que le Collectif souhaite résoudre ? Qui veut commencer ? Christian ?

Christian Momon : Angie représente le collectif. Donc Angie à toi !

Frédéric Couchet : Donc Angie Gaudion de Framasoft.

Angie Gaudion : Le Collectif se donne pour mission de répondre à plusieurs problématiques. La première c’est la concentration des services sur le Web. On le sait très bien, les utilisateurs, les internautes savent qu’ils utilisent beaucoup de services très centralisés au sein de grandes entreprises qu’on appelle souvent les géants du Web ou les GAFAM. Ça c’est le premier élément. Le deuxième c’est la sécurité de nos données personnelles ; les affaires Snowden ou Cambridge Analytica nous on ont montré qu’effectivement, quand on utilisait justement ces services très concentrés, eh bien en échange d’une fausse gratuité, on utilisait nos données personnelles. Et le dernier élément c’est qu’on a beaucoup de menaces sur la liberté d’expression et le partage des informations qu’on a sur le Web. Ça ce sont des constats de base qui ont été faits avec la nécessité de repenser, en fait, comment on permet aux internautes d’utiliser des services qui vont leur permettre d’accéder à de l’information de manière plus neutre, de communiquer sur des outils qui ne vont pas les espionner ou ne pas utiliser leurs données personnelles, etc.

Frédéric Couchet : Merci Angie. Qui veut compléter cette introduction, Christian Momon.

Christian Momon : Historiquement c’était très intéressant de voir la démarche de Framasoft de mettre en ligne des services libres pour justement montrer qu’il existait des alternatives. Ça a été encore plus intéressant de voir, après quelques années, cette réflexion de dire que Framasoft ne devait pas être le point central de propositions.

Frédéric Couchet : Christian, tu vas peut-être un peu vite pour les personnes qui nous écoutent. On va juste rappeler des dates. La première chose à laquelle tu fais référence c’est la campagne Dégooglisons Internet de Framasoft, en 2014. Framasoft propose un certain nombre de services libres, éthiques, loyaux, en alternative aux services des géants du Web plus connus sous le nom des GAFAM, mais il n’y a pas que les GAFAM ; GAFAM c’est Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, mais il y a aussi évidemment les géants chinois, etc. Ça c’est en 2014, Framasoft, à travers Dégooglisons Internet, propose des service

Christian Momon : Une très belle campagne qui marche très bien. Plein de gens utilisent les services. D’ailleurs ils ont dû, je ne veux pas parler en leur nom, mais on sait qu’ils ont eu une montée en puissance des serveurs qui a été nécessaire, qu’ils ont assurée ; ils fonctionnent très bien. Du coup après effectivement, a priori il y a eu une réflexion en se disant « on ne va pas centraliser à nous toutes les alternatives. Ça serait bien que d’autres le fassent et que ça soit décentralisé ; que la fourniture de services alternatifs libres soit décentralisée. » Donc l’idée d’un collectif a mûri pour encourager cette démarche.

Frédéric Couchet : L’idée c’était que la porte d’entrée ne soit pas uniquement Framasoft, la porte d’entrée des alternatives aux GAFAM, mais soit un collectif. Denis est-ce que tu veux rajouter quelque chose sur cette partie-là ?

Denis Dordoigne : Oui. Il faut bien se rendre compte que c’est progressif comme démarche. D’abord on prend conscience de ce qu’on fait, donc le Framablog, des choses qui proposent des articles régulièrement pour expliquer ce que sont les enjeux des grands du Net. Après il y a eu l’étape « il faut arrêter d’aller chez les GAFAM », donc il y a les services par Framasoft. Maintenant on a une troisième étape pour les utilisateurs : « attention Internet ne doit pas être centralisé » et c’est là-dedans que s’amène le projet CHATONS.

Frédéric Couchet : D’accord. Angie, comme tu travailles pour Framasoft est-ce que tu souhaitais ajouter des précisions sur cette partie historique ?

Angie Gaudion : Non. C’est la démarche en fait. Nous on dit souvent : « On ne veut pas devenir, du coup, le Google du Libre », c’est la formule qu’on emploie. Le collectif CHATONS a vraiment été pensé pour éviter cette entrée, ce tuyau unique d’accès aux outils libres alternatifs.

Frédéric Couchet : D’accord. Je vais rappeler les dates : 2014 la campagne Dégooglisons Internet et le lancement du collectif CHATONS en 2016. Christian tu veux ajouter un dernier point sur cette introduction ?

Christian Momon : Oui. Il faut bien avoir en tête que des associations qui proposaient des services pour leurs adhérents ou même ouverts à tout le monde, il y en avait en parallèle de l’action, de la campagne de Framasoft. Mais il faut bien dire que c’était peu connu, il y avait peu de communication dessus et c’était souvent pour les adhérents du GULL qui n’étaient pas forcément très nombreux.

Frédéric Couchet : GULL c’est un groupe d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciel libre. On va éviter les acronymes ou on les explicite. Mais c’est très intértesssant et c'est important que tu rappelles que des structures offraient déjà ces services-là. INFINI, par exemple, existe depuis une vingtaine d’années de mémoire.

Denis Dordoigne : On a 25 ans l’année prochaine. Faites le calcul : 1995.

Frédéric Couchet : 25 ans ! Encore plus anciennement que je ne pensais ! Donc ces structures-là existaient. Par contre ce qui va peut-être changer avec le Collectif et on va en parler, justement c’est un collectif avec une dynamique et aussi avec une charte et un manifeste dont on va parler assez rapidement.
Ça c’est l’introduction un petit peu historique avec le lancement, en 2016, de ce Collectif. Dans le terme CHATONS donc avec un « S », parce qu’aujourd’hui on va parler des CHATONS avec un « S » et des « chaton » sans « s » qui sont les hébergeurs individuels, CHATONS ça veut dire Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires. Évidemment on ne va pas rentrer dans le détail de tout le manifeste et de la charte, mais si on se place du point de vue d’une personne qui nous écoute, qui a bien conscience des problématiques que Angie a exposées au début notamment sur la vie privée et les données personnelles d’utiliser les services des GAFAM ou des géants du Web et qui se dit : tiens je souhaiterais utiliser les services d’un chaton, donc d’un hébergeur, d’une structure qui héberge, qu’est-ce que va lui apporte un chaton en termes de services et aussi en termes d’engagement ? Finalement qu’est-ce qui différencie ces fameux chatons d’autres services ? Angie, peut-être, si tu veux commencer.

Angie Gaudion : Il y a plusieurs choses. Souvent on compare les membres du Collectif, donc chaque chaton, à des AMAP. En fait c’est une bonne analogie, je trouve, pour expliquer la façon dont et fonctionne le Collectif et dont il est pensé au départ, à savoir des personnes de proximité. Dans les AMAP ça va être des producteurs ; dans l’univers des CHATONS ça va être des hébergeurs, donc des hébergeurs de proximité qui vont proposer des services alternatifs et avec qui on va pouvoir avoir un échange. Il y a vraiment cette notion très importante du coup qui est bien sûr faire héberger des services ailleurs que chez les géants du Web, mais pas que. C’est vraiment rencontrer des personnes qui ont un engagement, avec qui je vais pouvoir échanger, avec qui je vais pouvoir aller boire un café, peut-être même auprès desquelles je vais aussi pouvoir m’investir tout simplement pour faire fonctionner les services qu’ils proposent. C’est vraiment un élément très important dans les CHATONS. Donc le chaton va pouvoir soit apporter du service, soit apporter de la discussion, soit de l’entraide au sein d’une communauté plus large.

Frédéric Couchet : D’accord. Je rappelle qu’une AMAP c’est une association pour le maintien de l’agriculture paysanne. Finalement, dans le cadre des CHATONS, au lieu de trouver des paniers de légumes fournis par un agriculteur ou une agricultrice, on trouve des services en ligne fournis par un hébergeur de proximité ; ça c’est le point important : quand tu as parlé de prendre un café ou un verre avec les personnes qui hébergent un chaton, ça fait partie des engagements des chatons. Oui Christian ?

Christian Momon : Ça c’est un point très important de pouvoir rencontrer les gens qui gèrent les services parce que ça permet de créer une relation de confiance. Aujourd’hui, est-ce que les utilisateurs des services de Microsoft ou Google ont confiance en ces entreprises-là ? Eh bien difficilement ! Si elles veulent entrer en contact avec ce n’est pas évident ! Si elles veulent demander des vérifications ou comment ça fonctionne derrière, eh bien elles n’auront pas de réponse ! Alors que justement, là, avec de telles structures, on peut les rencontrer, ce sont des êtres humains, des vrais êtres humains, on peut leur poser des questions, on peut même participer. Du coup la relation de confiance et de transparence est géniale. Voilà !

Frédéric Couchet : Tu parles de transparence. Dans le mot des CHATONS il y a aussi « Ouverts », donc ouverture. L’un des engagements de base dans la charte et dans le manifeste – tous ces documents sont trouvables évidemment sur le site chatons.org, chatons avec un « s » – il y a la partie on va dire informatique qui est l’engagement logiciel libre. Denis c’est quoi l’engagement logiciel libre au niveau des CHATONS ?

Denis Dordoigne : Je ne vais pas forcément réexpliquer ce qu’est un logiciel libre ? Les gens doivent connaître à force d’écouter l’émission !

Frédéric Couchet : Tu peux réexpliquer en quelques mots.

Denis Dordoigne : Les logiciels libres ce sont des logiciels qui se définissent par les libertés qu’ils fournissent : la liberté de l’utiliser comme on veut, la liberté de l’étudier, la liberté de le modifier si on a des connaissances dessus et on a le droit de le redistribuer sous toutes les formes, même non modifiées. Pour nous c’est important de n’utiliser que des logiciels libres, parce que c’est l’aspect pour que vraiment les gens puissent avoir confiance sur toute la ligne en ce qu’on fait, de ce qu’ils ont. Du coup, si quelqu’un qui utilise nos services nous demande : « Mais comment c’est fait, il y a quoi à l’intérieur ? », on peut lui donner. S’il n’a pas de compétences il peut demander à quelqu’un de vérifier, mais on sait que c’est transparent : n’importe qui peut vérifier que ce qu’on a c’est ce qu’on dit.

Frédéric Couchet : Christian tu veux compléter ?

Christian Momon : De ce point de vue-là la charte est magnifique. J’encourage vraiment les auditeurs à aller la voir ; elle reprend chacune des lettres du nom du Collectif, de CHATONS, et pour chaque lettre ce qui est attendu est expliqué et, en fait, ce sont d’énormes contraintes. Si on lit attentivement, il y a plein de contraintes.

Frédéric Couchet : Ce ne sont pas des contraintes, ce sont des engagements forts !

Christian Momon : Oui, mais quand on veut adhérer à cette charte ça représente beaucoup de contraintes, à beaucoup de niveaux. Par exemple il faut même documenter sa plate-forme, ses services, et il faut partager la documentation sur ses services. Du coup j’utilise le mot « contrainte » exprès pour montrer que la charte est un vrai engagement mais que ces contraintes, en fait, ne sont pas si négatives que ça dans le sens où elles montrent une démarche et elles permettent vraiment de partager et d’avancer.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc la charte et le manifeste ont été rédigés en grande partie par Framasoft mais avec un appel à commentaires ouverts. Angie, est-ce qu’il y a des points de la charte ou du manifeste que tu souhaites mettre en avant sur la partie engagement, justement par rapport aux personnes qui vont utiliser les services d’un chaton ?

Angie Gaudion : Un élément qui à moi semble intéressant ce sont les conditions générales d’utilisation. On en parle beaucoup auprès des services privateurs proposés par les géants du Net ; en général c’est incompréhensible, ça fait une longueur incroyable ! Il y a une obligation, dans la charte, que l’ensemble des hébergeurs qui font partie du Collectif aient des conditions générales d’utilisation qui soient claires, accessibles à tout le monde et qui ne soient pas contradictoires, bien sûr, avec le reste de la charte, qui respectent les principes qui sont posés dans cette charte. Je trouve que c’est vraiment un élément important : quand on a des conditions générales d’utilisation qui sont faciles à comprendre, eh bien c’est le premier élément de la confiance. Ce qui n’empêche pas, ensuite, d’aller rencontrer, mais je trouve qu’arriver sur un site et avoir ses CGU c’est vraiment un élément très important pour rendre visible ce que fait chaque hébergeur.

Frédéric Couchet : On va préciser que ces CGU, donc ces conditions générales d’utilisation, sont lisibles.

Angie Gaudion : Bien sûr.

Frédéric Couchet : Parce que souvent elles ne sont pas lisibles, volontairement évidemment, chez d’autres structures ; elles sont plus ou moins longues. Je précise, même si on y reviendra tout à l’heure, que quand on veut créer un chaton Framasoft, on peut s’inspirer des CGU qui existent déjà. Par exemple dans le cas du Chapril on s’est inspiré des CGU de Framasoft ; ça c’est important. Dans les CGU on a parlé de logiciel libre, on a aussi parlé de transparence, de données personnelles, il y a un engagement très fort sur la protection des données personnelles et sur la transparence des demandes qui pourraient être faites de retrait ou d’interventions, par exemple judiciaires. Christian, quand tu parlais tout à l’heure de transparence, normalement chaque chaton doit afficher sur ses pages à la fois les incidents techniques mais aussi les demandes éventuelles de retrait, les problèmes techniques qu’il pourrait y avoir sur des données personnelles. Il y a un engagement très fort, et je vais vous redonner la parole, je crois aussi, de mémoire, qu’il y a un engagement sur le modèle économique : ne pas recourir à la publicité pour éviter le filtrage des personnes qui utilisent ces services. Christian ?

Christian Momon : Oui. Et ne pas faire d’argent avec les données personnelles ou les données collectées dans le cadre de l’exploitation de la plate-forme.

Frédéric Couchet : Ne pas les monétiser.

Christian Momon : Exactement !

Frédéric Couchet : D’accord. Denis là-dessus.

Denis Dordoigne : On a le droit à la publicité, mais elle ne doit pas être par rapport aux données personnelles. Les publicités ne doivent pas utiliser les données personnelles pour être personnalisées, etc. On peut avoir le modèle économique qu’on veut.

Frédéric Couchet : D’accord. Merci de cette correction. Effectivement j’avais peut-être lu un petit peu vite. Christian.

Christian Momon : Effectivement. On parlait d’AMAP tout à l’heure, mais n’importe quelle entreprise ou structure juridique peut se déclarer un chaton du moment qu’elle respecte la charte. La charte n’est pas un point de blocage par rapport à une structure d’entreprise.

Frédéric Couchet : On va y revenir effectivement tout à l’heure. J’encourage les personnes à aller sur le site des CHATONS, chatons.org avec un « s », notamment pour lire un petit peu le manifeste et la charte ; il y a aussi une foire aux questions. Vous y trouverez notamment des engagements sur la neutralité aussi, sur l’absence de censure a priori. Peut-être qu’on n’entrera dans le détail aujourd’hui sur ces aspects-là, peut-être qu’on fera une autre émission où on rentrera un peu plus dans le détail, notamment parce qu’il y a des évolutions juridiques qui arrivent. Un point essentiel d’ailleurs : quand on parle d’hébergeur on parle bien du statut d’hébergeur dans le sens de la loi pour la confiance dans l’économie numérique ; c’est un point essentiel qu’on abordera peut-être dans une seconde émission parce que si on n’a pas officiellement ce statut-là, en tout cas si on ne se déclare pas en tant qu’hébergeur, on peut avoir quelques problèmes quand on héberge un chaton. Je parle d’un point de vue simplement « héberger un chaton ».

Christian Momon : D’où le double intérêt d’utiliser vraiment la charte CHATONS et d’intégrer le Collectif parce qu’il y a vraiment une base qui donne un périmètre clair, qui aide à démarrer quand on veut se lancer et c’est très pratique.

Frédéric Couchet : On va revenir et on va continuer sur les hébergés, parce quand il y a hébergeur il y a des hébergés, donc des personnes hébergées ou des structures qui utilisent les services d’un chaton. Naturellement on se pose la question : quels services on trouve sur ces fameux chatons ? Est-ce qu’on trouve tous les services dont on pourrait avoir besoin ? Quels types de services on trouve ? Angie, toi qui animes ce Collectif, tu as sans doute une vision plus large que nous, quels sont les types de services qu’on trouve sur les différents chatons et quels sont les services finalement les plus demandés si on a déjà cette information-là, les plus entre guillemets « utilisés » par les personnes ?

Angie Gaudion : Le nombre de services est très large. On va trouver vraiment tous types de services, en revanche on ne va pas forcément tous les trouver au sein du même hébergeur. Il va y avoir des hébergeurs qui vont se focaliser sur le fait de proposer, par exemple, uniquement du courrier électronique et du stockage et du partage de fichiers. D’autres qui vont être davantage sur, je ne sais pas, l’agrégateur de flux RSS, un gestionnaire de mots de passe, de la cartographie, de la messagerie collaborative. Voilà ! C’est très varié en fait sur les types de services qui sont proposés et, j’allais dire, ça regroupe quasiment tous les types de services qu’on peut avoir, du coup, dans les services web actuels, même avec, en plus, des services on va dire liés proprement à l’hébergement. C’est-à-dire qu’on peut passer par un chaton pour avoir un hébergement sur un serveur, ce qui relève, du coup, d’autre chose que du service web dans sa globalité. D’un chaton à l’autre on va avoir des choix qui vont être faits tout simplement par les personnes qui composent le chaton, la structure qu’il y a derrière qui ne pourra pas forcément maintenir tous les types de services, c’est impossible, et qui diront on va faire des choix en fonction de leurs compétences.

Frédéric Couchet : D’accord. Justement petite question collective et on commencera par toi Angie : en gros, au niveau de Framasoft vous êtes historiquement les premiers, est-ce que tu sais combien de services différents vous offrez aujourd’hui ?

Angie Gaudion : Au dernier comptage on est à 34 services différents.

Frédéric Couchet : D’accord.

Christian Momon : Bravo !

Frédéric Couchet : Bravo ! Donc une large de palettes de services. Je vais poser la même question. On va commencer par Denis pour INFINI.

Denis Dordoigne : Ça dépend ce qu’on appelle services, mais entre 30 et 50, je dirais, selon la définition qu’on utilise.

Frédéric Couchet : Ah ! D’accord. OK.

Christian Momon : Vos utilisateurs.

Denis Dordoigne : En fait quand on est devenu chaton on a proposé les services que faisaient Framasoft, le pad des choses comme ça ; on en a récupéré une douzaine. C’est vraiment parce qu’on voulait participer au projet de Framasoft de se décentraliser. On fournit des services depuis 1995 à nos adhérents donc il y a des services très divers comme le mail et des listes de diffusion. On fait de l’accompagnement pour créer des sites internet, des wikis, des SPIP [Système de Publication pour l'Internet], enfin…

Frédéric Couchet : Ça dépend effectivement de la définition de service. Là je parlais plutôt de services en ligne, donc pas forcément des formations pour utiliser un SPIP. C’est intéressant d’expliquer que vous faites les deux, en fait, chez INFINI.

Denis Dordoigne : Et dans les services qu’on aide on a un service de publication de vidéos qu’on n’a pas ouvert au public ; on a des services de cartographie qu’on commence à ouvrir au public. On a un service de cloud pour synchroniser son téléphone qui n’est réservé qu’aux adhérents. Techniquement on a des services qu’on est les seuls à proposer chez les chatons. Par exemple on fait de la diffusion de radio en ligne : il y a des réémetteurs aujourd’hui en Bretagne qui sont alimentés par des services hébergés par INFINI. Là je ne pourrais pas les dire, mais il y a vraiment beaucoup de services parce qu’on est anciens, tout simplement.

Frédéric Couchet : Vous retrouverez toute la liste sur infini.fr. Je vais la parole à Christian qui rigole d’avance parce le nombre de services offerts sur le Chapril pour l’instant va faire petit, mais c’est un petit chaton, le Chapril. Combien de services, cher Christian ?

Christian Momon : Chapril, le chaton de l’April, est très récent. Il est né fin 2017, donc il propose actuellement quatre services et il y en a six en cours de préparation. Voilà !

Frédéric Couchet : Effectivement c’est un service récent. On n’inclut pas les services qu’on propose aux membres depuis très longtemps et ça me fait penser que tout à l’heure on aura une discussion, après la pause musicale qui va bientôt arriver, sur, justement, à quels types de public s’adressent les services ? Est-ce que certains services sont restreints en fonction du type de public ? On voit déjà quand même, en tout cas en allant sur chatons.org, qu'on peut largement trouver des services et avec un aspect local qui est très important parce que j’ai peut-être oublié de préciser que INFINI c’est en Bretagne.

Denis Dordoigne : Oui. À Brest.

Frédéric Couchet : À Brest. Une partie de l’équipe Framasoft est à Lyon. C’est bien ça Angie ?

Angie Gaudion : Oui. Cependant on dit plutôt que notre univers c’est le Web, On n’est pas trop localisés puisque, du coup, on ne propose que des services web qui sont accessibles, a priori, à n’importe qui.

Frédéric Couchet : Chapril, c’est pareil, c’est accessible à n’importe qui même si beaucoup d’événements, notamment les apéros et les rencontres, se font à Paris, même s’ils peuvent se faire également ailleurs.

Christian Momon : Oui. À Marseille, à Montpellier et bientôt à Toulouse j’espère. Dans nos animateurs de services au Chapril on a des Lillois, on a maintenant des Mulhousiens, enfin c’est assez réparti. Donc s’il y a besoin de rencontrer, on a des gens qui ne sont pas que à Paris.

Frédéric Couchet : D’accord. On va faire une pause musicale avant de poursuivre la discussion sur la partie « héhergés ». Le titre s’appelle Akilou, le groupe s’appelle 6 février 1985 et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Akilou par 6 février 1985.

Voix off : Cause Commune 93.1

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Akilou par 6 février 1985. Cette musique est disponible en licence libre Art libre et vous retrouvez la référence sur le site de l’April.
Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout ailleurs sur le site causecommune.fm.

Nous parlons toujours des hébergeurs de services en ligne libres, loyaux, transparents, ouverts, solidaires et on parlera tout à l’heure de la partie « solidaires » avec nos invités Angie Gaudion de Framasoft, Denis Dordoigne d’INFINI, Christian Momon du Chapril.
Juste avant la pause musicale on parlait des différents types de services et on en a listé beaucoup. Maintenant on va parler un petit peu des types de public parce qu’on se met à la place des personnes qui nous écoutent. Peut-être que pour certaines personnes logiciel libre équivaut encore à un truc compliqué réservé à des geeks ou à des informaticiens ou informaticiennes. À quels types de public s’adressent les chatons ? En gros est-ce que c’est déjà accessible à toute personne ? Angie.

Angie Gaudion : Oui, tout à fait, c’est totalement accessible à n’importe qui, à des particuliers, donc des internautes. Aujourd’hui les trois quarts des services sont des services sur le Web donc, en fait, qui pourront leur permettre d’y accéder très facilement. Mais ça va être aussi des services qui peuvent être proposés à des associations. Chez Framasoft, par exemple, on va accompagner des associations et on va leur proposer, du coup, d’utiliser des outils libres soit pour leurs membres soit même, j’allais dire de manière plus globale, pour leur organisation interne. Et puis on a aussi la possibilité de s’adresser aux TPE, aux PME, donc au monde de l’entreprise, plutôt sur des petites structures ; les chatons, majoritairement, ne vont pas s’adresser à des très grosses structures ne serait-ce parce que, souvent, elles ont leur propre système, mais du coup c’est ouvert à tout type de public.

Christian Momon : Les écoles aussi.

Frédéric Couchet : Christian.

Christian Momon : Les écoles. Dans le cadre des activités de l’April nous faisons beaucoup de sensibilisation, nous avons des stands dans beaucoup d’événements et nous rencontrons plein de gens qui nous parlent de leurs expériences et notamment des enseignants qui nous expliquent qu’ils utilisent les pads de Framasoft.

Frédéric Couchet : Alors un pad. Explique ce que c’est qu’un pad ?

Christian Momon : Un pad c’est un éditeur de texte collaboratif, c’est-à-dire que sur la même page web, on peut éditer à plusieurs le même texte sur différents postes d’ordinateurs. C’est très pratique pour travailler à plusieurs, pas forcément au même endroit. Et notamment il y a des enseignants qui, dans des classes, font travailler des élèves par groupes de deux sur leur pad et eux peuvent aller voir dans chaque pad comment ça avance, leur donner des conseils, etc. Donc c’est une forme de public. Il y a aussi Minetest qui est très utilisé. Minetest est un simulateur de mondes virtuels qui est aussi utilisé dans le monde de l’Éducation nationale, entre autres. Donc les publics sont très variés et le meilleur conseil qu’on peut donner aux auditeurs c’est d’aller tester ; ce sont des sites web sur lesquels on peut aller, cliquer avec la souris et se rendre compte qu’ils sont très utilisables.

