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22 December 2014

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Conférence 1984, Foucault, société de surveillance et Libre de Luc Fievet et Véronique Bonnet lors de l'UP 11/14

Le 22 December 2014 à 21:50:33


Présentation

Titre : 1984, Foucault, société de surveillance et Libre
Intervenants : Véronique Bonnet - Luc Fievet
Lieu : Ubuntu Party - Paris
Date : Novembre 2014
Durée : 59 min 38
Lien vers la vidéo

Transcription

Luc : Bonjour. On va vous faire une conférence à deux. On est tous les deux à l'April[http://www.april.org/ April], Véronique Bonnet donc, qui est professeur de philosophie, quand je dis philosophe elle conteste, donc elle est professeur de philosophie. Et moi, je suis Luc Fievet, administrateur de l'April. Et on va vous parler de 1984, et un peu de philosophie. Alors pourquoi ? C'est que 1984 est une charnière, pas complètement historique, puisqu'en 1984, « 1984 » déjà c'est le fameux roman d'Orwell dont vous avez tous entendu parler. On est,là, dans le domaine de l'imaginaire ; mais c'est également l'année de la mort de Michel Foucault, c'était il y a tout juste trente ans, et cette année, c'est l'année Foucault. C'est également la date de naissance de Snowden, et c'est aussi le démarrage du projet GNU, démarrage effectif en 1984 du projet GNU. Ces quatre dates, cette concentration autour de 1984 nous semblait assez intéressante parce qu'elle va permettre de faire des liens entre tout ça.

Véronique : Oui, en effet, cette quadripartition, ce plan qu'on va suivre, me semble concerner en tout cas, quatre lanceurs d'alerte. Alors, vous allez dire pas nécessairement Orwell, c'est de la science-fiction. Sauf qu'il écrit son texte à la suite de la deuxième guerre mondiale. À ce moment-là, c'est la guerre froide. À ce moment-là, c'est la propagande, c'est la contre-propagande. Et dans son roman, il y a une occurrence retravaillée de la télévision, qui devient présence familière, télécran. Et là, il va sûrement suggérer que propagande et contre-propagande font intervenir une mainmise sur les foules que Foucault travaille, lui, le philosophe, et qu'il appelle « gouvernementalité ». Qu'il range dans ce qu'il appelle le « soft power », qu'il oppose au « hard power ». « Hard power » ça se voit, ça fait mal, on réprime, on tape ; « soft power » ça n'a l'air de rien, d'une façon insensible, vous avez les individus humains qui deviennent en proie à un regard. Ils sont vus sans savoir qu'ils sont vus. Si on a à travailler chez Foucault quelque chose en rapport directement avec le Libre, il est l'un des premiers lanceurs d'alerte concernant la servitude volontaire qui consiste à ne pas se méfier, à ne pas savoir que là, maintenant, on est sous surveillance, quoi qu'on fasse.

Alors, le rapport avec Snowden est clair. Lui, qui, le 6 juin 2013, va décider, alors qu'on lui demande de faire des choses au nom du peuple américain, de dire au peuple américain, et pas seulement à lui, et pour ses contacts, des journalistes, que ce qu'on lui demande de faire c'est de récolter des métadonnées qui relèvent aussi de cette problématique de la surveillance. Parce que, même si les données ne sont pas immédiatement utilisées, même si elles ne sont pas immédiatement analysées, elle serviront sûrement un jour à avoir une emprise sur quelqu'un qui voudra se présenter à tel poste, telle responsabilité, à qui on ressortira tel type d'image.

Alors, rapport, Luc l'a dit, avec le projet GNU, annoncé en 1983 (Annonce originale du projet GNU, publiée par Richard Stallman le 27 septembre 1983) , Richard Stallman va fédérer, autour de lui, des hackers pour écrire du code. Lanceur d'alerte, aussi, parce qu'il a subi du verrouillage en utilisant une imprimante. Ceci lui paraît tout à fait aller à l'encontre des droits élémentaires de l'humanité. Et, donc, il va constituer ce qu'on pourrait appeler un contrepoison à la surveillance : c'est le projet GNU dans sa totalité. Avec la spécificité de logiciels qui vont essayer de remédier aux portes dérobées, aux différents verrouillages.

Luc : On va commencer par parler d'Orwell parce que son roman « 1984 » a vraiment marqué les esprits. Ça reste une référence quand on parle de surveillance. Ce que je trouve particulièrement intéressant chez Orwell, c'est qu'il parle de totalitarisme. Mais il parle d'un totalitarisme qui se déroule partout sur terre. Mais l’histoire du héros se déroule en Grande-Bretagne. C'est un totalitarisme de guerre froide, donc on n'est pas dans une sorte de totalitarisme qui serait quelque chose d'extérieur à nos sociétés. Aujourd'hui, quand on vous parle de totalitarisme en général, on vous parle du nazisme ou plus rarement du stalinisme et comme des sortes de croquemitaines, des choses qui seraient extérieures à notre société, qui nous seraient complètement étrangères. Chez Orwell, au contraire, le totalitarisme est un danger qui guette nos sociétés et nos sociétés d'après-guerre donc, en gros, la société contemporaine au moment où il écrit les romans.

Il y a plusieurs éléments, le contrôle du langage, avec la novlangue. C'est quelque chose qui a pas mal marqué l'imaginaire, également, et le fameux télécran, avec cette télévision qui est chez tout le monde et qui va surveiller les individus. Quand on voit les développements de l'informatique actuelle, on se met à faire des rapprochements. D'une part sur des histoires autour du contrôle de la langue où on va avoir des censures sur les serveurs de jeux vidéo par exemple, ou sur des dictionnaires, par exemple, qui vont dégager des mots. Et également, on pense à un brevet déposé par Microsoft pour la Kinect, vous savez, ce petit machin qui est relié à la console, sur lequel il y avait des caméras. Et Microsoft a déposé un brevet pour faire du contrôle de lecture de vidéo. Et la Kinect compte le nombre de gens qui sont devant la télé pour vérifier que le nombre de spectateurs correspond au nombre de spectateurs qui a payé pour voir le film. Avec des raffinements dans le brevet qui disent que si quelqu'un se rajoute devant la télévision pendant la lecture du film, on va bloquer la lecture du film. On pense bien entendu aux téléphones portables avec les dispositifs de surveillance, notamment, dans les iPhones il y a « DropoutJeep » qui est un module, Der Spiegel avait fait un article dessus suite aux révélations de Snowden, qui permet de lire à peu près tout et n'importe quoi et de rajouter des fichiers ; plus, évidemment vous le savez, la surveillance par le déplacement de votre téléphone, on peut retracer tous vos déplacements, potentiellement vous écouter, etc.

Donc, aujourd'hui, la technologie du télécran existe, elle est en place, et on peut craindre son utilisation. En tout cas cela fait écho à cette vision d'Orwell, vision d'horreur qui a toujours été présentée comme telle, et aujourd'hui on s'aperçoit qu'elle n'est pas si délirante que cela. Dernier élément technologique qui aujourd'hui pourrait nous permettre d'imaginer une société à la Orwell, c'est également la reconnaissance faciale. On est arrivé, aujourd'hui, à une situation où les logiciels reconnaissent mieux les visages que les humains. Il y a des tests qui ont été menés en laboratoire, on a une meilleure reconnaissance donc on peut faire aujourd'hui du traitement automatique et en laboratoire on a des systèmes automatiques qui lisent les émotions sur les visages donc on a, aujourd'hui, un potentiel technologique de surveillance et de quadrillage qui est absolument considérable.

Véronique : Ce qui est assez remarquable dans le texte d'Orwell, qui est prémonitoire à bien des égards, c'est qu'il parle d'une sorte d'humanité qui est désorientée, qui a le vertige. Le héros s'appelle Winston. Lorsque Winston, après avoir soigneusement vérifié que, là où il s'installait, le télécran ne pouvait pas capter le frémissement de sa face et la crainte qui était la sienne, essaie d'ouvrir un journal, une sorte de journal de bord, pour essayer de résister à cette emprise qu'il sent de plus en plus forte. Et là, il écrit, en ne sachant pas s'il a raison, une date. Parce que ce que fait apparaître Orwell, c'est que les repères sont brouillés. Comme on est dans une société qui n'a pas vraiment de dehors, on sait qu'il y a une guerre perpétuelle, contre un ennemi, qui d'ailleurs change régulièrement de nom. Comme on est dans une forme qui est totalitaire, Orwell fait ressortir qu'on ne sait même plus si on est vraiment en 1984. Et quand il [Winston, NdT] écrit « 4 octobre 1984 », sa main tremble, il sait en gros quel âge il a, il sait en gros quand il est né. Mais, comme on est dans une myopie qui est installée par cette contrainte, alors il ne sait pas exactement où il en est, où il est, et quelle est la date même.

De ce roman d'Orwell, je vais peut-être vous lire simplement un très très léger passage pour vous donner envie de revenir à Orwell. Il a pour profession, Winston, de récrire constamment par exemple des articles du Times. Parce qu'il se trouve que, dans cette société, vous avez des personnes qui ont disparu. On ne sait pas ce qu'il leur est arrivé. Elles ont été « évaporées », comme on dit pudiquement. Et comme il y a des événements qui sont relatés, où le nom de ces personnes intervient, alors il faut ré-écrire, reformuler, pour que ce compte-rendu ne fasse pas référence à des absents, qu'il est de bon ton de faire disparaître totalement sur le papier après les avoir fait disparaître dans la réalité.

Alors ça donne, par exemple, des choses comme ça : « Le compte-rendu de l'ordre du jour de Big Brother (Big Brother is watching you), dans le numéro du journal Le Times du 3 décembre 1983, est extrêmement insatisfaisant, et fait allusion à des personnes non existantes. Ré-écrire en entier et soumettre votre projet aux autorités compétentes. » C'est ça le travail de Winston, qu'on pourrait évidement rapprocher de la problématique : est-ce que sur l'Internet on peut ré-écrire ? Est-ce qu'on peut effacer ? Est-ce que ceux qui peuvent effacer se comptent sur les doigts d'une main ? Est-ce que tous ceux qui, au contraire, vont avoir leurs données « congelées », un « big data » totalement congelé et opérant comme une épée de Damoclès sur eux, va les menacer d'une façon à ce qu'ils s'en aperçoivent ?

Vous avez une autre dimension, à laquelle Luc a fait précédemment référence, c'est la notion de novlangue. Syme, qui est un autre personnage de « 1984 », écrit des dictionnaires. Cette novlangue est évidemment taillée sur mesure pour le tyran. C'est peut-être l’ancêtre de ce qu'on appelle le « politiquement correct », mais, en tout cas c'est une langue telle que celui qui la prononcera ne pourra pas introduire d’équivoques, d’ambiguïté, parce qu'il est requis qu'il y ait une transparence perpétuelle, et des corps et des âmes. On fait très attention, on sait qu'on est constamment filmé. Il faut surtout ne manifester aucun émoi. Et finalement, cette terreur manifestée par ceux qui se rendent compte de ce que c'est que Big Brother, est travaillée par Orwell, dans la scène de torture finale où, là, Winston manifestera qu'il est redevenu un sujet obéissant en disant deux plus deux égal cinq, de tout bonne foi. Là, on est dans ce que, je me réfère à une autre fiction qui est « Orange mécanique », on est dans ce que Burgess et Kubrick appellent le conditionnement. Essayer d'arriver une forme d'obéissance dont on ne sait même plus qu'elle est une obéissance.

Luc : Cette idée d'une l'obéissance dont on ne sait plus qu'elle est une obéissance nous emmène à Foucault. Donc Foucault, qui était un penseur, un intellectuel, qui n'était pas vraiment classable dans une catégorie, est très intéressant parce que tout ce qu'on a ici sur Orwell est assez inquiétant, mais c'est de l'ordre du roman, c'est une dystopie : on est allé chercher le pire. On va dire « Oui, mais le monde réel n'est pas comme ça », heureusement, sinon on ne serait pas là. Et chez Foucault, il y a des choses vraiment très intéressantes. Et Foucault a étudié plusieurs choses, mais, notamment au travers d'un livre qui s'appelle « Surveiller et punir », il a décrit ce qu'il appelle la discipline et qui serait, selon lui, une technique qui serait assez symptomatique du passage de la société de l'Ancien régime à la société moderne. Et qui est une technique de pouvoir, de « Soft Power » ,comme a dit Véronique tout à l’heure, et dont le modèle idéal est celui du panoptique, qui était une prison idéale, inventée par un philosophe qui est Jeremy Bentham. Sur cette question de la discipline, on a cette citation : « La discipline est une technique de pouvoir qui implique une surveillance constante et perpétuelle des individus… La discipline est l'ensemble des techniques en vertu desquelles les systèmes de pouvoir ont pour objectif et résultat la singularisation des individus. C'est le pouvoir de l'individualisation dont l'instrument fondamental réside dans l'examen. L'examen, c'est la surveillance permanente, classificatrice, qui permet de répartir les individus, de les juger, de les localiser, et ainsi, de les utiliser au maximum. À travers l'examen, l'individualité devient un élément pour l'exercice du pouvoir. »

Je ne sais pas si ça vous parle. On a quelque chose là-dedans, un rapport à l'individu qui est fondamental. Nous avons chacun, ou presque, un téléphone portable, c'est un objet personnel, donc ça nous ramène à notre unité. Il y a des choses très intéressantes que Foucault dit dans son bouquin. Il explique notamment, il s'intéressait aux punitions, ce genre de choses, il explique que dans la société d’Ancien régime, le bannissement était une des pires punitions qu'on pouvait subir. Il n'y avait guère que la peine de mort qui était pire que le bannissement. C'est-à-dire que vous pouviez vous faire fracasser quelques os, c'était moins grave que vous faire bannir, parce que les individus n'existaient pas en dehors de leur groupe d'appartenance. Ils appartenaient à une famille, à un village, à une corporation, et si on les bannissait de ça, c'en était fini d'eux. Ils ne retrouvaient aucun lieu pour vivre, ils étaient condamnés à errer et à être des mendiants à qui personne ne donnait rien, etc. C'est quelque chose qui est difficilement pensable aujourd’hui : on n'existait que par son appartenance. Et la discipline a été, comment dire, ce changement, cette évolution qui a fait que l'individu est devenu aujourd'hui l'unité de travail.

L'autre élément intéressant, c'est que dans ces systèmes traditionnels qui existent encore dans des villages, etc., on a le « Soft Power » plutôt situé au niveau du village et de l'environnement. C'est-à-dire que vous avez une certaine norme à respecter au sein de votre famille, au sein du village dans lequel vous êtes, etc. Et dans la société de l'Ancien régime, le prince, le pouvoir, exerçait son autorité par des supplices et donc par du « Hard Power », par de la violence.

