Promouvoir et défendre le logiciel libre

02 December 2020

Isabelle DUTAILLY

Zotero dans Mageia

Le 02 December 2020 à 16:29:35

Zotero est un fabuleux logiciel de gestion de références. C'est à la fois une extension de navigateur, une extension pour LibreOffice et un logiciel utilisable de façon autonome, la version « standalone ». Ce tutoriel se propose de vous expliquer comment installer Zotero dans Mageia sur l'environnement de bureau XFCE.

Zotero n'est pas dans la distribution Mageia 7.1, ce que je trouve dommage. J'espère qu'il sera ajouté. On peut, certes, se passer de l'installer si on désire passer par un navigateur comme Firefox, mais ça nécessite un compte sur le serveur de Zotero. Ce n'est pas forcément ce que l'on veut, pour diverses raisons et on peut préférer garder son travail en local, et, de toute façon, personnellement, je ne voulais pas prendre un compte sur Zotero. Mais, il existe deux types de paquets pour ce faire deux types de paquets. Le premier, une AppImage, ne nécessite pas d'installation, on peut le télécharger directement sur le site de Zotero. Le second est une version Flatpak que l'on installe via le dépôt flathub.

L'extension pour LibreOffice figure dans le paquet Zotero et s'installe automatiquement quand on démarre le logiciel de bibliographie pour la première fois.

AppImage : créer un lanceur dans XFCE

Une AppImage est une application portable, qui ne s'installe pas donc. On peut l'utiliser, par exemple, à partir d'une clé USB si on veut. Pour travailler avec sur un ordinateur, créer un lanceur est plus pratique qui évite d'avoir à aller dans le dossier de l'application pour double-cliquer sur le ficher de démarrage (et d'ailleurs… quel fichier ? C'est une question que je me suis posée).

La procédure décrite concerne XFCE, mais elle est similaire pour les autres environnements de bureau.

Faire un clic droit sur le tableau de bord déverrouillé : Ajouter de nouveaux éléments > Lanceur. Revenir sur le lanceur, clic droit : Propriétés pour afficher celles du lanceur et le configurer.

Modifier le lanceur

Cliquer sur la 5e icône en partant du haut, ici elle a une forme de signe « + » pour ouvrir la fenêtre de modification du lanceur. C'est là qu'on va le créer. Il nous faut indiquer au moins trois éléments, seul le nom du fichier de démarrage, zotero, est impératif :

Paramètres du lanceur de l'AppImage Zotero

  • le nom du lanceur, donc Zotero (on peut mettre ce qu'on veut cela dit) ;
  • dans le champ Commande, l'adresse du fichier ou se trouve le fichier de démarrage, l'adresse, comme sur l'exemple comporte, outre /home, le nom du répertoire personnel, (dans l'exemple Moi) celui dossier où se trouve l'AppImage (dans l'exemple zotero) et le nom du fichier de démarrage qui, lui, doit être exactement zotero ;
  • le répertoire de travail qui est un dossier que vous indiquez à votre convenance.
    L'icône peut être, comme sur l'exemple une icône que vous avez dessinée (celle-ci est du svg) ou celle du logiciel ou ce que vous voulez.

C'est fait !

Flatpak

Flatpak est un système de virtualisation d'application pour Linux. Cela permet d'installer des logiciels dans un endroit bien isolé du reste du système et d'utiliser des applications qui ne sont pas dans la distribution sans risquer de poser des problèmes.

Tout cela va se passer ligne de commande, il faudra le mot de passe super-utilisateur (root).

On part du principe que le terminal est ouvert. On entre la commande su pour entrer le mot de passe super-utilisateur.

Si ce n'est déjà fait, il faut installer Flatpak dans Mageia par exemple avec cette commande :

Puis ajouter le dépôt flathub :

Redémarrer (oui je sais, c'est très windowsien, mais bon).

Une fois redémarré, toujours dans un terminal et après avoir entré le mot de passe super-utilisateur :

Normalement, vous devriez voir l'icône de Zotero apparaître dans le menu des applications dans la section Bureautique. Si ce n'est pas le cas, il faudra redémarrer.

C'est fini

Pour aller plus loin

01 December 2020

Bruno GODILLON

Le web, meilleur générateur de revenus passifs !

Le 01 December 2020 à 17:50:47

Les crypto-monnaies, une source fiable de revenus passifs

Les crypto-monnaies ont généralement été perçues comme une source de revenus à risque, surtout lorsqu’il s’agit du trading. Si une telle position revêt une part de vérité, il faut dire qu’il existe toutefois des solutions moins chronophages, avec un niveau de risque mesuré et qui vous permettent de générer des revenus passifs via les crypto-monnaies. Avant de vous lancer, des conseils vous seront tout de même utiles. C’est pourquoi myyri.com vous donne la possibilité de travailler moins et de gagner plus grâce à la crypto-monnaie.

Le staking

Le staking est aujourd’hui l’une des techniques les plus simples pour générer des revenus passifs via les crypto-monnaies. Il fonctionne sur les blockchains par le protocole PoS et ses déclinaisons. Avec le staking, il vous suffit de détenir des crypto-monnaies, afin de contribuer au processus de sécurisation du réseau. En contrepartie, vous bénéficiez d’un versement d’une partie des frais de transaction sur les crypto-monnaies dont vous avez assuré la sécurité.

Les Masternodes

Les masternodes sont une technique de génération de revenus passifs qui présentent des similitudes avec le staking. Cependant, ils fonctionnent sur des blockchains basés sur le consensus PoS et une variante. Ils permettent de sécuriser le réseau. Pour générer des revenus via les masternodes, il vous revient de verrouiller une partie de vos crypto-monnaies pour mettre en place votre masternode.

Ce dernier devient alors un nœud, positionné de façon stratégique et qui supporte le réseau de la blockchain. En règle générale, ce nœud se trouve sur un serveur que vous louez, afin d’assurer un fonctionnement 24/7 de votre masternode, sans que vous ne soyez contraint à vous en occuper quotidiennement. À travers la vérification et la réalisation des transactions, vous gagnerez entre 5 et 20% des frais de transactions.

Le versement de tokens via des plateformes d’échange

Si vous détenez des tokens, il existe des plateformes qui ont mis en place un système vous permettant de recevoir une partie des frais de transaction collectés. Bien évidemment, plus vous avez de tokens sur la blockchain concernée, plus le montant que vous gagnerez sera élevé. Toutefois, il convient de dire que cette méthode n’est pas toujours très rentable. De facto, elle est liée à l’importance des échanges effectués sur une blockchain pendant le temps où vous détenez les tokens. Il n’en demeure pas moins que cela peut être rentable si vous avez une bonne intuition et savez flairer les crypto-monnaies à fort potentiel.

Outre ces méthodes, vous pouvez générer des revenus passifs via les crypto-monnaies grâce à d’autres techniques comme :

Le versement de tokens sous forme de dividende ;
Le minage de crypto-monnaies ;
Les prêts ;
Les pools de liquidité.

Le dropshipping

Si vous n’êtes pas emballé par les crypto-monnaies, le dropshipping est une source de revenus passifs qui pourrait vous intéresser. Au regard de son succès, tout porte à croire que le dropshipping est en passe de devenir l’un des business en ligne les plus rentables. Il vous permet en effet de faire du commerce en ligne sans avoir besoin de disposer d’un stock.