Frédéric Couchet : En plus on ne risque rien en testant ces outils parce qu’il y a un engagement de transparence, d’ouverture, de neutralité, de gestion des données personnelles, donc on ne risque rien en utilisant ces outils justement. Plutôt que de, par exemple, utiliser un outil privateur pour organiser sa prochaine réunion, fixer la date, eh bien on utilise un système de dates que ce soit Framasoft, INFINI ou Chapril. Donc c’est ouvert, en fait, à toute personne et certains services, d’ailleurs, ont une interface qui se rapproche un petit peu de ce qui peut exister dans le monde privateur, pour ne pas perdre, justement, les personnes qui découvrent ce monde-là.
En fait, finalement les deux publics visés, eh bien ce sont les publics qui souhaitent faire une reprise de contrôle de leurs données personnelles et aussi, et ce n’est pas exclusif, les personnes qui recherchent quelque part un hébergement de proximité, parce que je crois qu’aujourd’hui, dans la société, c’est important la proximité ; ce sont deux arguments qui ont été évoqués tout à l’heure en introduction : l’aspect proximité et l’aspect respect des données personnelles, contrôle des données personnelles.

Le public peut se demander, parce qu’il a bien le compris le modèle économique des GAFAM, des géants du Web, ça tout le monde l’a à peu près compris, quel est le modèle économique des chatons ? J’ai bien conscience qu’il doit sans doute être multiple. En gros quels sont les types de modèles économiques ? Est-ce que c’est gratuit d’utiliser les services d’un chaton ? Est-ce qu’il faut être membre d’une association, parce que INFINI, l’April, Framasoft vous êtes des associations, nous sommes des associations, je m’inclus dedans quand même ? Est-ce qu’il y a des critères pour utiliser les services ? Tout à l’heure Denis tu disais que certains services étaient ouverts uniquement aux membres de l’association et d’autres ouverts. Est-ce que tu peux nous donner l’exemple d’INFINI ?

Denis Dordoigne : Pour INFINI, en gros tout qu’on a lancé depuis que le chaton existe est ouvert à tous et gratuit, nos services historiques. On veut que les gens deviennent adhérents. Ce n’est pas pour la cotisation parce que la cotisation est libre donc ils peuvent donner un euro s’ils veulent, ce n’est pas pour l’argent, c’est plus parce qu’on considère que c’est un engagement d’utiliser certains services ; on veut que les gens se responsabilisent en fait. Par exemple on n’aura pas une boîte mail illimitée comme c’est Google parce que ça coûte cher de stocker des données, sachant qu’on ne met pas de quota, on laisse les gens faire ce qu’ils veulent et s’ils dépassent on va leur expliquer pourquoi ça ne va pas et ce qu’ils peuvent faire. Beaucoup de services sont réservés aux adhérents.

Après on est une association locale donc on a aussi des subventions de la ville qui nous fournit tout le matériel utilisé pour l’hébergement ; on a beaucoup de dépenses vu qu’on a aussi une salariée.
Pour nous ça marche aux subventions et aux cotisations des adhérents, sachant que ce sont surtout des associations qui sont adhérentes, donc souvent elles ont les moyens de donner un peu plus qu’une cotisation de dix euros.

Frédéric Couchet : D’accord. Angie au niveau du Collectif, est-ce que tu as un peu une idée, une typologie des différents types de fonctionnement, de modèles économiques des chatons ?

Angie Gaudion : On a plein de fonctionnements différents. On va avoir des gens qui proposent leurs services totalement gratuitement, c’est le cas à Framasoft. Nos services sont totalement gratuits. Après, bien sûr, on explique aux gens qu’il n’y a rien de gratuit dans la vie et que s’ils veulent que ces services soient pérennes sur le long terme, puisque ces services nous coûtent à les héberger – ce sont forcément des coûts de structure et de personnel pour entretenir, du coup, ces serveurs – eh bien on leur demande de participer à l’effort collectif à travers des campagnes de don. C’est un premier modèle qui existe chez pas mal de chatons.
Il y a un autre modèle qui est celui effectivement de l’adhésion. La majorité des membres chatons sont des associations et du coup reposent sur des modalités d’adhésion à l’association pour pouvoir profiter soit de l’ensemble des services soit de certains réservés, c’est le cas de ce que nous disait Denis sur INFINI par exemple, effectivement.
Et puis on va avoir d’autres modèles qui sont du service payant parce que derrière on va avoir un autoentrepreneur, une microentreprise, des entrepreneurs, enfin des collectifs d’entrepreneurs ou même des entreprises elles-mêmes là qui relèvent d’un modèle économique payant, qui proposent des services tout simplement payants.

Frédéric Couchet : D’accord. Ça, ça répond à une question que me posaient ce midi des gens d’Easter-eggs qui est une entreprise du logiciel libre avec qui on partage des locaux, ou plutôt on sous-loue une partie de leur espace et on déjeune ensemble, et qui me demandaient est-ce qu’une entreprise peut-être un chaton, et j’ai dit a priori oui en fonction évidemment des services qu’elle offrait et des conditions économiques et de fonctionnement de ces services. Donc une entreprise peut être un chaton. En fait ça peut être une association, ça peut aussi être un particulier qui offre un service tout simplement pour son cercle familial. Ça existe ça dans le Collectif des CHATONS quelqu’un qui offre pour son cercle familial des services, Angie ?

Angie Gaudion : Oui. Il me semble qu’on a une quinzaine de membres du Collectif qui sont vraiment des particuliers, qui proposent des services pour leur cercle amical, familial ou même pour, j’allais dire, les voisins au sens le plus large du terme, donc vraiment un offre locale et qui relève d’un service totalement gratuit avec souvent une petite explication : « regardez ce que ça coûte, on ne vous demande pas de payer mais c’est bien que vous soyez conscients de ce qu’on coûte en termes de frais. » Derrière il y a aussi un travail d’éducation ; en fait rien n’est jamais gratuit, il y a des coûts cachés qui ne sont pas forcément rendus publics, eh bien là l’idée c’est de les rendre publics. Oui, je crois qu’on est à une quinzaine de particuliers qui proposent ce type de service.

Frédéric Couchet : Justement une petite question sur le nombre : aujourd’hui combien il y a de chatons officiellement dans le Collectif ?

Angie Gaudion : Au dernier comptage on est à 63.

Frédéric Couchet : D’accord. Donc 63. On va parler tout à l’heure, même si le temps avance en fait très vite, du Collectif ; aujourd’hui on en est à 63. Il y a un certain nombre de portées de chatons qui arrivent régulièrement. Denis tu veux intervenir, vas-y.

Denis Dordoigne : Oui. Je veux préciser quand même, pour les entreprises qui veulent devenir membres, dans le « solidaires » il y a les critères de l’économie sociale et solidaire. Typiquement le plus gros salaire ne peut pas être plus de cinq fois ou sept fois, je ne sais plus…

Christian Momon : Cinq fois.

Denis Dordoigne : Cinq fois ?

Christian Momon : Quatre.

Denis Dordoigne : Plus de quatre fois le salaire le plus bas. Des choses comme ça. Donc il faut aussi respecter des critères de l’ESS.

Frédéric Couchet : Dans le cas d’Easter-eggs, comme ils sont à salaire égal, ce critère est respecté. J’en profite d’ailleurs pour signaler qu’un représentant d’Easter-eggs sera là la semaine prochaine pour parler des entreprises du logiciel libre avec Stéfane Fermigier également et Véronique Torner. En mai il y a une émission sur les modèles d’organisation d’entreprises du Libre, justement avec Easter-eggs qui a un modèle assez particulier qu’ils nous expliqueront et également quelqu’un de la SCOP 24ème qui fonctionne sur le modèle d’entreprise libérée. Là on ne parlera pas forcément de logiciel libre mais plutôt de modèle d’organisation. Le programme est de toute façon en ligne sur le site de l’April.

Christian Momon : Bravo !

Frédéric Couchet : Avant de parler du Collectif, tout à l’heure, pendant la pause, on a évoqué un service qui est sans doute souvent demandé et dont ma collègue Isabelle Vanni, par exewmple, est très fan aujourd’hui, elle utilise le service d’un chaton qui est La Mère Zaclys, c’est l’hébergement de courriel. Il y a relativement peu de chatons qui proposent de l’hébergement de courriel, j’entends bien. Denis est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi ?

Denis Dordoigne : Le courriel c’est une grosse demande mais en gros, dans une structure, ce sera 1 % du service et 99 % du travail. Gérer du courriel avec des spammeurs qui peuvent venir, pour des gens qui sont dans l’oligopole, le courrier c’est un oligopole, les fournisseurs d’accès en gros c’est Gmail, MSN.

Frédéric Couchet : Yahoo.

Denis Dordoigne : Yahoo.

Frédéric Couchet : La Poste.

Denis Dordoigne : Ah oui, La Poste ! J’ai travaillé pour eux, c’est pour ça ! Du coup le mail clairement c’est un métier à faire. À tous les nouveaux chatons qui se lancent on leur dit : « Ne faites pas de mail » parce que ça peut les décourager assez vite. J’ai eu la chance de travailler dans le mail professionnellement donc chez INFINI j’ai pu travailler à mettre les choses en place, mais même encore on a des problèmes. C’est pour ça que du service mail vous en trouverez assez peu. Framasoft a indiqué clairement que jamais ils ne feront de l’hébergement de boîtes mails. Ils font des listes de diffusion, ce n’est pas mal !

Frédéric Couchet : Par contre on précise que pour les listes de diffusion Framasoft propose ses services et d’autres chatons le font. Là on parlait de mail individuel, personnel ; à part La Mère Zaclys et peut-être deux ou trois autres, il y en a peu qui le font.

Denis Dordoigne : Nous on a déjà eu des problèmes chez INFINI depuis qu’on parle de nous chez les CHATONS. On peut adhérer en ligne ; il y a déjà quelqu’un qui a adhéré en ligne juste pour pouvoir envoyer des spams derrière. Donc c’est un problème qui peut vite se présenter.

Frédéric Couchet : Christian tu veux ajouter quelque chose ?

Christian Momon : Souvent ce n’est pas un problème technique, c’est un problème de relation parce que quand on se fait blacklister par un gros hébergeur, les courriels ne passent plus donc il faut téléphoner, il faut passer par des procédures ; ce n’est pas du technique, c’est de l’humain.

Frédéric Couchet : C’est de l’humain ! Angie est-ce que tu confirmes cette situation de peu de service mail, de courriel dans les chatons ?

Angie Gaudion : Du coup je viens de regarder sur le site, on n’a pas mis en détail, en tout cas quand c’était la proposition de mail si c’était du mail individuel ou si c’est du mail rattaché à un nom de domaine de l’asso. Il y a a priori 29 chatons qui proposent ce type de service.

Frédéric Couchet : Ah quand même ! Un tiers.

Angie Gaudion : Un tiers.

Frédéric Couchet : Un peu plus d’un tiers. Oui. Pour les personnes qui se poseraient la question : où vais-je pouvoir trouver mon futur petit chaton à moi adoré pour avoir quelques services, vous allez sur le site chatons.org avec un « s », là vous avez un petit moteur de recherche où vous pouvez chercher par type de service, par modèle d’organisation, si je me souviens bien, et aussi par proximité par rapport à l’endroit où vous habitez, par exemple.

Christian Momon : Et il y a une carte.

Frédéric Couchet : Et il y a une carte. Christian me fait un petit signe pour montrer qu’il y a également une carte. Le site de référence c’est chatons avec un « s » point org et évidemment on vous encourage à tester ces outils. Christian tu veux ajouter quelque chose ?

Christian Momon : Je t’entends peiner à ajouter le « s » à chaque fois, mais dis-le chatons point org [prononcé chatonce point org]

Frédéric Couchet : Ah ! Chatons point org [prononcé chatonce point org].

Christian Momon : Pourquoi pas !

Frédéric Couchet : C’est vrai que pour la transcription ce sera peut-être plus simple pour Marie-Odile, donc « chatonce point org ». On va parler maintenant des CHATONS dans les quelques minutes qui nous restent, donc vraiment du Collectif pour les personnes qui voudraient aller un peu plus loin, c’est-à-dire plutôt participer au Collectif. Question : pourquoi rejoindre le Collectif et finalement quelles sont les compétences nécessaires pour participer à ce Collectif soit en créant un chaton, soit en rejoignant un chaton, soit en participant à la vie du Collectif ? On va commencer par Angie qui anime ce Collectif. Pourquoi contribuer au Collectif CHATONS et quels sont les besoins, les compétences nécessaires pour contribuer ?

Angie Gaudion : Ça dépend vraiment des personnes. On va avoir des personnes qui vont vouloir rejoindre le Collectif, donc qui vont avoir une proposition de services et qui, parce que ces services et leurs modalités respectent les règles tout simplement formalisées par le manifeste et la charte, vont vouloir rejoindre le Collectif, tout simplement pour être peut-être visibles mais aussi pour montrer qu’elles respectent ces engagements. Du coup, le fait de rejoindre le Collectif les « oblige », entre guillemets, à s’investir dans ce Collectif. On est dans un modèle où le Collectif ne fonctionne que parce qu’il y a des membres à l’intérieur qui le font fonctionner.
La participation va être diverse et variée. Ça peut être effectivement la communication autour du Collectif, le partage d’informations entre les membres. Il y a un aspect très solidaire au sein des CHATONS. L’objectif c’est que les différents membres du Collectif puissent s’informer sur différents aspects, que ce soit sur l’aspect très technique, par exemple « j’ai un problème technique sur tel aspect, je demande de l’aide » ou « j’aimerais savoir comment je peux développer tel ou tel service ». Il y a un travail d’entre-aide très fort.
On a aussi du travail plutôt plus par thématiques. Par exemple pour notre site web on a un projet de refonte donc il y a possibilité de s’engager à travailler sur la refonte de notre site web. On a aussi travaillé sur la liste des services qu’on propose. Il y a la possibilité de traduire les pages. On essaye de rendre le Collectif visible auprès d’un public non francophone, du coup on a besoin de traduire certaines pages du site web. Et puis valoriser l’ensemble des activités des membres du Collectif ; ça, ça passe par l’animation de comptes sur les médias sociaux par exemple.

Frédéric Couchet : D’accord. Une petite question : quels sont les outils utilisés pour l’animation du Collectif ? Est-ce que c’est une liste de discussion ? Est-ce que c’est un forum ? Quels sont les outils que vous utilisez ?

Angie Gaudion : On a une liste de discussion, on a un forum, donc on a les deux outils, mais on a aussi un wiki qui permet de documenter l’ensemble de nos pratiques collectives et après, je réfléchis, on a un git.

Frédéric Couchet : C’est quoi un git ?

Angie Gaudion : Un git c’est ce qu’on appelle une forge logicielle qui va permettre, comment je peux dire, à l’ensemble des personnes qui vont se sentir sensibilisées de venir proposer des modifications sur ce qu’on propose. Sachant que nous, à l’intérieur de cette forge, on ne met pas que du logiciel, on met aussi par exemple la charte. Donc potentiellement n’importe quel membre des CHATONS va pouvoir nous dire « tiens, dans la charte, moi il y a telle phrase qui ne me semble pas pertinente ou qu’il faudrait mieux formuler ou j’ajouterais tel élément. » On utilise un outil qui sert, à la base, vraiment pour la construction d’un logiciel, pour d’autres fonctionnalités qui sont plutôt l’échange autour de contenus.

Frédéric Couchet : Donc la personne, si on prend l’exemple de cette charte, de cette phrase qu’elle voudrait rédiger différemment, la personne peut proposer ce qu’on appelle un patch, c’est-à-dire une modification, une nouvelle formulation de la phrase, qui sera peut-être ou pas intégrée dans la version supérieure de cette charte. L’outil que vous utilisez c’est un git qui est très utilisé parce que je crois que même l’État a mis du code public, il y a quelque temps, sur le git de Framasoft. Donc c’est un outil très utilisé qui existe depuis maintenant une vingtaine d’années, de mémoire, peut-être moins. Moins, OK ! Peu importe ! En tout cas il y a cet aspect collectif.
Maintenant sur l’aspect d’une structure qui souhaite rejoindre le Collectif, en tout cas quelqu’un qui souhaite s’impliquer, soit une structure soit une personne, en fournissant des services, qu’est-ce que vous lui conseillez ? De rejoindre un chaton qui existe déjà ? De lancer un chaton avec des premiers services ? Christian.

Christian Momon : Toutes les approches sont bonnes. Si c’est quelqu’un qui veut, dans son coin, s’exercer, découvrir ce que c’est que de monter des services, les mettre en ligne, etc., il faut le faire. Il ne faut pas que les gens se mettent de barrière. Si, par la suite, ils trouvent que c’est trop astreignant, trop compliqué, ce n’est pas grave, ils pourront capitaliser leur expérience en rejoignant un autre chaton. C’est déjà arrivé, il y a déjà des chatons qui ont dit : « C’est trop astreignant, on n’arrive pas à suivre, on n’est pas assez nombreux, on arrête. » Mais en fait ces personnes-là rejoignent après un autre chaton pour que ce soit plus facile et continuer un projet.

Frédéric Couchet : D’accord. Quelles sont les compétences pour être vraiment hébergeur ? Est-ce qu’il ne faut que des compétences techniques et quels types de compétences techniques ? Là je vais poser la question à Denis Dordoigne qui nous pondu il y a quelques semaines un article assez long sur linuxfr.org qui est un site de référence sur l’actualité du logiciel libre et dont les références sont aussi sur le site de l’April. Tu expliquais un petit peu ce qu’était le métier d’hébergeur en tant que structure. Quels types de compétences techniques il faut pour héberger ?

Denis Dordoigne : C’est compliqué. En fait, si on est très passionné par la technique on peut rapidement faire des choses, c’est très bien documenté. Il faut savoir que chez les informaticiens hébergeur c’est un métier qu’on appelle simple. Il faut juste savoir lire de la documentation et parler anglais pour dire si on a des problèmes.
Si on veut se lancer, eh bien il faut se lancer tout seul. Je suis arrivé là-dedans, j’ai un master en programmation qui ne me sert absolument pas, je me suis lancé là-dedans, à INFINI j’ai rejoint l’équipe bénévole, je ne connaissais absolument rien, je m’y suis mis et après avoir lu quelques docs eh bien voilà ! Je suis expert maintenant.
Donc si on a des compétences techniques c’est assez facile. Si on n’a pas de compétences techniques, un hébergeur a toujours besoin d’autres compétences en son sein. Peut-être ne pas lancer son chaton soi-même mais aller rejoindre un chaton à côté par exemple, je ne sais pas, pour l’aider à traduire. Nous, à INFINI, on traduit le logiciel SPIP en breton. SPIP ça permet de construire des sites internet. Un chaton a toujours besoin de compétences qu’il n’a pas en son sein pour faire du graphisme, de la communication, peut-être juste participer à l’animation du Collectif CHATONS parce que quand les gens sont tous dans la technique ils n’ont pas forcément le temps de, en plus, s’occuper du Collectif. Il y a vraiment de l’appel pour tout.
Pour commencer, si on veut être un chaton, le mieux c’est quand même d’arriver sur un chaton qui existe déjà. S’il n’en existe pas, aller voir l’association locale près de chez soi qui fait de la technique. Vous pouvez aller sur agendadulibre.org et cliquer sur le bouton « Trouve ton Orga ! », localement on a forcément des associations et leur proposer de lancer un chaton ; leur dire comme ça « le projet CHATONS c’est bien ». S’ils ont des questions je suis tout à fait prêt à me déplacer pour leur expliquer ce qu’est l’activité d’hébergeur, je le fais déjà. J’ai encore rencontré des gens de l’École 42 ce week-end et je leur ai dit que s’ils voulaient je pouvais faire une conférence chez eux pour qu’ils lancent leur chaton. C’est vraiment quelque chose qu’on peut faire.

Frédéric Couchet : D’accord. Christian peut-être l’expérience du Chapril, rapidement, parce qu’il n’y a pas que des gens qui ont des compétences techniques fortes dans le Chapril.

Christian Momon : Oui. Mon principal conseil c’est de ne pas être tout seul. On peut techniquement se faire plaisir tout seul, mais il faut bien penser qu’après il faut accompagner le service, il faut le suivre et ça, du coup, eh bien ça devient une astreinte 24 heures sur 24 et il vaut mieux être à plusieurs pour pouvoir se répartir. C’est le choix qu’on a fait au Chapril. On a un noyau qui s’occupe de l’infrastructure, la sauvegarde, le monitoring, le routage, les choses très techniques, très compliquées et qui font souvent peur aux débutants. Et on a, par contre, la notion d’animateur de service qui va permettre même à des débutants de découvrir ce que c’est que de mettre en place un service, et qui va se concentrer juste sur un service, ses mises à jour et le suivi, ce qui permet de consommer beaucoup moins de temps et donc d’être beaucoup plus abordable et beaucoup plus « tentable » pour quelqu’un qui voudrait se lancer.
Mais effectivement il faut aussi avoir conscience qu’il n’y a pas que des contraintes ou des besoins techniques, il y a des besoins de modération, il y a des besoins de documentation, il y a des besoins de comprendre ce que c’est que le RGPD, le Règlement général de respect des données personnelles.

Frédéric Couchet : Protection des données. Fais attention parce que, à côté de toi, ta voisine est une experte du RGPD.

Christian Momon : Ça va être une bonne transition, du coup il y a des contraintes juridiques, donc il faut un peu comprendre tout ça. Donc si on a envie de participer à un chaton on n’a pas besoin d’être un thecos ou un geek, on peut tout simplement être quelqu’un qui fait de la modération. Je crois que nous avons un modérateur dans le coin, n’est-ce pas Patrick, à la régie, qui fait aussi de la modération de notre service Mastodon, pouet.chapril.org.

Frédéric Couchet : En parlant des compétences juridiques et autres, je pense que dans une seconde émission consacrée aux CHATONS, donc avec un « S », nous parlerons de ces aspects-là aussi parce qu’ils sont importants. Je vais repasser la parole, parce qu’on approche bientôt de la fin de ce sujet. Sur les compétences non-techniques et les compétences importantes, à mon avis ce sont aussi les compétences support auprès des personnes qui l’utilisent, communication et marketing. Angie, je crois bien que tu n’es pas du tout informaticienne à la base.

Angie Gaudion : Pas du tout !

Frédéric Couchet : La partie support, parce que souvent, on va dire des fois, les informaticiens, informaticiennes ou geeks ne sont pas forcément les mieux placés pour échanger avec les personnes utilisatrices, donc la compétence support, on va dire, est une compétence qui me semble assez essentielle.

Angie Gaudion : Qui est totalement essentielle parce que c’est très compliqué pour un utilisateur de se retrouver face à un service qu’il ne comprend pas et pour lequel on ne va pas lui apporter de réponse. Donc c’est vraiment un élément important. Chez Framasoft on a recruté une personne qui est totalement en charge du support sur nos services proposés dans le cadre de Dégooglisons Internet.

Christian Momon : Et qui répond très vite !

Frédéric Couchet : Donc qui ne fait que ça, en fait ?

Angie Gaudion : Oui, qui ne fait que ça.

Frédéric Couchet : Mais il faut dire que vous avez beaucoup de services et comme historiquement vous êtes parmi les premiers vous avez aussi beaucoup de personnes…

Angie Gaudion : D’utilisateurs.

Frédéric Couchet : Qui utilisent les services contrairement à d’autres chatons. Christian ?

Christian Momon : Je peux témoigner que le fait d’avoir une réponse assez rapide, c’est-à-dire dans l’heure, à une question qu’on a posée eh bien c’est franchement super !

Frédéric Couchet : Avant de faire un tour de table final pour savoir si vous avez des événements ou des annonces à faire, peut-être Angie, tout à l’heure tu parlais du Collectif et je crois que tu as parlé de la feuille de route ou peut-être des projets à venir, est-ce que tu peux nous dire s’il y a des choses à venir justement sur le Collectif, l’animation ?

Angie Gaudion : Oui, c’est vraiment très récent, j’ai posté hier sur le forum des CHATONS la feuille de route pour mai-octobre 2019, avec un ensemble d’objectifs en tout cas à atteindre, je ne sais pas si j’arriverai à faire tout ça avec les CHATONS puisque ce n’est pas moi qui le fais toutes seule. On a besoin de travailler sur nos modes de gouvernance, on va dire de les redéfinir pour qu’ils soient plus clairs parce que c’est vrai qu’ils sont beaucoup discutés ; il faut qu’on arrive à les définir de manière un peu plus viable.
Développer davantage les rencontres, qu’elles soient virtuelles ou purement civiques, mais que les membres des CHATONS puissent se retrouver dans des espaces de discussion.
On lance à la fin du mois, au début du mois de mai, la révision collective qui est le principe de vérifier, de permettre aux chatons de mettre à jour leurs informations sur le site internet : s’ils ont développé des nouveaux services, rendre visible ce qu’ils font et s’assurer qu’ils respectent toujours les points de la charte. C’est un élément important. Ce sont des choses qui vont arriver très prochainement.
On a bien sûr la mise à jour du site web, j’en ai déjà parlé tout à l’heure, la refonte de l’interface de recherche, ça c’est plutôt de l’habillage graphique pour rendre les outils plus en phase en tout cas avec les besoins des internautes. Et puis bien sûr beaucoup de communication et de documentation peut-être parce que c’est mon backgound professionnel et que, du coup, je trouve qu’il y a un petit déficit de documentation pour expliquer comment fonctionne notre Collectif et surtout pour référencer. On se retrouve avec des membres de certains chatons qui posent des questions qui ont déjà été posées je ne sais pas combien de fois. Peut-être que si on les avait documentées ils trouveraient l’information directement !