Au travers du modèle du panoptique, Foucault dit qu'on arrive à un modèle d'organisation complètement différent. Le panoptique, c'est une prison idéale qui a été inventée par Bentham. Donc, là [voir slide, NdT.], on a un exemple d'une prison qui a été construite à Cuba, je crois, et qui est la parfaite mise en œuvre de la prison de Bentham. Donc, on a un mur cylindrique, un anneau dans lequel il y a des cellules avec une fenêtre et une porte. Et donc, au centre, une tour avec un gardien qui, évidemment, par l'effet de l'opposition de la porte et de la fenêtre peut voir ce qui se passe, à tout moment, dans n'importe laquelle des cellules. Et les gens qui sont en cellule sont isolés les uns des autres, c'est-à-dire qu'ils n'ont aucun contact avec les gens qui sont dans la cellule d'à côté puisque les murs sont complément opaques. Donc, on a un système de surveillance à sens unique, avec des gens qui sont observables à tout moment par la personne qui est dans la tour, isolés les uns des autres. Et donc, ils sont examinés, c'est une notion très importante, sous le regard du gardien. Ça se voit assez bien, la tour a de toutes petites fenêtres, de telle sorte que les prisonniers ne savent pas s'ils sont observés ou pas. Ils ne voient pas leur gardien. Donc ils, savent qu'ils sont observables à tout moment, mais ne savent pas s'ils sont effectivement observés. Et le raffinement ultime de ce système-là, c’est d'enlever le gardien. Une fois que les gens qui sont observés savent qu'ils sont observables à tout moment, on n'a même plus besoin d'avoir quelqu’un qui les observe. Ils vont intégrer ce qu'on leur demande.

On a ici un dessin, et ce genre ce système, on le retrouve aujourd'hui dans des tas d'organisations. J’avais, par exemple, une amie prof de français qui était dans un collège moderne et l'architecte avait trouvé sympa de faire des couloirs courbes. C'est plus sympa que des couloirs tout droits, etc. Et, leur problème de profs, c'est que les gamins faisaient les cons dans les couloirs et que, avec le mur courbe, on ne peut pas les voir de loin. Donc il y a un, qui était un petit peu en avance, qui faisait le guet, et dès que l'autorité arrivait, il donnait le signal aux autres et la foule se dispersait. Donc, dans la moindre organisation physique des bâtiments, ça, c'est quelque chose sur laquelle Foucault est très inventif, on retrouve ces idées-là. Et bien sûr, on voit tout à fait les liens sur ces questions de surveillance, ces questions d'unification. On sait que toute une série de services qu'on utilise font des stats, etc. On retrouve ces principes de surveillance dans l'informatique.

Vous connaissez, sans doute : Facebook fait des statistiques sur vos usages de l’informatique, sur vos navigations. Ils font des probabilités sur l'hypothèse que deux personnes se mettent en couple en fonction des messages qu'ils échangent, etc. Google lit les mails. Il y a un quadrillage énorme et on n'est pas nécessairement comme dans « 1984 », dans quelque chose qui va vous faire disparaître et on va vous mettre une balle dans la tête dans un coin sombre, mais dans un système où nos vies sont entièrement sous contrôle, quadrillées, analysées et exploitées par la suite.

Véronique : Je vais revenir sur ce que Luc vient d'exposer très clairement. L'enjeu, dans ce qu'analyse Foucault, qu'il appelle « gouvernementalité », cette manière douce, cette manière insidieuse, technologique, de surveiller, sans même qu'on en ait idée. Pour ça, je vais peut-être le raccorder à une problématique qui est plus large chez Foucault, qui est le rapport entre le pouvoir et le savoir. Pour Foucault, deux hypothèses, qui d'ailleurs se sont historiquement succédées. Est-ce que le savoir, c'est l'assise du pouvoir ? Est-ce que le tyran va garder pour lui non seulement les paramètres, non seulement les savoir-faire, mais les représentations ? Est-ce qu'il va les filtrer pour savoir à qui il accepte d'en donner quelques-unes ? Ou est-ce que le savoir va être un contre-pouvoir ? Par exemple, vous avez chez Foucault l'hypothèse que l’Œdipe roi de Sophocle, ou Œdipe le tyran, Œdipe le roi, doit rendre des comptes : Qui es-tu ? D'où viens-tu ?
Là, un moment qui est un tournant, puisque à partir du VIe siècle avant notre ère, le savoir se met à être un contre-pouvoir. C'est-à-dire que les philosophes, les mathématiciens, les scientifiques, vont essayer de penser un universel qui peut même aller à l'encontre des intérêts particuliers, et les contrarier. D'où l’hypothèse, après cette parenthèse enchantée, qu'à partir du XIXe siècle, et là, Luc a parfaitement montré quel était le modèle du « panopticon ». Il est très important, si on veut essayer de contrer les contre-pouvoirs, si on veut absolument garder le pouvoir, il est très important de voir sans être vu parce que ceci donne une puissance considérable. Et inversement, être vu sans qu'on sache qu'on est vu, met dans une dépendance considérable. Puisque là, il ne va même pas y avoir de tentative pour se cacher parce qu'on n'a pas idée qu'on est surveillé.

Pour terminer, parce que cette affaire de projet GNU, extrêmement éthique, dont on va parler tout à la fin, cette affaire du Libre a des ancrages culturels extrêmement intéressants. Déjà vous avez un modèle qui existait chez les Stoïciens, c'est le modèle de la maison de verre. Qu'est-ce qui se passe si on installe des individus dans une architecture où ils sont constamment visibles les uns pour les autres ? Il y a ici, bien évidemment, une arrière pensée éthique. Sauf que c'est peut-être une éthique de pacotille. Parce qu'on regarde ce que font les corps, peut-être pas ce qu'il en est de l'intime décision d’avoir tel comportement ou tel autre. Souvent, la transparence, c'est l’alibi, non seulement de la sécurité, on l'a vu très récemment pour la loi Cazeneuve, c'est l'alibi de la modernité : soyons modernes, soyons transparents. C'est l'alibi d'une éthique de bazar, parce qu'on sait très très bien que, le respect, ça se joue dans l'intériorité de l’être. Mais on peut faire croire, qu'en effet, si les êtres sont transparents, ils seront moraux.

Je vais, avant de redonner la parole à Luc, me référer aussi à ce que vous connaissez qui s'appelle l'Utopie, ça a donné le nom commun "utopie", de Thomas More. Là encore, on décide que sur une île les vieillards surveilleront les enfants, les enfants surveilleront les femmes, les femmes surveilleront les hommes, les hommes surveilleront les vieillards. Vous avez tout un système de visibilité.
Sous les Lumières, beaucoup de philosophes se sont intéressés à cette question de la dimension privée. Pourquoi est-ce qu'il faut absolument que, dans nos vies, nous gardions ce qu'on appelle en anglais « privacy », cette dimension intime, qui n'est que pour nous, qu'on décide de dévoiler ou non. Vous avez un philosophe, qui s'appelle Diderot, qui a écrit un roman qui est apparemment un roman libertin mais avec un recul critique, ça n’est pas du Sade, on n'est pas dans l'enfermement sadien. Vous avez un texte qui s’appelle « Les Bijoux indiscrets ». Et là, vous avez un tyran, qui en fait représente Louis XV, qui a trouvé un moyen, par un anneau magique (ce n'est pas l'anneau de Gygès qui rendait transparent, comme chez Platon), vous avez un anneau magique qui fait parler les corps. Alors là, c'est extraordinaire, parce qui si on arrive à faire parler les corps, si on arrive à faire dire aux corps de qui ils reçoivent du plaisir, de qui ils aiment s’approcher, et qui, au contraire les repousse, alors on aura un moyen d'avoir une emprise très forte sur ceux qu'on veut gouverner. Et « anneau », tu disais, Luc, que ça te fait penser à autre chose ?

Luc : Oui, ça me fait penser également au « Seigneur des anneaux ». Quand on regarde le film, c'est cette idée de voir sans être vu qui est très importante. Si vous pensez au « Seigneur des anneaux », notamment au film, vous avez l’œil de Sauron qui scrute constamment tout le royaume. Et un anneau qui permet de devenir transparent et qui permet de voir les gens tels qu'ils sont en réalité, et qui est en même temps corrupteur. Donc, tous ces thèmes-là sont finalement très anciens, on voit, ça remonte à L'Antiquité, et assez répandus. Et avec cette formalisation chez Foucault qui va vraiment mettre en avant le fait qu'on ait une dissymétrie dans les rapports de pouvoir.

Donc, on a ça. J'ai cité quelques exemples aujourd'hui, au niveau du contrôle qu'on peut avoir. On a d'autres choses qui sont en train de se mettre en place : la surveillance par téléphone, vous avez les montres connectées. Apple est en train de prendre des positions super fortes au niveau de la santé, avec des capteurs physiques. On va commencer à avoir de plus en plus d'informations sur les gens. Et ces informations, là encore, vont être contrôlées par des acteurs limités. Il y a un truc, une anecdote que je trouve assez intéressante, c'est Mercurochrome qui est en train de commercialiser un capteur pour détecter le stress. Avec ce genre de choses, vous pouvez imaginer d'avoir une humanité entièrement quadrillée et surveillée de façon beaucoup plus fine que ça pouvait l’être avec les techniques « traditionnelles », entre guillemets, que Foucault avait pu décrire, et qui datent d'avant 84, du 18e et 19e siècles.

Véronique : Pour rencontrer Foucault, Michel Foucault, sur un dernier point, il est assez intéressant de regarder chez lui une notion, qui est la notion d'hétérotopie. Hétéros : autre. Topos : le lieu. Hétérotopie : un espace autre, une ligne de fuite. Si on est dans un univers quadrillé, si on est dans un univers surveillé, alors peut-être peut-on, comme le fait Winston avec le télécran, essayer de chercher des angles, des dimensions par lesquelles on échappe un temps à l'ici. Parce que l'ailleurs, ça permet de mettre à distance, ça permet un recul critique. Alors, je ne résiste pas, puisque si vous êtes ici, vous êtes des libristes : on trouve, à la fin du texte de Michel Foucault sur les hétérotopies, une très belle image, c'est l'image du bateau. Après tout, nous sommes des internautes, nous sommes des navigateurs. Qu'est-ce que c'est que naviguer ? Est-ce qu'on peut encore naviguer sans risques ? Et voilà ce qu'écrit Michel Foucault, tout à fait à la fin de son texte : « Le navire, c'est l'hétérotopie par excellence. Dans les civilisations sans bateaux, les rêves se tarissent, l'espionnage y remplace l’aventure et la police les corsaires. » Autrement dit, peut-être que les quelques hétérotopies qui nous restent, nous avons à veiller sur elles, nous avons à les constituer, nous avons à les développer.

Luc : Un autre élément, qui me semble assez important, et qui dérive de ce modèle disciplinaire. On voit que, dans le modèle disciplinaire que décrit Foucault, on a un décalage dans les droits. C’est-à-dire que comme on a, en gros, les personnes qui sont l'objet de la surveillance qui ne peuvent pas parler entre elles, et des personnes qui les surveillent, on a une sorte de déséquilibre entre ceux qui peuvent s'exprimer et ceux qui ne peuvent pas. Dans le monde pré-Internet, si vous vouliez vous adresser à l'ensemble de la population, c’était très compliqué parce qu'il fallait passer à la télévision ou à la radio, ou réussir à publier quelque chose et c’était, en soi, très difficile. Aujourd'hui, on voit des choses qui se réinstaurent et Benjamin Bayart a été, quand il a fait sa conférence sur la « minitelisation » de l'Internet, a eu vraiment le nez creux puisqu'aujourd’hui, avec le monde Apple, on est vraiment là-dedans, et on a quelques affaires qui montrent qu'il y a cette volonté de remettre en place un univers où il y a ceux qui ont le droit de parler et ceux qui n'ont pas le droit de parler. Il y a une affaire qui commence à dater de quelques années maintenant, c’était aux débuts de l'iPod, il y a un dessinateur qui s'appelle Mark Fiore, qui est dessinateur, qui faisait des dessins parodiques dans des journaux, qui a voulu faire une application pour qu'on puisse voir ses dessins, et Apple lui a dit « il est interdit de se moquer des gens, c'est dans les conditions d'utilisation du service, donc votre application est refusée. » Ça date de 2006, ça commence à être un peu vieux. Il s'avère que ce type-là a eu le prix Pulitzer pour ses dessins et donc Apple est revenu sur sa décision en disant « Bon, si vous avez le prix Pulitzer, vous pouvez. » Donc, on arrive par ces systèmes de contrôle dans des univers où il y a ceux qui ont le droit et ceux qui n'ont pas le droit. Donc, avec ces systèmes de contrôle et ces déséquilibres qui sont assez symptomatiques de l'univers disciplinaire.

Véronique : Pour faire le lien, puisque nous allons arriver à la figure de Snowden : c'est vrai que si on avait à résumer ce que Foucault, dans un contexte on va dire pré-numérique, il est mort, donc, en 1984, il n'a pas su quel développement Internet allait prendre dans nos vies : il a beaucoup insisté sur la notion d'homme visible. Nous sommes devenus des hommes visibles, translucides. Si tel est le cas, quelles démarches pour essayer de sauvegarder quelque chose qui soit, on pourrait dire, les contours de l'intime ? Qui soit cette possibilité de se protéger, de pouvoir éventuellement changer ? De pouvoir construire en nous-mêmes une identité qui va être amenée à effacer des éléments, à se reconfigurer autrement. Alors là, je pense à la dernière campagne de l'April qui, sur des mugs, il y a eu des flyers, il y a eu différentes choses, qui représentait deux individus, un être masculin, un être féminin, totalement mis à nu. Et était écrit le nom de « Backdoor » et le nom de PRISM. Alors que celui qui constatait à quel point ils avaient été démunis de toute dimension privée était protégé par des logiciels libres. Et PRISM, donc, tu vas nous en parler, Luc, est ce de quoi Snowden a apporté des preuves.

Luc : Ça nous renvoie à Snowden, vous en avez nécessairement entendu parler, enfin je suppose. Donc, Edward Snowden, né en 1984, a révélé au monde, au travers de ses fuites, l'ampleur de la surveillance mise en place par la NSA. On s'en doutait un petit peu, d'autres avaient entendu parler d’Échelon, mais ça a quand même été une surprise considérable, parce qu'on ne pensait pas que c’était à ce point-là. Il faut penser qu'aujourd'hui, Snowden ça date s'il y a deux ans trois ans, qu'on peut supposer que la NSA n'est pas restée inactive depuis. Ça a démontré également le lien entre une surveillance de type « Hard Power », parce que la NSA, on peut supposer qu'elle utilise ces informations contre le terrorisme, et donc, de fait des gens peuvent mourir derrière. Mais on sait également qu'elle fait de l'espionnage derrière : Angela Merkel a été espionnée par la NSA, par exemple. Ce n'est pas pour lui mettre une bombe sur la tête, c'est pour des raisons diplomatiques et également pour tout ce qu'on peut faire de sympathique avec de l'espionnage.

Il y a cette idée également que la NSA archive les données. Donc, même si l'espionnage n'est pas utilisé immédiatement, on a des gens, beaucoup de personnes dont des informations sont stockées et dès lors que ces personnes vont être en position de décider, on a potentiellement des choses compromettantes sur elles. On sait que la NSA pratique, donc, la politique des « Three Hops ». C'est qu'on s'intéresse à des personnes, et à trois niveaux de relations autour de ces personnes. Ce qui fait beaucoup de monde. Si vous connaissez quelqu’un qui connaît un ministre par exemple, ou un grand chef d'entreprise, vous êtes dans le spectre des personnes surveillées.

Autre truc, et qui revient sur cette question de voir sans être vu et de violer les frontières de l'intime : Snowden expliquait, par exemple, que chez les analystes comme lui, il était de bon ton de partager les photos piquées sur les ordinateurs à droite et à gauche, et les photos intimes de gens qui se prennent tout nus ou en train de faire des trucs, ce qui les regarde. Et que ça faisait partie des à-côtés positifs du travail, puisque dans ce boulot, ce sont essentiellement des jeunes hommes qui le font. Et donc, dans les cotés positifs du boulot, c’était de se partager les photos qu'on avait trouvées à droite, à gauche, en montrant que tout ce travail de surveillance, prétendument fait pour le bien de la sécurité nationale américaine, a toute une série d'à-côtés qu'on ne souhaite pas. Et on imagine que si ces gens-là peuvent le faire alors dans un service hébergé, des administrateurs peu regardants peuvent le faire également.