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Rencontre avec des traqueurs de trackers - Émission Le code a changé - France Inter

Le 01 December 2020 à 16:23:48


Logo Exodus Privacy

Titre : Ils cherchent « les trucs bizarres qu’il y a dans vos téléphones » : rencontre avec des traqueurs de trackers
Intervenant·e·s : MeTaL_PoU - Lovis_IX - Xavier de La Porte
Lieu : Émission Le code a changé, France Inter
Date : novembre 2020
Durée : 48 min 46
Écouter le podcast
Présentation de l'émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Logo of Exodus Privacy - Licence publique générale GNU Affero
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

Xavier de La Porte : Tout a commencé par une phrase lue dans un livre…
« Finalement, des recherches extraordinaires dues à l'association à but non lucratif française Exodus Privacy1 et à Yale Privacy Lab documentèrent la prolifération exponentielle de logiciels de tracking. »
Ça, c’est la phrase. À priori, pas de quoi se taper le cul par terre.
Sauf que c’est la grande Shoshana Zuboff2 qui écrit ça à la page 191 de L’Âge du capitalisme de surveillance, son extraordinaire livre qui vient de sortir en français. Donc comme ça, au détour d’une phrase, Zuboff parle des « recherches extraordinaires » d’une association française dont je n’ai jamais entendu parler : Exodus Privacy.
D’abord je suis vexé. Vexé que Zuboff, depuis ses bureaux de Harvard, connaisse une association française dont je n’ai pas entendu parler, mais, passé la blessure d’orgueil, ça me rend curieux. Qu’est-ce que cette association fait de si extraordinaire pour que Shoshana Zuboff la mentionne dans un livre qui est, sans doute, un des plus grands livres critiques écrits sur l’économie numérique ?
Je résume comment Zuboff en vient à parler d’Exodus Privacy. À ce moment du livre, elle est en train de raconter avec force détails comment Google a été le pionnier du capitalisme de surveillance. Comment Google a imposé au monde ce modèle économique qui consiste à vendre à des annonceurs des profils de consommateurs les plus fins possible, profils élaborés en surveillant donc les comportements numériques des internautes. Et Zuboff raconte notamment le rôle joué par Android dans tout ça. Android c’est le système d’exploitation de smartphone de Google. Aujourd’hui il équipe à peu près 85 % des smartphones du monde soit plus de deux milliards. Or, les gens qui ont des téléphones sous Android téléchargent des applications dans Google Play, le magasin d’applications de Google, et ces applications sont pleines de logiciels qu’on appelle des trackers ou pisteurs ou traceurs en français, donc des petits programmes qui sont fabriqués précisément pour récolter des données sur nous et nos comportements.
Ces pisteurs, on ne les voit pas. On ne sait pas qu’ils sont là dans des applications anodines, celles que je télécharge par exemple pour avoir la météo, une application de drague, celle d’un journal ou un jeu gratuit pour les enfants. Et pourtant, ils sont l’outil d’extraction des données personnelles qui vont ensuite nourrir le capitalisme de surveillance. Et c’est là où Exodus Privacy intervient. Ce qu’on comprend en lisant Zuboff c’est que l’association déniche des pisteurs dans les applications d’Android.

Exodus Privacy, ce sont des trackers de trackers.
Évidemment ça m’intrigue. Qui sont les gens qui font ça ? Comment s’y prennent-ils ? D’ailleurs c’est quoi, vraiment, un pisteur ? Comment ça marche ? Est-ce qu’on peut échappe à ces pisteurs ?
Évidemment, ni une ni deux, je joins la présidente actuelle d’Exodus Privacy, qui porte le pseudo rigolo de MeTaL_PoU et, quelques semaines plus tard, voici MeTaL_PoU qui vient jusqu’à la Maison de la radio, accompagnée d’un autre membre, historique lui, de Exodus Privacy qui a le pseudo, rigolo aussi, de Lovis_IX, et tous les deux me racontent comment ils sont devenus des pisteurs de pisteurs, comment a commencé l’histoire d’Exodus Privacy.

Lovis_IX : C’est né à l’été 2018 si mes souvenirs sont bons.

MeTaL_PoU : 2017.

Lovis_IX : 2017, pardon, par un article de Numerama qui parlait des pisteurs, justement, dans les applications des magazines, sans péjoration de ma part, féminins – Closer, Biba, ce genre de choses – qui étaient effectivement bourrés de pisteurs. L’une des fondatrices de l’association a regardé ça et s’est dit « et dans les autres applications ? ». Elle en a pris au hasard, elle s’est rendu compte qu’il y en avait énormément et elle a lancé sur Mastodon3 un appel en disant « j’ai vu des trucs phénoménaux, qui vient m’aider ? » Et on s’est retrouvés sur IRC – moi je suis arrivé le deuxième ou le troisième jour, d’autres étaient déjà là – à décortiquer ce qu’on voyait. Et puis, dans la semaine on a, elle, soyons vrais, a codé l’embryon de plateforme pour pouvoir faire les analyses que l’on fait actuellement.

Xavier de La Porte : Tiens, c’est drôle ça ! Donc à l’initiative de tout ça il y a une femme, ce n’est pas si courant dans le monde techno. En faisant quelques recherches pas très compliquées, je vois qu’elle s’appelle Esther, parce qu’elle est souvent mentionnée dans les textes d’Exodus Privacy et j’ai l’impression qu’elle en est comme une sorte de figure tutélaire. Lovis_IX m’explique pourquoi.

Lovis_IX : Quand on discutait d’une nouvelle fonctionnalité ou de quelque chose qui n’allait pas, on se disait « on voit ça demain parce qu’il est déjà 23 heures 30 », mais elle continuait à coder dans la nuit et le lendemain matin c’était fait. Donc effectivement, sa figure est assez importante dans l’association.

Xavier de La Porte : Note pour plus tard : rencontrer Esther, si elle est d’accord bien sûr.
Au départ, donc, il y a Esther, mais les autres c’est qui ? À ce que vient de dire Lovis_IX, on peut un peu le deviner. Au départ il y a un article4 de Numerama, vénérable site d’information spécialisé dans les technos, Mastodon où Esther lance le premier appel, c’est un réseau social de microblogging un peu dans le genre de Twitter, mais en version plus conforme à l’esprit originel du Web, par exemple il n’y a pas de publicité, et puis IRC où se retrouvent les premiers membres pour discuter, eh bien c’est un protocole de discussion historique de l’Internet bien avant MSN et compagnie, qui est toujours prisé par les tenants de l’esprit premier de l’Internet.
Donc si je comprends bien, au départ Exodus Privacy ce sont de bons vieux geeks, tels qu’on les aime.

Lovis_IX : Tout à fait. Ce sont des activistes.

Xavier de La Porte : Des activistes de quoi ?

Lovis_IX : De la vie privée. Ce qui nous importe c’est la vie privée des gens, qu’ils puissent en conserver un peu.

Xavier de La Porte : Et MeTaL_PoU alors, comment s’est-elle retrouvée embarquée là-dedans ?