Frédéric Couchet : Ça c’est ton expérience de documentaliste, je suppose, qui te faire dire ça.

Angie Gaudion : Oui. Je suis bibliothécaire à l'origine !

Frédéric Couchet : Écoute merci Angie. Denis est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose ? Est-ce que tu as une annonce de service à faire ?

Denis Dordoigne : Non. Le vrai grand enjeu sur les six prochains mois c'est vraiment de gérer la gouvernance parce que pour l’instant elle est faite par Framasoft uniquement et Framasoft a déjà annoncé que, à partir de novembre, ce n’est plus eux. Donc il faut voir comment on s’organise.

Frédéric Couchet : Une gouvernance tournante !

Denis Dordoigne : Si on fait une gouvernance tournante ou autre, mais on a vraiment ça à décider très rapidement.

Frédéric Couchet : D’accord. Christian, une phrase de conclusion, annonce ?

Christian Momon : L’actualité Chapril c’est le recrutement d’animateurs de service, comme je disais tout à l’heure, des gens qui vont se concentrer sur un nouveau service à mettre en ligne. La plateforme est en place, elle est prête à accueillir plein d’autres services, mais on souhaite augmenter le nombre d’animateurs de service, étoffer l’équipe, pour pouvoir apporter un service de qualité. Donc que vous soyez técos ou pas, vous êtes les bienvenus.

Frédéric Couchet : Merci à tous les trois. Je rappelle qui étaient nos invités : Denis Dordoigne de infini.org

Denis Dordoigne : Point fr.

Frédéric Couchet : Point.fr. Depuis tout à l’heure j’ai dit point org, donc c’est infini.fr.

Denis Dordoigne : Je n’ai pas fait attention.

Frédéric Couchet : Christian Pierre Momon de chapril.org. Angie Gaudion de framasoft.org. Merci à tous les trois. Je crois qu’on aura l’occasion, sans doute assez rapidement, de faire une seconde émission. Je vous souhaite de passer une bonne journée et à bientôt Angie.

Angie Gaudion : À bientôt.

Frédéric Couchet : Nous allons faire une pause musicale, un nouveau titre choisi par Christian, c’est Schmaltz par Jahzzar et on se retrouve juste après.

Pause musicale : Schmaltz par Jahzzar.

Voix off : Cause Commune 93.1

Chronique « In code we trust »

Frédéric Couchet : Nous étions en train d’écouter Schmaltz par Jahzzar. Nous allons maintenant passer au sujet suivant, je vais demander à la régie d’activer le micro de Noémie. Merci Patrick. Le sujet suivant, comme je disais tout à l’heure, c’est la chronique juridique « In code we trust » de Noémie Bergez, Je vais commencer par dire que le but de la chronique, enfin la description, c’était d’évoquer, le code à la main, une règle de droit ou un procès en lien avec les œuvres, les données, les logiciels ou les technologies. Noémie, de quoi souhaites-tu nous parler aujourd’hui ?

Noémie Bergez : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Bonjour Noémie, excuse-moi.

Noémie Bergez : Aujourd’hui je vais vous parler des délits informatiques. Les délits informatiques, on le verra par la suite, ne sont pas définis en tant que tels dans le Code pénal, mais c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur pour avoir travaillé sur différentes affaires. Après un petit rappel historique nous verrons les définitions de ces délits dans le Code pénal et nous terminerons par deux affaires marquantes dont une assez récente.

Sur les délits, ce qu’il faut rappeler c’est que les infractions sont appréhendées selon leur gravité : nous avons les crimes, les délits, les contraventions. Pour l’informatique, on a ce qu’on appelle les délits informatiques qui sont classés dans cette catégorie. C’est la loi qui détermine les crimes et les délits, notamment dans le Code pénal. Pour qu’un délit soit caractérisé, il faut trois éléments : un élément légal, ici la loi ; un élément matériel, l’agissement et un élément intentionnel, la volonté de son auteur. Évidemment dans le Code pénal il est prévu que nul ne peut être puni pour un crime ou un délit dont les éléments ne sont pas définis par la loi, donc on en revient à cet élément légal.
S’agissant de l’informatique, après quelques recherches, je me suis aperçue qu’en fait c’est dans la loi Informatique et Libertés que les premiers délits qui ont concerné l’informatique ont été définis. Chose assez intéressante c’est que, a priori, lors des débats parlementaires sur la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978, eh bien il n’y a quasiment pas eu de débats, en fait, sur les dispositions pénales de cette loi. Est-ce que c’était un sujet qui, à l’époque, était déjà peut-être complexe donc ils n’ont pas voulu trop en discuter, mais j’ai trouvé l’anecdote assez surprenante. Donc on a un chapitre 6, dans cette loi Informatique et Libertés, qui définit certaines dispositions pénales qui concernent notamment l’enregistrement, la conservation de données à caractère personnel qui à l’époque étaient intitulées, en fait, des informations nominatives ; donc la loi va lister un certain nombre d’infractions qui sont en lien avec le traitement de données, notamment lorsqu’elles sont faites en violation de cette loi.

Un criminologue qui s’appelle Raymond Gassin a envisagé, lui, quatre types d’infractions dans le domaine de l’informatique, c’était avant que les infractions soient évidemment dans le Code pénal. Il avait évoqué la possibilité du sabotage, il avait évoqué la possibilité de l’appropriation de logiciels, la fraude par l’appropriation de biens ou de fonds, et le vol de temps machine qui est, en fait, l’utilisation sans droit d’un terminal.

Dans le projet de Code pénal en 1985 il devait y avoir un chapitre sur les infractions en matière informatique, mais ce projet n’a pas été abouti, donc c’est finalement dix ans après la loi Informatique et Libertés, par la loi Godfrain, du nom du député Jacques Godfrain, que, le 5 janvier 1988, on a intégré dans le Code pénal des dispositions, des délits concernant l’informatique.
On ne les a pas intitulés les délits informatiques. En réalité ils sont regroupés dans un chapitre qui s’appelle « Les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données. Le terme « système de traitement automatisé de données » n’est pas défini par la loi, on l’appelle en règle général le STAD. Il provient de la loi Informatique et Libertés, il a été repris tel quel dans le Code pénal, i il est apprécié de manière extensive par les juridictions, donc vous le verrez, dans les différentes définitions qu’on retrouve dans le Code pénal, ce STAD est toujours intégré.

On a l’article 323-1 du Code pénal qui incrimine le fait d’accéder ou de se maintenir frauduleusement dans tout ou partie d’un système de traitement automatisé de données ; cette infraction est punie de deux ans d’emprisonnement, 60 000 euros d’amende. Si cela entraîne la suppression ou la modification de données du système ou une altération du fonctionnement du système, eh bien là on passe à trois ans d’emprisonnement, 100 000 euros d’amende. Si le traitement est mis en œuvre par l’État, eh bien là c’est cinq ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende.
On a un second article qui est l’article 323-2 du Code pénal qui lui incrimine le fait d’entraver ou de fausser le fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données. Là les peines sont plus importantes puisqu’on passe à cinq ans d’emprisonnement, 150 000 euros d’amende. Je précise quand même que c’est jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et jusqu’à 150 000 euros d’amende, donc c’est presque le double, en fait, que le fait d’accéder ou de se maintenir frauduleusement dans un STAD.
On a également une infraction qui est prévue par l’article 323-3 qui est le fait d’introduire frauduleusement des données dans un STAD, d’extraire, de détenir, de reproduire, de transmettre, de supprimer ou de modifier frauduleusement les données qu’il contient. Là encore c’est un peu le même type de condamnation qu’on retrouve, les peines.
On a enfin un article 323-3-1 du Code pénal qui précise, qui incrimine le fait d’importer, de détenir, d’offrir, de céder ou de mettre à disposition un équipement, un instrument ou un programme informatique ou toute donnée conçue ou spécialement adaptée pour commettre une ou plusieurs infractions prévues avant, donc en fait ce sont des logiciels qui permettraient, par exemple, d’accéder ou de se maintenir frauduleusement dans un STAD. Il faut noter que la loi pour la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004 et la loi du 18 décembre 2013 ont rajouté à cette infraction le fait que ça devait être fait sans motif légitime notamment de recherche ou de sécurité informatique. C’est un point qui est important.
Et enfin on a un autre article dans le Code pénal qui est l’article 320-4 qui lui incrimine la participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels d’une ou de plusieurs des infractions qui sont prévues aux articles ci-dessus.

En fait, vous le voyez, ce sont des définitions qui sont extrêmement lourdes, qui sont quand même assez complexes et ces peines peuvent aussi être accompagnées de privation de droits civiques, de confiscation, de fermeture d’établissements. Elles peuvent également concerner des personnes morales. Il faut aussi noter que la tentative des délits est également punissable.

Ce qu’il convient également de noter c’est que dans le Code pénal il existe une section qui prévoit les délits pour les atteintes aux droits de la personne résultant des fichiers ou des traitements informatiques. Donc on a un côté du Code pénal qui concerne vraiment les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données et puis, de l’autre, qui vont concerner plutôt des atteintes aux fichiers ou aux traitements informatiques.

En pratique, ce qu’on peut relever, c’est que comme ces définitions sont assez lourdes et complexes on a pu voir, par exemple avec Olivier Hugot avec qui je travaille, que par exemple dans certains cas on se retrouve à défendre des individus à qui on reproche ce type d’infraction et parfois avec des citations qui ne sont pas toujours exactes, qui ne reprennent pas forcément le texte même du Code pénal. Par exemple, pour l’anecdote, je me rappelle d’une citation qui, en fait sur l’article 323-3 qui concerne le fait d’introduire frauduleusement des données dans un STAD, eh bien il était indiqué sur la citation que c’était l’intrusion frauduleuse de données dans un STAD. C’est vrai que comme l’élément légal est important, ce sont des points qui sont extrêmement importants et qu’en matière pénale c’est vrai que la loi est d’interprétation stricte. Voilà ! Ce sont des choses qui peuvent être utiles dans la défense.

J’en viens justement, puisqu’on arrive à la défense, à quelques exemples concrets d’application de ces articles, notamment une première affaire qui est l’affaire Tati. Cette affaire a été engagée à la suite d’une plainte de la société Tati suite à la diffusion d’un article en novembre 2000 dans une revue qui dénonçait, qui informait de la perméabilité du site de la société Tati. À la suite de cette plainte une enquête a été menée et un journaliste en informatique qui était également administrateur d’un site internet qui comportait des articles dans lesquels il évoquait les insuffisances de protection des données contenues par des STAD. Il expliquait avoir pénétré à plusieurs reprises sur le site internet de la société Tati et qu’il avait pu accéder au répertoire de fichiers de données nominatives, donc des fichiers qui contenaient des données à caractère personnel, et même à ces données elles-mêmes et ce par la simple utilisation des fonctionnalités du navigateur Netscape.
Donc ce journaliste a alerté l’éditeur du site. Ce qui est intéressant c’est que finalement après un premier accès en 1999 il envoie un message de mise en garde qui ne fait pas l’objet d’une réponse. Il réitère l’expérience l’année d’après, il envoie un nouveau message constatant que c’était toujours possible pour lui d’y accéder et là, à la suite de ce second message, les données sont devenues inaccessibles par l’intervention du nouvel exploitant du site, ce journaliste a tout de même été poursuivi pour avoir entre novembre 1997 et novembre 2000 accédé ou s’être maintenu frauduleusement dans le STAD de la société Tati.
À l’audience le journaliste a expliqué qu’on pouvait facilement accéder aux données des fichiers clients par la simple navigation sur Internet.
Il y a eu un premier jugement le 13 février 2002. Dans ce jugement le tribunal a retenu qu’aucun élément de la procédure ne permettait d’établir qu’il avait fait usage, pour accéder aux fichiers, d’autres manipulations que simplement celles de la navigation ; que la société Tati ne démontrait pas que les fichiers étaient protégés par des codes ou des clefs d’accès ; que les messages qui avaient été envoyés – il avait conservé la preuve des messages envoyés à l’exploitant du site – démontraient clairement l’existence de failles. Au regard de ces éléments, le fichier était donc clairement accessible par la seule utilisation de fonctionnalités du navigateur.
Ce qui est intéressant c’est que malgré cela en fait le tribunal a quand même considéré qu’il était coupable d’un accès frauduleux dans un système de traitement automatique des données. La question du maintien dans le dispositif a disparu du jugement. C’est-à-dire qu’en fait, dans le corps du jugement, les juges retiennent l’incrimination mais ne la visent plus dans le dispositif. Donc cette personne a été condamnée à 1000 euros d’amende avec sursis. La société Tati qui était à l’initiative de la plainte a été déclarée recevable dans sa constitution de partie civile, mais elle a été déboutée de ses demandes.

Là où le dossier a pris une tournure intéressante c’est que le Procureur de la République a lui-même interjeté appel de ce jugement de condamnation et, dans ses conclusions, l’avocat général explique qu’en réalité, pour lui il y a une véritable contradiction dans la motivation du jugement entre le fait de dire que le prévenu s’est contenté de naviguer sur Internet, qu’il n’a pas commis d’autres manipulations pour pouvoir accéder à ces données et, en même temps, de dire qu’il avait conscience puisque, à partir du moment où il est condamné pour l’accès frauduleux c’est que l’élément intentionnel est réuni, donc il avait conscience de commettre un délit.
La Cour d’appel de Paris, dans un arrêt du 30 octobre 2002, a infirmé ce jugement et a relaxé le journaliste en question en considérant qu’il ne pouvait pas lui être reproché d’accéder aux données ou de se maintenir dans des parties d’un site qui peuvent être atteintes par la simple utilisation d’un logiciel grand public de navigation et que dans la mesure où l’exploitant du site n’avait mis aucune protection, eh bien il devait considérer que les services en question et les parties du site étaient réputées non-confidentielles, ça veut dire qu’elles étaient publiques, à défaut d’indication contraire ou d’obstacle pour l’accès en fait. Le même raisonnement est appliqué pour les données nominatives. Là la Cour considère que ce journaliste ne pouvait pas savoir, en accédant à ces données, que les personnes concernées n’avaient pas donné leur accord. Donc l’ensemble de ces éléments a conduit la Cour à infirmer le jugement et relaxer le journaliste.

Il faut noter un changement de jurisprudence puisque, dix ans après, on a cette affaire Bluetouff qui a été assez marquante et, dans cette affaire, un autre journaliste avait récupéré et publié huit gigaoctets de données de l’Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et de la santé, auxquelles il avait eu accès en navigant dans l’arborescence des fichiers du site depuis son navigateur. Là, après une plainte de cette agence, eh bien il est convoqué cette fois-ci pour trois délits : le délit d’accès frauduleux à tout ou partie d’un STAD, le délit de maintien frauduleux dans tout ou partie d’un STAD, et la troisième infraction qui est importante le vol, c’est-à-dire, conformément à la définition de l’article 311-1 du code pénal, la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui. Cette infraction on ne la trouvait pas dans l’affaire qui concernait Tati.
Dans un jugement du 23 avril 2013 la 11e chambre du TGI de Créteil a relaxé le journaliste. Elle rejette la qualification d’accès et maintien frauduleux dans un STAD et elle rejette également la question du vol. Donc on peut considérer que la jurisprudence de l’affaire Tati a été appliquée par le tribunal de grande instance de Paris. Sauf que la Cour d’appel de Paris n’a pas vu les choses de la même manière puisque, dans un arrêt du 5 février 2014, elle a considéré que l’accès n’était pas frauduleux puisqu′il avait librement accédé aux contenus du site, mais en revanche le maintien l’était, car il avait conscience qu’il n’aurait pas dû accéder aux fichiers. Il est donc condamné, cette fois-ci, à une amende de 3000 euros. Il faut savoir que cette décision a été confirmée par la Chambre criminelle de la Cour de cassation par un arrêt du 20 mai 2015 et qu’une décision récente du 28 juin 2017 va un peu plus loin puisque là elle consacre également le vol de données, cette fois-ci plus sur l’Internet mais dans un réseau d’entreprise. Dans cette affaire la personne a été également condamnée pour vol de données.

Frédéric Couchet : Merci Noémie. On va préciser les noms de ces deux journalistes, ça va me faire l’occasion de faire une annonce, c’est Bluetouff et Kitetoa. Bluetouff c’est Oliver Laurelli et Kitetoa c’est Antoine Champagne. Ils sont toujours journalistes, je ne sais pas si Bluetouff se revendique comme journaliste, mais je crois. Ils ont un site qui s’appelle reflets.info, reflets avec un « s » et là ils ont lancé un appel à cofinancement pour leur premier documentaire d’investigation qui atteint 90 % de la somme demandée qui est 20 000 euros. Je vous encourage à aller sur le site reflets.info avec un « s » ou d’aller directement sur la page de l’April, il y aura les références. Également les références des affaires citées par Noémie Bergez sur les intrusions sur des STAD, pas des stades de foot, un STAD voulant dire, évidemment comme elle l’a dit « système de traitement automatisé de données ».

Il n’y aura pas d’annonces aujourd’hui parce qu’on est très limite dans le temps. Notre émission se termine. Je remercie les personnes qui ont participé à l’émission : Angie Gaudion, Christian Pierre Momon, Denis Dordoigne, Isabella Vanni, Patrick Creusot à la régie et évidemment Noémie Bergez. Vous retrouvez sur le site de l’April toutes les références.
La prochaine émission aura lieu mardi 23 avril 2019 à 15 heures 30, notre sujet principal portera sur les entreprises du logiciel libre.
Nous vous souhaitons de passer une belle fin de journée. On se retrouve mardi prochain et d’ici là portez-vous bien.

Générique de fin d’émission : Wesh Tone par Realaze.

Lucas CIMON

Keep a changelog from git commits

Le 23 April 2019 à 10:00:00

Over the past years, on software programming projects where my end users where developers (other than myself or my team), I have tried to follow the advice of this website : keepachangelog(.com)

A changelog is defined by Wikipedia as :

a log or record of all notable changes made to a project. [It] usually includes records of changes such as bug fixes, new features, etc.

It is very simple to add one to a project, and brings a lot of value to its users. You can even consume them as Atom/RSS feeds, with tools like allmychanges.com.

Honestly I haven't tried other standards than keepachangelog.com, but what I like about it is that it's aimed at users.

As a software library or API user, when your are faced with a bug or when you are considering an upgrade to a more recent version, you want to be able to rapidly scroll through a changelog and detect useful bug / security fixes, non backward compatible changes or new useful features.

This simple format standard provides exactly that, with a very simple Markdown structure.

I could not find an image I liked illustrating changelogs under a CC license, so I picked this one which represents a tree but reminds me of git branches - Four Seasons Tree by Aya Mulder CC BY-NC-SA 4.0

The keepachangelog.com website clearly states as its top heading:

Don’t let your friends dump git logs into changelogs.

Which is more or less what I am going to advice you do đŸ˜

I think that by making the changelog contribution part of the necessary steps to make code changes, instead of having to edit a Markdown file separately, you won't risk to forget about it.

I recently used gitchangelog which can be configured very easily to follow keepachangelog.com format:

section_regexps = [
    ('Added', [r'^[aA]dded\s*:.*$']),
    ('Changed', [r'^[cC]hanged\s*:.*$']),
    ('Deprecated', [r'^[dD]eprecated\s*:.*$']),
    ('Removed', [r'^[rR]emoved\s*:.*$']),
    ('Fixed', [r'^[fF]ix(ed)?\s*:.*$']),
    ('Security', [r'^[sS]ecu(rity)?\s*:.*$']),
]

output_engine = mustache(".gitchangelog-keepachangelog.tpl")

publish = FileRegexSubst(
    "CHANGELOG.md",
    r'(?s)(<!-- gitchangelog START -->\n).*(<!-- gitchangelog END -->\n)',
    r"\1\o\2"
)
# CHANGELOG
All notable changes to this project are documented in this file.

The format is based on [Keep a Changelog](http://keepachangelog.com).

It is generated from the `git` commits whose message starts with
`added:` / `changed:` / `deprecated:` / `removed:` / `fixed:` / `security:`
thanks to [gitchangelog](https://github.com/vaab/gitchangelog) :
`pip install gitchangelog pystache`
`gitchangelog`

You can still use [conventional commit messages](https://www.conventionalcommits.org), starting for example with
`chore:` / `docs:` / `refactor:` / `style:` / `test:`, they just won't be included in this changelog.

<!-- gitchangelog START -->
<!-- gitchangelog END -->

Then you simply execute the gitchangelog command in a pre-commit hook or in your release CI pipeline and voilĂ  !

Now, I am far from an expert on this subject. There are many other standards for changelogs, and other tools to use git commits or pull requests to extract such history.

But I see the following advantages to using gitchangelog:

  • it is easy to introduce to an existing code base, while preserving an existing changelog or ignoring old commits
  • it lets you configure the naming convention you want to use in your commit messages
  • it lets you choose whether or not to ignore commits without the required prefixes.
  • it is written in Python đŸ˜‰

22 April 2019

april.png Nouvelles April

Décryptualité du 22 avril 2019 - Google accusé d'avoir mis des bâtons dans les pattes de Firefox

Le 22 April 2019 à 22:46:15

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Decryptualité sur Mastodon

Johnathan Nightingale, un ancien de la fondation Mozilla accuse Google d'avoir sciemment cassé le fonctionnement des navigateurs concurrents sur ses sites.

    Générique – La prose du pépère – Les Barons Freaks – Licence Art Libre (LAL)

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Revue de presse de l'April pour la semaine 16 de l'année 2019

Le 22 April 2019 à 20:07:29

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[Next INpact] La Cour de cassation va examiner la redevance sur la musique libre diffusée dans les magasins

✍ Marc Rees, le .

[Next INpact] Le gouvernement ne prévoit pas de toucher à la «loi CADA»

Le .

Assange aux mains de la justice britannique - Décryptualité du 15 avril 2019

Le 22 April 2019 à 13:22:45


Assange en 2014

Titre : Décryptualité du 15 avril 2019 - Assange aux mains de la justice britannique
Intervenants : Manu - Luc
Lieu : April - Studio d'enregistrement
Date : 8 avril 2019
Durée : 15 min
Écouter ou télécharger l'enregistrement
Revue de presse pour la semaine 15 de l'année 2019
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Julian Assange, Londres 2014, David G Silvers - Licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 2.0 Generic
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Description

La justice britannique a finalement mis la main sur Julian Assange. Retour sur l'histoire du porte-étendard de WikiLeaks.

Transcription

Luc : Décryptualité.

Voix off de Nico : Le podcast qui décrypte l’actualité des libertés numériques.

Luc : Semaine 15. Salut Manu.

Manu : Salut Luc.

Luc : Qu’a-t-on au sommaire ?

Manu : On a cinq petits articles.

Luc : estrepublicain.fr, « Julian Assange : ce qu’on lui reproche, ce qu’il risque », un article de la rédaction.

Manu : Qu’on va aborder un peu plus tard ; ça va être le sujet de notre discussion d’aujourd’hui.

Luc : Le Courrier, « La liberté à l’ère des GAFA », un article de Philippe Bach.

Manu : Avec une magnifique image qui reprend Stallman multibras. On dirait le dieu Shiva.

Luc : C’est le culte de la personnalité appliqué au logiciel libre.

Manu : Oui. D’ailleurs il n’hésite à s’en moquer régulièrement. Il participe à différentes conférences à Lausanne notamment. Ça devrait être intéressant. Il va notamment parler des GAFA et c’est un gros sujet. On va voir s’il y a des retombées médiatiques là-dessus.

Luc : EurActiv, « Copyright rules will turn the EU into a French digital colony », un article de Amelia Andersdotter.

Manu : Et ce n’est pas facile !

Luc : Oui. Il faut que je progresse en anglais !

Manu : En gros ça indique que à cause de la directive sur le droit d’auteur, l’Europe va devenir une colonie de la France, c’est original.

Luc : Une colonie numérique.

Manu : Une colonie numérique. En gros ils accusent le fait que ce soit la France qui a poussé la directive sur le droit d’auteur qui vient d’être acceptée. Encore aujourd’hui il y a des choses qui viennent d’être passées.

Luc : En France on a un lobby de l’industrie du divertissement et de la culture qui est très fort.

Manu : Donc qui arrive à être fort au point que l’Europe se plie à nos désirs !

Luc : Le Républicain Lorrain, « Informatique à Insming: les bons conseils pour bien surfer », un article de la rédaction.

Manu : Petit article qui met en avant une initiative locale de formation qui aborde les libertés informatiques et qui a l’air de présenter aussi l’April. Ça fait toujours plaisir.

Luc : Une initiative locale menée par une association qui s’appelle l’AFIL, l’Association de formation informatique sur logiciel libre, menée par Liliane Grandemange. Bravo à eux. La semaine dernière on parlait avec le cas de e-penser de la difficulté d’exister quand on est dépendant de gros tuyaux comme ceux de YouTube, eh bien c’est le travail de ces associations de terrain qui permet à nous libristes, qui n’avons pas de force de frappe médiatique, d’exister. Bravo à eux et bravo à tous les autres.
ZDNet France, « Le poste de travail Linux est en difficulté », un article de Steven J. Vaughan-Nichols.