Il y a un élément qui a été fait, qui était une comparaison pour prendre un peu la mesure de la surveillance. On a ici sur ce carré-là les armoires de classement de la Stasi, donc, la célèbre police politique de l'Allemagne de l'Est, donc, qui représente 0,019 km² ; on parle bien sûr d’archives papier, donc tout ce qu'ils avaient pu mettre en fiches, etc., des photos, des machins, pour espionner leur population. Et à côté de ça, ils ont fait un calcul, une estimation de ce que ça représentait si la NSA mettait ses archives sous forme papier et vous voyez que l'échelle n'est pas tout à fait la même. On part à peu près du Champ-de-Mars et on va jusqu'à un détroit quelque part en Afrique et on voit l'ampleur du phénomène, donc c'est assez spectaculaire.

Public : Et on n'a pas su le nombre de personnes qui étaient surveillées.

Luc : Voilà, et on a effectivement des millions, si ce n'est des milliards de personnes qui sont fichées, et ça change beaucoup de choses.

Véronique : Oui. À propos donc de ces armoires qui sont ici visualisées, donc s'il y avait dossiers papier, je pense qu'il y a deux éléments qui sont très importants dans ce de quoi a parlé Snowden et dans ce de quoi il continue à parler, puisque progressivement les éléments arrivent et sont lus. C'est, d'une part, la dimension du potentiel. C'est-à-dire qu'une fois que, par des filets dérivants on a récolté un nombre considérable de données sur qui que ce soit, puisque donc, au nom du peuple américain, il y a surveillance de qui que ce soit, où que ce soit, dans la mesure du possible, heureusement les moyens de la NSA sont limités, vous avez un archivage, une « congélation », qui permettra, le temps venu, d'aller à la pêche. Supposons que telle personne se mette à sortir du lot, à vouloir tenter tel type de construction ou telle démarche, épée de Damoclès, après coup. Et là, on passe du potentiel au réel. On va pouvoir chercher la donnée intéressante. Donc, l'idée, c'est qu'on travaille dans la dimension du possible.

Deuxième élément, c'est la notion, alors là vraiment, cette photographie trouvée par Luc est très claire à cet égard, ce qui est intéressant c'est la notion de moyens disproportionnés. Parce qu'en effet, on peut toujours dire à un peuple « je prends des précautions pour que rien de mal n'arrive », ou « je vais en sorte, s'il y a quelque chose à déjouer, d'avoir tous les éléments en main pour le faire » À ceci près que la notion de moyens disproportionnés, sur lesquels aussi bien les journalistes du « Guardian » et du Washington Post qui ont reçu le prix Pulitzer pour avoir transmis les premières informations de Snowden ont insisté, c'est que, il y a ici, visiblement, un champ d'action qui est sans commune mesure avec tel domaine que, c'est bien normal telle sécurité de tel pays, qui fait son travail, couvre.

À propos de cette notion de moyens disproportionnés, il me semble assez intéressant de faire le lien entre certaines déclarations de Snowden lorsqu’il parle de révélations qui sont de l'ordre de l'éthique - il ne peut pas ne pas en faire état - et certains textes des pères fondateurs des États-Unis. Ce qui est assez extraordinaire, par exemple vous avez Snowden qui parle du « droit des citoyens à la vérité et à la valeur de la vie privée ». Si vous lisez des textes de Jefferson, qui est l'un des pères fondateurs des États-Unis, vous avez ici l'hypothèse que « la liberté licite et l'action non entravées selon notre volonté, dans les limites dessinées autour de nous, je n'ajoute pas dans les limites de la loi, parce que celle-ci n'est souvent que la volonté du tyran et il en est toujours ainsi quand elle viole les droits des individus. » C'est Jefferson qui écrit ce texte, et vous avez souvent des analogies entre les déclarations de Snowden et la déclaration des pères fondateurs des États-Unis d’Amérique.

Luc : C'est notamment ce que Richard Stallman fait. Il signe, dans la signature de ses mails, il met, il introduit des messages à destination des agents de la NSA. Et je crois que tu as la citation. Je te laisse la dire.

Véronique : Je vais vous dire, donc je traduis, là. En tête de chacun de ses mails, voici ce qu’écrit Richard Stallman : « À tout agent de la NSA ou du FBI qui, par hasard, serait en train de lire cet e-mail, s'il vous plaît, considérez à quel point défendre la constitution des États-Unis contre tous ses ennemis, intérieurs ou extérieurs, requiert de vous que vous suiviez l'exemple de Snowden. » C'est-à-dire que lui-même se réfère, fait le lien, entre l'après Snowden et le moment où les États-Unis se construisent, dans des thématiques héritées des Lumières, des thématiques de liberté, des thématiques de grande attention à l'autonomie des sujets.

Alors, si j'avais à faire référence à deux textes forts de Richard Matthew Stallman, donc, le fondateur du projet GNU, qu'il lance en 1983, qu'il commence à réaliser en 1984, ce serait, par exemple, un texte qui s'appelle « Le droit de lire ». Le droit de lire, parce que lire, c'est ce qui touche à la constitution la plus importante de notre être. Parce que lire, c'est, d'une certaine façon, se construire. C'est pouvoir avoir un rapport aux autres, au monde et à soi-même. Dans « Le droit de lire », vous avez des références à une autre forme de roman d’anticipation, c'est le « Fahrenheit 451 » de Bradbury. Dans ce texte de Bradbury, il est question de l’autodafé, et même si c'est un autodafé (donc, un autodafé, ça vient, étrangement, d'une expression qui veut dire acte, auto-da-fé : acte de foi. Quand ça ne sont que les livres, c'est très bien. Giordano Bruno, c’était aussi lui-même, en 1600.
On va brûler des livres, si ça se passe bien, peut-être pas l'auteur. Dans « Fahrenheit 451 », on brûle des livres, on brûle tous les livres. Et ceux qui veulent continuer à avoir le droit de lire, de se nourrir d’œuvres culturelles, aussi bien les constitutions, aussi bien les fondamentaux, vont apprendre par cœur, chacun, un livre. Le seul moyen, c'est d'arriver à une forme de bibliothèque vivante.
Ce qui est assez intéressant, c'est qu'après l’affaire Snowden, vous avez de la part de Richard Stallman une recommandation d'essayer d'éparpiller les données. Il faut essayer d'éparpiller les données, il faut essayer de faire en sorte que les filets dérivants ne trouvent pas tout d'un seul coup, sur un seul site. Et moi, je ferais volontiers le lien entre cette appropriation, alors, dans la fiction de Bradbury, intime, de phrases entières : « Et les mots murmurent en eux. » Et les stratégies que trouve progressivement la philosophie GNU, le mouvement GNU, pour faire en sorte que la dimension intime, qui a besoin d’œuvres, qui a besoin de textes, parce que nous avons aussi une identité symbolique, puisse continuer à être.

Le deuxième texte dont je parlerai, de Richard Stallman, c'est un texte d'octobre 2013, aussi un texte très très important, qui s'appelle « Quel degré de surveillance une démocratie peut-elle endurer ? », et là, se pose la question, on en parlait tout à l'heure, des moyens disproportionnés et de comment concilier la sécurité d'un territoire et le droit, tout simplement, d’être, le droit de se développer.

Luc : On va finir rapidement parce sinon on va déborder, il n'y aura pas de temps pour les questions. Ce que je trouve intéressant, dans l'informatique libre, le logiciel libre, c'est qu'on a nos quatre libertés : la liberté d'étudier, liberté d'exécuter le code, d'utiliser pour ce qu'on veut, de le modifier et de le redistribuer. Et on peut avoir une lecture de ces libertés comme une forme d'antidote, de déconstruction de la discipline et de la surveillance. On voit que dans le modèle décrit par Foucault sur lequel on s'est penché tout à l'heure, et par cette surveillance par la NSA, qui serait une sorte d'héritage moderne de cette discipline, dès lors qu'on a le droit d'étudier les codes et qu'on a accès au code source, on peut savoir qu'est-ce qui se passe réellement, comment les logiciels fonctionnent, comment ils vont restituer l'information. Il y a une notion très importante chez Foucault qui est l'examen, c'est-à-dire que ce soit un examen scolaire, un examen médical, c'est produire un savoir, des données sur les gens. Et, bien entendu, en général et dans l’idéal de la discipline, on n'a pas accès à ces données-là, on ne sait pas comment elles ont codées. Or quand on a la liberté d’étudier, qu'on a des formats ouverts, on va complétement à l’encontre de cette logique-là.

Quand on a la liberté d'utiliser un logiciel ou un système informatique pour ce qu'on veut, ça veut dire que c'est notre projet qui va primer sur le reste et donc cette liberté nous permet de mener les projets que l'on souhaite faire. Et pas d'obéir et d’être dans la lignée de ce qu'une autorité a décidé qu'on devait faire. Il y a, chez Foucault et dans la discipline, justement, tout ce « Soft Power », ce truc qui va pousser les gens à agir de telle ou telle sorte. Si vous voulez un exemple moderne, que vous croisez tous les jours, de discipline, c'est la caissière de votre supermarché. Elle est assise, les trucs arrivent dans un seul sens ; le temps qu'elle passe pour passer les articles, etc., tout ça, il y a des statistiques qui sont faites dessus et derrière, il y a tout un système qui est là pour contrôler son travail mais également pour contrôler votre consommation, etc. Dès lors qu'on a la liberté d'utiliser pour ce qu'on veut, on casse complètement cette volonté d’emmener les gens dans une direction.

Liberté de modification, c'est l'appropriation. Vous avez des dispositifs techniques qui sont là. Bien entendu, sur le modèle de la prison du panoptique, il est hors de question que le prisonnier modifie la prison, forcément. On en parlait tout à l'heure, il y avait eu des velléités d'un site où on pouvait noter les profs, ce qui a fait des tollés énormes. Là encore, on est dans la discipline : il est hors de question de s’approprier l'école. Les élèves sont là dans une ligne droite. Dans le logiciel libre, on a cette idée de s'approprier les outils, de les modifier et non pas de changer, nous, pour s’adapter à une discipline et à une autorité, mais au contraire d'adapter les outils à nos besoins et à nos envies

Et, bien sûr, la redistribution, avec, derrière, le travail en commun et ce genre de choses, va complètement casser cette individualisation qu'on a, toujours dans cette prison, où les prisonniers ne se parlent pas, ne discutent pas entre eux. Et donc, voilà. Donc, l'informatique libre par rapport à cet usage qui nous pend au nez, et qui est déjà bien en place d'une informatique qui serait une ultra discipline. L'informatique libre est une voie, un fork possible qui nous permettrait de prendre nos distances avec ça.

Véronique : Je dirai simplement, pour apporter aussi ma conclusion, avant des questions que j'espère nombreuses, que c'est surtout la notion de droit de regard là qu'on a travaillé. Droit de regard à préserver. J'ai parlé, tout à l'heure, d'une éthique de pacotille. Croire, alors ça c'est l'alibi, que si on surveille, on va rendre moral. Moi ce que je retiens de la philosophie GNU, du travail de Richard Stallman, c'est l'éthique. C'est la rigueur véritable de ce qu'il fait. Et ce n'est pas seulement l'informatique, parce que l'informatique touche à toute la vie. L'informatique, c'est la vie même. C'est qu'on va essayer de faire en sorte, par les logiciels qui sont développés, que non seulement on puisse choisir de garder pour soi, mais de partager quand on le veut. Et, je dirai en conclusion que c'est à nous de voir. Et, c'est seulement à nous de voir.

Si vous avez des questions, nous sommes prêts.

Public : Oui, c'est un petit complément. Donc vous parlez beaucoup de la NSA. Je voudrais juste faire remarquer : il y a environ un an maintenant, le gouvernement français a fait passer une nouvelle loi de programmation militaire, qui donne aux renseignements militaires mais aussi aux renseignements de l'Intérieur, la DCRI, qui serait plus ou moins la NSA chez nous, les mêmes droits que la NSA. Et qu'à l'heure actuelle, on sait très bien que les renseignements français, civils ou militaires, échangent avec les renseignements américains, civils et militaires, de nombreuses informations, officiellement dans le cadre d’Interpol, officiellement dans le cadre de l'OTAN. Il ne faut pas, peut-être, que jeter la pierre aux Américains.

Luc : Merci. Oui, tu as tout à fait raison et effectivement, on parle beaucoup de la NSA parce qu'on a des informations, mais il y a des tas de trucs très louches qui se passent en France. Il faut voir du côté de l’Allemagne, actuellement : c'est passé la semaine dernière. Ils ont mis en avant l'idée que sur les secteurs importants de l'économie allemande, ils voudraient forcer les fournisseurs à donner le code source des logiciels, parce qu'ils ont été pas mal échaudés. Et, autant en France cette affaire-là n'a fait aucun bruit, probablement parce que, tu as raison, on fait à peu près la même chose, autant en Allemagne il y a des vraies réactions face à ça.

Public : Je voudrais dire qu'au niveau des matériels militaires, l'armée a l'accès au code source.

Luc : Oui. Mais enfin là c’était par rapport à d'autres trucs qui ne sont pas nécessairement militaires. Est-ce qu'il y a d'autres questions peut-être ?

Public : Dans vos exposés, il s'est agit de mettre en relief ce qui pourrait se poser à ce pourquoi nous sommes là aujourd'hui, tout au moins pour moi peut-être. Je n'ai installé un système Ubuntu qu'il y a trois jours. Vous voyez ! Donc, les systèmes de sécurité ou d'insécurité m’interpellent. Alors, une question brutale : comment s’assurer que ce je vois ici, Ubuntu, serait moins à dénoncer que ce dont on vient de parler, ici en France ou à la NSA. Je ne suis pas spécialiste des codes logiciels, mais je peux penser que, si vous le dites, chacun peut faire ce qu'il en veut et le redistribuer. Oui, mais qui me dit que celui qui va me le distribuer n'aura pas mis juste ce qui permettra à la loi de programmation militaire de s'appliquer ?

Luc : C'est une excellente remarque. Le principe, dans l'informatique et dans l'informatique libre, c'est que quoi qu'on fasse, même si on est techniquement très pointu et très compétent, on est obligé de faire confiance à un moment ou à un autre à quelqu'un. Ne serait-ce qu'on va sur Internet, on a un fournisseur d'accès. Le fournisseur d'accès peut, s'il le veut, récupérer plein d'informations, nous surveiller, etc. On utilise un ordinateur, le hardware lui-même, et la NSA le fait très bien, qui peut avoir des dispositifs de surveillance ; c'est le cas effectivement, dans certains cas. Dans le domaine de l'informatique libre, j'aime bien faire la différence entre informatique et logiciel libre. Pour moi, l'informatique libre va du matériel jusqu'aux données et c'est toute une chaîne. Et, si on a effectivement tous les maillons de cette chaîne-là, on commence à être solide. Le logiciel est un des maillons de la chaîne, c'est pas là que c'est parti, mais il faut tout. C'est pour ça que le travail de la Quadrature est super important, etc, et aujourd'hui au niveau du matériel, par exemple, on n'a quasiment rien.