MeTaL_PoU : Moi, en fait, je suis arrivée plus tard, je suis arrivée à peu près six mois après les débuts de l’association. J’étais bibliothécaire et j’avais organisé un atelier de sensibilisation à la vie privée où justement Esther était venue présenter le travail d’Exodus Privacy.

Xavier de La Porte : Toujours Esther.

MeTaL_PoU : Voilà ! Et les bras m’en étaient tombés, puisqu’on dit toujours « oui, on sait qu’on est pisté, etc. », mais quand on gratte un peu on se rend compte que c’est quand même une proportion absolument énorme. Donc quelques mois après, quand l’association a fait passer, justement sur les réseaux sociaux, le fait qu’elle souhaitait recruter des bénévoles et qu’il n’y avait pas de prérequis technique, du coup j’ai franchi la porte, je suis allée à une première réunion et six mois après je devenais la présidente de l’association.

Xavier de La Porte : OK. Mais une association dont on devient présidente six mois après y être entrée, ça ne doit pas être énorme. Aujourd’hui, trois ans après sa création, alors même que la grande Shoshana Zuboff parle de son travail extraordinaire, Exodus Privacy c’est combien de membres ?

Lovis_IX : C’est difficile à dire. On est une dizaine de personnes vraiment actives. Par contre, comme la cotisation de l’association est d’un montant faramineux de 0 euro, en fait on ne sait pas combien on est. Il y a des gens qui adhèrent en nous envoyant un mail, en disant « je veux adhérer à l’association » et qui nous aident, et d’autres qui sont sympathisants parce qu’on sait qu’ils sont là, éparpillés.

Xavier de La Porte : Vous êtes éparpillés.

Lovis_IX : Totalement. On a une communauté assez extraordinaire.

MeTaL_PoU : Comme on ne fait que du logiciel libre et que tous nos supports, etc., sont sous licence libre, sont accessibles en ligne, modifiables en ligne, améliorables en ligne, on a donc toute une communauté qui gravite autour de nous, qui nous file des coups de main sans forcément être membre de l’association. Une fois on avait un billet de blog en français qu’il fallait traduire en anglais. On avait juste passé un message sur Twitter avec le lien vers un pad, un fichier de texte collaboratif, et en deux heures le billet de blog était traduit, relu et avec plusieurs propositions sur certains mots où tout le monde n’était pas d’accord.

Xavier de La Porte : En écoutant MeTaL_PoU raconter ça, je me dis qu’il y a encore des beautés dans Internet. Et dans un Internet qui n’est pas loin de celui qu’on fréquente tous puisque quand Exodus Privacy cherche de l’aide pour traduire un texte, c’est sur Twitter que l’association lance un appel, le même Twitter que celui qui, bien souvent, nous déprime.
Quand on regarde, sur le site de l’association, qui soutient Exodus, c’est marrant parce qu’on reconnaît certains acteurs de la communauté du logiciel libre français : Gandi5 les hébergeurs, les activistes du Libre de Framasoft6 par exemple. En fait, c’est un tout petit monde, mais c’est un monde super actif qui essaie de garder vivantes les utopies premières de l’Internet et du Web, tout en s’adaptant aux problématiques les plus contemporaines. En fait ça m’émeut un peu, j’avoue, de constater qu’Exodus est reliée à tout ce monde. Je me pose d’ailleurs la question du nom de l’association, Exodus Privacy, je trouve ça assez beau. Je demande à Lovis_IX ce que ça évoque.

Lovis_IX : C’est vrai que c’est joli. L’exode de la vie privée.

Xavier de La Porte : Bon ! Exodus, moi ça me fait surtout penser aux bateaux qui, au sortir de la Deuxième guerre mondiale, avaient transporté des Juifs vers la Palestine, élément fondateur de la création de l’État d’Israël, et qui a donné lieu au film de Otto Preminger.

Voix off : Otto Preminger presents Exodus. The biggest best-seller since Gone With the Wind, read by more than fifteen millions around the world. Now on the screen, an epic of our time. The birth of a legend.

Xavier de La Porte : Pas sûr qu’il y ait de rapport direct.
Revenons au travail d’Exodus Privacy parce qu’un truc m’intrigue. Exodus Privacy piste les pisteurs qui sont dans les applications. OK ! Mais l’association ne le fait que pour les applications qui tournent sur les téléphones équipés d’Android, le système d’exploitation de Google. Pourquoi Exodus ne fait pas le même travail pour les applications qui tournent sur iOS, le système d’exploitation des iPhones ? Pourquoi donc se limiter à Google et ne pas aller voir ce que fabrique Apple ?

Lovis_IX : C’est une question juridique. Les applications qui sont sur l’App Store, donc les applications iOS, sont signées numériquement par un certificat émis par Apple ; de fait elles appartiennent à Apple. Donc essayer de voir ce qu’il y a dedans c’est s’attaquer à Apple. Personnellement je n’ai pas les moyens. Il y a quand même plus d’avocats que des développeurs chez Apple, donc je ne risque pas !

Xavier de La Porte : Alors que sur Android ?

Lovis_IX : Alors que sur Android on n’a pas cette contrainte et, en plus, on utilise un outil qui est fourni par Google.

Xavier de La Porte : À savoir ?

Lovis_IX : Cet outil, qui s’appelle DexDump, est utilisé pour créer les applications et peut être utilisé aussi dans notre démarche, qui n’est, attention, je le dis et je le précise, pas une décompilation.

Xavier de La Porte : C’est-à-dire ?

Lovis_IX : C’est-à-dire qu’on n’a pas le droit de partir de l’application et d’essayer de retrouver le code source ; c’est du reverse engineering et c’est interdit si on n’est pas chercheur. Et nous ne sommes pas chercheurs.

Xavier de La Porte : Vous avez le droit de faire quoi alors ?

MeTaL_PoU : Moi j’aime bien prendre la métaphore du livre, c’est-à-dire que nous on n’a pas le droit d’aller voir le contenu du livre, par contre on a le droit de regarder le sommaire, c’est ce qu’on appelle les classes Java. On va pouvoir comparer, justement, ces titres du sommaire à des signatures de pisteurs qu’on connaît déjà et ça veut dire que le pisteur est embarqué dans l’application.