Manu : Le poste de travail ça entend le bureau où les gens se connectent avec une souris, un clavier, classique. Le monde du logiciel libre fonctionne très bien sur les serveurs, mais sur le poste de travail c’est un petit peu plus difficile, très fragmenté notamment, il y a plein de distributions différentes qui sont en compétition les unes avec les autres et il y a des distributions qui ont un peu de mal à vivre dans le temps parce qu’elles se battent les unes avec les autres pour des parts de marché, on va dire, des usagers.

Luc : Linus Torvalds, le père du noyau Linux, en gros s’est tourné vers Chromebooks, donc s’est vendu à Google.

Manu : Oui, ça fait mal au cœur.

Luc : Et Android. Un des constats était de dire : regardez, rien que sur le système d’installation de logiciel, il y a quatre, cinq concurrents, on n’arrive pas à avoir un truc universel. Du coup c’est beaucoup de boulot pour maintenir des tas de branches d’un arbre qui en a trop. Donc un constat intéressant, pas tout à fait loyaux !

Manu : Petite remarque par rapport à la semaine dernière, e-penser a ré-ouvert sa chaîne. Donc il a repassé sa chaîne YouTube en mode public parce qu’il se plaignait, il avait été accusé par un ayant droit d’avoir enfreint les règles du droit d’auteur.

Luc : On ne va pas refaire l’émission de la semaine dernière !

Manu : Non. Mais c’était juste pour donner une conclusion. L’ayant droit a retiré sa plainte et pour l’instant tout tourne bien pour lui.

Luc : Le sujet de la semaine c’est Assange. Julian Assange1.

Manu : Oui. C’est un sujet international.

Luc : C’est le dénouement d’une affaire qui remonte à quoi ? Ouf ! À six-sept ans ?

Manu : Oui. Ça fait sept ans que le gars donc Julian Assange est hébergé gentiment par l’ambassade d’Équateur en Grande-Bretagne et ça fait six-sept ans qu’il se fait des cheveux blancs et qu’il fait pousser sa longue barbe, on l’a vu à la télévision ces derniers jours, parce qu’il vient d’être expulsé.

Luc : Effectivement, la police britannique lui a mis la main dessus pour une question de non-respect de sa liberté conditionnelle.

Manu : De son contrôle judiciaire.

Luc : Oui, en gros un truc comme ça et également parce qu’ils ont des questions à lui poser sur des questions de piratage. Les États-Unis ont fait une demande d’extradition puisque Assange s’est rendu célèbre en révélant des quantités astronomiques de documents récupérés sur Internet, souvent suite à des opérations de hacking, de piratage. Ça faisait des années qu’il était là et maintenant on ne sait pas trop ce qu’il va devenir.

Manu : Ça va être compliqué pour lui. Il est accusé sous une forme, c’est une procédure d’accusation scellée, je ne connais pas bien les termes, mais en gros l’accusation n’est pas publique et il doit y avoir des éléments de dossier qui ne seront pas dévoilés à tout le monde.

Luc : Voilà ! Il a fait des trucs.

Manu : Il a fait des trucs et il risque cher parce qu’aux États-Unis on ne rigole pas avec « les trucs ».

Luc : Pour rappeler un petit peu son pedigree, c’est un Australien.

Manu : Oui. Qui est né en 1971.

Luc : Sa bio explique qu’il a vécu dans 30 villes avant l’adolescence.

Manu : Il a beaucoup bougé, il s’est intéressé à l’informatique à partir de 16 ans, il a eu une vie un peu développée ; il a eu un enfant à 18 ans.

Luc : Assez jeune. Il a piraté des sites et des machins, etc., donc il était dans ce genre de démarche-là avant de se calmer un petit peu et il a monté WikiLeaks2 dès 1998, je crois ou…

Manu : En 1999, il avait le nom de domaine « leaks ».

Luc : Qu’il n’a jamais utilisé, mais, en gros, on voyait déjà un peu où il voulait en venir s’il a réservé le nom de domaine. Il a monté WikiLeaks quelques années après.

Manu : Sachant qu’il faisait à côté de ça du logiciel libre, c’était un informaticien, développeur, donc il a contribué à pas mal de choses liées au chiffrement de manière générale. Il a travaillé sur des forums, il a travaillé sur des problématiques de sécurité globalement et effectivement 2006 c’est un peu la consécration, lui et d’autres ont fondé tout un collectif international pour récolter les fuites de données qu’il pouvait y avoir sur Internet.

Luc : Et les rendre publiques. Le personnage lui-même se définit comme libertarien de marché.

Manu : Oui. Déjà c’est compliqué, il faut voir ça comme une sorte de chacun pour soi, un petit peu.

Luc : Je n’ai pas tout compris. « Libertarien » en tout cas je connais un petit peu, c’est une notion plutôt américaine, une idée un peu libertaire mais un peu chacun pour sa peau, ne venez pas m’embêter, donc pas l’anarchisme plus européen qu’on peut connaître. « De marché », il faudrait creuser pour voir ce qu’il veut dire par là, ce n’est pas nécessairement le plus intéressant. Qu’est-ce qui lui vaut toute la haine dont il est l’objet ?

Manu : Le premier truc c’est qu’il a révélé les informations transmises par Chelsea Manning qui était soldat en Irak, à l’époque, non en Afghanistan.

Luc : Qui, à l’époque, s’appellait Bradley3, il a changé de sexe quand il était en prison, il était analyste donc je ne pense pas qu’il était sur le terrain, mais il brassait des informations dans des bureaux pour essayer de sortir de l’info exploitable ensuite. Il a effectivement fait sortir plein d’infos, dont quelques vidéos.

Manu : Oui. Des vidéos de tirs d’hélicoptères américains.

Luc : Effectivement, dont une que j’ai vue qui est vraiment tragique où il y a un journaliste qui sort d’une camionnette, en Irak je crois, et comme il a une caméra au bout du bras il y a un pilote d’hélicoptère qui regarde ça avec ça sa caméra à lui.

Manu : Hyper-grossissante.

Luc : Hyper-grossissante de loin et il dit : « Je pense qu’il a une arme ». En fait, sur la vidéo, on voit juste qu’il a juste un truc au bout du bras et il a autorisation de tirer ; il arrose tout donc il butte tout le monde. Il y a une camionnette qui arrive un peu plus tard pour ramasser les blessés et sauver les gens et il recommence et il butte à nouveau tout le monde ; c’est la routine de l’armée américaine. Cette vidéo avait été exfiltrée avec plein d’autres documents par Mannig.

Manu : Cette vidéo est importante parce que ce côté visuel a fait qu’elle a été diffusée dans un petit peu tous les journaux mondiaux.

Luc : Et puis il y a le son. On comprend bien ce qui se passe. C’est vraiment assez abominable à voir et on comprend ce que c’est que faire la guerre dans ce genre de pays quand on est les États-Unis.

Manu : Ça c’est une des choses qui a été sortie. Une autre chose qui était très importante à l’époque déjà, ils ont sorti un quart de millions de câbles diplomatiques. C’est-à-dire les échanges entre les ambassades, les pays, qui sont des échanges archi-privés, on ne doit pas vraiment communiquer ces informations-là, eh bien il les a mis sur Internet de manière très générale. À l’époque ça révélait un petit peu les dessous de table des relations entre les pays, notamment la manière dont le Pakistan jouait double jeu entre les États-Unis et les Talibans. C’était assez amusant pour nous les Occidentaux, on comptait les points !

Luc : Il y avait aussi des trucs, genre des commentaires assez peu sympathiques envers telle ou telle personne connue, tel politicien ; ça c’est plus dans l’anecdote. Il a également, au travers de ce groupement, révélé des trucs sur des banques, sur la finance, dans plein de domaines différents.

Manu : Pas mal d’affaires de corruption, des affaires de corruption en Afrique, des problématiques de frappes de drones au Yémen. Il y a beaucoup de choses qui ont été révélées, mais il semblerait qu’il y a un pays qui a rarement été touché, et ça fait partie des critiques qui lui ont été lancées régulièrement…

Luc : La Russie.

Manu : Ah ! Ben oui !

Luc : Il ne se passe jamais rien de mal en Russie !

Manu : Exactement. Il ne se passe jamais rien de mal !

Luc : On va envoyer notre RIB [relevé d’identité bancaire] à la fin de l’émission pour que Poutine puisse nous envoyer quelques millions.

Manu : On en a besoin pour financer le podcast.

Luc : On n’en a pas assez. C’est une des nombreuses qui lui sont reprochées. Assange a quand même un gros paquet de casseroles. Le premier truc qui lui a valu de se réfugier à l’ambassade c’est qu’il a été accusé d’agression sexuelle et de viol.

Manu : Par deux filles.

Luc : Par deux femmes, en Suède.

Manu : Ce n’est pas un viol strictement comme on peut s’y attendre, c’est un questionnement qui a été posé par ces deux femmes auprès du Procureur en Suède à propos de pratiques sexuelles qui étaient considérées comme « est-ce que c’était un assaut sexuel ou pas ? »

Luc : Sachant que les deux femmes étaient ses maîtresses, c’est-à-dire que ce ne sont pas des femmes sur qui il est tombé par hasard. Il y en a une qui l’accuse d’avoir volontairement craqué un préservatif et l’autre qui l’accuse d’avoir entrepris une relation sexuelle alors qu’elle était en train de dormir. La Suède a fini par abandonner ses investigations.

Manu : En deux fois. Ils ont d’abord abandonné, ensuite repris, et ils l’ont autorisé à sortir du pays.

Luc : Autre affaire, c’est que parmi ces deux femmes il y en a une femme qui était très engagée en politique, on suppose qu'un mec comme Assange devait fréquenter beaucoup de militants, et elle avait publiquement dit que piéger les sales cons par le sexe c’était un truc tout à fait légitime, ce qui jetait pas mal de doutes.

Manu : C’est compliqué. Dans tous les cas ça reste des choses un peu perturbantes et, quoi qu’il en soit, l’affaire a été annulée, arrêtée au bout d’un moment et, globalement, la Suède n’a pas cherché grand-chose, mais il y a quand même eu un mandat d’arrêt international pour un questionnement sur des affaires de mœurs ; c’était du jamais vu.

Luc : Voilà ! Et ça a fait râler pas mal de gens qui ont des histoires d’agression sexuelle extrêmement graves, etc., au niveau international et qui ne bénéficient jamais de ce genre d’avantage ; personne ne se bouge les fesses, c’est dans un autre pays eh bien tant pis ! et sur des affaires bien plus graves que celle-là.

Manu : Ça n’empêche, en tout cas, que Assange ne sort pas très blanc de tout ça !

Luc : Oui, et il a d’autres casseroles aux fesses, notamment il y a énormément de gens qui ont bossé avec lui au sein de WikiLeaks, qui ont rompu les ponts en disant que c’était tout pour sa gueule, qu’il était ingérable, etc.

Manu : Un narcissique on pourrait dire.

Luc : Oui. Une des choses que lui reproche Nicolas, il n’est pas là ce soir, tant pis, c’est qu’il a balancé les infos sans les filtrer.

Manu : C’est-à-dire que toutes les leaks qui ont été fournies à WikiLeaks n’ont pas été vérifiées pour regarder dedans s’il n’y avait pas des informations personnelles par exemple.

Luc : Voilà. Ou des informations qui pouvaient mettre des gens en danger. Il a fait sur Mastodon notamment, ce n’est pas le seul, la comparaison avec Snowden4 qui lui a fait fuiter des trucs de la NSA, qui s’est mis en cheville avec journalistes reconnus.

Manu : Oui, un groupement mondial de journalistes

Luc : Des journalistes qui s’y connaissent, qui ont pris le temps de vérifier les infos, de faire filtrer uniquement les infos qui avaient été validées et filtrées pour ne pas sortir des choses qui puissent pas mettre des gens en danger, par exemple.

Manu : Notamment des indics, des gens qui auraient aidé les autorités occidentales dans les pays en conflit.

Luc : Ce genre de choses. Voilà ! Ce genre de choses que Assange ne fait pas du tout fait. Il y a quand même pas mal de gens qui ne l’aiment pas y compris dans ceux qui devraient être ses amis, donc c’est une personnalité pas évidente et il y a une autre personne qui ne l’aime pas du tout, c’est son ancien logeur.

Manu : L’ambassadeur du Pérou [Équateur, NdT], qui eu changement de président pendant son séjour là-bas.

Luc : Effectivement. Assange a obtenu l’asile de la part du président, le président a changé, changement de majorité. Pour le nouveau président Assange c’était plutôt une épine dans le pied, on suppose qu’héberger Assange ça ne facilite pas les relations avec les États-Unis, donc ils ont pris des mesures de rétorsion, ils lui ont coupé Internet. Manifestement il a piraté le wifi et ils l’ont accusé d’avoir piraté le wifi.

Manu : Ce qui est quand même assez comique quand on considère les enjeux.

Luc : C’est ce côté un petit peu surréaliste : ils lui reprochent plein de trucs.

Manu : Ils lui reprochent de sentir mauvais.

Luc : De ne pas se laver suffisamment.

Manu : De ne pas se laver et de ne pas changer de vêtements régulièrement. D’utiliser trop d’espace alors qu’il n’avait pas beaucoup d’espace dans cette petite ambassade de l’Équateur.

Luc : Il y est resté sept ans, quelque chose comme ça.

Manu : Oui, sans pouvoir sortir. Il avait accès à un petit endroit, une petite cour, je crois, mais qui ne devait pas être énorme. Il avait un chat, mais il est accusé de ne pas bien s’être occupé du chat et même d’avoir utilisé le chat pour faire de la communication, parce que tous les jours, c’était une petite marotte, un petit truc un peu rigolo, il habillait son chat en lui mettant un petit tour de cou avec une cravate différente. Le chat était tous les jours à la fenêtre, puisqu’il ne devait pas passer beaucoup de temps ailleurs, et ça permettait aux journalistes de filmer tous les jours quelque chose d’un peu différent. Sachant qu’ils l’accusent aussi, et là pour le coup c’est plus sérieux, d’avoir essayé de hacker les élections en Équateur.

Luc : Oui. Ils l’accusent d’avoir essayé de réunir des informations compromettantes contre le président acteul.

Manu : Le nouveau président.

Luc : Le nouveau président qui évidemment ne l’avait pas à la bonne, donc Assange aurait fait des recherches pour essayer de le plomber.

Manu : Ils ne l’accusent pas lui personnellement, ils accusent l’organisation de gens qui veulent aider Assange parce que dans le monde entier il y a plein de gens qui soutiennent Julian et qui considèrent que ce qu’il fait c’est quelque chose de très positif. Je pense que globalement on est pour, on est pour le fait de révéler plein d’informations anti-corruption. Je pense que WikiLeaks est un exemple dans ce sens-là, mais qu’effectivement Julian Assange a quand même pas mal de casseroles qui sont un peu embêtantes

Luc : Pendant l’élection de Trump également il a été très actif sur la révélation des mails qui nuisaient à…

Manu : Hillary Clinton.

Luc : À Hillary Clinton. Il y a un peu cette idée qu'il a quand même une option, qu’il voulait se venger des États-Unis, etc.

Manu : Ceci dit, il est remonté aussi contre Trump et il en veut beaucoup à Trump maintenant, parce que, eh bien Trump est ce qu’il est ! Globalement il n’aime pas les dirigeants des États-Unis.

Luc : Assange est une personnalité compliquée, il y a du pour, il y a du contre. Après on peut défendre, et j’ai vu pas mal de choses qui vont dans ce sens-là, de dire que c’est peut-être un sale con mais la liberté d’expression ne devrait pas être conditionnée au fait d’être quelqu’un de sympa.

Manu : Et se battre contre les géants du monde, je veux dire les États-Unis, c’est une puissance phénoménale donc c’est quand même un combat qui vaut la peine.

Luc : Après, on peut aussi rétorquer que la liberté d’expression, si ça met la vie de gens en danger, il y a peut-être une limite à ne pas dépasser aussi. En tout cas je ne donne pas trop cher de sa peau, je pense qu’il finira aux États-Unis. Je ne vois pas qui résistera à la pression diplomatique des États-Unis pour le récupérer.

Manu : Surtout l’Angleterre, ils sont très proches. Là il a déjà fait sept ans dans une sorte de quasi-prison, même si elle était certainement dorée. Probablement qu’il va encore passer quelques années derrière les barreaux.

Luc : Donc c’est un long épisode qui se termine, on va voir ce que ça va donner, sachant qu’il y a des bruits qui disaient qu’il avait des archives spéciales, la bombe atomique sous la main, qui péterait si jamais il se faisait choper.

Manu : Je crois que Snowden aussi avait cette réputation d’avoir des données cachées.

Luc : On va voir si c’est de la pure rumeur ou si, effectivement, il y a quelque chose.

Manu : Ça peut être intéressant. Révéler des informations sur les grands de ce monde, moi je suis toujours pour !

Luc : En tout cas nous on ne quitte pas l’appartement jusqu’à la semaine prochaine, ils ne nous auront pas.

Manu : À la semaine prochaine.

Luc : Salut.

L’Open Source comme levier de souveraineté numérique - Table ronde - POSS 2018

Le 22 April 2019 à 07:11:15


copie d'écran de la vidéo

Titre : Table ronde : l’Open Source comme levier de souveraineté numérique
Intervenants : Paula Forteza - Véronique Torner - Bernard Duverneuil - Vincent Strubel - Henri Verdier - Jean-Noël de Galzain - Frédéric Simottel
Lieu : Paris Open Source Summit
Date : décembre 2018
Durée : 49 min
Visionner la table ronde
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : copie d'écran de la vidéo
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

Frédéric Simottel : On va parler maintenant de souveraineté, c’est un mot qui est très employé aujourd’hui, à l’international et même en France, on va le voir avec nos invités. Je vous remercie de les accueillir. Je vais les inviter à me rejoindre sur scène : Paula Forteza, Véronique Torner, Bernard Duverneuil, Vincent Strubel, Henri Verdier et Jean-Noël de Galzain. Vous êtes les bienvenus sur scène. On peut les applaudir. Henri va être sur le canapé ou sur le fauteuil. Voilà,on est bien tous ensemble.
Dans l’ordre d’apparition sur scène : Bernard Duverneuil qui est président du Cigref et aussi DSI [Directeur des systèmes d'information] du groupe Essilor. Bonjour Bernard, merci d’être avec nous. Véronique Torner qui est administratrice de Syntec Numérique et coprésidente d’Alter Way ; Véronique bonjour. Paula Forteza vous êtes députée, rapporteure du groupe de travail sur la démocratie numérique et les nouvelles formes de participation citoyenne à l’Assemblée nationale ; bonjour. Vous avez aussi dirigé Etalab.

Paula Forteza : Inaudible.

Frédéric Simottel : Ce n’était pas vous, c’est Henri.

Paula Forteza : J’ai travaillé à Etalab.

Frédéric Simottel : Vous avez travaillé à Etalab. N’oubliez pas de prendre les micros. Henri Verdier, ambassadeur pour le numérique et puis ancien patron, c’est encore tout récent, de la DINSIC [Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'État] et justement, on verra un peu toutes ces histoires de plateformes de l’État, vous allez comprendre tout cela avec nous. À vos côtés Jean-Noël de Galzain, vice-président du Pôle Systematic Paris-Région et CEO [Chief Executive Officer] de Wallix, bonjour Jean-Noël. Et puis à ma droite Vincent Strubel, sous-directeur expertise de l’ANSSI [Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information]. Merci à tous d’être avec nous.
Ce mot « souveraineté », je vous l’ai dit, apparaît dans beaucoup de discours. Je ne vais pas vous faire Donald Trump : « Ce qui nous protège c’est notre souveraineté, l’exercice souverain de nos forces au service du progrès. C’est cela l’indépendance des nations ». Emmanuel Macron y va aussi de son couplet là-dessus. Si on devait définir un peu cette souveraineté numérique, Paula Forteza, s’il fallait donner une définition de ce mot « souveraineté numérique ».

Paula Forteza : J’aime bien prendre le mot « souveraineté » pas en termes régaliens, mais en termes de ce qu’on peut voir dans notre Constitution. Dans notre Constitution, à l’article 3, on définit la souveraineté comme appartenant au peuple. Donc pour moi la souveraineté c’est vraiment la maîtrise par les individus eux-mêmes du numérique, de leurs outils. Je crois qu’il faut remettre le citoyen au cœur de la souveraineté et que, dans ce sens-là, l’open source a toute sa place parce que ça permet justement de maîtriser les usages, de collaborer ; ça permet plus de transparence. Déjà, à partir de la protection des données personnelles, on commence à voir cette définition de la souveraineté numérique en termes individuels avec cette idée d’autodétermination informationnelle et ça commence à pénétrer les esprits petit à petit.

Frédéric Simottel : Véronique, un mot sur la souveraineté.

Véronique Torner : Du coup, moi je vais prendre la position en tant qu’entrepreneur. Je pense que la souveraineté, pour une entreprise, c’est maîtriser sa trajectoire. Maîtriser sa trajectoire c’est porter une vision, être capable de se donner les moyens de cette vision, et également, dans les moyens, c’est de toujours avoir le choix. Nous, chez Alter Way, on a fait le choix de l’open source pour tous les atouts que représente l’open source que ce soit l’innovation, la collaboration, les domaines éthiques aussi qui sont importants à nos yeux et ça pour nous-mêmes mais également pour nos clients.

Frédéric Simottel : Bernard pour le côté entreprise, le 1 que vous représentez, 140 grandes entreprises qui débattent, qui sortent des rapports sur le numérique et notamment le dernier rapport qui a été présenté hier soir par Stéphane Rousseau autour de l’open source dans l’entreprise.

Bernard Duverneuil : Absolument. L’open source aide à l’indépendance. La souveraineté, pour nous, c’est une définition un peu ouverte, mais c’est être maître de son destin, c’est être indépendant, l’open source peut nous y aider, on y reviendra. C’est maîtriser nos choix, maîtriser les solutions qu’on acquiert dans les entreprises, être capable de les supporter, de les faire évoluer à notre guise et ne pas être dépendants de fournisseurs ou d’un écosystème beaucoup plus restrictif.

Frédéric Simottel : Vincent, vous êtes de l’ANSSI, donc quand on parle souveraineté, on va relier ça avec la cybersécurité. Vous, selon votre prisme, quelle est votre définition de la souveraineté ?

Vincent Strubel : Par définition moi j’aurais une orientation très centrée sur la sécurité et sur le volet régalien de ce qui est entendu par l’article 3 de la Constitution. Pour nous, la souveraineté c’est la capacité d’avoir les moyens de sécuriser ou d’apporter les garanties de sécurité nécessaire à l’exercice de cette souveraineté ; ça passe par la maîtrise de solutions, évidemment, et l’open source est une des voies pour faire ça.

Frédéric Simottel : Henri, autour de cette souveraineté justement, est-ce qu’on peut être innovant aujourd’hui sans passer par les GAFA et sans avoir ce côté souveraineté un peu mis à mal ?

Henri Verdier : On a déjà dit beaucoup de choses. Effectivement la souveraineté c’est être son propre souverain donc ne pas plier le genou devant un autre. Pour moi et pour beaucoup d’informaticiens ça devrait être la capacité, le maximum de capacité d’agir. Ce qui m’a souvent frappé c’est que parfois un patron de PME a une vision de souveraineté plus précise et plus spontanée que certains hauts fonctionnaires, c’est-à-dire si je suis dans une dépendance totale, si je ne peux pas ouvrir mon code, corriger un bug, comprendre si j’ai un backdoor, eh bien j’ai perdu beaucoup de degrés de liberté. Paula l’a rappelé, on a une démocratie donc celui qui est souverain c’est le peuple et la souveraineté de l’État c’est pour protéger l’autonomie du sujet, sa liberté d’information, d’action, d’entreprendre pour chaque citoyen.
Effectivement, pour en arriver à la question de l’open source, moi je crois qu’une des choses que nous devons regarder en face c’est que nous sommes entrés dans une économie plateformisée dans laquelle il est extrêmement difficile d’innover sans s’appuyer sur ces grandes plateformes et je pense que la plupart des innovateurs qui sont dans cette salle, précisément peut-être pas dans cette salle, mais en général dans l’État ou dans les entreprises, si vous faites un produit génial, probablement que vous avez signé des conditions générales d’utilisation avec Apple ou avec Google Play, probablement avec PayPal, avec Google Maps, avec Facebook Connect, et vous vous êtes installés dans une sorte de dépendance qui n’est pas toujours dramatique mais qui est une véritable dépendance. On a pu voir cet été des API [ application programming interface] dont le coût a été multiplié par 140 sur décision unilatérale.

Frédéric Simottel : Google Maps.

Henri Verdier : On vient de voir ce matin que les Anglais dévoilent des fails qui montrent que Facebook avait un certain nombre d’accords avec certains fournisseurs et pas d’autres et c’était organisé pour écouter les conversations téléphoniques, pour vous proposer des amis plus précis en regardant votre répertoire. Tout ça, si on ne le sait pas, si on ne l’opère pas, si on ne le tient pas, eh bien on est moins souverain.