Donc ce n'est pas magique. La différence avec du Logiciel Libre, c'est que le code est ouvert, qu'il y a potentiellement des gens qui peuvent regarder et que de fait il y a des gens qui regardent. Après ça, il y a des contre-exemples : il y a des trucs, par exemple OpenSSL, qui est une brique technique, qui est utilisée pour sécuriser l'accès à des sites Internet. On a découvert une faille monstrueuse, il y a quelques mois. La moitié des sites internet, probablement, sur terre, utilisent ce machin et c'est passé complètement à l'as. Et, effectivement, on peut avoir des gens qui sont de mauvaise volonté. J'avais vu, il y a quelques années, un site qui propose des logiciels en téléchargement. Il y avait des logiciels libres et ils étaient intégrés dans un installateur qui rajoutait de la pub. Donc, si on allait chercher le logiciel libre au niveau du projet, on n'avait pas cette pub-là ; si on allait sur ce site-là, on se retrouvait avec de la pub.

Le truc, c'est une question de confiance. C'est qu'on peut aller voir les gens. On peut, potentiellement, aller regarder, si on a les compétences. C’est du potentiel. Ce sont des communautés de gens qui travaillent ensemble, qui peuvent regarder comment c'est fait, qui ont les moyens, et disons que c'est du potentiel à pouvoir connaître les gens. Par exemple, vous avez des gens de la communauté Ubuntu qui sont là aujourd'hui. Si vous avez un Windows, vous allez avoir du mal à rencontrer les développeurs de Windows. Je sais que la communauté francophone Ubuntu a fait, il y a eu des fonctions qui ont été critiquées sur Ubuntu qui ont été faites par Canonical. Et la communauté francophone Ubuntu a fait des versions d'Ubuntu, ils ont viré ces fonctions, en disant : « Nous, on aime bien Ubuntu et on ne veut pas de cette fonction qui ne nous plaît pas donc on va faire notre propre version. » Donc ce n'est pas magique, mais il y a moyen. En tout cas, on a plus de pouvoirs, plus d’outils, que par ailleurs.

Public : Bonjour. Juste pour rebondir sur l'aspect sécurité, en fait. Le Logiciel Libre, c'est une pensée, c'est une philosophie, c'est ce que vous avez expliqué. Maintenant, le fait de dire que le Libre va nous empêcher d'avoir une surveillance constante, à mon avis, là, vous faites fausse route. Pourquoi ? Parce que tous les ordinateurs qu'on utilise sont faits par des fabricants. Fabricants de processeurs comme Intel, comme d'autres choses comme ça, de cartes mères, dont on s'aperçoit qu'il y a certaines puces qui sont fixées dessus où il y a certaines programmations, au sein même des processeurs où il y a ce qu'on appelle des ''backdoors''. Autrement dit des portes d'entrée qui laissent la possibilité à un tiers, à distance, de pouvoir entrer dans nos ordis. Donc, que vous utilisiez Ubuntu ou que vous utilisiez Windows, même si les failles sont bien moindres dans un Linux que dans un Windows pour différentes raisons techniques, elles seront toujours présentes au niveau hardware. Donc, dire qu'en mettant Ubuntu, mes informations personnelles risquent de ne pas être scannées ou récupérées par un tiers, est faux.

Luc : C’est plus ça que par rapport à la question tout à l'heure, je faisais la distinction entre informatique libre et logiciel libre. Il y a des ''backdoors'' logicielles, donc elles existent, donc déjà se prémunir de ces ''backdoors'', c'est un premier pas. Et après ça, effectivement cette question du matériel est fondamentale et, aujourd'hui, on n'a quasiment rien et c'est pour ça que, pour moi, cette notion est importante. Et, par rapport à l’informatique libre et au Logiciel Libre, la force de Stallman c'est d'aller de la philosophie jusqu’à la réalisation. Stallman a posé les principes, ensuite il a fait des licences, donc des outils juridiques, et ensuite il a fait du code. Et, à l'April on parle bien d'informatique libre et pas de code source d'open source, donc on parle bien de liberté des utilisateurs. Nous, on est concentrés plus sur le logiciel, parce que, historiquement, c'est notre sujet. Mais, on va dire : « Aller sur Facebook : Facebook utilise massivement des logiciels libres pour faire tourner ses services. » Ça n’empêche que, quand on y va, on les utilise, on est prisonnier. Donc en tant qu'utilisateur, par rapport à l'idéal de liberté de l'utilisateur, on est foutu. Et, cette problématique du matériel est clairement là et c'est quelque chose sur lequel on n'a probablement pas assez communiqué pour le moment, mais effectivement, aujourd'hui, on a une faille énorme de côté-là et l'Europe est complètement dépendante des États-Unis, de la Chine là-dessus. C'est très juste. Mais à mon sens, on gagnerait à la placer dans une vision et dans un programme d'informatique libre qui engloberait le matériel, le logiciel, les réseaux et également les données.

Public : Merci pour votre réponse. J'aurais juste une autre remarque, en fait, à vous faire part. Pensez-vous sincèrement que le Logiciel Libre, en tant que tel, dans une société ultra capitaliste comme la nôtre, ait sa place ? Dans la mesure où j'obfusque ce que je fais parce que j'ai un business derrière et que si jamais je retranscris réellement mon travail, moi capitaliste, j'ai ma société, potentiellement, l'avantage que j'avais par rapport à mes concurrents risque de ne plus être là si jamais je donne réellement.

Luc : Le principe de partage et de contribution est très largement en place, et il marche extrêmement bien. Si vous allez sur le site de la Fondation Linux et que vous allez voir qui sont les membres Platine, vous avez IBM, HP et des grosses boîtes comme ça. Facebook, par exemple, a mis en place un truc pour partager ses trucs et astuces pour gérer ses data centers monstrueux et tout ça. Donc, les grosses boîtes ont parfaitement compris l’intérêt à travailler ensemble et du code ouvert, elles en font ; IBM a commencé il y a dix ans. Donc, aujourd'hui je serais tenté de dire le Logiciel Libre, c'est du logiciel qui est trop bien pour le grand public. Le capitalisme a parfaitement su s'adapter et on a des gens, enfin des grosses boîtes, capitalistes, qui marchent la main dans la main. Microsoft a déclaré, cette semaine ou la semaine dernière, qu'ils aimaient Linux. En gros, ils ont admis leur défaite et donc ils sont parfaitement capables de le faire. Aujourd’hui, la différence se joue sur la capacité d'organisation. Ces grosses boîtes ont des moyens très importants, s’organisent entre elles pour être plus efficaces, etc., et la partie Libre, donc de liberté de l'utilisateur, ce n'est pas leur problème. Et donc, c'est pour ça qu’aujourd’hui, le sujet de l'informatique libre reste totalement pertinent par rapport aux utilisateurs. Et on a, par ailleurs, toujours par rapport à cette question de l'argent, on a quand même un paquet de PME en France qui sont des sociétés de service, qui ne sont pas dans l'enfermement de leurs utilisateurs ou des choses comme ça, et qui arrivent à travailler avec du logiciel libre. Et on a cette idée du Libre qui n'est pas gratuit, qui est une des pierres angulaires du logiciel libre et qui permet à la fois de travailler dans le sens de la liberté individuelle mais sans s'opposer nécessairement à l'activité économique.

Public : Merci.

Luc : Je pense qu'on a peut-être fini. Il est 15 heures 30 pile, il va falloir qu'on laisse la place.

Véronique : Merci pour votre patience.

Applaudissements.

Luc : Si vous voulez discuter, on est sur le stand April, si vous avez des questions, si vous voulez discuter, ce sera avec plaisir.

Google est-il une menace pour nos libertés individuelles? Adrienne Charmet sur Europe 1

Le 22 December 2014 à 21:30:59


Présentation

Titre : Google est-il une menace pour nos libertés individuelles ?
Intervenant : Adrienne Charmet - Maxime Switek
Date : Décembre 2014
Lieu : Europe 1 - Émission "La question qui fâche"
Durée : 5 min
Lien vers la vidéo.

Transcription

Voix féminine : Google mis au banc des accusés. Six pays européens ont lancé des enquêtes et ont décidé d'aller fouiller dans les pratiques du géant américain. Nos données personnelles sont-elles bien protégées ? Google menace t-il notre vie privée ? C'est la question qui fâche sur Europe 1 ce matin.

Maxime Switek : Et pour y répondre, Adrienne Charmet est avec nous en studio. Bonjour.

Adrienne Charmet : Bonjour.

Maxime Switek : Vous êtes la porte-parole de la [http://www.laquadrature.net/fr Quadrature du Net] qui est une association de défense des droits des citoyens sur Internet. Vous utilisez Google vous ?

Adrienne Charmet : Le moins possible et quasiment plus jamais.

Maxime Switek : Pourquoi ?

Adrienne Charmet : Parce que Google est une entreprise qui fait son commerce sur mes données personnelles et sur ma vie privée, donc je ne souhaite pas continuer à lui servir de fonds de commerce.

Maxime Switek : Alors pour qu'on s’entende bien, qu'on comprenne bien ce dont on parle, nos données privées, nos données personnelles, qu'est-ce que c'est exactement ?

Adrienne Charmet : Alors il y a les données personnelles, les informations qu'on peut mettre, c'est tout ce que vous allez écrire sur Internet, tout ce qui concerne vos informations qui peuvent vous identifier : votre nom, votre numéro de téléphone, votre adresse mél. Il y a plein d'autres données personnelles qu'on ne met pas sur Internet, le numéro de sécu, etc. Mais ce que vous allez en général poser sur Internet ça va être tout ce qui permet de vous identifier, votre adresse, etc. Et puis, de plus en plus, ce qu'on fait rentrer dans les données personnelles, c'est votre profil d’internaute : ce que vous achetez, ce que vous allez visiter.

Maxime Switek : Nos habitudes.

Adrienne Charmet : Voilà, vos habitudes de visites de pages Internet, d’achats, d’intérêts, tout ce qui fait toute votre vie en ligne, en fait.

Maxime Switek : Et tout ça Google les aspire ?

Adrienne Charmet : Google les aspire parce que c'est comme ça qu'il fonctionne. Sa manière de se rémunérer, c'est de vous profiler, de cibler ce que vous aimez, ce que vous voulez, ce que vous désirez. Il commence à connaître vos habitudes, et puis, à partir de ça, il va construire un Internet qui va vous convenir, enfin selon Google, c'est-à-dire vous proposer des publicités vers ce que vous voulez, vous orienter vers les résultats de recherche que vous voulez.

Maxime Switek : J'imagine que vous avez lu la Une de l'Obs cette semaine, « Faut-il avoir peur de Google », vous répondez quoi ?

Adrienne Charmet : Moi je pense que soit on a une saine peur, soit on n'a pas peur. Moi je n'ai pas peur de Google, je sais qu'il faut que je m'en débarrasse et je sais qu'il y a d'autres alternatives qui me respectent mieux et qui respectent mieux ma vie privée. On peut dire qu'on peut en avoir peur dans le sens où ça doit nous faire changer d'habitudes. Mais en réalité on n'a pas besoin d'en avoir peur parce qu'on a tout ce qu'il faut pour pouvoir fonctionner avec des alternatives beaucoup plus respectueuses.

Maxime Switek : On va parler des alternatives dans un instant. Mais d'abord est-ce que Google ne fait pas office de bouc émissaire parce que c'est le plus gros, donc vous le critiquez et vous lui tombez dessus, mais les autres font pareil !

Adrienne Charmet : Alors on va tomber sur les autres aussi ! Ce n'est pas un problème !

Maxime Switek : Voilà. On est d'accord.

Adrienne Charmet : Vous pouvez tomber sur Amazon qui fait exactement la même chose et qui vous profile. Alors c'est très agréable d'avoir des suggestions qui vous conviennent, mais Google vous profile exactement de la même façon. Apple est un monde complètement fermé, Microsoft également. Toutes les entreprises qui ont pour principe de faire commerce et de vivre avec vos données, en vous gardant enfermé dans leur monde, sont, par principe, à questionner et, si on peut, à éviter, à remettre en question, d'autant plus qu'on sait, depuis les révélations de Snowden, qu'elles ont des portes [dérobées]. La NSA, les services secrets américains peuvent brancher directement leurs tuyaux dessus pour aller espionner à peu près tout le monde.

Maxime Switek : Est-ce que la première chose à faire ce n'est pas de se méfier de notre propre comportement sur Internet ? En réalité cette question des données personnelles, on va se la poser cinq minutes, on va se demander ce que notre ordinateur envoie comme infos, et puis après on oublie, on surfe ! On ne lit jamais, par exemple, les conditions d'utilisation de Google.

Adrienne Charmet : Oui parce qu'elles sont aussi faites pour qu'on ne les lise pas !

Maxime Switek : Oh, c’est un simple clic. Je suis allé vérifier ce matin !

Adrienne Charmet : Tout à fait et derrière ce sont quarante cinq pages de contrat !

Maxime Switek : Pas autant !

Adrienne Charmet : Oui, on doit remettre en cause nos propres comportements. En revanche, je ne pense pas qu'on puisse dire que c'est toujours de la faute de l'internaute. Il y a aussi des pratiques de ces entreprises qui ne sont pas saines ; on est resté sur un modèle économique qui part de l'utilisateur et de tout ce qu'on va pouvoir vendre à l'utilisateur, alors qu'il y a probablement d'autres méthodes de se rémunérer qui sont plus respectueuses de son client.

Maxime Switek : Comme quoi ?

Adrienne Charmet : Les méthodes pour se rémunérer ? Ça peut être, de plus en plus dans les alternatives, l'internaute comprend qu'il va devoir payer pour avoir accès à un service, s'il veut s'héberger lui-même et ne pas héberger toutes ses données chez Google, il va payer, etc. L'illusion que tout est gratuit est une mauvaise illusion ; c'est le modèle de la publicité classique qui ne peut pas forcément continuer sur Internet.

Maxime Switek : Les alternatives ? Vous, vous réussissez aujourd'hui à vivre sans Google et, j'allais dire, sans les autres géants américains d'Internet ?

Adrienne Charmet : Oui, globalement. Alors il y a tout ce qui concerne le Logiciel Libre qui prend de multiples formes. C'est beaucoup moins simple que de dire il y a Google ou il y a Apple.

Maxime Switek : C'est ça.

Adrienne Charmet : On est, du coup, dans une multitude, une myriade de projets.

Maxime Switek : Il faut être un peu plus formé.

Adrienne Charmet : Il faut être, peut-être, plus formé plus informé, aller chercher l’information pour le coup. Si on dit qu'on est responsable, si on se laisse avoir par Google, eh bien on va être responsable si on va chercher des informations. On va avoir, si on passe à côté des logiciels libres, on a toutes des alternatives décentralisables d'à peu près tous les réseaux sociaux. Les moteurs de recherche, également, il y en a qui ne vous pistent pas, qui ne vous traquent pas.

Maxime Switek : Mais comment on le sait ça ?

Adrienne Charmet : Qu'ils ne vous pistent pas ?

Maxime Switek : Eh bien oui. C'est écrit dessus ?

Adrienne Charmet : De la même façon que pour Google, vous avez des conditions d'utilisation qui sont censées respecter votre vie privée.

Maxime Switek : Google fait des efforts. On revient à Google, le droit à l'oubli par exemple. On peut demander aujourd'hui à retirer certaines pages d'Internet qui nous gênent.