Xavier de La Porte : Alors ça, c’est hyper important. Bon ! Déjà, on n’a pas le droit d’accéder au code source d’une application par quelque méthode que ce soit, c’est une question de propriété intellectuelle. Donc Exodus Privacy doit se contenter des classes Java, une sorte de sommaire de l’application, pour reprendre l’analogie de MeTaL_PoU. Mais avoir accès aux classes Java d’une application c’est possible avec les applis qui tournent sur Android, pas avec celles qui tournent sur iOS, le système d’exploitation de Apple.
La raison de cette différence tient à l’histoire de ces deux systèmes d’exploitation. Quand Google a décidé de se lancer sur le marché des smartphones, la boîte avait déjà du retard sur Apple dont l’iPhone était commercialisé avec son système d’exploitation iOS.
Google a choisi une autre stratégie. Pas fabriquer des téléphones mais juste un système d’exploitation, Android, qui pourrait être utilisé par tous les fabricants de téléphones qui le demandent. Encore mieux ! Alors que iOS est cadenassé, le noyau d’Android est open source ce qui facilite la tâche aux développeurs du monde entier pour fabriquer des applications. C’est un choix stratégique extrêmement malin et qui a porté ses fruits, c’est le moins qu’on puisse dire. Android est aujourd’hui le système d’exploitation d’environ 85 % des smartphones qui sont en circulation dans le monde. Ce qui signifie qu’à peu près deux milliards de personnes vivent dans l’univers de Google, parce qu’il faut se créer un compte Google pour que le téléphone marche. Il est pré-équipé d’applications de Google ou choisies par Google, qu’on ne peut pas désinstaller. Les gens téléchargent de nouvelles applications sur Google Play et, pour peu qu’ils utilisent Chrome pour aller sur le Web depuis leur téléphone, Search pour faire des recherches, Gmail pour leur courrier et Drive pour partager des documents, eh bien ils vivent numériquement dans l’univers de Google. Un univers qui, brique par brique, a été élaboré pour fournir à Google la ressource dont il a besoin : les données qu’il va ensuite revendre aux annonceurs.
Mais il y a un truc que je ne comprends pas là-dedans. En mettant au jour les traceurs qu’il y a dans les applications qui tournent sur Android, les gens d’Exodus Privacy s’attaquent à un outil stratégique de cet écosystème. Ils s’attaquent à des programmes qui sont glissés dans des produits que Google distribue sur Google Play. Donc, d’une certaine manière, ils s’attaquent à Google, enfin c’est ce que je comprends. En plus, ils utilisent pour ça un outil qui vient de Google, DexDump dont parlait Lovis_IX et qui sert à avoir accès aux classes Java de l’application.
Bref ! Pour le dire vite, je trouve ça super bizarre que Google les laisse faire ça.

Lovis_IX : Ce n’est pas forcément bizarre parce que, en fait, on fait presque une partie de leur boulot et on leur pique une partie de leur boulot, si on y réfléchit.

Xavier de La Porte : Je ne comprends pas.

Lovis_IX : Il vit de quoi Google ? De la pub. Si on dit que telle application a 25 pisteurs de pub, c‘est de la pub qui ne rentre pas dans la poche de Google finalement. Donc virer ces applications parasites, ce n’est pas forcément mauvais pour Google.

MeTaL_PoU : Oui. Moi je verrais les choses différemment. Je pense que, vu notre échelle, on ne représente absolument pas une menace !

Lovis_IX : On est trop petits. On a l’air connu, mais…

MeTaL_PoU : C’est ça !

Xavier de La Porte : Vous croyez qu’un jour Google pourrait vous dire arrêtez de faire ça ?

MeTaL_PoU : En tout cas nous on a tout fait, justement, pour être hyper rigoureux au niveau juridique. Normalement on est relativement bien protégés de ce point de vue-là. Après, on verra bien ce que l’avenir nous réserve.

Lovis_IX : C’est aussi pour ça qu’on s’est constitué en association, pour que ce soit l’association qui soit attaquée et pas les gens individuellement.

Xavier de La Porte : Donc la question de savoir jusqu’à quand Google les laissera faire ça, ce n’est pas si absurde que ça. L’air de ne pas y toucher Exodus Privacy s’attaque quand même à une zone critique de l’économie numérique.
Justement, depuis tout à l’heure on parle des traqueurs comme si c’était une évidence. J’avoue que je ne sais pas hyper bien comment ça marche. Or, je pense que pour comprendre pourquoi le travail d’Exodus Privacy est à la fois si important et si sensible, il faut comprendre comment fonctionnent ces traqueurs. Donc un pisteur c’est un petit programme placé dans une application. OK ! Mais qu’est-ce qu’il fait vraiment ? Et ça, c’est MeTaL_PoU qui nous l’explique.

MeTaL_PoU : Le but du tracker c’est de collecter de la donnée. Ça peut être aussi bien des données à caractère personnel, donc ça peut être par exemple de la géolocalisation, un identifiant unique, des choses comme ça, et puis ça peut être des données d’usage, par exemple l’application ne fonctionne pas bien sur tel modèle de téléphone. Donc, dans l’application, on va se retrouver avec des bouts de code qui font, on va dire, le métier de l’application, par exemple une application de météo c’est donner la météo et, à côté de ça, il va y avoir potentiellement des pisteurs qui vont faire d’autres choses, par exemple collecter la géolocalisation et l’envoyer à une régie publicitaire.

Xavier de La Porte : Par exemple celle de Google ?

Lovis_IX : Non, pas celle de Google. Google a d’autres moyens pour avoir ces informations. Par exemple Criteo, Teemo, il y en a tellement, Facebook. On a combien ? 323 pisteurs, à la base.

MeTaL_PoU : Oui. Et ce n’est jamais fini !

Lovis_IX : Ça paraît peu comme nombre comme ça ! Maintenant les récolter, vérifier qu’ils fonctionnent et que c’est bien ça, c’est un autre travail.

Xavier de La Porte : Donc voilà. Quand on utilise une application qui a des pisteurs, sans le savoir, dès qu’on lance l’application on se connecte avec plein d’acteurs qui n’ont rien à voir avec l’application et à qui sont envoyées des informations.
Pour me figurer le truc, je passe par une analogie. Rappelons-nous l’ancien monde où, avant de tout faire depuis notre téléphone, on avait, je ne sais pas, un plan papier pour se diriger dans la ville, un guide de restaurants, un appareil photo, des jeux de société, des journaux, des livres de cuisine, un agenda, etc. Quand on utilisait ces objets personne, à part notre entourage, n’en savait rien.
Aujourd’hui, quand je cherche une recette dans Marmiton, des trackers le savent et le balancent à des entreprises que ça intéresse. D’autres pisteurs voient dans mon appli agenda ce que je fais, qui je vois, à quelle heure, etc. Les pisteurs qui sont dans l’application de mon journal préféré savent quels articles je lis, à quelle heure. Les pisteurs de mon appli de navigation savent où je suis, où je vais, à quelle heure. Etc. Et je pourrais multiplier les exemples à l’infini.
Mais, si je comprends bien, il y a quand même des bons pisteurs et des mauvais pisteurs ; des pisteurs qui servent au bon fonctionnement de l’application elle-même, par exemple à faire remonter un bug, et puis d’autres pisteurs qui sont juste là pour envoyer ces informations à des régies publicitaires.
Est-ce que ça veut dire qu’Exodus Privacy considère qu’il y a une légitimité de certains pisteurs ?

MeTaL_PoU : Notre parti pris c’est de ne pas répondre à cette question parce qu’on veut laisser aux personnes le loisir de choisir, justement, si elles considèrent qu’un pisteur est légitime ou pas. Il suffit de voir le rapport du grand public à la publicité ciblée. Il y a des personnes que ça rebute alors qu’il y a des personnes qui trouvent ça plutôt cool d’avoir des publicités qui sont liées à leurs besoins, etc. Du coup, nous on n’est pas là pour juger de ce que les personnes pensent.

Xavier de La Porte : Enfin, vous faites quand même un travail qui est, d’une certaine manière, politique.

Lovis_IX : Oui, c’est certain. Mais on ne veut pas influencer le grand public, on veut simplement lui dire « attention il y a des choses bizarres dans ta poche ».