Frédéric Simottel : Jean-Noël, souveraineté, soit de l'angle Systematic, soit Wallix — on a eu tout à l’heure cette vidéo Red Hat, c’est quand même l’une des grosses actualités de ces derniers jours — est-ce que ce rapprochement met à mal cette idée de souveraineté ou, au contraire, ça peut permettre d’étendre un peu plus cette culture open source ?

Jean-Noël de Galzain : Oui. Je pense que ça ne fait que montrer une étape supplémentaire où aujourd’hui l’open source rencontre un leader de l’industrie ou les leaders de l’industrie et ça montre aussi que les questions de souveraineté et d’open source ne sont peut-être pas le lien le plus évident qu’on peut faire. Je parlerais plutôt de liberté et d’open source. Pour ça je me souviens, il y a quelques années, il se trouve que quand on a lancé à l’époque l’Open World Forum qui était le prédécesseur du POSS, justement, on parlait beaucoup de logiciel libre, d’open source. Et en fait, la quintessence de l’open source c’est le logiciel libre et, au fond, le logiciel libre c’est ménager des espaces de liberté, comme l’a très bien dit Henri, dans un monde où l’IT [Information Technology] a énormément changé et de quelque chose qui touchait l’informatique de gestion c’est devenu quelque chose d’universel. Dans cet environnement numérique universel il faut préserver ces espaces de liberté qui permettent l’innovation, la disruption et qui permettent par exemple, comme l’a dit Véronique, à des entrepreneurs de changer l’ordre des choses.
En revanche, là où il ne faut pas être naïf, c’est que le monde a également beaucoup changé, c’est-à-dire que l’IT est devenu industrielle, les entreprises n’ont pas exactement les mêmes attentes qu’un développeur individuel ou qu’un groupe de développeurs qui développent soit pour eux soit pour inventer quelque chose, donc il faut sans doute travailler sur la notion de souveraineté en ce sens qu’il faut permettre de conserver ces espaces de liberté. Donc il faut défendre à tout prix le logiciel libre, l’approche du logiciel libre, au même titre que ne pas mélanger ces questions de souveraineté et de liberté.

Frédéric Simottel : Mais là, avec Red Hat IBM, l’innovation, l’infrastructure, le cloud ?

Jean-Noël de Galzain : Red Hat IBM c’est l’innovation. C’est-à-dire qu’aujourd’hui les GAFAM ont effectivement porté la bataille sur le cloud. Il y a énormément de progrès, on voit bien que l’informatique va aller dans le nuage pour une grande partie et c’est pour faire un saut quantique, on va dire, sur les technologies du cloud face à Amazon, face à Google, face aux nouveaux concurrents de l’informatique. Le monde a changé, ce n’est plus forcément les fabricants de matériel ou seulement les fabricants de logiciels, c’est une nouvelle appliance dans laquelle on retrouve l’infrastructure, le logiciel et évidemment la communauté de développeurs qui est prête à l’utiliser pour créer de nouvelles applications. Donc c’est effectivement un saut dans l’innovation et le logiciel libre restera libre, existera toujours.

Frédéric Simottel : Bernard, du côté des entreprises, on regarde comment ce type de rapprochements : les Microsoft GitHub, les Red Hat IBM ?

Vincent Strubel : Les grandes entreprises donc le Cigref mais aussi les administrations sont extrêmement vigilantes sur les rachats par ces grands du logiciel de structures qui étaient initialement extrêmement innovantes parce qu’on a pu constater, par le passé, que ces grands éditeurs avaient tendance in fine à tuer l’innovation ou, en tout cas, cette innovation-là, donc on est assez vigilants. On est inquiets sur le fait que ces grands éditeurs puissent, aujourd’hui, continuer à laisser l’innovation se développer au sein de ces structures-là. Pour l’instant on est vigilants, bien évidemment, mais il ne nous semble pas que la concentration soit facteur d’innovation.

Frédéric Simottel : Henri Verdier, souveraineté, on pense souveraineté nationale, on pense aussi souveraineté européenne, est-ce qu’il y a une contradiction dans l’univers, évidemment dans lequel nous sommes, autour de l’open source et des technologies ?

Henri Verdier : Non, pas du tout, elles s’ajoutent sans problème. Une fois qu’on ramène la souveraineté à cette idée de capacité d’agir, la France a intérêt à se doter de ses propres sécurités. Je ne sais pas si tu as prévu qu’on en parle. On a fait émerger quand même, en quelques années, France Connect pour pouvoir se dispenser de Facebook Connect, PayFiP avec la DGFiP [Direction générale des Finances publiques] pour se dispenser de PayPal, Tchap pour pouvoir avoir notre propre messagerie instantanée sur une base Matrix2-RIOT3. On a mis un certain nombre de points de liberté comme ça, on est prêt à les partager volontiers avec nos collègues. Plus on est de pays à utiliser les mêmes ressources et à mettre nos développeurs en commun plus on sera forts. On n’est pas obligé d’attendre que toute l’Europe décide d’y aller pour commencer et que, dans une philosophie authentiquement libre, on tente ensuite de faire grossir la communauté.
Ce qui me frappait, en revanche, quand j’entendais le début de la discussion c’est que, évidemment, il n’y a pas des bons et des méchants logiciels. Parfois on peut emprunter une stratégie libre qui ne sera pas une stratégie de souveraineté. Si vous n’avez aucun développeur qui maîtrise la techno ou si elle n’a pas de communauté du tout, ce n’est pas une affaire de religion, c’est vraiment une affaire de « est-ce que ma communauté de développement est puissante, diverse, bien dans ses baskets ? » La première fois que j’ai fait un geste de retour vers le Libre dans l’État c’est juste parce que chaque fois que je demandais une modification de data.gouv.fr, je perdais six semaines à avoir un bon de commande venant du fournisseur puis deux mois de développement pour un truc qu’on savait faire en deux heures. Donc à la fin j’ai à réinternalisé une équipe ; on l’a fait juste pour pouvoir faire ce qu’on voulait vite et pas cher. Je ne savais pas encore que j’allais partir vers le Libre ; c’était juste que je voulais pouvoir pivoter en 24 heures.

Frédéric Simottel : C’est ce qui dit Bernard Duverneuil : il faut maîtriser avant tout, c’est un point important. Véronique, sur ce côté européen, juste un mot, au Syntec Numérique autour des droits d’auteur, il n’y pas mal de débats aussi autour de ça.

Véronique Torner : Juste pour revenir à ce que disait Henri, je pense que ça ne suffit pas de faire le choix de l’open source pour la souveraineté. Il faut mettre en place, par ailleurs, une gouvernance. Mercredi c’était l’Open CIO Summit et il y avait un DSI qui disait qu’on pouvait également être prisonnier de l’open source. Si, à côté, on ne met pas en place une vraie stratégie pour maîtriser on peut aussi se rendre prisonnier du logiciel libre ou de l’open source. Ce n’est pas juste le choix technologique ; à côté de ça il y a une stratégie de gouvernance qui peut d’ailleurs se matérialiser en fonction de ses enjeux. On peut, à un moment donné, dire je fais le choix de maîtriser telle solution parce qu’elle est stratégique pour moi ; dans d’autres cas j’accepte, en fait, d’être dépendant parce que c’est moins stratégique.

Frédéric Simottel : On va revenir sur l’Europe. On va continuer sur ce point-là. Henri, un mot puis Vincent aussi.

Henri Verdier : Un mini-mot pour appuyer ce que tu viens de dire. Certains amis, dans cette salle, ont trouvé qu’on n’allait pas assez vers le logiciel libre ou pas assez vite. Depuis deux ans l’effort principal de la DINSIC a été d'encourager à nouveau les agents publics à contribuer dans les communautés, mais il y avait tout un raisonnement. À partir du moment où toutes les administrations et toutes les hiérarchies flippent quand un développeur va dans une communauté, en fait nous on pensait qu’on ne pouvait rien faire d’autre. Et on a commencé par attaquer ce problème-là, parce que c’est plus ça, c’est plus la gouvernance complète dans l’organisation qu’une stratégie d’achat, en fait.

Frédéric Simottel : Vincent c’est ça ? Quand on a préparé cette table ronde vous m’avez dit : « Attention, ce n’est pas parce qu’on utilise l’open source qu’on va être souverain, ce qu’il faut c’est maîtriser, bien identifier ses besoins. »

Vincent Strubel : Je me permettrais de plussoyer, si vous me permettez l’expression, sur ce qui a été dit. D’une part la souveraineté numérique ou la sécurité numérique ce n’est pas tout réécrire, tout refaire soi-même ; c’est avant tout identifier quelques points de contrôle clefs, les technologies clefs qu’on a besoin de maîtriser. Et je peux vous renvoyer là-dessus sur un travail qui a été fait en début d’année, publié en début d’année, qui est la Revue stratégique de cyberdéfense4, qui est en ligne et qui a un chapitre sur ces sujets-là avec un certain nombre d’idées, des technologies, la cryptographie évidemment, les systèmes d’exploitation et ainsi de suite. Ensuite, maîtriser une technologie ce n’est pas juste avoir une licence qui permet d’avoir une liberté d’usage. Il y a une différence entre liberté d’usage et capacité d’usage.
Du point de vue de la sécurité, nous, ce dont on a besoin, c’est de pouvoir évaluer une solution, c’est de pouvoir l’adapter potentiellement pour corriger des choses ou faire mieux des choses dont on a besoin. C’est pouvoir l’adapter dans l’urgence pour aussi corriger des failles de sécurité. Tout ça nécessite de la compétence et donc ça nécessite un investissement que l’open source permet mais qui n’est pas automatique. Un logiciel libre peut être utilisé comme un logiciel propriétaire et on n’a, au-delà de la satisfaction intellectuelle, pas grand-chose de plus, donc ça nécessite un investissement.
Un exemple concret, Henri en a cité quelques-uns moi je citerais ce qui me tient à cœur qui est CLIP OS5, qui sera très présent sur le salon aujourd’hui, système d’exploitation sécurisé, développé par l’ANSSI – ça fait 15 ans qu’on a identifié le besoin de s’impliquer sur les systèmes d’exploitation. On a adapté un Linux, on a investi lourdement dedans – enfin tout est relatif – ce sont quelques ETP [équivalent temps plein], quelques personnes qui ont travaillé dessus pendant une dizaine d’années, qu’on publie aujourd’hui et c’est une success-story. C’est-à-dire qu’avec un investissement finalement relativement maîtrisé et raisonnable on obtient des vraies garanties de sécurité qui satisfont des besoins qui n’étaient pas couverts par des choses open source ou des choses sur étagère en tout cas. On a aussi une maîtrise dans la durée qui nous permet de réagir rapidement. Si je parle aujourd’hui de CLIP OS alors qu’on n’en a pas tellement parlé au cours des années écoulées, c’est qu’on le publie aujourd’hui et qu’effectivement on mise sur la fédération des bonnes idées, la fédération des contributions. Là encore, ce n’est pas parce qu’on veut le maîtriser qu’on ne peut pas partager cette maîtrise avec d’autres acteurs, d’autres États européens, des contributeurs de la société civile, etc.
Peut-être, juste pour finir là-dessus, un point clef finalement dans la souveraineté numérique, ce n’est pas tant les licences d’usage, etc., le nerf de la guerre dans le numérique c’est la compétence. L’open source n’a de sens que si elle est assortie d’une certaine compétence, elle permet de développer cette compétence, elle permet de l’exprimer, elle permet de la partager, mais sans compétences l’open source n’est rien.

Frédéric Simottel : Ce que vous pensez aussi c’est que ce n’est pas parce qu’on a un industriel français dans ses solutions que ça y est, on est tout de suite souverain ?

Vincent Strubel : Ça dépend très largement, là encore, de la typologie des technologies. Il y a des choses où c’est très bien d’avoir des industriels français qui maîtrisent une technologie, de s’appuyer sur eux et on a vrai partenariat avec tout un tissu industriel. Il y a des choses qui sont tellement clefs pour l’État qu’il ne peut pas se permettre même d’externaliser et qu’il a besoin, dans une certaine mesure, de réinternaliser au moins la compétence. Même passer une commande à un industriel, si on n’est pas compétent pour savoir ce qu’on veut, on n’aura pas ce qu’on veut !

Frédéric Simottel : Jean-Noël.

Jean-Noël de Galzain : Effectivement, moi je crois qu’il ne faut pas confondre open source, logiciel libre et gratuité. Et il ne faut pas se dire non plus que parce qu’on va développer un CLIP OS ou une messagerie à l’intérieur de l’État avec des agents publics… Il y a une question de souveraineté ou de liberté. Le logiciel libre s’accompagne de moyens comme tout domaine dans l’innovation s’accompagne de moyens. Moi je suis éditeur de logiciels ; j’ai créé, par exemple, un éditeur de logiciels dans la sécurité. Mes développeurs travaillent dans le logiciel libre depuis le début. Le nom de ma boîte c’est Wallix, c’est wall, un mur, sous Linux. On a toujours travaillé sous Linux avec des logiciels libres, etc., et on a un modèle industriel parce que, dans la sécurité, les clients demandent… Il y a des contraintes particulières de sécurité. D’ailleurs quand l’ANSSI vient certifier, qualifier un logiciel, il n’y a pas d’histoires de logiciel libre ou pas logiciel libre : ce sont des choses extrêmement précises d’audit qui n’ont plus rien à voir avec la liberté de développer. Je crois que ce qui est important, ce qu’on voit par exemple dans le pôle Systematic, c’est qu’on voit effectivement que le logiciel libre c’est une communauté : les gens viennent travailler ensemble, développer du logiciel ensemble, développer des applications et pourquoi pas des nouvelles appliances hardware, des nouveaux objets connectés, etc. C’est ce qui va permettre à un entrepreneur qui a une idée, à un étudiant qui sort de l’école ou de l’université, de lancer sa startup sans avoir à payer une licence au départ, effectivement, en ayant des espaces de liberté pour développer et en quoi est-ce que ça a un rôle dans la souveraineté ? C’est que si on ne garde pas ces espaces de liberté pour créer nos propres outils, eh bien demain on ne fera qu’importer les outils des autres. Par exemple quand mon enfant, à l’école ou au collège, se connectera sur son environnement numérique de travail, eh bien il le fera en allant se connecter chez Google ou chez Facebook qui est aux États-Unis et, à ce moment-là, en lisant des logiciels en anglais, etc., en perdant peu à peu notre fil culturel, nos valeurs, etc., donc notre liberté d’entreprendre. Je crois que c’est hyper-important de se dire que les gens qui sont autour de nous ont besoin de ça et ensuite ils ont besoin de moyens. C’est-à-dire qu’avec ce besoin de souveraineté et autour de cette possibilité de créer des logiciels, on a besoin, un entrepreneur ou une équipe de développeurs vont avoir besoin de pouvoir lever des fonds, de pouvoir trouver des partenariats avec des utilisateurs.
Donc il y a absolument besoin et c’est une bonne nouvelle que le Cigref dise : « On va travailler avec l’open source » parce que ça ouvre tout un tas de possibilités pour des nouvelles solutions, des nouveaux produits qui viennent de l’open source. On a besoin de choses très concrètes. Donc quelque part, quand on va développer une messagerie ou un nouvel OS parce qu’on estime qu’on en a besoin en France et qu’on a un besoin souverain là-dessus, il ne faut pas hésiter à faire appel à l’industrie.

Frédéric Simottel : Un tout petit mot de Véronique et Paula je vous passe la parole.

Véronique Torner : Juste par rapport au débat. Je pense que c’est important de dire que finalement l’open source est une brique importante dans une stratégie de souveraineté. Ça ne peut pas être la seule brique ; d’ailleurs on en avait parlé ensemble : sur le rapport annuel de la Cour des comptes il a été dit, en fait, que le logiciel libre et l’open source c’était un enjeu de sécurité et de souveraineté, mais c’est un composant ; c’est une brique. Et pourquoi c’est important ? Parce que l’open source en son sein porte des valeurs de traçabilité, d’explicabilité et ça ce sont des éléments importants si on veut avoir une stratégie, à un moment donné, de maîtrise et de contrôle, en fait, du numérique.

Frédéric Simottel : Paula Forteza.

Paula Forteza : Moi je voulais revenir sur comment l’État peut participer à ces projets open source. Maintenant l’État commence à être bon à développer lui-même des produits open source : on a les entrepreneurs d’intérêts généraux, les startups d’État, qui commencent à développer eux-mêmes des produits open source, mais ils n’arrivent pas encore à participer activement dans les communautés en dehors de l’État. Je crois qu’il faut qu’on aille un peu plus loin que cet État plateforme qu’Henri avait bien théorisé il y a quelques années. L’État plateforme c’était : on met à disposition des données, des API, du code, pour que des acteurs extérieurs développent des services ou des applications. Je crois que maintenant il faut que l’État puisse participer dans ces communautés avec des compétences, avec du financement, qu’il puisse participer à la gouvernance ; en fait, c’est aussi un enjeu de souveraineté pour pouvoir proposer les alternatives aux GAFA dont on a besoin, un peu ces champions français et européens dont tout le monde parle.

Frédéric Simottel : Vous pensez qu’il faut davantage d’ouverture aujourd’hui ? On n’en a pas assez — on va en reparler avec Henri — par rapport à ce qui a été mis en place ; ouvrir encore ?

Paula Forteza : Je crois qu’on a la politique de contribution du logiciel libre où les agents peuvent commencer à contribuer, mais c’est très incipient. Je crois que maintenant il faut qu’on puisse aller investir, par exemple, sur toutes les apps qu’on retrouve sur Cloudron, des messageries, des éditeurs de texte, disons des logiciels, des services qui sont stratégiquement importants en termes de souveraineté. Si on veut faire ces champions européens, français du numérique, il ne faut pas qu’on copie Google, Facebook, etc., il faut qu’on les fasse avec nos valeurs, avec notre éthique, notre façon de faire, en logiciels libres, donc l’État doit pouvoir contribuer financièrement en termes de gouvernance. On a encore du mal. L’État a été écarté, par exemple, de la Fondation LibreOffice6 parce qu’ils avaient du mal à apporter autre chose que juste un logo et une présence institutionnelle. Donc il faut trouver les véhicules juridiques, les véhicules en termes administratifs, pour pouvoir rentrer dans ces communautés et contribuer de façon proactive.

Frédéric Simottel : On parlera tout à l’heure de participation citoyenne, c’est aussi quelque chose d’important. Vincent Srubel puis Henri reviendra.

Vincent Srubel : Juste en réaction. On ne fait sans doute pas encore assez ce genre de choses, mais on commence à le faire. CLIP OS c’est un peu ça parce que, déjà, c’est dire que quelque chose qu’on a fait pour nous peut sans doute servir à d’autres et qu’on mettra en commun les efforts. La contribution à un projet existant on le fait aussi ; j’ai exemple en tête qui est Suricata7 qui est une brique très utilisée pour la détection d’attaques et qui est, évidemment, un enjeu de sécurité et un enjeu de souveraineté important. L’ANSSI, depuis deux ans, contribue à soutenir cette technologie, ce projet open source et sur tout un éventail de vecteurs de soutiens : on contribue financièrement, quelques dizaines de milliers d’euros par an, ce n’est rien pour le budget de l’État mais c’est important pour une communauté de ce type-là ; on participe à la gouvernance, on est sponsor de l’Open Infosec Foundation qui pilote ce projet et on contribue du code. C’est en fournissant ces trois choses-là qu’on arrive à vraiment effectivement influer, soutenir un projet, ce n’est pas que de l’argent, ce n’est pas qu’un logo évidemment.

Frédéric Simottel : Un mot sur l’État et ensuite on va revenir aussi sur les entreprises, ce rôle important des entreprises pour davantage pousser l’open source. Henri.

Henri Verdier : Deux-trois choses par rapport à ce que j’ai entendu. D’abord, de plus en plus dans ma manière de raisonner je sépare les grands communs dont on a besoin dans une économie plateformisée et les services et applications. Pour moi il y a un premier truc qui va sans dire, la planète numérique s’organise maintenant sur des grandes ressources : l’information géographique, l’identité, et ou elles seront des biens communs qu’on aura construits et exploités en commun avec la puissance publique, avec les citoyens et avec le privé. Donc très concrètement, je le dis sur cette estrade, je ne pense pas que l’économie mondiale ait vocation à s’asseoir, à s’appuyer, s’adosser sur Google Maps sinon on a des problèmes ; je préfère travailler avec OpenStreetMap8 parce que là le code est libre, les données sont libres, je peux corriger, je sais comment ça marche.

Frédéric Simottel : Ils n’ont pas augmenté les tarifs tout d’un coup !

Henri Verdier : Les tarifs ne changent pas. Je peux importer. Les services de protection du président de la République peuvent calculer un itinéraire en local sans que la planète entière sache par où va passer le président de la République, ça peut être utile, etc. Donc en matière de données géographiques, d’identité, peut-être quelques autres, il y a de grandes infrastructures dont nous devons garantir qu’elles sont produites et exploitées en commun, par la planète entière si possible ; on peut commencer en France, on peut le faire en Europe.Et après il y a les services et les applications.
Puisqu’on s’est parfois taquinés dans les deux années écoulées, vu de la fenêtre du DSI, groupe de l’État que j’étais, le problème des entreprises du logiciel libre c’est quelles viennent toutes me voir souvent d’abord en disant « vu que je suis libre, tu dois bien me traiter » et souvent elles ajoutent « en plus, j’ai plein d’argent public, donc il faut acheter ma solution maintenant parce que j’ai des subventions ». Ensuite la difficulté c’est parfois dans les specs, c’est-à-dire quand on choisit une solution libre on ne choisit pas que l’expérience utilisateur. Quand on a travaillé sur la messagerie instantanée, on travaille avec Vector sur le standard Matrix-RIOT, on n’a pas tout réinventé, mais il y avait des débats : est-ce qu’on veut du cryptage bout en bout ? Est-ce qu’on veut du multi-instances ? Ce n’était pas juste l’expérience utilisateur du gars qui téléphone. Et en général, toute personne qui venait nous voir avait choisi un chemin super-original, super-sophistiqué, mais rarement comparable de l’un à l’autre. Ça aurait difficile, par exemple, de spécifier dès le début très finement.
Parfois, et c’est aussi une des raisons qui font que c’est plus facile pour nous d’aller vers le Libre, c’est qu’on vient contribuer et ça devient moins un cadre de marché public puisqu’on se met juste d’accord sur les termes de contribution à un logiciel, ce qui peut nous permettre d’aller beaucoup plus vite et d’être beaucoup plus souples dans le projet.
Mais on peut parler longuement, je voulais dire que c’est un reproche que vous me faites toujours.

Frédéric Simottel : Si vous pouvez faire plus court pour parler des entreprises aussi.

Henri Verdier : Il y a une politique industrielle pour avoir une communauté. On ne peut pas parler longuement, mais on pourrait parler longuement.

Frédéric Simottel : Non, non ! Après on pourra, à la sortie de cette table ronde.

Henri Verdier : Comment l’État devrait s’organiser pour faire naître un tissu industriel sérieux et costaud dans le Libre, c’est un sujet. Mais quoiqu’il arrive et quoiqu’on décide est-ce que le back office de l’économie sera totalement privatisé ou est-ce qu’il sera commun ? Ça c’est une question sur laquelle on devrait tous être d’accord, tout de suite et passer à la suivante.

Frédéric Simottel : Le rôle des entreprises, Bernard Duverneuil, président du Cigref, et c’est vrai, rappelons-le, dans les 140, ce sont des entreprises, des administrations, des grandes organisations publiques.

Bernard Duverneuil : Grandes entreprises et administrations, absolument.
Déjà ce qu’il faut voir c’est la tendance en termes de pénétration et l’utilisation du logiciel libre dans les entreprises ; ça a été dit, mais je pense que c’est important, ça a vraiment commencé par les couches d’infrastructure avec un certain nombre d’outils qui, maintenant, ne font plus débat, avec quelques outils aussi pour la partie devops [développement et opérations)], etc. Là on a, je pense, un certain nombre d’entreprises qui ont pris cet élan-là. Ce qui est encore assez timide c’est dans les couches applicatives et je suis assez d’accord avec Henri : il faut bien séparer les briques dont on a besoin de ces applications qui vont être construites soit à partir des packages de nos grands éditeurs, soit en custom. Mais là, le logiciel libre a un peu plus de mal à pénétrer dans les grandes entreprises. Peut-être que ça viendra progressivement.
Ce qui est nouveau, probablement pour le Cigref et les grandes entreprises, c’est la volonté de regarder aussi comment sortir des griffes des grands éditeurs.

Frédéric Simottel : Ça prend du temps !

Bernard Duverneuil : La vraie difficulté c’est être dépendant, c’est subir des hausses de tarif, c’est devoir accepter des clauses contractuelles complètement abusives de notre point de vue. Donc on a besoin d’alternatives et c’est d’ailleurs le rapport qui a été présenté hier par Stéphane Rousseau, c’est quelles sont les alternatives aux grands fournisseurs et, en particulier, la première réponse c’est le logiciel libre. Il y a d’autres alternatives avec des solutions plus petites, probablement plus européennes, voire françaises, pour assurer aussi une certaine indépendance, mais c’est d’abord le logiciel libre qui pénètre l’entreprise.