Adrienne Charmet : Oui. Ça pose d'autres problèmes, avec un Google à 90 % de parts de marché, ça veut dire que, sans jugement, sans intervention judiciaire et sans aucun contre-pouvoir, c'est Google qui décide de ce qui doit apparaître ou pas sur Internet et ce qui reste ou pas dans la mémoire humaine. C'est probablement une grosse erreur de la justice européenne d'avoir demandé aux moteurs de recherche de faire ça. On a maintenant un Google juge de la mémoire.

Maxime Switek : Et l'Europe qui met du temps aussi. On sait que la loi, le texte européen sur les données personnelles ne sera prêt qu'à la fin de l'année prochaine, fin 2015. Merci Beaucoup Adrienne Charmet. Merci à vous. Je rappelle que vous êtes porte-parole de la Quadrature du Net. Merci d’être venue en direct ce matin sur Europe 1.

Adrienne Charmet : Merci.

bsibaud.png Benoît SIBAUD

Dons aux associations, épisode 3

Le 22 December 2014 à 17:54:13

J'avais déjà publié deux dépêches sur le même sujet fin 2011 et fin 2013, et j'ai par la suite eu des retours de diverses associations sur des dons suscités. Cette année encore je vais rappeler l'importance de faire des dons aux associations. Et des messages comme celui de Philippe Aigrain (« On a fait les comptes à La Quadrature du Net. Et ce n’est pas de la blague. On va fermer boutique. Pas dans un an, dans 2 semaines. », qui a fait réagir et a permis à LQDN de boucler son budget) ou des échos comme « les 18 ans de l'April n'intéressent pas grand monde » m'incitent à republier une dépêche sur le sujet.

Montre ton amour au libre

À nouveau donc, je m'adresse à toi libriste, qui a procrastiné jusqu'aux dernières heures pour faire des dons déductibles des impôts (ou non). Tu t'étais promis toute l'année (et celle d'avant) de soutenir telle ou telle action sur tel ou tel sujet qui te semblait extrêmement important. Citons par exemple quelques associations de promotion et défense du libre, des droits dans l'espace numérique ou de la liberté d'expression, dont les dons sont déductibles en France : Amnesty France, Framasoft, Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Reporters Sans Frontières (RSF), Wikimedia France, etc.

Et comme tu fais vivre les principes du libre, contribues à des projets libres et défends des idées, tu soutiens aussi des associations ne bénéficiant pas de la déductibilité des dons en France (par exemple des associations jugées trop dérangeantes ou trop critiques par le gouvernement… ou des associations européennes ou non). Citons par exemple AFUL, April, Debian France, European Digital Rights (EDRi), FACIL, FFII, FSF, FSF Europe, Léa-Linux, LQDN, OKFN, Toile Libre, Ubuntu-Fr, etc. (notez qu'elles peuvent parfois avoir la déductibilité des dons dans d'autres pays).

    Sommaire

    Précision : la dépêche parle bien de « don » (je soutiens sans rien obtenir à titre personnel), pas de « financement participatif avec contrepartie » (je co-finance en échange de goodies/avantages), les deux étant destinés à des choses différentes. Pour ceux qui ont lu jusqu'ici, un dessin xkcd sur le sujet en récompense (et d'autres images plus loin pour récompenser les libristes patients qui liront jusqu'au bout).

    Pourquoi les associations ayant des permanents ont des besoins récurrents d'argent ?

    Quand une association veut passer de zéro à un permanent ou à un permanent de plus, elle n'a généralement pas en réserve de quoi le payer sur une année complète. Elle prend donc un risque avec une visibilité sur x mois (comme n'importe quel chef d'entreprise), en faisant de son mieux pour que l'argent rentre (le nouveau permanent va « produire », une campagne de communication ou d'appels à don ou autres sera lancée, une subvention sera recherchée, un convention sera signée avec tel ou tel, des goodies seront vendus, etc.).

    Soutenez Framasoft, parce que le libre n'est pas qu'une question de logiciel

    Une association qui ne veut pas s'embêter à rechercher des fonds ou qui ne vise pas à passer le cap du premier permanent n'a pas du tout ce souci et peut être très indolente si elle veut.

    Dès qu'il y a un besoin récurrent de payer des salariés, de payer à date les charges de l'employeur — qu'il faut prévoir à 3 mois s'il faut gérer un préavis de licenciement économique ou pas, etc. cela devient plus compliqué (comme pour n'importe quel chef d'entreprise). Une association militante qui ne prendrait pas de risque financier du tout, ce n'est pas envisageable à mon avis. Toute la question étant de savoir combien elle réussit à faire rentrer d'argent au moment où c'est nécessaire, si elle peut continuer à embaucher pour grossir/faire plus d'actions/faire mieux, si elle doit licencier ou si elle doit stagner/continuer ainsi dans l'immédiat.

    Donc oui, on a toujours l'impression que les associations ayant des permanents recherchent de l'argent (et décembre est particulier car c'est la fin de l'exercice fiscal et traditionnellement la période des dons défiscalisés, notamment côté humanitaire associé aux bons sentiments des fêtes de fin d'année). Et oui en décembre, la Croix Rouge, April, RSF, LQDN, la FSF, Amnesty, Framasoft et bien d'autres font des appels à don.

    Soutenons La Quadrature du Net !

    Petit rappel pour ceux concernés par les impôts en France

    • l'article 200 du code général des impôts prévoit pour un particulier une déduction fiscale de 66 % (réduction d'impôt sur le revenu dans la limite de 20 % du revenu imposable, reportable sur cinq ans en cas de dépassement de ce plafond) des dons vers les associations d'intérêt général ou reconnues d'utilité publique. Ce pourcentage monte même à 75% pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté (dans la limite de 521€, au-delà, on retombe sur les 66%) ;
    • l'article 238bis du CGI prévoit une déduction fiscale de 60 % des dons pour une entreprise (réduction d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés dans la limite de 5 ‰ du chiffre d'affaires hors taxes, reportable sur cinq ans en cas de dépassement de ce plafond) vers les associations d'intérêt général ou reconnues d'utilité publique ;
    • Fiche pratique ServicePublic.fr : « À savoir : les sommes versées à des organismes agréés situés dans un État membre de l'Union européenne, en Islande ou en Norvège ouvrent également droit à la réduction d'impôt. À défaut d'agrément, vous devez justifier que l'organisme poursuit des objectifs et présente des caractéristiques similaires aux organismes situés en France. »

    Exemple pour un particulier : je suis imposable et donne 99 € à l'association XYZ bénéficiant de la déductibilité des dons à hauteur de 66 %. Mon don me coûte en fait (au final) 33 €, j'ai temporairement avancé 66 € qui seront ensuite déduits de mon imposition fiscale (dit autrement, j'ai choisi l'attribution de 66 € du budget de l'État).

    Soutenir Framasoft

    Autres infos :

    Petit rappel pour ceux concernés par les impôts hors France

    Forcément je connais mieux le sujet pour la France, mais voici néanmoins quelques infos glanées pour d'autres pays (et je ne doute pas que les visiteurs compléteront dans les commentaires) :

    Exemple de dons financiers (et parfois de temps)

    « Sacrifier une partie de son revenu pour faire un don à une association, c'est une affaire sérieuse. » (patrick_g)

    Liste non exhaustive de dons financiers ou de temps à des associations du libre ou pour libérer quelque-chose :

    April fête ses 18 ans

    Libreassociation

    Soutien April

    Exemple de dons de matériel / ressources

    Liste non exhaustive :

    Johann "nojhan" - CC-BY-SA-fr, LAL, GFDL

    Diffusion des idées et questionnements autour du don

    Liste non exhaustive :

    Lettre au Père Noël - Clément Clem Quaquin - Licence Art Libre

    Don à une entreprise ?

    Une question un peu annexe ici vu le titre « dons aux associations » mais qui a déjà été posée ici ou sur LinuxFr.org : peut-on faire un don (sans contrepartie) à une entreprise ? Pour prendre deux sites que j'aime bien : il semblerait que Next INpact (SARL de presse) ait opté pour un statut premium (avec contrepartie donc) parce que ce n'était pas possible, alors que Reflets.info (SAS) accepte les dons. Lors d'une recherche rapide précédente, j'avais vu évoquer l'utilisation du compte 7713 « libéralités perçues » du plan comptable, d'un justificatif clair pour la comptabilité (un expert comptable et/ou un notaire sont évoqués), d'une exonération de TVA si aucune vente de bien/service n'est associée ; bref la question des taxes/impôts à payer pour le donateur (60% entre non-parents ?) et l'entreprise n'est pas forcément claire. Cela reste assez flou et hypothétique, et ça mériterait une question aux impôts.

    Lire les commentaires

    debian-france.png Debian France

    Dons Debian France

    Le 22 December 2014 à 16:47:01

    Dons Debian France

    En cette fin d'année, nous tenons à rappeler que l'association Debian France est reconnue d'intérêt général. Ainsi, les donations à destination de l'association peuvent être déduites des impôts.

    Une fois la donation réalisée, pour obtenir un reçu, il suffit d'envoyer un mail au trésorier - <tresorier@france.debian.net> en indiquant votre adresse.

    Formulaire de donation

    april.png Nouvelles April

    Revue de presse de l'April pour la semaine 51 de l'année 2014

    Le 22 December 2014 à 13:37:55

    La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

    En podcast.

    Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 51

    [L'OBS] Start-up: ces "barbares" qui veulent débloquer la France

    Par Sophie Fay, Dominique Nora, Nicole Pénicaut, Donald Hébert, le samedi 20 décembre 2014. Extrait:
    > Ils ont entre 30 et 45 ans. Ils se surnomment eux-mêmes les "barbares". Avec internet, les réseaux sociaux et l'industrie du logiciel, ils bousculent le système...
    Lien vers l'article original: http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20141219.OBS8339/start-up-ces-barbares-qui-veulent-debloquer-la-france.html

    [Next INpact] Ne laissons pas Internet devenir une «zone de non-droit»

    Par Yoann Spicher, le samedi 20 décembre 2014. Extrait:
    > Alors que, par essence, Internet pourrait être le lieu privilégié et concret de l'application réelle de nos droits fondamentaux, nous assistons peu à peu à leur émiettement et à l'apparition de la «zone de non-droit». Ironiquement, alors que cette menace était agitée par une puissance publique prétendant défendre l'intérêt général pour justifier ses tentatives de reprise de contrôle sur un outil lui échappant, c'est finalement sous la forme d'un recul de la capacité des citoyens à faire valoir leurs droits face à l'exercice arbitraire du pouvoir qu'elle se réalise.
    Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/91498-tribune-ne-laissons-pas-internet-devenir-zone-non-droit.htm

    Et aussi:
    [L'OBS] La fin de La Quadrature du Net serait un drame
    [Next INpact] Le gouvernement promet une Agence du numérique pour début 2015

    [Mediapart] Profil de libriste

    Par André Ani, le vendredi 19 décembre 2014. Extrait:
    > Bonjour, c’est Pierre, co-fondateur de IndieHosters. Avec Michiel de Jong, nous avons créé indieHosters il y a 2 mois pour aider les logiciels libres dans le nuages à toucher le grand public.
    Lien vers l'article original: http://blogs.mediapart.fr/blog/andre-ani/191214/profil-de-libriste

    [l'Humanité.fr] Piratage de Sony: la leçon d’un vrai pro

    Par Benoit Delrue, le vendredi 19 décembre 2014. Extrait:
    > L’échange ce matin sur RTL, entre Yves Calvi et le professionnel Benjamin Bayart, éclaire d’un jour nouveau la cyber-attaque de Sony Pictures. Loin des approches belliqueuses et des chagrins de stars, l’affaire révèle un danger pour nos données.
    Lien vers l'article original: http://www.humanite.fr/piratage-de-sony-la-lecon-dun-vrai-pro-560837

    [Next INpact] TISA, l'accord qui menace données personnelles, neutralité du net et exception culturelle

    Par Marc Rees, le jeudi 18 décembre 2014. Extrait:
    > Pourrait-on imaginer un jour Pascal Rogard manifester coude à coude avec la CNIL et les membres de la Quadrature du Net? Ce miracle pourrait avoir lieu au regard des positions américaines exprimées dans le cadre d'un accord de libre-échange nommé «Accord sur le Commerce des Services» (ACS) ou en anglais «Trade in Service Agreement» (TISA)
    Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/91465-tisa-l-accord-qui-menace-donnees-personnelles-neutralite-net-et-exception-culturelle.htm

    Et aussi:
    [LeMonde.fr] Comment la France a laissé la voie libre aux tribunaux privés internationaux

    [01net.] Procès DRM d'iTunes: Apple est déclaré non coupable

    Par C.B., le mercredi 17 décembre 2014. Extrait:
    > Le juge d'Oakland a estimé que la firme à la pomme n'a pas employé de techniques anticoncurrentielles pour vendre ses iPod et de la musique en ligne.
    Lien vers l'article original: http://www.01net.com/editorial/637501/proces-des-drm-ditunes-apple-est-declare-non-coupable

    Et aussi:
    [Next INpact] iTunes et les DRM: Apple n'est pas coupable d'abus de position dominante

    [ZDNet France] La Commission européenne devient contributeur open source

    Par Guillaume Serries, le mercredi 17 décembre 2014. Extrait:
    > Grosse consommatrice de solutions open source, Bruxelles estime que les patches et les nouvelles fonctionnalités conçues au sein de son SI doivent désormais bénéficier à la communauté. Une politique adéquate va être mise en œuvre en 2015.
    Lien vers l'article original: http://www.zdnet.fr/actualites/la-commission-europeenne-devient-contributeur-open-source-39811539.htm

    Et aussi:
    [infos-mobiles] Windows Ballot Screen ne sera plus disponible pour bientôt

    [Blogs LeMonde.fr] Open Models, le livre qui t’ouvre les yeux sur les modèles de l’économie ouverte

    Par Anne-Sophie Novel, le mardi 16 décembre 2014. Extrait:
    > Pour qui souhaite comprendre le point commun entre le constructeur automobile Tesla, le navigateur internet Firefox, l'encyclopédie Wikipedia et la voiture de course de Joe Justice, l'ouvrage collectif Open Models est idéal. Fait de pixel et de papier, il vous plonge dans l'univers encore sous-jacent et pourtant fort puissant de l'économie ouverte. Visite guidée.
    Lien vers l'article original: http://alternatives.blog.lemonde.fr/2014/12/16/open-models-le-livre-qui-touvre-les-yeux-sur-les-modeles-de-leconomie-ouverte

    Note

    Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

    21 December 2014

    Frederic BEZIES

    En vrac’ rapide et dominical.

    Le 21 December 2014 à 13:36:42

    Un petit en vrac’ rapide en ce dimanche qui précède la fête la plus commerciale de l’année.

    Voila, c’est tout pour ce dimanche. D’ailleurs, je compte lever un peu le pied durant la très sincère période des fêtes de fin d’année.

    19 December 2014

    bsibaud.png Benoît SIBAUD

    Dons aux associations (201<3)

    Le 19 December 2014 à 15:56:53

    J'avais déjà publié une dépêche sur le même sujet fin 2011, et j'ai par la suite eu des retours de diverses associations sur des dons suscités. Cette année encore je vais rappeler l'importance de faire des dons aux associations.

    Montre ton amour au libre

    C'est donc à toi, le libriste qui a procrastiné jusqu'aux dernières heures pour faire des dons déductibles des impôts (ou non), que je m'adresse. Tu t'étais promis toute l'année de soutenir telle ou telle action sur tel ou tel sujet qui te semblait extrêmement important. Citons par exemple quelques associations de promotion et défense du libre, des droits dans l'espace numérique et de la liberté d'expression dont les dons sont déductibles en France : Amnesty France, Framasoft, Reporters Sans Frontières, Wikimedia France, etc.