Xavier de La Porte : OK ! Je comprends la logique. Après tout, la distinction entre pisteur légitime et pisteur illégitime relève de ce qu’on pourrait appeler une subjectivité politique. Si je considère que le fait de recevoir de la publicité ciblée, au prix d’une captation de mes données, n’est pas un problème, les pisteurs qui le permettent sont légitimes. On peut voir les choses comme ça.
Mais ces choses bizarres dans ta poche, comme dit Lovis_IX, elles sont mises là par qui ? Je vais poser la question autrement : quand on passe quelques applications très courantes au crible de l’outil d’Exodus Privacy qui permet donc de voir les pisteurs que contient chaque application, le premier nom qui saute aux yeux c’est Facebook. On a l’impression que les pisteurs de Facebook – Facebook Ads, Facebook Analytics – sont partout. Je demande donc à MeTaL_PoU si on peut dire que Facebook est un des grands acteurs du tracking.

MeTaL_PoU : En tout cas ce sont les pisteurs qui apparaissent le plus régulièrement avec les pisteurs de Google, avec des exemples qui sont assez savoureux, par exemple une application qui s’appelle Baby + qui est une application de suivi de grossesse et de suivi de maternité. Notre bébé vient de naître et, en fait, on note sur cette application « je l’ai allaité à telle heure, il s’appelle comme ça, etc. » Et toutes ces données partent chez Facebook, donc avec si le bébé est allaité, son nom, son genre, est-ce que c’est sa mère qui remplit, justement, sur l’application ces données-là, etc. Ça veut dire que, pour Facebook, ce bébé a déjà une existence.

Xavier de La Porte : Indépendamment du fait que les parents aient un compte Facebook ?

MeTaL_PoU : Tout à fait. C’est collecté avec un identifiant publicitaire qui est spécifique au téléphone et qui est complètement distinct du fait d’avoir un compte Facebook ou pas.

Xavier de La Porte : Que fait Facebook de ça ?

Lovis_IX : En fait, l’enfant a un compte fantôme avec des tas de choses que les parents ont envoyées de façon innocente, on va dire. Le jour où l’enfant ou la personne adulte crée son compte c’est rattaché immédiatement.

MeTaL_PoU : Facebook collecte énormément de choses, par exemple ces données-là sur Baby + et puis, sur une autre application, ils vont collecter d’autres données, par exemple la date de naissance, et ça va permettre, après, de faire des croisements.

Xavier de La Porte : Il n’y a que Facebook qui fait ça ?

Lovis_IX : On n’a aucune preuve, mais je pense que tous le font.

Xavier de La Porte : Alors là, on est au cœur du sujet. Voilà à quoi ça sert de pister quelqu’un. Ça sert à le transformer en un profil qui va être vendu aux annonceurs qui veulent cibler le plus précisément possible leurs publicités. Ce qui est dingue dans ce que raconte MeTaL_PoU, c’est qu’en mettant des pisteurs partout, Facebook arrive non seulement à pister des gens qui ne sont pas sur Facebook, mais même des humains qui ne sont pas encore nés.
Lovis_IX dit « tous le font ». Mais c’est qui « tous ». Moi, quand je regarde qui place ces traceurs dans les applications, bon !, je reconnais évidemment des entreprises. Facebook dont on vient de parler, Amazon, Twitter, Criteo la boite de ciblage publicitaire française qui fait la fierté de la startup nation, ça je connais, mais il y a plein d’autres pisteurs qui ont des noms qui ne m’évoquent rien du tout.

Lovis_IX : Il y a aussi des sociétés qu’on ne connaît pas forcément qui agrègent toutes ces données pour les revendre. Qui récupèrent des petits morceaux à droite et à gauche et, avec toutes ces données, on obtient un être virtuel. Plus cet être est constitué, on va dire plus on a de données sur lui, plus il vaut cher.

Xavier de La Porte : Là, il faut faire une précision. L’identifiant publicitaire dont parle Lovis_IX et dont parlait déjà MeTaL_PoU tout à l’heure, je crois, c’est un identifiant unique et anonyme qui est attribué à chaque téléphone qui tourne sur Android. Et son but, d’après ce que je comprends, c’est de permettre aux développeurs d’applications et à Google, évidemment, de créer des profils d’utilisateurs, en théorie anonymes, pour diffuser de la publicité ciblée sur le téléphone en question.
J’en reviens aux acteurs qui ont des pisteurs. Si je comprends bien toujours, ils sont de types différents. Il y a ceux comme Google, Facebook ou Amazon qui sont à la fois des plateformes, des entreprises de ciblage publicitaire et des régies publicitaires. Bon ! Il y en a d’autres qui ne sont que des entreprises de ciblage. Et puis il y en a d’autres encore qui se contentent de fournir des données à des entreprises qui vont les transformer en profils ou qui vont les vendre encore à d’autres entreprises, on appelle ça les data brokers c’est-à-dire les courtiers en données personnelles. Tout ça, au fond, ça dessine un univers assez compliqué, avec des acteurs plus ou mois crades mais qui se jettent tous sur la même ressource, les données qu’on fournit via nos téléphones et les applications qu’on y télécharge. Et le but de tout le monde est le même : savoir ce qu’on veut et ce qu’on est pour, en bout de chaîne, vendre de la pub.
Mais là j’ai une question technique. Ces pisteurs placés dans les applications, comment ils s’activent ? Est-ce qu’ils s’activent tout seuls quand l’application se met en marche ou est-ce qu’il faut qu’ils soient activés par l’entreprise qui les a créés ?

MeTaL_PoU : Ça dépend.

Lovis_IX : Certains fonctionnent automatiquement, par défaut, et d’autres sont très vicieux.

Xavier de La Porte : Racontez-moi ce qu’est un traqueur vicieux.

Lovis_IX : Il y a des pisteurs qui ne se mettront en route qu’au bout de 30 secondes d’utilisation de l’application.

Xavier de La Porte : Quel est l’intérêt de ça ?

Lovis_IX : L’intérêt c’est justement d’éviter les gens qui essayent de le repérer en lançant l’application.

Xavier de La Porte : Ah !

Lovis_IX : Il y en d’autres qui attendent un certain temps et vont chercher sur le site du fournisseur des instructions : est-ce que je me lance ? Est-ce que je ne me lance pas ? Est-ce que j’ai une campagne toute prête pour les gens du type de ceux qui possèdent ce téléphone ?, les CSP+ [catégories socio-professionnelles les plus favorisées], etc. Donc deux personnes avec le même téléphone, les mêmes applications, peuvent avoir, ou pas, la pub.

Xavier de La Porte : OK ! Ça c’est pour les pisteurs. Mais quand on se sert de l’outil développé par Exodus Privacy et qu’on regarde ce que contiennent les applications, n’apparaissent pas seulement les pisteurs, il y a aussi les permissions. Exodus Privacy nous donne, pour chaque application, le nombre de permissions qu’il y a dans l’application. Si je passe, par exemple, l’application de Météo-France au crible de l’outil d’Exodus Privacy, eh bien elle va me répondre qu’il y a 20 et quelques traceurs et 14 permissions. J’aimerais bien savoir ce que sont ces permissions et pourquoi ça semble, à l’association, un problème.