Frédéric Simottel : C’est vrai qu’en plus, pour un DSI que vous représentez, c’est un sacré challenge. J’entendais pour la NASA, basculer de Windows à Linux ça a pris six ans. À l’Open CIO Summit je crois que c’est le DSI de Météo-France qui est venu : passer d’Oracle à PostgreSQL, ça a pris trois ans. C’est un sacré risque aussi. Il faut le faire passer auprès de sa direction générale, dire : voilà on veut être plus souverain ou pas, je ne sais pas, mais on veut passer par l'open source.

Bernard Duverneuil : C’est toute la question du passage à l’échelle parce qu’il y a longtemps que sur les bases de données on a essayé les bases de données libres. Est-ce que ça passe à l’échelle en termes de volume, en termes de démultiplication dans toute l’entreprise de pouvoir se débarrasser des logiciels propriétaires ? C’est une vraie décision, un vrai risque d’une part et, d’autre part, ça va prendre du temps. Est-ce qu’on a besoin d’investir sur un changement qui n’apportera rien ou pas grand-chose au business ; ça ne va pas faire des ventes supplémentaires, ça ne va pas forcément assurer une profitabilité meilleure, donc on est obligé d’investir sur fonds propres pour, je dirais dans la durée, s’extraire de cette dépendance. Mais c’est forcément un long parcours à l’échelle d’un grand groupe.

Frédéric Simottel : Véronique, c’était ça, tu as présidé l’Open CIO Summit et c’était là le thème fort.

Véronique Torner : Oui, c’était intéressant. En fait, on se réunit maintenant depuis neuf ans, c’est intéressant : finalement l’Open CIO Summit c’est un véritable observatoire des grandes tendances de fond de ce marché de l’open source au travers du regard des DSI puisqu’on réunit exclusivement des décideurs : c’est à huis-clos donc on a des échanges assez libres où on partage, en fait, des retours d’expérience et c’est vrai qu’en neuf ans on a vu évoluer finalement les premières motivations. Il y a eu le coût, il y a eu l’innovation, il y a eu l’attractivité. Cette année c’est vrai que le maître mot c’était ce mot d’indépendance. Il y a eu Stéphane Rousseau qui nous a présenté, du coup en exclusivité, le rapport, et on voit commencer à poindre le sujet de l’éthique. Je pense que dans les prochaines années, quand on se reverra, on parlera d’éthique.
Il y avait aussi un sujet qui était intéressant à l’Open CIO Summit qui était sur le sujet de la souveraineté. On a eu Philippe Dewost qui est le patron de Leonard du groupe Vinci, qui est venu nous présenter l’open hardware. Il a expliqué comment aujourd’hui, par exemple, le sujet de souveraineté de Facebook ne se situe pas au niveau du soft, mais il se fait au niveau du hardware. C’est intéressant aussi. Je pense que dans les prochaines années au Paris Open Source Summit, on parlera beaucoup d’open hardware.

Frédéric Simottel : Juste un mot, Bernard, sur les grandes entreprises : elles sont aussi prêtes à contribuer ? Parce que le principe de l’open source c’est d’utiliser mais aussi de participer à la communauté.

Bernard Duverneuil : Progressivement je pense que oui et ça dépend de la taille des entreprises et des services systèmes d’information au sein des entreprises. Je pense que, dans la plupart des cas, il va falloir que les entreprises se mettent à contribuer. Pour l’instant toutes les entreprises ne contribuent pas.

Frédéric Simottel : Un mot.

Jean-Noël de Galzain : Pour rebondir sur ce que dit Bernard Duverneuil, c’est vrai que le rôle du DSI ce n’est pas forcément de contribuer. Le rôle du DSI c’est aussi de faire en sorte que le SI de son entreprise fonctionne bien et que son business soit de plus en plus bénéficiaire, on va dire, de la digitalisation.
En revanche, les entreprises contribuent, on le voit dans les pôles de compétitivité. Les pôles de compétitivité sont des plateformes de contribution des grandes entreprises, des petites entreprises, des startups, des académiques, pour créer du logiciel, pour créer du hardware, pour créer de l’innovation.On fait de la contribution. On est entré dans un monde où le standard de l’innovation a beaucoup évolué, on est dans l’open innovation aujourd’hui, on est dans l’innovation collaborative, donc naturellement il y a des contributeurs. Après, disons que la notion de plateforme, le coût d’entrée par exemple sur le marché des logiciels, des applications ou autres est plus élevé qu’avant ; il faut être capable d’avoir ses plateformes qui vont permettre de créer des nouveaux systèmes, des nouvelles applications, etc., et c’est là où on peut débattre sur le fait qu’il faille que l’État internalise ou non. Là on a parlé d’infrastructure autour du cloud, c’est un des grands succès. L’open source va très vite, le logiciel libre va très vite ce qui fait qu’il s’est imposé maintenant dans le paysage de ceux qui veulent cloudiser ou enabler sur le cloud, réussir sur le cloud, comme le standard de développement, le seul à aller suffisamment vite, finalement, pour imprimer un rythme différent à l’innovation dans ces plateformes.
Maintenant, je suis aussi persuadé que si on ne veut pas reproduire, par exemple, ce qui s’est passé avec le cloud souverain il y a quelques années, il ne faut pas partir du principe qu’on internalise ou on met le paquet sur un ou deux acteurs. Non ! Il faut rester ouvert et il faut sans arrêt un dialogue entre l’État, l’industrie, les utilisateurs, les académies qui sont très en avance au niveau recherche et que tout ce monde, ensemble, travaille à l’innovation collaborative. Et je pense que grâce au logiciel libre on peut tout à fait demain avoir un Google plus éthique ou un Facebook plus éthique, plus conforme en tous les cas à l’idée que nous on se fait de l’éthique et qu’on a la possibilité de le développer. Par exemple dans l’automobile une voiture électrique pollue moins qu’une voiture normale, mais dans le fond ça reste une voiture, il y a des questions de vitesse, de direction, de sécurité, etc.

Frédéric Simottel : De recyclage.

Jean-Noël de Galzain : De recyclage, etc. Voilà. On peut se poser la question dans le numérique, est-ce que ce n’est pas important de se dire que, finalement, le respect des données personnelles ou la souveraineté c’est un élément indissociable des solutions qu’on va utiliser demain ? Et effectivement, il y aura peut-être un problème éthique et de souveraineté dans ce qu’on utilise dans le numérique. Moi je crois beaucoup au privacy by design par exemple, c’est-à-dire au fait que la donnée personnelle devienne l’un des éléments standards dans le numérique qu’on consomme.

Frédéric Simottel : Paula Forteza vous êtes avec nous aujourd’hui pour parler surtout de participation citoyenne. Là aussi, l’open source a un rôle à jouer dans ce domaine.

Paula Forteza : Là aussi. C’est plus clef que dans d’autres domaines, parce que quand on parle de participation, de civic tech par exemple, si on n’utilise pas le logiciel libre on n’a pas de possibilité d’avoir de la transparence, de l’auditabilité, de comprendre comment les algorithmes fonctionnent et on ne pourrait pas imaginer, par exemple dans des élections présidentielles, législatives, présentielles, de ne pas pouvoir avoir un contrôle citoyen de la procédure démocratique, disons ; donc c’est un domaine dans lequel le logiciel libre est clef. Ce qu’on voit par exemple aujourd’hui avec la mobilisation des gilets jaunes, où est-ce qu’ils s’expriment ? Ils s’expriment sur change.org, une plateforme qui n’est pas ouverte, ils s’expriment sur les réseaux sociaux, Facebook, et on sait à quel point disons la participation politique, démocratique, dans les réseaux sociaux peut poser problème.

Frédéric Simottel : D’ailleurs je trouve qu’on parle beaucoup des faux-comptes aux États-Unis et on ne parle pas beaucoup des faux-comptes en France. On devrait s’y pencher davantage, c’est vrai.

Paula Forteza : Disons qu’il y a une dynamique interne qui met en avant les fake news ou les contenus les plus polémiques parce qu’on est en train de chercher à maximiser le temps d’attention des gens, parce qu’il y a derrière une logique de vouloir vendre de la publicité, etc., donc ce n’est pas sur les réseaux sociaux qu’on va trouver les propos les plus documentés, les plus raisonnés, argumentés, etc. Donc on a eu plusieurs initiatives pour mettre en place des plateformes de consultation en logiciel libre. Par exemple on a utilisé à l’Assemblée nationale DemocracyOS9 dont une des contributrices est ici, Pia Mancini. Il y a d’autres projets, par exemple la mairie de Paris qui fait des budgets participatifs en utilisant aussi du logiciel libre et ce n’est pas que le logiciel libre qui est important c’est aussi l’open data. On s’est rendu compte par exemple en lançant notre première consultation qui était sur « quels pourraient être des mécanismes de contribution des citoyens à l’élaboration de la loi ? » que change.org avait proposé de mettre en place un mécanisme de pétition citoyenne. Leur proposition avait eu plus de 500 % de votes en plus que le reste des contributions. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient utilisé leur mailing list pour demander à tous leurs utilisateurs d’aller voter sur la plateforme. Et ça, on a pu l’identifier parce qu’on avait les données en open data, parce qu’on a pu voir à travers les analytics qu’en une journée, après l’envoi de leurs mails, les propositions avaient remonté. Donc ça permet d’avoir vraiment une vue d’ensemble.
Je crois que, pour revenir sur la question des gilets jaunes, c’est non seulement une crise sur le fond mais aussi une crise institutionnelle. Je crois que cette colère s’exprime parce que nous n’avons pas assez de canaux institutionnels à travers lesquels les citoyens peuvent s’exprimer et dialoguer directement avec les responsables politiques. J’œuvre par exemple en ce moment pour que, dans le prochain examen du projet constitutionnel, on puisse mettre en œuvre des droits de pétition directement aux assemblées pour que cette relation de confiance puisse s’établir, se mettre en œuvre.

Frédéric Simottel : On le voit même à travers le vote électronique qui, techniquement, est quand même quelque chose qu’on devrait pouvoir mettre en place progressivement. Henri, tu en as parlé très rapidement tout à l’heure, il y a plusieurs projets, programmes qui existent, FranceConnect10, il y a des choses qui existent et qui fonctionnent.

Henri Verdier : Oui, mais je reste un instant sur ce qui vient d’être dit. Moi, par exemple, je ne vois pas l’intérêt du vote électronique. Je pense que la République a mis deux siècles pour inventer des procédures de vote qui permettent à chacun de vérifier par lui-même la sincérité du scrutin sans se fier à dires d’experts, que ça fait partie de la paix civile, ça fait partie du rituel républicain et qu’il ne faut pas se dire juste : ah c’est moderne, on est sur des ordinateurs ! Si ça marche bien en physique il faut rester en physique. Évidemment dans la circonscription de Paula, les Français de l’étranger, quand on arrive à des seuils de participation de 5-6 %, là il y a un problème et il faut peut-être explorer des chemins numériques, mais il faut se demander si c’est un progrès. J’insiste parce que ce dont vient de parler Paula, c’est aussi que pour beaucoup d’actes démocratiques éminents, on a mis des siècles à inventer des procédures sophistiquées pour que la démocratie s’exprime, pensez aussi à la justice pénale avec le jury citoyen, l’avocat, le procureur, le secret des délibérations et il ne suffit pas de dire « ça y est j’ai une machine ! » Là on aura besoin de la culture du Libre, mais presque plus de son ADN politique pour penser une civilisation numérique respectueuse de la transparence, de la constatation, de la contribution, de l’équité, etc.

Effectivement nous, mais finalement je l’avais disséminé dans le propos ce matin, un des agendas qu’on a porté à la DINSIC c’était de se dire on peut avoir des points de souveraineté, il y a des choses qu’on veut opérer nous-mêmes et finalement, au bout de quelques années, effectivement grâce à un bon travail avec OpenStreetMap, avec aussi l’IGN et la Poste, la base des adresses géolocalisées est disponible en open data et on peut asseoir maintenant des systèmes industriels sérieux sur des informations ne venant pas d’une plateforme privée. On peut se loguer avec FranceConnect sur des services publics et j’ai signé, il y a quelques semaines, l’arrêté qui va étendre progressivement le droit d’usage de FranceConnect au privé. Il y a déjà 8 millions de Français qui s’en servent au moins une fois par semaine, donc on peut se loguer dans une sécurité, non traçabilité, réversibilité. La CNIL nous a pourris pendant deux ans, donc il y a toutes les sécurités que souhaitait la CNIL dans le bouton FranceConnect. On a travaillé, avec d’ailleurs une startup franco-anglaise, pour avoir une messagerie instantanée dont l’ANSSI dit que c’est la plus secure qu’elle ait vue.

Frédéric Simottel : C’est Tchap ?

Henri Verdier : Oui. Pour info, d’ailleurs, c’est intéressant : l’ANSSI nous a fait enlever les deux tiers des lignes de code qui ne servaient à rien mais qui créaient des synchronisations à droite, à gauche. Un des défauts, parfois, des développeurs libres c’est qu’ils copient-collent des fonctions : ils prennent une brique d’enrôlement, un truc, un machin et on a parfois beaucoup de mauvaise graisse dans un logiciel libre.
Donc on a Tchap, on a FranceConnect, on a la base adresses ; la DGFiP a fait se déployer progressivement un système de micropaiement en ligne qu’elle appelle PayFiP, suivez mon regard, et c’est intéressant, je crois, de se dire qu’on a pu construire, comme, ça des points de souveraineté-sécurité. Et après, conformément à la philosophie de l’État plateforme, on va partager largement le code, si tout se passe comme prévu dans les quelques mois qui viennent. Chacun pourra implémenter Tchap ou opérer une instance de Tchap.

Frédéric Simottel : Juste un mot Vincent.

Vincent Strubel : Juste signaler, quand même, une convergence entre ces intérêts de souveraineté, de contrôle d’un certain nombre de points, de transparence évidemment, qui répondent à des attentes des citoyens, mais aussi un enjeu de contrôle qualité ou d’amélioration de la qualité de ce que fait l’État. Se lancer dans une démarche open source quand on est État c’est reconnaître qu’on n’est pas infaillible et qu’on va se soumettre à des critiques. Je tiens à partager l’expérience, parfois douloureuse, que ça peut être ensuite de vouloir reverser dans des logiciels libres existants des choses qu’on a développées, intégrer dans le noyau Linux des développements de l’ANSSI, à plus forte raison quand on vient en se présentant comme une agence de sécurité gouvernementale.

Frédéric Simottel : Il faut faire attention.

Vincent Strubel : Je me demande pourquoi ça les titille, même si toutes les agences ne se valent pas, mais on apprend énormément et on se met dans une position qui n’est pas classique pour l’État qui est de se dire : je me soumets au jugement d’un autre sur mes réalisations techniques. On le fait avec Tchap, on le fait avec CLIP OS, on le fait avec tous ces nouveaux projets. C’est aussi une dimension qui est vraiment nouvelle pour nous et qui va dans le bon sens.

Frédéric Simottel : Véronique et Bernard, l’open source est aussi un facteur d’innovation, un facteur d’attractivité des talents, il faut le souligner de façon assez forte, et ça permet aussi d’avoir ce caractère de souveraineté.

Véronique Torner : Du coup, je pense qu’il y a un sujet important autour de la formation. Beaucoup de travaux ont été menés ces dernières années, l’État s’est notamment rendu exemplaire sur un certain nombre de sujets et aujourd’hui je pense qu’il faut soutenir toute la filière éducative pour qu’elle forme des ingénieurs qui soient sensibilisés à cette culture de l’open source. Vous le disiez en introduction : l’enquête qui a été menée par le Conseil national du logiciel libre, Systematic et Syntec numérique montre qu’il y avait plus de 70 % des étudiants qui disaient qu’ils n’avaient pas été sensibilisés à ce sujet de l’open source. C’est un vrai paradoxe puisque le Cigref remonte que c’est un sujet d’attractivité ; il y a énormément de postes ouverts aujourd’hui dans cette industrie. Je crois qu’il a été dit, dans la dernière enquête, qu’il y avait 8000 postes qui étaient ouverts ; ça représente aujourd’hui 60 000 salariés. On manque d’ingénieurs globalement, ça c’est une réalité je dirais au niveau européen, au niveau français, et on manque beaucoup d’ingénieurs formés à l’open source alors que c‘est la demande pour les années à venir. C’est un vrai sujet. Moi je suis entrepreneur, je pense qu’on ne demande pas à l’État, en fait, de nous aider à faire notre travail. Par contre, on demande à ce que l’État, à ce que l’Europe, nous créent un cadre qui soit propice à notre développement. Et ça, eh bien je pense qu’il y a des sujets à faire autour du monde éducatif.

Frédéric Simottel : Bernard vous l’avez dit. Donc facteur d’indépendance on l’a dit, mieux maîtriser ses développements, on l’a dit, et derrière c’est ça, facteur d’attractivité, facteur d’innovation aussi pour vous, pour les entreprises ?

Bernard Duverneuil : D’innovation, mais d’attractivité des talents. Le Cigref l’a constaté, ce qui a été une bonne surprise pour nous, c’est-à-dire que finalement le logiciel libre dans l’entreprise permet d’attirer des vrais talents et finalement beaucoup plus facilement que sur des technologies anciennes ou des technologies relativement classiques. Donc c’est un point positif.
Je voulais également revenir sur cette notion de risque et de souveraineté vis-à-vis des grands acteurs. On parlait des GAFAM, mais on peut aussi les voir de deux manières : d’une part parce que ce sont des fournisseurs ou des partenaires, et c’est vrai qu’il faut bien réfléchir à comment s’engager vis-à-vis de ces gens-là, comment on va être dépendants dans notre système d’information des briques qu’on intègre ; sur la durée ça peut éventuellement nous poser des difficultés. Mais les grands groupes se posent aussi la question de la compétition vis-à-vis de ces grands acteurs, parce que le numérique étant aujourd’hui partout, la rupture dans les business modèles existe et je ne connais pas de grand groupe aujourd’hui qui n’ait pas un concurrent parmi les GAFAM. Il faut le voir aussi sous cet angle-là. On parle beaucoup de souveraineté par rapport à ces acteurs américains, mais je voudrais aussi signaler que les acteurs chinois sont tout à fait là et qu’ils sont tout aussi puissants. Je pense que dans les années prochaines on parlera beaucoup d’éthique et on en parle avec le Syntec Numérique, ensemble, Cigref et Syntec. En revanche, on va aussi beaucoup parler des acteurs chinois et il faut se poser la question de souveraineté.

Frédéric Simottel : Il y avait une grande conférence à AWS donc Amazon Web Services à Las Vegas ces derniers jours et ils ont clairement dit : « En Europe, leur principal concurrent ça va être Alibaba Cloud » ; ils le disent très ouvertement.
Un tout dernier mot Jean-Noël pour rester dans le timing.

Jean-Noël de Galzain : C’est vrai par exemple qu’Eric Schmidt, ancien patron de Google, dit : « Aujourd’hui ce qu’on peut craindre c’est que le monde se scinde en deux avec un Internet chinois et un Internet, de l’autre côté, porté par les Américains ».

Henri Verdier : Lui en voulait un seul.

Jean-Noël de Galzain : Lui en voulait certainement un seul ! Je pense que ce qu’on peut dire aujourd’hui en visitant ces allées, etc., ce qui est intéressant c’est qu’il existe probablement et il existe, en fait, un Internet ou en tout cas toutes les bases, toutes les compétences et un certain nombre de gens qui sont prêts à montrer qu’il existe aussi un Internet universel qui vient de l’Europe et moi, ça me rappelle que la Déclaration universelle des droits de l’homme est venue de l’Europe, est venue notamment de la France, et elle a fait en sorte que la République et la démocratie moderne se soient inspirées de ça. Peut-être qu’on va aller vers un numérique universel grâce au logiciel libre, en tous les cas c’est ce que j’espère, et aux entrepreneurs.

Frédéric Simottel : Et un numérique éthique dont on parlera ; on va le mettre dans les thématiques pour l’an prochain. Merci à tous les six on peut les applaudir. Merci à vous.

[Applaudissements]

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Internet gratuit : C’est vraiment possible ?

Le 22 April 2019 à 04:35:15

Internet est devenu un indispensable, que cela soit dans votre vie personnelle ou dans votre vie professionnelle, mais internet a un coût, et la multiplication des divers abonnements commence à peser cher sur notre budget.

Partant de là, beaucoup essaient de faire quelques menues économies en essayant d’obtenir des prix sur certains services comme nous l’avions vu avec Netflix, ou bien, carrément, en évitant de les payer.

Mais il y a aussi des moyens légaux de pouvoir se procurer une connexion Internet, tout n’est pas noir ! Faisons donc ensemble un tour de ces différentes méthodes.

Les trucs plus ou moins bidons

En écrivant cet article, je suis tombé sur certains sites qui promettent une connexion gratuite en passant par leur service. Bon, déjà, premier truc un peu étrange, il faut déjà avoir une connexion, puisque le service est en ligne. Je n’ai pas testé, mais je me demande bien de quel business model il peut s’agir si le service est gratuit. Est-ce que vous aurez des pubs durant votre surf ? Est-ce que vos informations personnelles seront revendues ?

Très honnêtement, essayez si le cœur vous en dit, mais je ne fais pas confiance à ce genre d’offres bizarres.

Si vous utilisez actuellement ce genre de connexion ou que vous comptez en tester une, je vous invite à nous dire ce que vous en pensez en commentaires. Ça m’intéresse !

Le partage

Les différents opérateurs internet, permettent aujourd’hui de créer avec votre box un point d’accès gratuit. L’accès à ce réseau wifi est ensuite possible grâce à un code et un mot de passe. En échange de cette mise à disposition d’une partie de votre bande passante, vous aurez accès aux box des autres usagers qui ont eux aussi fait ce choix.

Cela signifie, que si vous avez ouvert votre box aux connections gratuites des autres usagers, si vous partez en vacances à l’autre bout de la France, et que l’une des box (ouvertes elle aussi) de cet opérateur est à portée, alors vous pourrez vous y connecter.

Bien entendu, il faut avoir un certain esprit de partage pour apprécier cette méthode, mais elle a le mérite de vous garantir une connexion wifi sur toute la France. Du moins, une connexion partout où vous serez en zone résidentielle, et qu’une box du même opérateur est à portée de votre ordinateur portable ou de votre smartphone.

Mais alors vous allez me dire que tout ceci c’est très bien, mais que à la base de cette méthode, il faut avoir internet ! Oui, c’est vrai : Pour ouvrir sa box, il faut avoir une box.

Mais ce n’est pas vrai si on veut juste se connecter à l’un de ces réseaux. En réalité, il faut juste avoir accès aux bons codes ! Si vous connaissez quelqu’un qui a ouvert sa connexion chez lui, et que vous (étudiant par exemple), n’avez pas les moyens de vous payer un abonnement Internet. Il suffit alors de demander les codes de votre ami pour pouvoir utiliser le wifi du voisin. C’est donc une manière totalement gratuite de vous procurer une connexion !

On pourrait dire, « Oui, mais il faut à la base connaitre quelqu’un d’assez sympa pour partager ces fameux codes ». Et bien, en fait pas forcément. Certains forums sont créés spécialement pour ce genre d’échange, il suffit de s’inscrire, d’être un peu sympa, et parfois de se présenter, et d’expliquer pourquoi on a besoin d’une connexion et pourquoi on ne possède pas la sienne, pour qu’une âme charitable vous donne les codes d’un opérateur auquel vous pourrez vous connecter.

Et si cela est encore trop compliqué, il existe même des applications pour smartphone qui vous permettent, en fonction de votre localisation géographique, de récupérer des codes de box accessibles. Alors, bien entendu là c’est bien plus aléatoire car les codes ne sont pas très bien tenus à jour, mais ça peut valoir le coup d’essayer, si vraiment c’est votre dernier espoir de retrouver une connexion.

Vous vous en rendrez rapidement compte si vous devez passer par ce système, c’est assez hasardeux au niveau de la qualité de la connexion. Et c’est tout à fait normal car vous vous connecterez à la box de laquelle vous aurez les codes. Si votre voisin est chez orange et que vous captez très bien son réseau Wifi, peut être que de votre côté, vous n’aurez que des codes Free (par exemple). Et si la seule box Free est derrière 3 ou 4 murs porteurs… Ça pourrait peut-être suffire pour relever vos emails, (priez pour qu’il n’y ait pas trop de pièces jointes), ou pour faire une ou deux petites recherches, mais guère plus. Il s’agit donc d’une méthode, qui peut servir pour dépanner, mais cela ne saurait être une méthode pérenne si vous devez utiliser utiliser internet tous les jours…

Les Wifi ouverts

Vous les connaissez, ce sont les Wifi qui équipent les Hôtels, les aéroports, les fast-food, les lieux touristiques…

Et tout de suite, vous comprenez que c’est un moyen pratique et assez efficace d’obtenir une connexion, mais que cela ne peut être qu’une méthode temporaire et liée au lieu auquel vous vous trouvez. En effet, à moins d’habiter au-dessus d’un Mac Do, dans un musée ou bien à côté de l’office du tourisme d’une grande ville, cette connexion ne vous permet pas d’avoir Internet gratuitement, du moins pas toute la journée.