    Et bien sûr le libriste fait vivre les principes du libre, contribue à des projets libres, défend des idées, donc il soutient aussi des associations ne bénéficiant pas de la déductibilité des dons en France (par exemple des associations jugées trop dérangeantes ou trop critiques par le gouvernement… ou des associations européennes ou non). Citons par exemple AFUL, April, European Digital Rights (EDRi), FFII, FSF, FSF Europe, LQDN, OKFN, Toile Libre, etc. (notez qu'elles peuvent parfois avoir la déductibilité des dons dans d'autres pays).

      Sommaire

      Soutenez Framasoft, parce que le libre n'est pas qu'une question de logiciel

      Pourquoi les associations ayant des permanents ont des besoins récurrents d'argent ?

      Quand une association veut passer de zéro à un permanent ou à un permanent de plus, elle n'a généralement pas en réserve de quoi le payer sur une année complète. Elle prend donc un risque avec une visibilité sur x mois (comme n'importe quel chef d'entreprise), en faisant de son mieux pour que l'argent rentre (le nouveau permanent va « produire », une campagne de communication ou d'appels à don ou autres sera lancée, une subvention sera recherchée, un convention sera signée avec tel ou tel, des goodies seront vendus, etc.).

      Une association qui ne veut pas s'embêter à rechercher des fonds ou qui ne vise pas à passer le cap du premier permanent n'a pas du tout ce souci et peut être très indolente si elle veut.

      Dès qu'il y a un besoin récurrent de payer des salariés, de payer à date les charges de l'employeur, qu'il faut prévoir à 3 mois si il faut gérer un préavis de licenciement économique ou pas, etc. cela devient plus compliqué (comme pour n'importe quel chef d'entreprise). Une association militante qui ne prendrait pas de risque financier du tout, ce n'est pas envisageable à mon avis. Toute la question étant de savoir combien elle réussit à faire rentrer d'argent au moment où c'est nécessaire, et si elle peut continuer à embaucher pour grossir/faire plus d'actions/faire mieux, si elle doit licencier ou si elle doit stagner/continuer ainsi dans l'immédiat.

      Donc oui on a toujours l'impression que les associations ayant des permanents recherchent de l'argent (et décembre est particulier car c'est la fin de l'exercice fiscal et traditionnellement la période des dons défiscalisés, notamment côté humanitaire associé aux bons sentiments des fêtes de fin d'année). Et oui en décembre, la Croix Rouge, April, RSF, LQDN, la FSF, Amnesty, Framasoft et bien d'autres font des appels à don.

      Packliberté, un pack pour sauver des chatons et soutenir les libertés

      Petit rappel pour ceux concernés par les impôts en France

      • l'article 200 du code général des impôts prévoit une déduction fiscale de 66 % des dons pour un particulier (réduction d'impôt sur le revenu dans la limite de 20 % du revenu imposable, reportable sur cinq ans en cas de dépassement de ce plafond) pour les associations d'intérêt général ou reconnues d'utilité publique. Ce pourcentage monte même à 75% pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté (dans la limite de 521€, au-delà, on retombe sur les 66%).
      • l'article 238bis du CGI prévoit une déduction fiscale de 60 % des dons pour une entreprise (réduction d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés dans la limite de 5 ‰ du chiffre d'affaires hors taxes, reportable sur cinq ans en cas de dépassement de ce plafond).
      • Fiche pratique ServicePublic.fr : « À savoir : les sommes versées à des organismes agréés situés dans un État membre de l'Union européenne, en Islande ou en Norvège ouvrent également droit à la réduction d'impôt. À défaut d'agrément, vous devez justifier que l'organisme poursuit des objectifs et présente des caractéristiques similaires aux organismes situés en France. »

      Exemple pour un particulier : je suis imposable et donne 99 € à l'association XYZ bénéficiant de la déductibilité des dons à hauteur de 66 %. Mon don me coûte en fait (au final) 33 €, j'ai temporairement avancé 66 € qui seront ensuite déduits de mon imposition fiscale (dit autrement, j'ai choisi l'attribution de 66 € du budget de l'État).

      Soutenons La Quadrature du Net !

      Exemple de dons financiers (et parfois de temps)

      « Sacrifier une partie de son revenu pour faire un don à une association, c'est une affaire sérieuse. » (patrick_g)

      Liste non exhaustive de dons financiers ou de temps à des associations du libre ou pour libérer quelque-chose :

      Ok, c'est long, fait une pause, respire, et on repart.

      Soutien April

      Exemple de dons de matériel / ressources

      Liste non exhaustive :

      Tuxfamily, l'hébergement Libre pour les gens libres

      Diffusion des idées et questionnements autour du don

      Liste non exhaustive :

      Lire les commentaires

      Patrice ANDREANI

      Emmabuntüs 1.09.

      Le 19 December 2014 à 00:50:49

      Emmabuntüs sort en version 1.09. Cette nouvelle version est basée sur Xubuntu 12.04.5. Il y a diverses nouveautés et améliorations, dont certaines pour la vie privée, car Emmabuntüs participe à la campagne de Framasoft Dégooglisons internet. C’est une très bonne chose de soutenir cette campagne, un grand bravo à l’équipe Emmabuntüs pour ce beau travail […]

      Cet article Emmabuntüs 1.09. est apparu en premier sur Le Blog d'ANDRE Ani.

      Mageia fait un don à GCompris.

      Le 19 December 2014 à 00:44:36

      Mageia, la distribution Gnu Linux française communautaire, vient de faire un don au très utile projet libre GCompris, cette suite de logiciels éducatifs, qui est inclue dans ses dépôts. Et il y a aura un don chaque année semble-t-il. C’est une très bonne initiative, s’ils en ont les moyens, d’aider d’autres projets libres. Un grand […]

      Cet article Mageia fait un don à GCompris. est apparu en premier sur Le Blog d'ANDRE Ani.

      18 December 2014

      Frederic BEZIES

      AntiX 14.3 : de la distribution légère pour utilisateurs avancés d’ordinosaures ?

      Le 18 December 2014 à 13:31:18

      Dans le domaine des distributions GNU/Linux légères, il y a pas mal de concurrence. Outre l’excellente Handy Linux (plus orientée grands débutants), on trouve la série des Puppy Linux ou autre Slitaz. Cependant, il serait dommage d’oublier celle qui a pris la succession – pour le moment ? – de la Mepis Linux, j’ai nommé l’AntiX. J’avais déjà parlé de cette distribution en août 2012. Près de 18 mois plus tard, comment a-t-elle évoluer ?

      Comme la Handy Linux, cette distribution est basée sur la Debian GNU/Linux stable, Wheezy au moment où je rédige cet article. Sa dernière version stable, la 14.3 est sortie le 4 décembre dernier. Disponible uniquement en 32 bits (pour le moment), elle est proposée en deux saveurs : une avec le PAE (ordinateurs « récents » à partir de 2005) et une sans le PAE (pour les ordinateurs « anciens » avant 2005).

      Cependant, l’ensemble est assez gourmand, et en dessous de 256 Mo de mémoire vive, la distribution sera un peu génée aux entournures.

      Sur le plan purement pratique, nous avons donc une Debian GNU/Linux Wheezy, avec des versions assez récentes de LibreOffice et d’IceWeasel, un noyau linux 3.14 LTS et une tripotée d’outils dit « Mx » pour simplifier la vie de l’utilisateur.

      J’ai donc récupéré l’ISO de la AntiX 14.3 via bittorrent, et j’ai créé une machine virtuelle Qemu cette fois ci en 32 bits.

      Voici donc les lignes de commandes utilisées, kvm32 étant un raccourci pour : qemu-system-i386 -k fr -m 2048 -sdl -soundhw hda,ac97 -no-frame -vga std --enable-kvm

      [fred@fredo-arch ISO à tester]$ qemu-img create -f qed disk.img 128G
      Formatting ‘disk.img’, fmt=qed size=137438953472 cluster_size=65536
      [fred@fredo-arch ISO à tester]$ kvm32 -hda disk.img -cdrom MX-14.3-pae.iso -boot order=cd &

      Une fois le démarrage terminé, on arrive sur une version modifiée de Xfce. J’ai lancé directement l’installateur, inspiré de celui de la Mepis Linux. Il est directement traduit en fonction de la langue choisie dès le départ.

      Dès le départ, la légèreté est annoncée : 3,5 à 5 Go sont nécessaires. Pour me simplifier la tâche, j’ai gardé les options par défaut dans tous les écrans de l’installateur.

      En une dizaine de minutes, l’installation est terminée. On passe aux réglages.

      J’avoue que la gestion des services est un bonheur, se limitant à une série de cases à cocher ou à décocher.

      Le panneau d’ajout de compte utilisateur est bien fait. Surtout l’option qui permet de ne pas entrer à l’aveugle le mot de passe… Pratique :)

      Après l’ensemble redémarre et on peut passer à la finalisation de l’installation. Synaptic s’est occupé des mises à jour post-installation.

      Mais le mieux étant de montrer la distribution en action, j’ai fait chauffer SimpleScreenRecorder pour la vidéo ci-dessous.

      Pour conclure ? L’Antix 14.3 est très bien finie. Elle est stable, ses outils sont très intéressants, même s’il y a quelques manques agaçants, comme au niveau du gestionnaire des utilisateurs comme je m’en explique dans la vidéo.

      <iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="480" src="http://www.youtube.com/embed/bF-2YTMl6Po?rel=0" width="640"></iframe>

      Si vous avez un ordinosaure des années 2005-2010 et que vous n’êtes pas un grand débutant, cette distribution pourra être le moyen de donner une deuxième vie à votre matériel.

      Le seul gros point que je critique est l’ergonomie générale de la barre latérale, et surtout la présence du menu Whisker en bas de l’écran. Autant avec une interface à la MS-Windows 95 (celle qui a perdurée jusqu’à MS-Windows 7 et reviendra avec MS-Windows 10 courant 2015), le lanceur généraliste peut se justifier en bas. mais avec une barre verticale, ce serait mieux (sur le plan visuel) qu’il soit en haut de l’écran.

      Mais c’est à chacun de voir ici. AntiX est annoncée comme étant légère, et c’est le cas. Pour une fois, ce n’est pas de la publicité mensongère ! :)

      april.png Nouvelles April

      Apéro April le 19 décembre 2014 à partir de 18h00 à Montpellier

      Le 18 December 2014 à 10:02:34

      19 Décembre 2014 - 18:00
      19 Décembre 2014 - 23:00

      Un apéro April ?

      Un apéro April consiste à se réunir physiquement afin de se rencontrer, de faire plus ample connaissance avec le logiciel libre et l'April, d'échanger, de partager le verre de l'amitié et manger ce qui l'accompagne. C'est aussi l'occasion de fêter les dix huit ans de l'association et de discuter sur l'actualité et les actions de l'April.

      Un apéro April est ouvert à toute personne qui souhaite venir, membre de l'April ou pas ; novice ou amateur d'informatique. N'hésitez pas à venir nous rencontrer : la liberté informatique ne s'use que lorsqu'on ne s'en sert pas !

      Quand et où ?

      Montpel'libre organise un apéro pour les 18 ans de l'April à Montpellier le 19 décembre 2014 à à partir de 18h00.

      L'apéro aura lieu à la Maison pour tous Mélina Mercouri 842, rue de la vieille poste à Montpellier.

      L'April fête ses 18 ans - Partagez vos raisons de soutenir et d'aimer l'April

      Le 18 December 2014 à 08:30:17

      Logo de l'April pour les 18 ans L'April a été déclarée le 20 novembre 1996 à la préfecture de Bobigny, et sa création publiée au Journal Officiel n°51 du 18 décembre 1996.

      L'association fête donc ses dix-huit ans !

      Dix-huit ans d'actions pour promouvoir et défendre le logiciel libre et participer activement à la prise de conscience par le public que la liberté informatique est un enjeu de société. Mais aussi dix-huit ans d’amitiés durables nouées au cours de pique-niques, au moment des tempêtes de cerveau pour stimuler les imaginations, pour créer des t-shirts, pour préparer des poissons d'avril, pour s'échanger plein de datalove ♥…

      Partagez les raisons pour lesquelles vous aimez et vous soutenez l'April

      Laissez-nous un témoignage, un commentaire, une anecdote concernant l'association ou le logiciel libre et/ou expliquez en quelques mots pourquoi vous aimez/soutenez l'April.

      Votre soutien sera la récompense des personnes qui, par les actions qu'elles mènent, font vivre chaque jour l'April.

      Fêtons les dix-huit ans de l'April

      Pour cet anniversaire, plusieurs apéros sont déjà prévus (Reims, Coupelle Neuve, Lille, Beauvais, Paris). N'hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez organiser un apéro April dans votre région. D'autres événements seront organisés début 2015. Et bien entendu, rendez-vous le 7 février 2015 à la prochaine assemblée générale de l'association.

      17 December 2014

      jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

      Open Letter: Proposed Trade Secrets Directive Risks EU Health, Environment, Free Speech And Mobility

      Le 17 December 2014 à 11:49:30

      Paris, 16 December 2014 — A couple of days before the European Council summit where will be discussed European economy and social policy, La Quadrature du Net signs an open letter written by Health Action International Europe against the directive's project on trade secrets. Initiated by the business community, put forward by the Member States and the European Commission, it gives the possibility for private companies to sue any person that "unlawfully acquires, uses or discloses" the "trade secrets". Whistleblowers are poorly protected in this text, the directive creates a judiciary insecurity as it will dissuade from leaking from private companies. It participates to a movement reinforcing secrets, perceptible on the legislative and jurisprudential plan, against the claims of transparency coming from the civil society, and constitutes in this respect an unacceptable anti-democratic drift.

      Proposed trade secrets directive risks EU health, environment, free speech and mobility

      Coalition of multi-sectoral NGOs call for amendments to protect consumers, journalists, whistleblowers, workers and researchers

      AMSTERDAM — We strongly oppose the hasty push by the European Commission and Council for a new European Union (EU) directive on trade secrets1, which contains overly-broad protection and inadequate safeguards. This unbalanced piece of legislation will result in legal uncertainty and endanger freedom of expression and information, corporate accountability, information sharing and, possibly, innovation, rather than create a competitive and sound business environment in the EU, as the Commission claims.

      If the draft directive, which the Commission published in November 2013, is passed, consumers, workers, researchers, journalists and whistleblowers in the EU will be at risk. The definition of ‘trade secrets’ in the draft directive is unreasonably broad, enabling almost anything within a company to be deemed as such. Unsurprisingly, the draft directive text is strongly supported by multinational companies2 because it would enable them to sue anyone who “unlawfully acquires, uses or discloses” their so-called trade secrets. Instead, the right to freely use and disseminate information should be the rule, and trade secret protection the exception.
      Specifically, the following issues are likely to arise unless the directive is radically amended:

      • Companies in the health, environment and food safety fields may use this directive to refuse compliance with transparency policies, even in situations where the public interest is at stake.

      Health: Public access to biomedical research data, particularly data on drug efficacy and adverse drug reactions, is crucial for regulatory authorities, researchers, doctors and patients to fully access and understand in order to protect patient safety and conduct further research and independent analyses. This information is also necessary to avoid scarce public resources from being spent on therapies that are no better than existing treatments, simply do not work, or do more harm than good3. Moreover, disclosure of pharmaceutical research is needed to avoid unethical repetition of clinical trials on people4.The proposed directive should not obstruct recent EU developments to increase sharing and transparency of this data5.