MeTaL_PoU : Les permissions ce sont un peu les accès donnés au téléphone, que ce soit des accès matériels, par exemple à l’appareil photo, au micro, mais aussi l’accès à ce qui est enregistré sur le téléphone, par exemple les photos.

Xavier de La Porte : Ça veut dire que quand vous téléchargez une appli vous donnez des permissions, sans le savoir, qui sont, par exemple, celle d’avoir accès à vos photos ?

Lovis_IX : Sans le savoir, non.

Xavier de La Porte : Pourquoi non ?

Lovis_IX : Désormais Android fait en sorte que l’application demande l’autorisation à l’utilisateur.

Xavier de La Porte : D’accord. Elle vous dit « Est-ce que vous m’autorisez… ? »

Lovis_IX : « Est-ce que tu m’autorises à aller voir les photos ? »

Xavier de La Porte : D’accord.

Lovis_IX : Et souvent on dit oui. Une fois qu’elle a accès aux photos qu’est-ce qu’elle en fait ?

MeTaL_PoU : En plus, c’est encore plus pernicieux que ça parce que les demandes d’autorisation ne concernent que les autorisations qui sont considérées comme dangereuses par Google. C‘est là où on voit la petite fenêtre s’ouvrir : « Cette application a besoin d’accéder à votre appareil photo, etc. », et c’est là où, normalement, on est censé pouvoir refuser avec, en effet, cette limite que dès fois, si on refuse, en fait l’application ne fonctionne pas. Ça c’est Google qui décide suivant des considérations, des critères qu’on ne connaît pas.

Xavier de La Porte : Alors ça c’est extraordinaire ! C’est-à-dire que pour avoir accès à certains éléments de notre téléphone, les applications demandent une autorisation, mais c’est Google qui décide de ce qui nécessitera notre assentiment explicite et de ce qui ne nécessitera pas notre assentiment explicite. Ça c’est dingue ! Il y a donc des autorisations qui sont automatiques. Je demande à MeTaL_PoU si elle a un exemple de ces autorisations qu’on donne aux applications sans même le savoir.

MeTaL_PoU : Par exemple une des autorisations pour laquelle le créateur de l’application n’a pas besoin, justement, d’autorisation c’est pour accéder à l’ensemble des applications installées sur le téléphone. Il a accès à ça de toute façon. On sait bien que quand on observe le téléphone de quelqu’un, qu’on voit les applications qui sont installées, on peut deviner plein de choses. On peut deviner la composition familiale, on peut deviner où cette personne habite, en effet son orientation sexuelle, des fois sa religion, ses opinions politiques, etc.

Xavier de La Porte : Donc un traceur placé dans une application peut avoir accès à la liste de toutes les applications que j’ai dans mon téléphone, juste que parce que Google l’autorise à avoir cette information, tout ça sans que je le sache, bien évidemment. Je trouve ça complètement abyssal !
Une question me taraude. Quand je vois qu’une application comme celle de Météo-France, mais il y en a plein d’autres, est pleine de traceurs et de permissions, je me demande qui les as placées là. Pourquoi des traceurs de Facebook, d’Amazon, de Criteo et d’autres encore se retrouvent dans une application développée par une entreprise de service public et dont le but est, quand même, juste de dire le temps qu’il fait ?

Lovis_IX : Prenons un exemple tout simple : une application qui a besoin de géolocalisation. Il y a deux méthodes : ou je lis la documentation pendant quatre heures et je la code moi-même ou je prends un truc tout fait que je mets dans mon application sans savoir ce qu’il y a dedans. Et dedans, il y a peut-être des pisteurs.

Xavier de La Porte : Ce que vous dites-là c’est, en fait, que les développeurs d’applications ne codent pas toute l’application de A à Z, ils vont récupérer des morceaux sans savoir vraiment ce qu’il y a dedans.

Lovis_IX : Parce que c’est un problème économique. Quand votre chef vous dit « il me faut une application qui fasse ça pour vendredi soir » et qu’on est mardi matin, vous n’avez pas le temps de lire la documentation, ce n’est pas un manque de volonté, c’est un manque de temps.

Xavier de La Porte : Donc il va sur une bibliothèque chercher le truc.

Lovis_IX : Donc il va chercher sur Internet une bibliothèque qui fait le truc qu’il veut et il met des trucs autour.

Xavier de La Porte : Et en fait, dans le truc qu’il veut, il peut y avoir un traqueur.

Lovis_IX : Ou 10 ou 20, sans qu’il le sache parce qu’il n’a pas le code, il ne va pas analyser ça, il n’a pas non plus le temps.

Xavier de La Porte : OK. Donc là on frise la dinguerie. Ça veut dire que les traceurs ne sont pas toujours intentionnellement placés dans les applications. Ils se baladent dans des morceaux de code. Ça veut donc dire que les gens qui fabriquent ces petits programmes profitent d’une économie de la programmation informatique qui fait que les développeurs, toujours sous pression, n’ont pas le temps d’aller vérifier exactement ce qu’ils mettent dans leurs programmes. Peut-être qu’ils s’en foutent d’ailleurs. Parce que maintenant qu’il y a des plateformes de type Exodus, ce n’est quand même pas très compliqué de vérifier.
D’ailleurs quand ils s’en rendent compte, qu’est-ce qu’ils font les éditeurs d’applications ?

MeTaL_PoU : Il y a plein de créateurs d’applications qui ne répondent pas, mais il y en a qui répondent du coup en justifiant et, des fois, en améliorant l’application. On a quelques exemples, comme ça, de personnes qui nous ont répondu « non, non, on n’a pas de pisteurs dans notre application ». On leur a donné des preuves et, du coup, ils se sont retournés vers le prestataire qui avait créé l’application, qui a dit « en fait, peut-être que si ». Du coup, on a quelques exemples comme ça de nouvelles applications, de nouvelles versions d’applications où il n’y avait plus forcément zéro pisteur mais, en tout cas, beaucoup moins, par exemple des pisteurs Facebook en moins, des choses comme ça.

Xavier de La Porte : Ce qui est assez incroyable dans ce que raconte MeTaL_PoU, c’est la négligence à la fois des développeurs – Lovis_IX a expliqué pourquoi ils étaient négligents –, mais surtout des éditeurs d’applications qui ont l’air de s’en foutre un peu de qu’il y a vraiment dans leurs applis. Si on y réfléchit deux minutes, ça veut dire que un des maillons techniques essentiels de ce que Zuboff appelle le capitalisme de surveillance, à savoir les pisteurs, repose sur la négligence. C’est quand même dingue !
J’imagine qu’il y a aussi beaucoup d’intentionnalité là-dedans, d’abord parce qu’il faut bien que quelqu’un ait placé les pisteurs dans ces morceaux de code fonctionnels qui se baladent dans les bibliothèques. Est-ce qu’il y a des gens qui sont payés pour ça, placer des pisteurs dans les bibliothèques ? Ça je ne sais pas. Ensuite, il y doit y avoir des éditeurs d’applications qui savent très bien qu’il y a plein des pisteurs dans leur appli parce qu’ils ont été placés là à dessein, parce que, d’une manière ou d’une autre, l’éditeur de l’application a quelque chose à y gagner. D’ailleurs je me pose une question : quels sont les types d’applications dans lesquelles on trouve le plus de traceurs ?