De plus, rappelons-le, les wifi ouverts présentent un risque important au niveau de la cyber-sécurité. En effet, ces wifi peuvent être le repère de personnes mal intentionnées qui ont fait du vol d’informations sensibles un réel métier.

Pour profiter de ce genre de connexion de manière un peu plus prolongée (le temps de vos vacances par exemple) j’ai déjà vu des personnes utiliser une antenne WiFi sur leurs balcon/caravane. Cela leurs permet de capter convenablement le signal du MacDo/Hotel le plus proche pour garder une connexion stable pendant quelques jours/semaines. Si cette technique vous intéresse laissez le moi savoir dans les commentaires et je vous expliquerais comment procéder !

La 4G

STOP ! Quel est le rapport ? Et bien, il y en a pourtant bien un ! Nos forfaits de smartphone ont fortement évolué depuis les dernières années et aujourd’hui les volumes de data disponibles dans les offres sont devenus très confortable. Et le prix de votre forfait ne changera pas, que vous utilisiez cette enveloppe de données ou non.

C’est là qu’intervient le partage de connexion de votre smartphone. Avec cette option, vous pouvez, à partir de votre téléphone créer votre propre « hotspot wifi ». Bien entendu, comme vous payez votre abonnement téléphonique, il est difficile de qualifier ce wifi de gratuit. Mais, comme dit, si vous ne vous en servez pas, le prix de votre forfait ne diminuera pas pour autant, donc dans un autre sens…

Là aussi, cette technique comporte quelques limites. Par exemple, vous ne pourrez pas profiter d’un internet illimité en terme de transfert de données. Vous serez limité à l’enveloppe de votre forfait, moins ce que vous utilisez déjà généralement avec votre téléphone. Il existe aujourd’hui des forfaits vraiment illimités en 4G, mais ils sont encore un peu cher et disponible chez un nombre limité d’opérateurs. Ce n’est donc pas une méthode efficace si vous souhaitez télécharger de lourds fichiers très fréquemment ou regarder des vidéos en streaming tous les soirs.

Par contre, si le but est de pouvoir surfer normalement, pour travailler, faire des recherches, envoyer des emails… Alors c’est une méthode tout à fait viable pour ne pas payer d’abonnement Internet. Enfin, pour ne pas payer d’abonnement fixe à Internet, puisque dans ce cas vous payez déjà un abonnement Internet via votre forfait de téléphone.

Le piratage de la borne la plus proche

Ceci est plus un petit « disclaimer » qu’une réelle façon de faire. C’est une technique qui se voit de moins en moins et pour cause. Premièrement elle est bien entendu illégale, et deuxièmement c’est devenu bien plus difficile qu’autrefois.

Du temps où les box étaient protégées par des clés WEP, il n’y avait rien de plus simple. Il suffisait de télécharger une distribution Linux spécialisée dans ce genre de « Hack », de changer son adresse MAC grâce à un petit logiciel de « Spoofing », pour prendre celle d’une « Station » déjà connectée à la box (un appareil légitime connecté à la box), puis de récupérer les communications entre la box et votre appareil. Une fois que l’on avait assez de ces données, il suffisait de lancer un calcul qui durait environ une heure et on obtenait au final la clé de sécurité de la box !

Cette technique a été énormément utilisée pour accéder gratuitement à un réseau wifi. Depuis, les protocoles de chiffrement des clés ont changé, et même si cette technique est théoriquement toujours possible, personne n’a envie de faire tourner un an son ordinateur pour déchiffrer la clé…

Si toutefois l’envie vous prenait de tout de même tenter ce genre de chose, par exemple si votre voisin possède toujours une clé WEP, dites-vous bien que vous risquez de gros ennuis pour pas grand-chose. Si vous êtes étudiant, ou de passage, pourquoi ne pas plutôt aller frapper à la porte de votre voisin, lui expliquer la situation, et lui proposer une petite contribution financière en échange de sa clé réseau ?

Du coup, ça existe Internet gratuit au sens où on l’entend ?

Car mettons-nous d’accord, ceux qui se posent cette question parlent généralement d’un internet gratuit « comme à la maison », c’est-à-dire avec un débit permettant une utilisation correcte et disponible tout le temps.

En réalité, les seules méthodes fiables vont donc être soit l’utilisation de votre téléphone en point d’accès, donc pas vraiment gratuit, soit l’utilisation de codes de connexion dans le cadre du partage de box offert par votre FAI. Et là, il faut avoir la chance : déjà de trouver des codes, mais aussi d’être à proximité d’une box du bon opérateur.

Bien entendu, il y a des cas particuliers, comme celui d’habiter au-dessus d’un fast food ou à proximité immédiate d’un hot spot. Mais en règle générale, nous pouvons répondre à la question posée par le titre de cet article, par NON.

Non, en France, actuellement, il n’est pas possible d’avoir accès à une connexion wifi gratuite et pérenne.

C’est-à-dire qu’il n’existe pas de moyen qui sans bourse délier, vous permettent, de bénéficier d’une connexion wifi, à l’endroit où vous le souhaitez, 24 heures sur 24, et en ayant la garantie que cela fonctionnera encore demain.

  • L’endroit que l’on souhaite : vous ne pourrez avoir du wifi, qu’à proximité d’une borne wifi, exit donc les hot spot de restaurants, d’aéroports, de musée…
  • 24 heures sur 24 : Ces hot spots peuvent être éteints la nuit, ou bien alors, vous n’en êtes pas à proximité durant certains moments de la journée.
  • Avec une garantie de fonctionnement : même si vous utilisez des codes FreeWifi (par exemple) pour vous connecter à la borne du voisin, rien ne vous garantit que ces codes ne changeront pas, ou bien que le dit voisin ne décidera pas du jour au lendemain d’arrêter de partager sa connexion.

Ailleurs dans le monde des initiatives sont montées afin d’équiper certaines villes de wifi gratuits. A ma connaissance cela n’existe pas encore en France à l’échelle d’une ville entière. Mais là aussi il y a certaines limites, et certaines choses ne seront pas possibles. Des quotas peuvent être mis en place, et certains ports peuvent être bloqués. Par exemple, il peut être impossible de se connecter à un VPN, ou de consulter certains sites. Là encore, ce n’est donc pas un Internet comme on pourrait l’avoir à la maison en payant un abonnement.

Je sais qu’il y a quelques années, des entreprises proposaient des cartes SIM avec de la data gratuite en échange du visionnage de publicités. Je ne sais pas si ce genre d’offres existe toujours, mais quoi qu’il en soit, cela était dépendant d’un travail en échange de cette data, donc cela ne rentre pas non plus dans la définition que nous avons donné de l’Internet gratuit que nous recherchons.

Il est évident qu’à l’exception de certaines initiatives associatives, il est difficilement concevable qu’un quelconque acteur décide un jour de proposer gratuitement un accès à Internet non conditionné et gratuit. En effet, quels seraient alors les revenus du dit acteur ?

Sauf si ?

De nos jour, les offres de services gratuits sur internet se multiplient tous les jours. DNS, VPN, Anti-Virus… Tous ces services qui à l’époque coûtaient cher aux professionnels sont aujourd’hui accessibles à des particuliers gratuitement… Les fournisseurs de ce type de service font en fait leurs marge sur les informations qu’ils récupèrent sur les utilisateurs. Ces informations personnelles sont le nouveau nerf de guerre de la communication sur internet en permettant de créer des publicités ciblées super-optimisées et directement adaptées à la cible. On pourrait très bien imaginer un fournisseur d’accès à internet qui en échange d’un accès gratuit à internet récupérerait des informations sur ses utilisateurs pour les revendre à des régies publicitaires.

Pas sûr en revanche que qui que ce soit ait envie d’utiliser un tel service avec les débats sur la protection de la vie privée qui se déroulent en ce moment !

Tenez-vous donc loin des différentes offres qui vous promettent une connexion gratuite, il y a forcément une contrepartie, car il faut bien que l’entreprise qui propose ce service paie ses installations et ses charges.

Il resterait donc la possibilité d’un wifi subventionné par l’état, par exemple dans le cadre du libre accès à l’information, mais dans ce cas qu’adviendrait-il des fournisseurs d’accès commerciaux actuels ?

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21 April 2019

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Recherche internet : Apprenez à utiliser Google comme un pro !

Le 21 April 2019 à 05:37:40

Quoi que l’on pense de Google et de sa politique vis-à-vis de l’utilisation de nos données personnelles, il y a quelque chose qu’on ne peut pas lui enlever, c’est la popularité de son moteur de recherche, du moins dans nos contrées.

Le moteur de recherche est tellement utilisé, que des expressions, comme « Google est ton ami », utilisées pour indiquer à quelqu’un que s’il fait la recherche il trouvera la réponse à sa question, ont vu le jour. Nous avons même vu apparaître dans le langage courant le verbe « Googler » qui signifie tout simplement faire une recherche sur Internet.

Alors oui, Google cherche bien, oui Google est très puissant, et oui Google possède une position stratégique sur le marché.

Le problème, est que le volume de résultats de recherche peut parfois être si important que vous risquez de vous y perdre. Qui aurait envie de chercher parmi des centaines de pages de résultats celui qui l’intéresse ?

C’est là que peuvent intervenir les opérateurs de recherche de Google. Petit problème, ils sont très mal connu et personne ne sait s’en servir. Nous allons donc essayer de faire un petit tour d’horizon des opérateurs qui pourraient avoir un intérêt pour vous.

C’est quoi un opérateur de recherche ?

Un opérateur de recherche est un petit mot, réservé par Google, qui ne sera pas inclut dans votre recherche. C’est un mot qui sera interprété par le moteur de recherche comme une commande et non pas comme un terme de la recherche.

Pour que cela soit plus clair, prenons un exemple en présentant le premier opérateur, « site : ». Imaginons, que vous cherchiez la page Wikipedia du pays France. Certains vont simplement entrer « France » dans le moteur, puis chercher le résultat souhaité. D’autres, vont écrire France wikipédia, là, le résultat escompté devrait se trouver plus haut dans la liste de pages retournée, mais le moteur cherche en réalité toutes les pages ou les mots « wikipédia » et « France » apparaisse, ce qui fait encore des milliers de résultats.

En entrant votre recherche sous cette forme : « France site :wikipedia.fr », le moteur ne cherchera le mot France que sur le site « Wikipedia.fr », votre recherche est bien plus précise.

Voyez plutôt l’image suivante :

 

Nous sommes passé de 6 milliards de résultats à 25 000 en utilisant un opérateur de recherche. Et des opérateurs de recherche il en existe beaucoup. Chacun permettant d’affiner sa recherche suivant certains critères.

Les opérateurs basiques

Je vais commencer en vous présentant quelques opérateurs qui sont simples à retenir et qui sont très utiles dans la vie de tous les jours.

Opérateur guillemets («»)

Cet opérateur permet de rechercher les termes exacts que vous allez entrer. Les termes situés entre les guillemets.

C’est-à-dire, par exemple, que si vous entrez dans Google PIB France 2018, certes les premiers résultats devraient vous fournir ce que vous recherchez, mais, aussi beaucoup d’autres choses que vous ne recherchez pas, car le moteur vous renverra les pages ou ces trois termes apparaissent. Donc il est possible, par exemple que vous tombiez sur une page datant de 2016 et donnant les pronostics du PIB français pour les années 2017 et 2018.

En entrant PIB France 2018, on obtient 10 millions de résultats. En entrant maintenant « PIB France 2018 », on en obtient 11 000.

L’opérateur OR

Cet opérateur, va faire en sorte que les pages renvoyées comportent au moins l’un des mots de votre recherche. Par exemple, si l’on cherche France PIB OR PNB OR Produit intérieur brut, seules les pages comprenant le mot PIB ou PNB ou Produit intérieur brut seront renvoyées.

L’opérateur moins (-)

Cet opérateur va exclure les termes situés après le ou les signes moins (-). Il permet donc de pouvoir discriminer votre recherche suivant un autre mot clé, ou une source par exemple. Par exemple, si l’on cherche France PIB, nous obtiendrons 20 000 résultats, mais si nous entrons France PIB –PNB, nous n’obtenons plus que 14 000 résultats. Toutes les pages qui contenaient le mot PNB ne sont plus incluses dans les résultats renvoyés.

L’opérateur *

L’opérateur * est ce que l’on appelle un caractère joker. Ce qui veut dire qu’il peut être utilisé pour remplacer un mot que vous ne connaissez pas dans une recherche. Par exemple, en entrant * publie le PIB de la France, vous trouverez très rapidement que c’est l’INSEE qui publie le PIB Français.

L’opérateur site :

Nous en avons parlé en début d’article, cet opérateur permet de ne renvoyer que les pages trouvées dans un certain site. Par exemple, si vous tapez PIB France 2018 site:insee.fr vous n’obtiendrez que les résultats provenant du site de l’INSEE, soit environ 2500 résultats. Alors que si vous faites la même recherche sans cet opérateur, le moteur de recherche vous renverra 11 millions de résultats.

L’opérateur #..#

Il permet de n’afficher que les résultats compris dans une période donnée. Par exemple si vous tapez PIB France #2015..#2018, les résultats affichés ne correspondront qu’à cet intervalle de temps.

C’est particulièrement pratique pour rechercher un chiffre exact, ou une news par exemple.

L’opérateur ()

Il permet de faire comprendre au moteur de recherche que certains autres opérateurs vont ensemble. Cela fonctionne comme en mathématiques. Par exemple, si vous entrez (PIB France OR PNB France) –INSEE le moteur vous renverra les pages mentionnant les termes PNB France ou PIB France, mais en excluant celles qui site le mot INSEE.

La combinaison des opérateurs

Maintenant, sachez que tous ces opérateurs, et bien d’autres, sont combinables entre eux !

Par exemple rien ne vous interdit, si vous maîtrisez bien ces opérateurs d’écrire votre recherche Google sous cette forme :

(« PIB 2018 » site:insee.fr) -PNB #2017..#2019

Cette recherche vous renverra les pages citant exactement l’expression PIB 2018, uniquement sur le site de l’INSEE, en excluant le mot PNB et uniquement sur la période 2017/2019.

Comme vous devez commencer à le comprendre les opérateurs sont très puissant, ici par exemple, la combinaison des opérateurs ne renvoi qu’un seul résultat.

Vous devez vous dire, « Ouai enfin, en même temps, le PIB de la France, hein… », mais sachez que si vous tapez (jean dupond site:facebook.com) –Dupont ça fonctionne aussi…

Les autres opérateurs

Il n’est pas question de chercher à vous faire une présentation exhaustive de tous les opérateurs Google qui existent car cela prendrait trop de temps, et qu’en plus de cela certains ne vous serviront jamais, mais faisons un petit tour de certains opérateurs moins utilisés, mais pouvant tout de même se révéler utiles.

Opérateur Inurl:

Inurl: vous permet de ne faire s’afficher que les pages qui contiennent votre recherche dans leur adresse. Si je tape inurl:PIBfrance, seules pages contenant le terme PIBFrance dans leur adresse s’afficheront.

Opérateur intitle: et intext:

Ils font la même chose que inurl: sauf que l’un va rechercher dans le titre de la page, et l’autre dans le corps du texte. Ils peuvent eux aussi, dans certains cas, se révéler très pratiques.

L’opérateur filetype:

Alors celui-ci est tout particulièrement apprécié de ceux qui recherche certains contenus par toujours libre de droits, comme des livres, de la musique ou même des films. Il permet en effet de demander à Google de ne renvoyer que des résultats pointant vers un certain type de fichiers.

Par exemple, si vous lancez cette recherche « PIB France 2018 » filetype:pdf Google ne vous renverra que les documents PDF correspondant à votre recherche.

Les opérateurs « fun »

Ces opérateurs permettent, non pas de faire une recherche, mais d’obtenir directement une réponse calculée par Google.

L’opérateur in

Cet opérateur sert à effectuer des conversions. Des conversions d’unités de distance, monétaire ou tout ce qui peut être convertit et dont vous connaissez les unités.

Par exemple, si je tape dans le moteur de recherche 100€ in $, j’obtiens immédiatement la conversion euro/dollar de la somme que j’ai entré. Si je tape 100 feets in meter, même chose. C’est lui aussi un opérateur particulièrement utile.

L’opérateur time:

Celui-ci, vous donne l’heure qu’il est suivant la ville que vous renseignez, ainsi que le fuseau horaire. Si vous entrez time:london, vous aurez l’heure qu’il est à Londres, ainsi que le décalage UTC.

L’opérateur weather:

Il fonctionne de la même manière que time:, et il vous donne le temps qu’il fait dans une ville donnée. Là, par exemple, je peux vous dire qu’il fait -3°c dans le village de Gilhov en Suède…

Encore d’autres…

Dans Google, vous pouvez même entrer directement des calculs ! Si je tape dans la barre de recherches 5+3, Google affichera 8, mais ça fonctionne aussi si j’écris 28% de 900 ou SIN 4/3…

Si vous cherchez une news sur un lieu précis, vous pouvez faire suivre votre recherche de l’opérateur location:

Spectacles location:bourg-en-bresse vous affichera tous les spectacles qui se tiendront prochainement à Bourg-en-Bresse. Si vous entrez incendie location:bourg-en-bresse vous aurez accès à toutes les pages de Google news avec des articles traitant d’incendie dans cette ville.

Il existe des dizaines d’autres opérateurs, et si cette petite présentation vous a plût, je vous invite à chercher les autres sur Internet. Une personne qui connaîtrait très bien tous les opérateurs pourrait alors obtenir à chaque fois LE résultat qu’elle cherche, sans avoir à devoir écrémer ceux renvoyer par Google dans le cadre d’une recherche classique.

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20 April 2019

bsibaud.png Benoît SIBAUD

« Hygiène mentale » : une chaîne de vidéos sur l’esprit critique, sous licence de libre diffusion

Le 20 April 2019 à 14:07:02

Suite à un simple lien sur le site, indiquant un changement de licence (suivi d’un autre, voir les commentaires), il m’a semblé que l’information méritait un peu plus de visibilité : des dizaines de contenus de qualité passent sous une licence libre, et un vidéaste francophone faisant de la vulgarisation et la pédagogie rejoint le « monde de la culture libre » (pour faire grandiloquent).

NdM. du 20 avril : initialement publiée le 8 avril 2019 comme l'annonce d'un passage de cette chaîne vidéo sous une licence libre (CC By selon les mentions sous les vidéos Youtube, y compris au moment de l'ajout de cette NdM, malgré d'autres sources indiquant CC-BY-NC-SA), la dépêche a été modifiée suite à la rectification par l'auteur d'Hygiène mentale lui-même dans les commentaires: mes illustrations et mes vidéos sont sous licence CC-BY-NC, ce qui n'est pas rigoureusement "Libre" mais seulement "de libre diffusion".

D’autre part, c’était une bonne occasion de pouvoir parler d’Hygiène mentale, dont j’apprécie la fond et la forme, sous forme de dépêche, car son actualité est en rapport avec le thème de LinuxFr.org.

Hygiène Mentale est une chaîne de vidéos sur l’esprit critique — « Un peu d’Esprit Critique chaque jour » —, la zététique, la méthodologie, l’étude rationnelle du paranormal et des pseudo‐sciences. La description comporte notamment la citation « Si l’on avait un vrai système éducatif dans ce pays, on y donnerait des cours d’Autodéfense‐Intellectuelle ». La série est écrite et montée par Christophe Michel. La première vidéo date de juillet 2014.

Les vidéos sont diffusées via l’instance PeerTube Skepticón, YouTube ou Dailymotion. L’auteur est présent sur Mastodon et Twitter, sur Diaspora* et Facebook.

Sur les quarante‐six vidéos disponibles sur YouTube, celles complètement réalisées pour la chaîne sont passées sous « licence de paternité Creative Commons (réutilisation autorisée) » (même si la description YouTube de la chaîne présente encore une information obsolète « Toutes les vidéos de la chaîne Hygiène Mentale sont sous licence Creative Common : CC-BY-NC-SA. » ou que les vidéos sur Skepticon.fr soient encore indiquées sous licence NC). Seules les vidéos basées des interviews de personnalités (Snowden, Randi, Russell, etc.) semblent être sous d’autres licences plus restrictives.

Avis personnel : j’ai eu un peu de mal initialement avec la scansion de l’auteur. Pourtant, bien articuler et bien expliciter est crucial pour ce type de vidéos, et finalement je m’y suis facilement habitué (et j’ai vu les 46 vidéos mentionnées ci‐dessous). Côté fond, c’est passionnant, intelligent, pédagogique, bienveillant, et ça vaut clairement le coup d’être vu (l’iconographie me semble assez efficace, d’ailleurs). Un grand merci à l’auteur.

À noter que sont aussi mentionnés les différents logiciels libres utilisés : l’instance PeerTube, Geogebra, Blender, GIMP et Audacity.

Les titres des quarante‐six premières vidéos de la chaîne (par ordre lexicographique des titres), pour se faire une idée du contenu :

  • Barack Obama — Enseigner l’Esprit Critique
  • Bertrand Russell — Les raisons de croire
  • Bertrand Russell — Message aux générations futures
  • Björk — Ma Télévision
  • Edward Snowden — La censure et l’esprit critique
  • EMI 1 — Éducation aux médias et à l’information à l’école (Introduction)
  • EMI 2 — Analyser les Images (Éducation aux médias)
  • EMI 3 — Remonter à la Source de l’Information (Éducation aux Médias)
  • EMI 4 — La propagation des rumeurs (Éducation aux Médias)
  • Ep01 Un bébé médium avec 3 brins d’ADN est né en Angleterre (Zététique appliquée)
  • Ep02 L’ouverture d’esprit et ses limites
  • Ep03 L’Autodéfense Intellectuelle (des outils pour la recherche d’information)
  • Ep04 Les documentaires moisis (Les géants ont‐ils existé ?)
  • Ep05 OVNI : l’origine des soucoupes volantes (Le modèle socio‐psychologique)
  • Ep06 Les fantômes de l’été (Les marronniers du paranormal)
  • Ep07 La désinformation — (pourquoi autant de trucs faux sur Internet)
  • Ep08 Les publications scientifiques (l’énergie libre — Effet Dumas)
  • Ep09 La science participative (Jouons avec le Micro‐Onde)
  • Ep10 Raisonner de façon correcte (Testez votre logique)
  • Ep11 Spiritualité Quantique : les utilisations abusives du vocabulaire scientifique
  • Ep12 Les Arguments Fallacieux
  • Ep13 Comment Tester le Paranormal avec la Science ? (Les cartes de Zener)
  • Ep14 Enquêter sur le Paranormal : les Diapositives de Roswell
  • Ep15 Illusionnisme et Imposture — Florent Martin
  • Ep16 La Dent d’Or — Assurons‐nous bien du fait avant de nous inquiéter de la cause
  • Ep17 Le 1er Avril = La Fête de l’Esprit Critique
  • Ep18 L’Astrologie — Les mauvaises critiques
  • Ep19 Athéisme, Agnosticisme — Croire ou ne pas croire ?
  • Ep20 Les deux vitesses de la pensée, et le « Bullshitomètre »
  • Ep21 La Neutralité de point de vue (sur Wikipédia)
  • Ep22 Sciences vs médias — Conférence par Florent Martin
  • Ep23 La lune a‐t‐elle une influence sur les naissances ? (Fréquentisme)
  • Ep24 La lune n’a PAS d’influence sur les naissances (Bayésianisme)
  • Ep25 L’Inexistence de Dieu — Raisonnement par Inférence
  • Ep26 La Pensée Bayésienne
  • Ep27 Crop Circles — spécificité et sensibilité des tests sur le paranormal
  • Ep28 Le Sophisme du Procureur (et quelques autres leçons Bayésiennes)
  • Ep29 Le but du jeu est de comprendre les règles du jeu (Eleusis)
  • James Randi — La chirurgie psychique est une arnaque
  • James Randi — Peter Popoff pris la main dans le sac
  • La Pensée Critique face aux Médias (par Christophe Michel)
  • Les Fake News et leur pouvoir de sculpter la réalité — Christophe Michel
  • Peut‐on étudier scientifiquement le paranormal ? — Conférence par Christophe Michel
  • Phil Plait — Ne soyez pas un enfoiré (Don’t be a dick)
  • Ricky Gervais — L’Athéisme et l’Agnosticisme
  • Tim Minchin — Si tu es trop ouvert d’esprit, ton cerveau risque de tomber par terre

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Mbps vs MBps : Comprendre les vitesses sur internet pour juger sa connexion

Le 20 April 2019 à 03:16:02

Il y a des notions informatiques qui sont compliquées, pour tout le monde, et même parfois pour les gens étant un peu plus informés que la moyenne. Et celle que nous allons voir aujourd’hui fait partie de celles qui donnent des maux de tête à beaucoup de monde (autant à ceux qui l’expliquent qu’à ceux qui essayent de comprendre !)…

En effet, nous allons aborder la différence entre Mbps et MBps !

Il n’y a pas que l’abréviation de l’unité qui nous rends confus, puisque même les appellations complètes, megabits et megabytes sont vraiment très proches.