      Environment: Although the release of information demonstrates that some economic activities harm the environment, trade secret protection is regularly used to refuse the release of information on hazardous products within the chemical industry. Trade secret protection may, for example, be invoked to hide information on chemicals in plastics, clothing, cleaning products and other items that can cause severe damage to the environment and human health. It could also be used to refuse disclosing information on the dumping of chemicals, including fracking fluids, or releasing toxins into the air.

      Food safety: Under EU law, all food products, genetically modified organisms and pesticides are regulated by the European Food Safety Authority (EFSA). Toxicological studies that the EFSA relies on to assess the risks associated with these products are, however, performed by the manufacturers themselves6. Scientific scrutiny of the EFSA's assessments is only possible with complete access to these studies. Companies, however, argue that this information contains confidential business information and strongly oppose its disclosure7. It is essential for the risk assessment work of public bodies to be properly monitored by the scientific community. All data that these public bodies use must therefore be exempt from the scope of the directive.

      support lqdn

      • The right to freedom of expression and information will be seriously harmed.

      Under the proposed directive, whistleblowers can use undisclosed information to reveal misconduct or wrongdoing, but only if “…the alleged acquisition, use or disclosure of the trade secret was necessary for such revelation and that the respondent acted in the public interest”. Determining whether disclosure was necessary can only be evaluated afterwards, however. In addition, it remains unclear whether many types of information (e.g., plans to terminate numerous employees) are qualified as “misconduct” or “wrongdoing”. This creates legal uncertainty for journalists, particularly those who specialise in economic investigations8, and whistleblowers9.

      • The mobility of EU workers will be undermined.

      The proposed directive poses a danger of lock-in effects for workers. It can create situations where an employee will avoid jobs in the same field as his/her former employer, rather than risking not being able to use his/her own skills and competences, and being liable for damages. This inhibits one’s career development and professional and geographical mobility in the labour market10.

      Furthermore, contrary to the Commission’s claims, closed-door trade secret protection may make it more difficult for the EU to engage in promising open and collaborative forms of innovation. In fact, there is a risk that the measures and remedies provided in this directive will undermine legitimate competition—even facilitate anti-competitive behaviour11. As a result, the directive may not be the ‘magic bullet’ to keep Europe ahead in the innovation game.

      Currently, industry coalitions are lobbying for the adoption of trade secret protection both in the EU12 and the United States where two new bills are pending before Congress13. If passed, these bills would allow the protection of trade secrets to be included in the Trans-Atlantic Trade and Investment Partnership (TTIP)—something that will be incredibly difficult to repeal in the future through democratic processes14. Given that TTIP is expected to set a new global standard for trade, its potential inclusion of trade secret protection is particularly worrisome.

      For comment and additional information, please contact:

      Health Action International (HAI) Europe
      Tessel Mellema, Policy Advisor / tessel@haieurope.org / +31 20 683 3684 / www.haieurope.org
      Ancella Santos Quintano, Policy Advisor /ancel.la@haieurope.org/ +31 20 683 3684 / www.haieurope.org
      HAI Europe is a non-profit, European network of consumers, public interest NGOs, health care providers, academics, media and individuals working to increase access to essential medicines and improve their rational use through research excellence and evidence-based advocacy.

      Corporate Europe Observatory (CEO)
      Martin Pigeon, Researcher and Campaigner / martin@corporateeurope.org / +32 2 89 30 930 / www.corporateeurope.org
      CEO is a research and campaign group working to expose and challenge the privileged access and influence enjoyed by corporations and their lobby groups in EU policy making.

      Medicines in Europe Forum (MiEF)
      Pierre Chirac, Coordinator / pierrechirac@aol.com / english.prescrire.org
      MiEF was launched in March 2002 and reaches 12 European Member States. It includes more than 70 member organizations representing the four key players on the health field: patient groups, family and consumer bodies, social security systems and health professionals. It is a unique group and a testament of the importance of European medicines policy. Medicines are not mere consumer goods, and the Union represents an opportunity for European citizens to seek further guarantees of efficacy, safety and pricing.

      EUROCADRES (Council of European Professional and Managerial Staff)
      Martin Jefflén, President / martin.jefflen@eurocadres.eu / +32 473 555 344 / www.eurocadres.eu
      EUROCADRES is the trade union voice of almost six million professional and managerial staff. We are one
      of three recognised European cross-sectoral social partners representing employees and participating in
      the European cross-sectoral social dialogue.

      Commons Network
      Sophie Bloemen, Coordinator / info@commonsnetwork.eu / www.commonsnetwork.eu
      The Commons Network is a non-profit organization and think-tank promoting access to knowledge and other social and ecological causes from the perspective of the commons. Based in Berlin and Brussels, we engage in policy formulation as well as public debate, promoting the public good through commons-based solutions.

      GeneWatch UK
      Helen Wallace, Director / helen.wallace@genewatch.org / +44 (0) 1298 24300 /
      www.genewatch.org
      GeneWatch UK is a not-for-profit organisation that aims to ensure genetic technologies are used in the
      public interest. It supports access to environmental information and government and corporate transparency so that the public can have a say about genetic technologies ranging from genetically modified crops and foods to human genetic databases.

      La Quadrature du Net
      Marie Walrafen / contact@laquadrature.net / +33 (0)972 294 426 / www.laquadrature.net
      La Quadrature du Net is a non-profit association that defends the rights and freedom of citizens on the Internet. More specifically, it advocates for the adaptation of French and European legislation to the founding principles of the Internet, most notably the free circulation of knowledge. As such, La Quadrature du Net engages in public-policy debates concerning, for instance, freedom of expression, copyright, regulation of telecommunications and online privacy.

      Center for International Environmental Law (CIEL)
      David Azoulay, Senior Attorney, Health and Environment Program Director / dazoulay@ciel.org / www.ciel.org
      Since 1989, CIEL has worked to strengthen and use international law and institutions to protect the environment, promote human health, and ensure a just and sustainable society.

      Article 19
      David Banisar, Senior Legal Counsel / banisar@article19.org / +44 20 7324 2500 / www.article19.org
      ARTICLE 19 is an independent human rights organisation that works globally to protect and promote the rights to freedom of expression and information. Its mission is to promote, protect, develop and fulfill freedom of expression and the free flow of information and ideas in order to strengthen global social justice and empower people to make autonomous choices. Its global headquarters is in London, UK and has regional offices in Bangladesh, Brazil, Kenya, Mexico, Myanmar, Senegal and Tunisia.

      Association Internationale de la Mutualité (AIM)
      Menno Aarnout, Executive Director / menno.aarnout@aim-mutual.org / www.aim-mutual.org
      AIM is a grouping of autonomous, not-for-profit health insurance and social protection bodies that operate on the principle of solidarity. Currently, AIM’s membership consists of 61 organizations in 27 countries. In Europe, they provide social coverage against sickness and other risks to more than 230 million people. AIM strives via its network to make an active contribution to the preservation and improvement of access to health care for everyone.

      Public Citizen, US
      Burcu Kilic, Legal Counsel, Global Access to Medicines Program / bkilic@citizen.org / +1 202 5881000 / www.citizen.org/access
      Public Citizen is a non-profit, consumer rights advocacy group and think tank based in Washington, D.C., United States. Public Citizen's Global Access to Medicines Program works with partners worldwide to improve health outcomes and save lives, through use of pharmaceutical cost-lowering measures including generic competition. We help civil society groups and public agencies overcome patent-based and other drug monopolies.

      Cochrane Collaboration–Nordic Cochrane Centre
      Peter Goetzsche, Director / pcg@cochrane.dk / www.cochrane.org
      The Nordic Cochrane Centre is part of the Cochrane Collaboration, an international not-for-profit international network of more than 30,000 dedicated people from over 100 countries preparing, maintaining and promoting the accessibility of systematic reviews of the effects of health care.

      International Society of Drug Bulletins (ISDB)
      press@isdbweb.org / www.isdbweb.org
      ISDB, founded in 1986, is a worldwide network of bulletins and journals on drugs and therapeutics that are financially and intellectually independent of the pharmaceutical industry. Currently, ISDB has about 80 members in 41 countries around the world.

      Knowledge Ecology International (KEI) Europe
      Thiru Balasubramaniam, Staff Coordinator / thiru@keionline.org / www.keieurope.org
      KEI Europe is a Swiss association formed in November 2013 focusing on the management of knowledge, including innovation and access to knowledge goods.

      European Public Health Alliance (EPHA)
      Kolia Bénié, EU Affairs and Governance Policy Coordinator / kolia@epha.org / +32 2 233 38 84 / www.epha.org
      EPHA is a change agent—Europe’s leading NGO advocating for better health. We are a dynamic member-led organisation, made up of public health NGOs, patient groups, health professionals, and disease groups working together to improve health and strengthen the voice of public health in Europe.

      april.png Nouvelles April

      Tract et affiche pour diffuser l'appel pour les formats ouverts dans l'éducation nationale

      Le 17 December 2014 à 09:21:19

      Image du tractLe 13 novembre 2014, l'April a lancé l'appel pour l'interopérabilité dans l'Éducation nationale avec le soutien initial de plus de 100 personnels enseignants appuyés de syndicats et associations de l'Éducation nationale. À ce jour plus des 4 800 signatures ont été recueillies. Si ce n'est pas déjà fait, nous vous encourageons à signer dès maintenant cet appel et à le diffuser largement. Nous vous proposons aujourd'hui un tract et une affiche que vous pouvez distribuer pour informer sur l'appel.

      Le document est disponible aux formats A3 et A4 :

      Merci à Djan Gicquel pour la réalisation du tract. Les sources sont disponibles.

      16 December 2014

      Frederic BEZIES

      nOS : un nonosse à ronger pour les débutants sous Linux ?

      Le 16 December 2014 à 21:08:34

      Derrière l’image canine et le jeu de mots capillotracté, il se cache une distribution néo-zélandaise du nom de nOS. Elle se base sur la Kubuntu 14.04 LTS. S’y rajoute Mozilla Firefox, et quelques outils complémentaires.

      J’ai eu envie de vous présenter cette distribution qui attend son indexation sur distrowatch depuis le 31/08/2013 : « nOS (submitted on 2013-08-31) »

      J’ai récupéré la version 64 bits datée du mois de décembre 2014. Il faut savoir qu’il existe aussi des versions en 32 bits (avec ou sans support du PAE) et même pour la Raspberry Pi !

      Après avoir récupéré l’ISO qui pèse un peu plus d’un Go, avec une lenteur rarement connue sur sourceforge (plus d’une heure pour récupérer 1,2 Go !), j’ai créé une machine virtuelle dans VirtualBox pour voir ce que proposait de particulier cette distribution.

      [fred@fredo-arch ISO à tester]$ wget -c http://heanet.dl.sourceforge.net/project/nos/December%202014/nos-infinity-1214-amd64.iso
      –2014-12-16 19:01:16– http://heanet.dl.sourceforge.net/project/nos/December%202014/nos-infinity-1214-amd64.iso
      Résolution de heanet.dl.sourceforge.net (heanet.dl.sourceforge.net)… 2001:770:18:aa40::c101:c142, 193.1.193.66
      Connexion à heanet.dl.sourceforge.net (heanet.dl.sourceforge.net)|2001:770:18:aa40::c101:c142|:80… connecté.
      requête HTTP transmise, en attente de la réponse… 200 OK
      Taille : 1297088512 (1,2G) [application/octet-stream]
      Sauvegarde en : « nos-infinity-1214-amd64.iso »

      nos-infinity-1214-a 100%[=====================>] 1,21G 219KB/s ds 70m 46ss

      2014-12-16 20:12:02 (298 KB/s) — « nos-infinity-1214-amd64.iso » sauvegardé [1297088512/1297088512]

      Au premier démarrage, je ne dirais qu’une chose : préparez les produits contre la conjonctivite. Les icones sont énormes, inspirées de Numix. L’icone d’installation trahie l’origine : Une Kubuntu revampée.

      Il suffit de passer quelques étapes pour voir l’identité de la Kubuntu ressortir. Cf les captures d’écran ci-dessous. À noter le peu de gourmandise de la distribution : 8,6 Go sont chaudement conseillés.

      Sans oublier que l’installateur plante si on ose utiliser le français…

      Serait-ce le bug suivant ou une version proche : https://bugs.launchpad.net/ubuntu/+source/ubiquity/+bug/1182784 ?

      De plus, seul l’installateur en anglais semble afficher la version correcte des informations… On voit le travail de fonds fait par l’équipe de développement… Après tout, c’est normal, c’est une distribution anglophone au départ ! :)

      Pour la petite information, je m’y suis pris à trois fois pour arriver à installer la distribution correctement !

      Au premier démarrage, on a droit à trois écrans qui rappelle MS-Windows : d’abord un écran pour activer les mises à jour, un autre pour le choix du navigateur et un dernier pour le tour de l’ensemble. Je n’ai cependant pas capturé le dernier panneau.

      Ensuite j’ai installé les mises à jour et le français, j’ai pu attaquer la vidéo qui se trouve ci-après.

      <iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="480" src="http://www.youtube.com/embed/REM2yXBLNNc?rel=0" width="640"></iframe>

      Pour conclure ? C’est vraiment une distribution où on peut se demander si les graphistes n’ont pas abusé du diéthylamide de l’acide lysergique. Ou sa version musicale par les scarabées en 1967 :

      <iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/NXXkq7l-wZg?rel=0" width="420"></iframe>

      Les icones sont moches au possible. Le thème ? Pas mieux. Qu’apporte la distribution par rapport à la Kubuntu officielle ? Pas grand chose. Mais si cela fait plaisir à des personnes d’utiliser de la bande passante pour proposer une distribution qui n’apporte rien par rapport à une saveur officielle de la Ubuntu… Grand bien leur fassent. Pour les utilisateurs, je terminerai en disant : à la copie, préférez l’original.

      Patrice ANDREANI

      Le libre dans le Cher…

      Le 16 December 2014 à 05:08:29

      Triste constat… Le libre dans le Cher semble plutôt mort… Berryx L’Ordi Libre Libro Centre LibrePlanet Bourges Tout cela n’est, semble-t-il, plus maintenu. N’y a-t-il personne dans le Cher adepte du libre, pour dynamiser un peu le mouvement. On dirait que c’est « mon » wiki (créé par moi, mais ouvert à tous, Le Cher Libre) qui […]

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      Revue de presse de l’April, semaine 50.

      Le 16 December 2014 à 02:51:28

      [Next INpact] Le blocage administratif des sites programmé pour février 2015 http://www.nextinpact.com/news/91391-le-blocage-administratifs-sites-programme-pour-fevrier-2016.htm [Côté Brest] Une médiathèque de poche http://www.cotebrest.fr/2014/12/10/une-mediatheque-de-poche [Les Echos] L'erreur fondamentale de Jeremy Rifkin http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-119788-lerreur-fondamentale-de-jeremy-rifkin-3-1073565.php [Maddyness] #Bordeaux: Ouverture de La Banquiz, le premier accélérateur des startups du logiciel libre http://www.maddyness.com/accompagnement/accelerateurs/2014/12/08/la-banquiz [Le Monde.fr] «Il ne faut pas que les données personnelles soient échangées contre […]

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      15 December 2014

      april.png Nouvelles April

      Revue de presse de l'April pour la semaine 50 de l'année 2014

      Le 15 December 2014 à 13:10:12

      La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

      En podcast.