Lovis_IX : Je crois que ce sont les jeux qui arrivent en premier.

MeTaL_PoU : Oui. Les jeux sont pas mal.

Xavier de La Porte : C’est-à-dire qu’ils peuvent avoir jusqu’à combien ? 40, 50 ?

Lovis_IX : Ça non. C’est plutôt Marmiton.

Xavier de La Porte : Marmiton ?

Lovis_IX : Oui, Marmiton a été notre vainqueur plusieurs fois.

MeTaL_PoU : Je crois qu’ils ont diminué sur les nouvelles versions.

Xavier de La Porte : Expliquez-moi. Pourquoi Marmiton ?

MeTaL_PoU : Ça appartient au groupe aufeminin. Globalement les applications du groupe aufeminin ont en général pas mal de pisteurs.

Xavier de La Porte : Oui, donc un retour aux sources. Puisqu’on s’en souvient, c’est par un article paru dans Numerama sur les pisteurs dans les applis du groupe aufeminin qu’avait commencé l’aventure d’Exodus.
Bon ! Deux remarques. D’abord, si trois ans après la création d’Exodus Privacy le groupe aufeminin est toujours très bien placé dans les applis pleines de traceurs, ça veut dire qu’il y a encore du boulot pour que les choses changent. Ensuite ce groupe, comme son nom l’indique, aufeminin, vise une population féminine, même si moi, par exemple, je vais très souvent sur Marmiton, mais bon , je n’ai pas téléchargé l’appli, je passe par le Web. On peut imaginer que c’est un public plutôt féminin qui est visé, en tout cas considéré comme ça par les annonceurs. Je me demande s’il n’y a pas un sens à ça, parce que l’autre domaine où il y a beaucoup de pisteurs ce sont les jeux gratuits, comme le disaient MeTaL_PoU et Lovis_IX, qui sont souvent utilisés par les enfants.

Lovis_IX : C’est une horreur, c’est absolument une horreur. Ça devrait être totalement interdit sur des jeux pour des enfants. Traquer des enfants comme ça, ce n’est pas…

Xavier de La Porte : C’est quoi comme types de traceurs que vous trouvez dans ces applis ?

Lovis_IX : C’est toujours la même chose, de la publicité ciblée, le petit bandeau « si tu cliques maintenant tu as 20 minutes de Spotify gratuites ».

Xavier de La Porte : Quand il dit ça, Lovis_IX fait, je crois, référence à ce qu’on appelle en marketing digital le real time bidding, RTB, c’est l’acronyme, c’est-à-dire que c’est un système d’enchères en temps réel, comme son nom l’indique, qui repose sur l’hyper-personnalisation de la pub. C’est-à-dire que la publicité qui va s’afficher est négociée et délivrée en quelques fractions de seconde en fonction des profils qui ont été élaborés grâce aux pisteurs. Là, on peut difficilement plaider que les pisteurs soient non intentionnels.
Ce dont je n’ai aucune idée en revanche, c’est la forme de l’économie qu’il y a derrière. Est-ce que les gens qui développent ces jeux gratuits se font de l’argent en plaçant des pisteurs contre rémunération ? Est-ce qu’ils font leurs propres pisteurs et vendent eux-mêmes les données ? Ou est-ce qu’ils vendent juste l’espace à des annonceurs ?
Vraisemblablement, d’après ce que j’ai compris, c’est plutôt la troisième solution.

Il y a une chose dont on n’a pas encore parlé, c’est la manière dont Exodus s’y prend pour tracer les traceurs, enfin techniquement je veux dire. Depuis le début je parle de l’outil que l’association a développé, qui permet de détecter les pisteurs qu’il y a dans les applis. Outil que Esther, la déesse tutélaire, avait commencé à coder au tout début de l’histoire. Cet outil est hyper-simple à manipuler, même pour moi. Mais est-ce que c’est un truc compliqué à fabriquer informatiquement ?

Lovis_IX : L’outil lui-même n’est pas extrêmement compliqué. Le cœur de l’outil n’est pas très compliqué. Techniquement c’est d’un côté avoir l’application, récupérer la liste des classes Java, ça s’appelle comme ça, et, de l’autre côté avoir la liste des pisteurs qu’on a et puis on vérifie si telle ligne existe dans les pisteurs.

Xavier de La Porte : Mais comment, par exemple, avez-vous une piste de pisteurs ?

Xavier de La Porte : Augmenter notre base de connaissances de pisteurs c’est justement un travail de longue haleine. Là on se repose encore une fois sur la communauté. Il y a des personnes autour de nous qui s’amusent avec leur téléphone, qui voient passer des connexions réseau sur leur téléphone qui sont un peu bizarres, qui ressemblent à un pisteur, donc ils ajoutent ce pisteur- là en disant « j’ai vu tel truc passer, il faudrait le regarder de plus près ». Après nous on a tout un travail où, justement, on fait des analyses complémentaires, on va sur le site du pisteur en question, on lit la documentation, etc., pour voir, en fait, si ça correspond vraiment à un pisteur et si oui quel est, justement, son mode de détection. C’est un travail absolument sans fin et on essaye de faire des soirées un peu joyeuses parce qu’aller sur les sites des pisteurs qui vendent un monde justement où le marketing est merveilleux et les gens sont heureux parce qu’ils ont des services adaptés à leurs besoins, il y a des fois où c’est un petit peu déprimant !

Xavier de La Porte : Donc les gens d’Exodus Privacy se retrouvent régulièrement, chacun derrière son ordinateur, pour des soirées où ils essayent d’identifier des pisteurs.
Mais là j’ai une question un peu conne. J’ai lu, quelque part, qu’Exodus se limitait aux applications gratuites et n’allait pas voir les pisteurs qui se trouvent dans les applications payantes. Pourquoi se limiter aux applications gratuites ?

Lovis_IX : Parce qu’on n’a pas les moyens de les acheter !

Xavier de La Porte : C’est juste pour ça ?

Lovis_IX : Il faut pouvoir les acheter et les acheter peut-être plusieurs fois, quand elles changent de nom, quand elles sont rachetées. Une appli à 15 euros, ça va grever notre budget qui n’est pas énorme.

Xavier de La Porte : Ah ! Oui, c’est juste ça qui fait que vous vous limitez aux applications gratuites.

Lovis_IX : Ben oui !

Xavier de La Porte : Ça, ça pose une question importante. Qu’est-ce que Exodus Privacy ne voit pas ? Qu’est-ce qui échappe à leur chasse ? Déjà on sait, pour ce qu’il y a dans les applications payantes c’est beaucoup et c’est dû au manque de moyens financiers. Mais est-ce qu’il y a des pisteurs qui échappent à Exodus Privacy pour des raisons techniques ? Pour le dire autrement : est-ce qu’il y a des choses qu’Exodus Privacy aimerait faire et n’arrive pas à faire ?

Lovis_IX : Ce que j’aimerais et ce ne sera pas possible, on ne pourra pas le faire, c’est faire des analyses dynamiques. Ce serait de pouvoir lancer l’application et analyser le trafic réseau pendant une, deux heures en jouant avec l’application pour de vrai, en créant des comptes, et savoir ce qui passe exactement, où ça va, dans quelle direction, pour pouvoir avoir plus de données sur l’application.