Alors qu’elle différence entre le b et le B ?!

C’est assez simple en réalité si vous avez quelques bases d’informatique, le bit ou le « b » (Minuscule), est un bit en français, tandis que le Byte ou « B » (Majuscule) est traduit notre langue par un octet. Voilà, merci fin de l’explication !

Non, je plaisante, nous allons aller un peu plus loin et expliquer ces deux notions aux néophytes !

Dans un octet, il y a 8 bits (et c’est vrai dans toutes les langues) c’est juste pas de chance que la traduction anglaise d’octet soit bytes. Donc, dans un megaoctet, il y a 8 megabites.

Nous avons donc 1 MegaBytes = 1 Megaoctet = 8 Megabits.

Il faut donc être très vigilant à la manière dont l’unité de mesure est inscrite sur les différents appareils que vous achetez, sur les Speedtest que vous réalisez ou encore plus généralement sur les appareils réseaux que vous utilisez.

A lire également : Speedtest : Un bon débit internet, c’est combien ?

Pourquoi faut-il connaitre cette différence

La plupart du temps (pour ne pas dire « tout le temps ») l’unité utilisée lorsque l’on parle de débit (sur votre réseau, ou sur internet) est le Megabit par seconde, le fameux Mpbs. Le problème c’est que nous sommes plutôt habitués, dans nos contrées, à nous exprimer en Mo, et donc des valeurs en Mo par seconde seraient bien plus parlantes pour nous.

Beaucoup de gens pensent que leur câble ethernet en Gigabits leur permet de transférer un Gigaoctet par seconde, mais en fait… Non ! En réalité, c’est 8 fois moins ! Oui, si vous l’apprenez, ça fait mal. Donc, votre connexion Gigabits vous permet en réalité de transférer 1000 Mo / 8 par seconde, soit 125 Mo/s.

offres orange

Les offres affichées sur le site Orange sont exprimées en Mbps.

J’espère que pour l’instant, vous le vivez bien, car les connexions internet sont également exprimées en Mbps, le nombre annoncé est donc 8 fois plus important que le nombre de Mo par seconde que vous aurez.

Par exemple, je l’ai déjà dit, j’ai une connexion en Vdsl 2+ de 100 mbps, ma ligne est donc capable de me fournir 12,5 Mo par seconde. Cela permet de mieux se rendre compte de certaines valeurs, si vous avez une connexion de 8 « Mega », comme on le dit généralement, vous avez en réalité une connexion de 8 mbps et donc de 1Mo par seconde.

Bien entendu, cette confusion est bien entretenue, il est en effet bien plus flatteur d’annoncer des grands nombres ! C’est plus impactant de marque sur le packaging d’un nouveau routeur bi ou tri bande que la vitesse de transfert atteint des débits faramineux de 1100 Mbps plutôt que d’écrire 137.5 MBps ou 137.5 Mo/s.

Vous comprendrez également mieux certaines caractéristiques d’autres périphériques. Si le packaging d’un disque dur n’a pas été traduit, vous saurez maintenant que la valeur exprimée en MB est donc une valeur en Mo.

D'où viens la confusion entre Mb/s et Mo/s

Comme expliqué dans ce paragraphe, les fournisseurs d’accès internet nous vendent des offres exprimées en Mb/s. Cependant lorsque l’on télécharge un fichier ou jeu sur internet/steam, la vitesse en direct à l’écran est souvent exprimée en Mo/s (mais affichée en anglais donc : MB/s). En plus de la traduction en Français qui prête à confusion, ce dernier détail, est d’après moi ce qui termine d’instaurer la confusion dans les esprits.

Est-ce la même chose concernant les autres unités ?

Oui, exactement la même chose. Indépendamment du préfixe, un Byte ou Octet reste composé de 8 bits.

Nous aurons donc :

1 Byte = 1 octets ou 8 bits

1 KB = 1 Ko = 1024 octets ou 8192 bits

1 MB = 1 Mo = 1024 Ko = 8Mb

1GB = 1 Go = 1024 Mo = 8 Gb…

Quelle que soit l’unité, il faut porter votre attention sur le « b », s’il est minuscule, il faut le diviser par 8 pour avoir une valeur en Octets.

Aller plus loin : Comprendre la latence et le ping

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19 April 2019

svieille.png Simon VIEILLE

La toute première molécule formée dans l'univers a enfin été observée dans l'espace - Sciences - Numerama

Le 19 April 2019 à 16:34:14

Depuis des dizaines d'années, les scientifiques voulaient trouver la première molécule formée dans l'univers. Elle a enfin été observée dans notre galaxie. Pour les astronomes, c'est un progrès pour étudier la chimie de l'univers.

tnitot.png Tristan NITOT

En vrac du jeudi

Le 19 April 2019 à 10:01:00

Arbre en fleurs

Facebook bat des records

Cette semaine, Facebook nous fait un festival de conneries, de scandales et d’embrouilles. Cette boîte s’enfonce à chaque fois un peu plus. Une honte pour toute l’industrie du numérique. Je propose qu’elle change de slogan et remplace son “Move fast and break things” par un plus lucide « Dans le pire, nous ne sommes jamais décevants ». Florilège :

Google n’est pas en reste

En vrac sur le numérique

En vrac sur la politique, le climat, et l’environnement

april.png Nouvelles April

Découvrez la bande-annonce de l'émission « Libre à vous ! »

Le 19 April 2019 à 09:24:12

Découvrez la bande-annonce (1 minute 30 secondes) consacrée à notre émission Libre à vous ! diffusée sur radio Cause Commune.

Libre à vous !

En 2018, nous avons démarré une nouvelle action importante pour la promotion et la défense des libertés informatiques : depuis mai 2018, nous animons une émission de radio sur Cause Commune (91.3 sur la bande FM en Île-de-France et sur le site web de la radio). Libre à vous ! est une émission d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'April traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. Pour pouvoir traiter encore plus de sujets et être réactif par rapport à l’actualité l'émission est devenue hebdomadaire en janvier 2019.

Bande annonce de l'émission

Découvrez en 1 minute et 30 secondes l'émission Libre à vous !.

Flux RSS compatible avec la baladodiffusion

Vous pouvez vous abonner au flux RSS compatible avec la baladodiffusion (podcast) pour recevoir automatiquement les épisodes dès leur mise en ligne.

L'April présente à l'Ubuntu Party des 18 et 19 mai 2019 à Paris 19e

Le 19 April 2019 à 09:05:46

18 Mai 2019 - 11:00
19 Mai 2019 - 18:00

L'Ubuntu Party est un évènement gratuit et libre d’accès visant à rendre accessible au plus grand nombre la compréhension du numérique et de ses enjeux.

A l'occasion de la sortie de la nouvelle version de la distribution Ubuntu, une Ubuntu Party aura lieu les 18 et 19 mai 2019 à la Cité des Sciences et de l'Industrie, Paris 19e. Au programme : démonstrations de logiciels libres, fête d'installation, ateliers d'initiation, conférences, village associatif, animation jeunesse. Le programme des conférences et ateliers est en cours de réalisation et sera bientôt disponible sur le site officiel.

À cette occasion, l'April tiendra un stand. Nous cherchons des bénévoles pour l'animer, ainsi nous faisons appel à votre aide ! Si vous avez des disponibilités, vous pouvez vous inscrire sur le wiki ou envoyer un courriel à evenements AT april POINT org.
Note : si vous n'êtes pas inscrit⋅e à la liste événements, vous recevrez un message avec une demande de confirmation : il faudra y répondre afin que votre message soit diffusé.

Image de UP mai 2019

18 April 2019

bsibaud.png Benoît SIBAUD

LinuxFr.org : première quinzaine d'avril 2019

Le 18 April 2019 à 21:04:23

Cent dix-huitième épisode dans la communication entre les différents intervenants autour du site LinuxFr.org : l’idée est tenir tout le monde au courant de ce qui est fait par les rédacteurs, les admins, les modérateurs, les codeurs, les membres de l’association, etc.

L’actu résumée ([*] signifie une modification du sujet du courriel) :

Statistiques

Du 01 au 15 avril 2019

  • 1508 commentaires publiés (dont 9 masqués depuis) ;
  • 275 tags posés ;
  • 91 comptes ouverts (dont 23 fermés depuis) ;
  • 47 entrées de forum publiées (dont 3 masquées depuis) ;
  • 32 liens publiés (dont 3 masqués depuis) ;
  • 27 dépêches publiées ;
  • 24 journaux publiés (dont 0 masqué depuis) ;
  • 4 entrées nouvelles, 1 corrigée et 0 invalide dans le système de suivi ;
  • 0 sondage publié ;
  • 0 page wiki publiée (dont 0 masquée depuis).

Listes de diffusion (hors pourriel)

Liste linuxfr-membres@ - [restreint]

  • R.A.S.

Liste moderateurs@ - [restreint]

  • [Modérateurs] Autres pistes ?
  • [Modérateurs] Devenir modérateur sur LinuxFr
  • [Modérateurs] Projet d'article sur comment utiliser un traitement de texte pour mieux rédiger pour Linuxfr

Liste prizes@ - [restreint]

  • [Prizes] LinuxFr prizes recap du mardi 2 avril 2019, 20:56:51 (UTC+0200)
  • [Prizes] Livre ENI

Liste redacteurs@ - [restreint]

  • R.A.S.

Liste team@ - [restreint]

  • R.A.S.

Liste webmaster@ - [restreint]

  • R.A.S.

Canal IRC adminsys (résumé)

  • une IP bloquée après de nombreuses alarmes déclenchées
  • un lecteur de moins de l'adresse root@
  • mises à jour de sécurité, dont une flopée d'alertes sécurité ruby chez Ubuntu et Debian

Tribune de rédaction (résumé)

Tribune de modération (résumé)

  • du spam
  • question aux modérateurs pour savoir s'ils sont gênés par l'accès moins facile aux dépêches en modération sur mobile que sur desktop : un non, deux pas de modération sur mobile, et un oui (avec mention de l'absence de l'icône de petits phylactères à côté des dépêches en cours de rédaction)
  • de l'intégration de la tribune de modération dans un coincoin
  • deux nouveaux modérateurs : devnewton et Ysabeau
  • cool cette année quelqu'un a fait la liste des poissons d'avril à notre place
  • bannière Cause Commune/Libre à vous ajoutée
  • fin de ma série de dépêches après une semaine suite à un délai en modération
  • notre premier gouv.sn, ça va nous changer des gouv.fr et des gouv.qc.ca, vive la francophonie

Commits/pushs de code https://github.com/linuxfrorg/

  • Merge pull request #234 from Trim/node-footer-responsive
  • Update footer nodes to be more responsive
  • Enable hyphenation
  • Update npm modules
  • Update devise
  • Improve a11y by adding role=search
  • Merge pull request #233 from Trim/add-download-icon
  • display download icon aside Markdown and Epub links
  • add download icon

(scripts adminsys)

  • Work on lxc beta

Divers

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april.png Nouvelles April

L'April demande la publication du SILL 2019 et la feuille de route de la DINSIC

Le 18 April 2019 à 08:32:12

Paris, le 18 avril 2019. Communiqué de presse.

Des événements et des interviews récents concernant la place du logiciel libre et des données ouvertes au sein de l'État sont inquiétants. Cédric O, nommé récemment secrétaire d'État chargé du numérique, sera évidemment jugé à l'aune de son action mais d'ores et déjà il peut appuyer deux actions concrètes : la publication officielle du SILL 2019 (Socle interministériel de logiciels libres) et la feuille de route de la DINSIC.

Fin février 2019, le journal Contexte annonçait que Christian Quest avait remis sa démission à Nadi Bou Hanna, nommé fin 2018 à la tête de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC). Christian Quest, par ailleurs porte-parole d'OpenStreetMap, était chargé de mission au sein d'Etalab1. Par sa démission il souhaitait tirer une sonnette d'alarme concernant les changements de priorité de la DINSIC suite à la nouvelle nomination. Il explique son départ par une « une feuille de route utilitariste et court-termiste n'intégrant quasiment aucune des valeurs qui l'ont fait rejoindre Etalab ».

Dans une interview donnée à Next INpact en mars 2019, Nadi Bou Hanna expliquait notamment que la priorité au logiciel libre était un « «débat du début des années 2000 » et qu'il préférait « une approche pragmatique ». En mars également, dans un article publié par Acteurs publics il était écrit « dans l'écosystème, certains craignent une remise à plat par le nouveau directeur, alors qu’une nouvelle dynamique animait l’Etat depuis peu, entre la promotion du logiciel libre et de l’ouverture des données au sein des administrations via le programme Entrepreneurs d’Intérêt Général (entre autres), la nomination d’un référent logiciels libres à la Dinsic et le lancement d’une communauté d’acteurs du libre au service de l’intérêt général dénomée "Blue Hats". ».

Autre signe inquiétant, la non publication du SILL (Socle interministériel des logiciels libres). Ce document a notamment vocation à encourager l’usage concerté et coordonné des solutions libres dans l’administration. Le SILL est généralement publié en tout début d'année depuis 2013 et pour le moment aucune publication ne semble prévue.

Un retour en arrière qui serait d'autant plus étonnant et inquiétant que la Cour des comptes validait en février 2018 la stratégie mise en place par la DINSIC, notamment sur le recours aux logiciels libres, et émettait des recommendations pour qu'elle soit amplifiée et relayée au sein des services de l'État.

L'April demande solennellement au secrétaire d'État chargé du numérique la publication officielle du SILL 2019 et la publication de la feuille de route de la DINSIC.

  • 1. le service au sein de la DINSIC chargé d’accompagner les administrations dans leurs démarches d’ouverture de données publiques

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Compte Netflix gratuit, attention à l’arnaque !

Le 18 April 2019 à 02:53:33

Netflix est devenu en finalement très peu de temps un véritable phénomène de société. Au point que dans certains foyers la plateforme remplace totalement la télévision. C’est par exemple le cas chez moi, où plus personne de regarde les programmes classiques, à tel point que le player de ma box a été remisé dans un placard.

Mais comme tout service à abonnement, Netflix suscite la convoitise de ceux qui ne peuvent, ou ne peuvent pas encore, se l’offrir. Typiquement, les plus jeunes, collégiens et lycéens. De fait, tout comme par exemple pour Canal + il y a quelques dizaines d’années, certains cherchent à se procurer un accès au service sans le payer, ou en ne payant qu’une somme très modique comparée à celle demandée officiellement par la plateforme de streaming.

Je vais faire la parenthèse, pour les plus jeunes d’entre vous qui ne doivent pas comprendre de quoi je parle quand je cite Canal +. A l’époque, la chaîne était protégée par un système de chiffrement qui était décodé par un appareil que nous avions à la maison, branché au téléviseur. Mais cet appareil était d’une électronique très simple et il n’a fallu que très peu de temps aux électroniciens en herbe pour fourguer de faux décodeur vendus à bas prix. Ces appareils contrefaits permettaient de pouvoir regarder la chaîne sans payer d’abonnement.

Revenons à nos moutons. Et expliquons de quoi il s’agit.

Mise au point : En aucun cas dans cet article je ne vous donne d’adresse où aller acheter un compte Netflix pas cher. Si c’est ce que vous cherchez, je vous invite cependant tout de même à lire cet article qui vous informeras sur la provenance de ces comptes et les poursuites judiciaires aux quelles vous vous exposez en les utilisant.

Des comptes gratuits ?

Oui oui, et d’ailleurs, si vous êtes un utilisateur de Twitter, vous n’avez pas pu passer à côté de tous ces concours ou le lot est bien souvent un compte Netflix. Ils pullulent, souvent organisés par des jeunes qui veulent « percer » comme ils disent, c’est-à-dire tirer son épingle du jeu dans la grande kermesse du nombre d’abonnés. Et quoi de mieux pour attirer de nouveaux followers que de conditionner le potentiel gain d’un compte Netflix au fait de suivre le compte Twitter qui l’organise ?

D’ailleurs, il n’y a pas que des comptes Netflix, on trouve également dans ce genre de concours tous les autres services abonnement qui font rêver les jeunes qui n’ont pas encore de carte bleue. Spotify, Deezer, abonnement à des jeux, skin rares de jeux vidéo, et monnaie virtuelle, toujours de jeux vidéo. Et c’est gratuit si l’on gagne le concours.

Mais pas que ! Vous pouvez également vous procurer ce genre d’abonnement ou de service sur des sites spécialisés, qui eux n’organisent pas de concours, mais vendent ces « produits » contre monnaie sonnante et trébuchante. Ici nous ne citerons pas le nom de ces sites, le but n’étant évidemment pas de leur faire de la publicité, pour les raisons que vous découvrirez plus tard.

Donc il existe, aux yeux de quasi tous ceux qui se donnent la peine de chercher, des moyens d’obtenir des abonnements à tout un tas d’offres, pour des prix défiant toute concurrence ! Pour vous donner une idée des sommes auxquelles s’échangent ces abonnements, sachez qu’il faut compter 1€ pour un compte Netflix, entre 50 cts et 1 euro pour un compte Deezer ou Spotify premium, et que les comptes plus difficiles à chiffrer, comme par exemple un compte Steam s’échangent autour d’une dizaine d’euros.

Mais vous allez me dire, « Comment est-ce possible ?!!! » Notez votre surprise au passage !

Comment ces comptes peuvent-ils être si peu cher, et parfois même gratuits ?

Les choses ont un prix, Netflix coûte une dizaine d’euros avec quelques euros de différence suivant le nombre d’écrans sur lesquels vous aurez le droit de regarder vos vidéos, et la qualité des-dites vidéos. Du moins en France… Et avant que vous ne mettiez un commentaire pour m’expliquer qu’il est possible de payer Netflix moins cher, oui je suis déjà au courant, et j’ai même déjà écris là-dessus. En effet, il est possible de souscrire à un abonnement Netflix par l’intermédiaire d’un VPN, cela permet non-seulement de profiter du prix d’abonnement d’un pays où l’accès est moins cher, mais aussi de changer de pays par la suite pour parcourir le catalogue Netflix d’autres pays. Le service n’est pas vendu dans tous les pays au même prix, et il est donc possible d’acheter son abonnement au Brésil par exemple pour le payer moins cher. Ce qui est impossible, en revanche, c’est de le payer 1 euro en achat direct et sans abonnement.

Car oui, les sommes dont nous parlons ici, sont des achats en une fois, ce qui signifie que vous allez payer votre compte 1 euro et qu’ensuite vous ne paierez plus rien.

Je pense qu’à ce stade, vous devez commencer à comprendre de quoi il s’agit. Et si ce n’est pas le cas, laissez-moi vous l’expliquer.

Stop au suspens : L’immense majorité de ces comptes de concours ou vendu une poignée de centimes, sont des comptes volés… Si vous en achetez un, ou que vous en gagnez un, vous n’allez pas recevoir un code promo à entrer sur le site de Netflix ou d’une autre plateforme, on ne va pas vous envoyer non plus un lien permettant de bénéficier d’une certaine réduction, non. Ce qu’on va vous envoyer c’est le nom d’utilisateur et le mot de passe d’un abonné Netflix, qui lui paie son abonnement. Car en réalité, et jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de moyen de passer outre la plateforme pour profiter de leur service.

Vous allez donc recevoir des informations volées, qui vont vous permettre de profiter à la place d’un autre, ou en même temps de son abonnement.

Il existe tout de même quelques concours en ligne tout à fait légaux qui permettent de gagner un compte Netflix. La différence, c’est que le compte sera créé avec votre adresse mail et vos informations. Vous recevrez un mail officiel de Netflix pour vous signaler l’ouverture de votre compte et vous serez invité à configurer le compte Netflix lors de votre première connexion. Je vous conseille de toujours demander l’origine des comptes à gagner avant d’accepter votre « lot », si les organisateurs du concours ne peuvent pas vous donner l’origine précise du compte, n’y participez même pas !

Qu’est-ce que ça implique ?

Bien évidemment en tout premier cela implique une interrogation morale, mais en essayant de rester purement technique, cela entraîne également une certaine précarité du service.

Car l’utilisateur officiel du compte, celui qui a souscrit à l’offre risque de s’en rendre compte, et donc de bloquer votre accès. Certes, un compte Netflix à 1 euro ce n’est pas cher, mais si c’est pour une seule soirée, cela reste plus onéreux que l’offre légale.

Note importante

Notez ici, que je ne vous dévoile ces informations que dans un but pédagogique. Je ne vous encourage en aucun cas à recourir à ce genre de service et encore moins à altérer les informations de connexion d’un compte payant que vous ne possédez pas ! Le protection des données privées, même informatique, en France prévois de lourdes charges à l’encontre du « hacker », en payant un compte de votre poche et en vous connectant au compte volé, vous vous rendez complice du vol et vous exposez aussi à des poursuites judiciaires !

Le jeu est donc de changer le mot de passe du compte dès qu’on le gagne ou l’achète, afin que le vrai propriétaire ne puisse le récupérer… Enfin, qu’il mette plus longtemps à le faire, car aujourd’hui entre les « questions secrètes », la double authentification, les liens de réinitialisation de mots de passe envoyé sur les téléphones et des supports techniques au courant de ces « magouilles », il faut bien vous dire que ce ne sera qu’une question de temps avant que le propriétaire récupère son compte.

Sauf cas très particulier des abonnements inactifs, c’est-à-dire que l’utilisateur paie, mais n’utilise pas le service, vous laissant alors le champ libre pour vous en servir, ou bien encore des comptes multi-utilisateurs, vous perdrez toujours ce compte pas cher. Avec l’accès à un compte comportant la possibilité de regarder plusieurs programmes en même temps, comme par exemple avec le forfait à 14 d’euros de Netflix (4 comptes), peut être que vous ne vous ferez pas prendre tout de suite, mais ça arrivera.

Mais alors comment et qui vole ces comptes ?

Ces « réseaux » sont tenus dans la quasi-totalité par de jeunes voir très jeunes gens. La moyenne d’âge doit être de 14 ou 15 ans. La seule chose qu’ils font, en réalité, c’est d’acheter des comptes, dérobés par d’autres. Souvent ces comptes sont mis en vente par lot sur le deep web. Par 500, par 1000, par 10 000. Dans ces lots, tous les comptes ne seront pas fonctionnels. En effet, certains utilisateurs se sont déjà rendu compte que leurs informations ont fuité, et ont déjà changé leur mot de passe avant même que le dit compte ne soit revendu.

Les divers comptes que l’on trouve donc en vente sur les sites du web traditionnel, ou ceux qui sont à gagner sur les réseaux sociaux ne sont donc pas, le plus souvent, vendus par ceux qui les volent.

Et comment ces vols ont-ils lieux ? Et bien il y a les campagnes de phishing, durant lesquelles de faux emails semblant émaner de Netflix sont envoyés à des centaines de milliers de gens, et sur le nombre il y en a quelques-uns qui cliqueront sur le lien et qui taperont leurs identifiants. Mais il y a encore plus simple.

Comme il est souvent rappelé, ce n’est pas une bonne chose de se servir du même mot de passe sur plusieurs sites, et pourtant c’est encore une pratique très courante. Il suffit donc qu’une base de donnée soit piratée, par de vrais pirates cette fois, pour que tout un ensemble de services auxquels vous êtes abonnés deviennent vulnérables.

Imaginons que la base clients d’une service X soit volée. Elle va être mise en vente sur le dark web par lots. Les acheteurs de ces couples identifiants / mot de passe, vont se servir d’un logiciel (pour faire simple), qui va tester tous les comptes achetés sur les plateformes populaires. Un compte provenant de X sera donc essayé sur les sites de U, V, W, Y et Z, et sur la masse, ça fonctionne.

Jean dupont, qui se sert de la même adresse email jean.dupont@gmail.com et du même mot de passe « azerty » vient de se faire pirater son compte Netflix, son compte Deezer, son compte Steam, sont compte Fortnite…

Vous le voyez maintenant, si on devait répondre au titre de l’article, oui les comptes Netflix, et autre plateformes au passage, gratuits, ou très peu chers sont des arnaques. Pire que ça même, ce sont des arnaques à double niveau puisque le titulaire légitime du compte se fait voler, et que l’acheteur n’aura qu’un usage temporaire du service. De plus, certaines personnes achètent ces comptes volés en toute bonne fois.

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17 April 2019

april.png Nouvelles April

Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (23 avril 2019)

Le 17 April 2019 à 14:28:27

23 Avril 2019 - 15:30
23 Avril 2019 - 17:00

Photo d'illustration de l'émission

La vingt-deuxième émission Libre à vous ! de l'April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 23 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00. Et l'émission sera rediffusée le soir même de 21 h à 22 h 30.

Notre sujet principal portera sur les entreprises du logiciel libre avec Véronique Torner (Alter Way, administratrice du Syntec Numérique, présidente de l'Open CIO Summit), Stéfane Fermigier (Abilian, co-président du CNLL et président du Groupe Thématique Logiciel Libre) et Laurent Wargon (Easter Eggs et Réseau Libre Entreprise). Nous aurons également la chronique « Jouons Collectif » de Vincent Calame, informaticien libriste.

Écouter le direct mardi 23 avril 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h. Avec normalement une rediffusion le soir même de 21 h à 22 h 30.

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Mise à jour: Le 24 April 2019 à 01:33:21