      Sommaire de la revue de presse de l'April pour la semaine 50

      [Next INpact] Le blocage administratif des sites programmé pour février 2015

      Par Marc Rees, le vendredi 12 décembre 2014. Extrait:
      > Selon nos informations, le gouvernement entend activer le blocage administratif à partir de février 2015 au plus tard. Le projet de décret est dans la boucle, mais il doit encore être notifié à Bruxelles, puisqu’il touche à la «société de l’information». Paris envisage maintenant une notification d’urgence afin de tenir ce calendrier.
      Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/91391-le-blocage-administratifs-sites-programme-pour-fevrier-2016.htm

      [Côté Brest] Une médiathèque de poche

      Par Pierre Gicquel, le mercredi 10 décembre 2014. Extrait:
      > Pensée et développée par les Chats cosmiques, une jeune association brestoise au poil, la CosmicBox est un mini ordinateur qui a plus d’un tour dans son sac.
      Lien vers l'article original: http://www.cotebrest.fr/2014/12/10/une-mediatheque-de-poche

      [Les Echos] L'erreur fondamentale de Jeremy Rifkin

      Par Vincent Lorphelin, le mercredi 10 décembre 2014. Extrait:
      > L’économie du partage des ressources doit aussi inclure un partage des profits, ce qui ouvre une voie intermédiaire entre les économies associative et capitaliste: l’économie de l'utilité.
      Lien vers l'article original: http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-119788-lerreur-fondamentale-de-jeremy-rifkin-3-1073565.php

      [Maddyness] #Bordeaux: Ouverture de La Banquiz, le premier accélérateur des startups du logiciel libre

      Par Jennifer Padjemi, le lundi 8 décembre 2014. Extrait:
      > Alain Rousset, président de Bordeaux Unitec et François Pellegrini, président d’Aquinetic vont inaugurer prochainement La Banquiz. Nouvel arrivant dans le paysage des accélérateurs français, celui-ci se destine à l’attention des startups du secteur des logiciels libres en France. L’inauguration de ce lieu est prévue vendredi 12 décembre prochain au Cinéma Jean Eustache à Pessac.
      Lien vers l'article original: http://www.maddyness.com/accompagnement/accelerateurs/2014/12/08/la-banquiz

      Et aussi:
      [usine-digitale.fr] La Gironde se dote d’un accélérateur des start-up des logiciels et technologies libres
      [Aqui!] Aquinetic et Bordeaux Unitec s'associent pour créer la Banquiz

      [Le Monde.fr] «Il ne faut pas que les données personnelles soient échangées contre de la banane!»

      Par la rédaction, le lundi 8 décembre 2014. Extrait:
      > Les autorités européennes de protection des données personnelles – le «G29», dont le représentant français est la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) – organisent lundi 8 décembre à Paris une conférence internationale consacrée à la protection des données personnelles: l'European Data Governance Forum, à suivre en direct vidéo et sur Twitter avec le mot-clé #EDGF14.
      Lien vers l'article original: http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/12/08/il-ne-faut-pas-que-les-donnees-personnelles-soient-echangees-contre-de-la-banane_4536320_4408996.html

      Et aussi:
      [Next INpact] Edward Snowden: «Veut-on sacrifier toute notre vie privée au profit de la sécurité?»
      [L'OBS] Protection des données privées: "Google semble prêt à des efforts"
      [01net.] Falque-Pierottin (Cnil): «La protection des données est un droit fondamental»
      [Next INpact] La CNIL et l'Inria vont révéler les indiscrétions d'Android
      [Numerama] Réformes numériques d'ici 2017: voici le programme complet!
      [Next INpact] Thierry Mariani, les hotspots Wi-Fi et la Hadopi... mettons les points sur les i

      [Numerama] Le Parti Pirate nargue la justice. Amusant mais à double tranchant.

      Par Guillaume Champeau, le lundi 8 décembre 2014. Extrait:
      > Le Parti Pirate a annoncé la création d'un nouveau site miroir pour donner l'accès à The Pirate Bay, démontrant l'inutilité pratique du jugement du 4 décembre dernier. Mais cette provocation pourrait se retourner contre lui, et donner du grain à moudre aux partisans d'une automatisation des procédures judiciaires en matière de blocage de sites internet.
      Lien vers l'article original: http://www.numerama.com/magazine/31523-le-parti-pirate-nargue-la-justice-amusant-mais-a-double-tranchant.html

      Et aussi:
      [Framablog] Qui agit pour nos libertés numériques?
      [Next INpact] Le blocage de The Pirate Bay déjà contourné par le Parti Pirate français
      [Next INpact] Enjeu de lourds intérêts, le blocage d'Allostreaming sera rejugé fin 2015
      [Next INpact] La guerre de Fleur Pellerin contre le «piratage de masse» reportée à 2016?

      [Next INpact] L'Assemblée nationale refuse à nouveau de surtaxer les ebooks avec DRM

      Par Xavier Berne, le lundi 8 décembre 2014. Extrait:
      > Alors que la France pourrait bientôt être condamnée par la justice européenne à cause de la TVA réduite dont profitent tous les ebooks, les députés écologistes proposaient de trouver une sortie de secours en n’appliquant ce taux de 5,5 % qu’aux seuls livres numériques dépourvus de verrous (DRM). Mais sans grande surprise, le gouvernement et les parlementaires s’y sont opposés.
      Lien vers l'article original: http://www.nextinpact.com/news/91279-l-assemblee-nationale-refuse-a-nouveau-surtaxer-ebooks-avec-drm.htm

      Note

      Les articles de presse utilisent souvent le terme « Open Source » au lieu de Logiciel Libre. Le terme Logiciel Libre étant plus précis et renforçant l'importance des libertés, il est utilisé par l'April dans sa communication et ses actions. Cependant, dans la revue de presse nous avons choisi de ne pas modifier les termes employés par l'auteur de l'article original. Même chose concernant l'emploi du terme « Linux » qui est généralement utilisé dans les articles pour parler du système d'exploitation libre GNU/Linux.

      Les obligations de transparence du Parlement européen impliquent l'adoption du logiciel libre et des standards ouverts

      Le 15 December 2014 à 08:45:08

      Paris, le 15 décembre 2014, communiqué de presse.

      Le groupe "Les Verts/ALE" (The Greens/EFA) du Parlement européen vient de publier une étude intitulée « Assurer une plus grande transparence - Logiciel Libre et standards ouverts selon le Règlement du Parlement européen » qui encourage le Parlement à donner la priorité au logiciel libre et aux standards ouverts pour tous les systèmes et toutes les données qu'il utilise pour son activité. L'April encourage le Parlement européen à engager dès maintenant une politique interne en faveur du logiciel libre et des formats ouverts.

      L'étude explique que les obligations de transparence au Parlement européen devraient influencer ses décisions, ses politiques et procédures le faisant se tourner vers le logiciel libre et les standards ouverts. Selon l'actualité publiée par le groupe "Les Verts/ALE" l'étude propose notamment :

      • quand le Parlement met en œuvre des infrastructures de communication comme la messagerie électronique, cette mise en œuvre ne devrait ni entraver les accès basés sur les standards ni restreindre l'utilisation de listes de diffusion ou le chiffrement.
      • quand le Parlement lance des appels d'offres, il devrait promouvoir le logiciel libre et les standards ouverts par des indications adéquates et sur mesure telles que les nouvelles règles de l'UE le permettent grâce à la prise en compte des considérations environnementales et sociales ainsi que de l'innovation dans la passation des marchés publics.
      • quand le Parlement décide de rendre publiques un ensemble de données ou d'informations, cela doit être fait par le biais de moyens de communication non discriminatoires, transparents et à jour, dans des formats ouverts qui rendent possible des analyses, utilisations et rediffusions ultérieures.
      • quand le Parlement adopte des logiciels libres et des standards ouverts, il devrait suivre voire dépasser le niveau d'exigence que d'autres organismes publics européens ont déjà adopté.
      • quand le Parlement a la possibilité d'opter pour des technologies qui permettent aux autres de travailler avec ses systèmes et ses données, ces technologies doivent être privilégiées, même si elles entraînent quelques dépenses supplémentaires.

      Les auteurs de l'étude concluent que « Le Règlement du Parlement européen1 doit, dans toute la mesure du possible, rendre le Logiciel Libre et les standards ouverts obligatoires pour tous les systèmes et toutes les données utilisés pour son activité ».

      « Les formats ouverts et le logiciel libre partagent les même buts : être au service de chacun et garantir que les utilisateurs conserveront le contrôle de leurs données, tout en assurant la pérennité de ces mêmes données. Par l'utilisation de formats fermés ou privateurs, les institutions publiques favorisent les positions dominantes de certaines entreprises. Nous encourageons donc le Parlement européen, ainsi que toute institution publique, à donner la priorité au logiciel libre et aux formats ouverts. » a déclaré Frédéric Couchet, délégué général de l'April.

      Il est grand temps que le Parlement européen agisse, déjà en 2008 des députés européens avaient lancé une déclaration écrite visant à faire migrer le Parlement européen vers des logiciels libres.

      • 1. Le Règlement du Parlement européen, dont la version actuelle est disponible sur le site du Parlement, décrit l'ensemble des règles d'organisation et de fonctionnement internes du Parlement.

      14 December 2014

      rhertzog.png Raphaël HERTZOG

      Mes activités libres en novembre 2014

      Le 14 December 2014 à 20:31:28

      Mon rapport mensuel couvre une grande partie de mes contributions au logiciel libre. Je l’écris pour mes donateurs (merci à eux !) mais aussi pour la communauté Debian au sens large parce que cela peut donner des idées aux nouveaux venus et que c’est également un des moyens les plus effectifs de trouver des volontaires pour travailler sur les projets qui me tiennent à cœur.

      Debian LTS

      ce sont dix-huit de heures de travail sur Debian LTS qui ont été financées ce mois-ci (14 heures allouées par Freexian et 4 heures non consommées du mois dernier). Voici ce qui a été accompli :

      • Tri de vulnérabilités CVE: j’ai poussé 19 commits vers le suiveur de sécurité. J’ai également essayé d’encourager certains mainteneurs à fournir des mises à jour pour des paquets qui ne sont pas utilisés par les sponsors actuels de Debian LTS, et qui ne sont donc pas sur notre liste de priorités;
      • DLA 87 : mise à jour de dbus corrigeant 3 vulnérabilités CVE;
      • DLA 93: mise à jour de libgcrypt11 corrigeant 1 vulnérabilité CVE;
      • DLA 96: mise à jour de sécurité de openjdk-6 corrigeant 21 vulnérabilités CVE;
      • J’ai travaillé à la préparation d’une mise à jour de sécurité pour linux. Elle n’est pas encore publiée.

      Mettre à jour le paquet source de linux nous a pris une bonne moitié du temps alloué. Nous avons opté pour une mise à jour du noyau vers la version amont 2.6.32.64. J’ai intégré les patchs amont et j’ai identifié environ 130 patchs que nous devions désactiver (car ils étaient déjà intégrés par l’amont). J’ai ensuite mis à jour notre patch openvz pour l’appliquer par-dessus le nouveau noyau. Cela a demandé un peu de travail manuel pour résoudre les conflits et il y a même des cas pour lesquels je ne suis pas sûr d’avoir pris la bonne décision. Je n’ai pas pu trouver un arbre git de l’amont openvz pour cette version de noyau afin de contre-vérifier.

      A la place, j’ai demandé à Ben Hutchings de revoir mon patch. Il m’a répondu qu’il ne s’était pas porté volontaire pour travailler sur la version LTS, mais qu’il était disposé à y contribuer de manière rémunérée. En conséquence et en tant que coordinateur de l’offre Freexian, je lui ai proposé de rejoindre l’équipe des contributeurs LTS rémunérés, afin de s’occuper du noyau. Ce qu’il a accepté.

      Ainsi, nous serons capable si tout va bien d’en finir avec cet envoi au cours de la première semaine de décembre. Nous n’avons pas eu d’uploads du noyau dans Squeeze depuis juillet dernier, aussi savoir que nous avons maintenant quelqu’un de capable pour traiter ça en priorité est une bonne chose.

      Distro Tracker

      Aucun nouveau développement ce mois-ci de ce côté. J’ai passé du temps à la place à importer les nouvelles de l’ancien historique de sorte à ce que lorsque vous recherchez d’anciens paquets vous obteniez des résultats plutôt qu’une erreur 404. Vous pouvez par exemple essayer avec python2.1.

      Une autre chose faite ce mois-ci fut de marquer certains bogues avec le tag « newcomer », nouvellement créé. Ce sont des bogues faciles à traiter, et qui sont donc parfaits pour les nouveaux contributeurs souhaitant se lancer : la liste est ici.

      A vous de jouer maintenant ! ;-)

      DEP-14: Structure recommandée pour les dépôts Git utilisés pour le packaging Debian

      J’ai ébauché la version initiale d’un document appelé Structure recommandée pour les dépôts Git utilisés pour le packaging Debian, et l’ai soumis pour discussion sur debian-devel.

      La discussion fut intéressante et constructive (oui, c’est encore possible au sein de Debian !). J’ai une pile d’améliorations dans ma copie locale et j’ai besoin de prendre encore en compte quelques retours avant de soumettre un brouillon mis à jour. Ce n’est pas une révolution mais c’est un grand pas vers une standardisation des conventions de nommage pour les tags et les branches.

      Systemd, le comité technique et nos listes de diffusion

      En bon vétéran, je prête beaucoup d’attention à la gouvernance de Debian et il est ennuyeux de voir à quel point le débat autour de systemd fait resurgir certains de nos anciens démons, et combien il tend l’atmosphère sur nos listes de diffusion.

      Nous pouvons être en désaccord sur beaucoup de choses, mais nous devons respecter les opinions de chacun et sommes ici pour travailler ensemble à des solutions utilisables par tout le monde. J’ai donc écrit aux personnes ayant franchi la ligne jaune pour les inviter à mieux se comporter. Et je suis content de voir les responsables des listes nous supporter en bannissant les personnes lorsque c’est justifié. Je crois que nous devons continuer dans cette direction et j’ai partagé une idée (sur un fil de discussion Debian privé qui n’aurait jamais du exister, tout comme le trafic sur cette liste) que je formaliserai et partagerai sur debian-project@l.d.o le moment venu (c’est chose faite ici).

      Au même moment, nous avons eu une autre discussion concernant la gouvernance de Debian, avec l’idée qu’il fallait imposer une rotation des membres du comité technique. J’ai été heureux de voir que nous voterons bientôt à ce sujet. Je pense que c’est une bonne chose d’un point de vue général, même si trois de ses membres viennent juste d’en démissionner.

      Travaux divers

      J’ai parrainé un upload de galette et de trois de ses extensions. J’ai passé en revue jitsi-videobridge et jitsi-meet sur mentors.debian.net.

      J’ai également créé quelques rapports de bogues :

      • n°768256 : au sujet d’icônes vim disproportionnées dans les menus contextuels GNOME;
      • n°768540 : cdebootstrap : échoue à lancer d’anciennes versions lorsque dpkg ne supporte pas data.tar.xz;
      • n°770011 : lynx -dump lors d’une mauvaise conversion de &#x2026.

      Merci

      Rendez-vous au mois prochain pour un nouveau résumé de mes activités !

      Ceci est une traduction de mon article My Free Software Activities in November 2014 contribuée par Weierstrass01.

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      Mise à jour: Le 23 December 2014 à 00:03:11