Xavier de La Porte : Pourquoi vous ne le faites pas ?

Lovis_IX : Parce que c’est du travail qui n’est pas automatisable, ça prend une journée par application, on en a plus de 70 000. Donc je pense qu’on n’aura pas suffisamment de jours de vie pour tout faire. C’est passionnant, ça c’est sûr !

Xavier de La Porte : Passionnant c’est-à-dire ? Pourquoi c’est passionnant ?

Lovis_IX : Parce qu’on tire un fil et toute la pelote vient.

Xavier de La Porte : En analysant en statique et pas en dynamique vous pensez qu’il y a plein de choses qui vous échappent ?

Lovis_IX : Oui, tout à fait.

MeTaL_PoU : Oui, c’est sûr.

Xavier de La Porte : Comme quoi par exemple ?

Lovis_IX : Les fameux pisteurs qui ne se lancent qu’au bout de dix minutes. Les fameux pisteurs qui vont chercher leurs instructions. Puisqu’on n’analyse pas le réseau, en fait avec l’analyse statique on sait que le code est présent mais on ne sait pas s’il est actif.

Xavier de La Porte : Et MeTaL_PoU, la présidente, qu’est-ce qu’elle en pense ? Qu’est-ce que Exodus Privacy ferait s’il en avait les moyens techniques. ?

MeTaL_PoU : Techniquement on aimerait bien pouvoir analyser les applications qui ont des restrictions géographiques ?

Xavier de La Porte : Ça veut dire quoi ?

MeTaL_PoU : Notre façon d’analyser les applications est liée à un compte Google qui est domicilié en France et on ne peut pas analyser des applications qui sont restreintes, par exemple, à l’Allemagne. Ça a été le cas, par exemple justement, avec la création de toutes les applications liées au covid, de tracking en fait, qui ont été faites dans plein de pays. On ne pouvait pas les analyser sur notre plateforme parce que, souvent, elles étaient restreintes géographiquement. Il existe d’autres outils, mais, du coup, il y avait des personnes qui voulaient analyser l’application de leur pays mais qui ne pouvaient pas le faire.

Xavier de La Porte : Évidemment, en bonne présidente, MeTaL_PoU raisonne world wide. C’est vrai que c’est malheureux que les huit membres très actifs d’Exodus ne puissent pas traquer les pisteurs du monde entier.
D’ailleurs c’est une question que je me pose : est-ce qu’il y a une sorte de géopolitique du pisteur ?

MeTaL_PoU : Je m’interroge sur les pisteurs asiatiques. J’ai l’impression qu’on les connaît un petit peu mais tant que ça. Là on est en train d’en découvrir et c’est un champ que nous ne connaissons pas trop. En plus il y a la barrière de la langue, quand les sites ne sont qu’en chinois c’est un peu problématique !

Xavier de La Porte : Oui, évidemment. J’imagine que les pisteurs asiatiques doivent être présents maintenant que les entreprises chinoises ont plus intérêt à faire des campagnes publicitaires en France. Il n’y a aucune raison pour que nos données personnelles restent en Europe ou en Amérique. Donc OK !, le champ à couvrir est infini et on voit mal comment Exodus pourrait en venir à bout.
Je me demande comment on pourrait échapper à tout ça si on le voulait. Déjà prenons un cas simple. Je veux toujours mon application météo clean, je passe celle de Météo-France au crible de la plateforme, elle a plein de pisteurs et de permissions. OK. Qu’est-ce que je fais ?

Lovis_IX : On peut trouver plein d’autres applications météo qui marchent très bien et qui n’ont pas de pisteurs.

Xavier de La Porte : OK. Ce que vous dites, c’est « fuyez les applis qui ont trop de pisteurs. »

Lovis_IX : Si vous savez que celle-là a des pisteurs, si ça ne vous dérange pas continuez comme ça, par contre, vous en trouverez d’autres qui n’en ont pas.

Xavier de La Porte : D’accord. OK.

MeTaL_PoU : Du coup on a proposé des pages pédagogiques avec justement des liens, par exemple un store qui s’appelle F-Droid7 qui propose des applications libres. Il y en a certaines qui ont des pisteurs dedans, par contre c’est transparent, c’est-à-dire qu’on le sait et, en fait, il y a plein d’applications qui n’ont pas de pisteurs. Et puis, à un moment, il faut se poser la question : est-ce que j’ai vraiment envie d’installer telle application ? Est-ce que je ne ferais pas un petit tour dans les applications qui sont déjà installées sur mon téléphone et je me rends compte que je n’en utilise pas la moitié, donc je peux les désinstaller.

Xavier de La Porte : D’accord. Donc ce à quoi invite MeTaL_PoU, c’est une sorte d’ascèse applicative ou alors une éthique de l’application. D’ailleurs, à ce propos, il y a quand même des lois. L’Union européenne s’est notamment dotée, en 2016, d’un Réglement général sur la protection des données, dit RGPD8, dont le but est de mieux protéger les données personnelles des internautes européens.
Est-ce que Exodus Privacy a vu des effets du RGPD quand il a été mis en application en mai 2018 ? Et plus généralement, est-ce qu’ils observent, depuis leur point de vue, des progrès ?

Lovis_IX : Je crois qu’il y a des progrès.

MeTaL_PoU : Oui.

Lovis_IX : On avait fait un essai entre avant et après la mise en place du RGPD et on s’est rendu compte qu’il n’y a avait pas de différence.

Xavier de La Porte : Ah bon !

Lovis_IX : Ça n’avait absolument rien changé.

Xavier de La Porte : C’est-à-dire qu’il n’y a pas moins de traceurs ?

Lovis_IX : Il n’y avait pas moins de traceurs, il n’y avait pas plus de traceurs. Certaines applications ont joué le jeu et ont supprimé des pisteurs, d’autres en ont rajouté. Dans l’ensemble ça n’a pas bougé, mais j’ai quand même l’impression que petit à petit la conscience vient aux développeurs.

Xavier de La Porte : Bon, tant mieux !
Il y a encore une chose que j’ai du mal à saisir. Je sais que Exodus Privacy a été entendue par la CNIL, la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Mais pourquoi ce que fait l’association n’a pas l’air d’intéresser au-delà du monde numérique, alors même que c’est un travail qui est essentiel ? Pourquoi des hommes ou des femmes politiques ne s’emparent pas de ces questions ? Pourquoi 60 Millions de consommateurs, par exemple, n’est pas en lien direct avec Exodus ?

Lovis_IX : Peut-être n’ont-ils pas entendu parler de nous après tout ! On n’est pas si gros que ça, on est huit.

Xavier de La Porte : Vous êtes huit, mais vous êtes mentionnés chez Zuboff, l’université de Yale s’intéresse à ce que vous faites, vous êtes connectés quand même à…

Lovis_IX : On est connectés à énormément de monde, mais il y a peut-être un manque d’interaction quelque part.

Xavier de La Porte : Ce manque d’interaction, comme dit Lovis_IX, il a peut-être des raisons politiques, après tout, comme le rappelait tout à l’heure MeTaL_PoU, tout le monde ne trouve pas scandaleuse la publicité ciblée.
Mais il y a peut-être une raison plus philosophique qui expliquerait un peu notre résignation. Shoshana Zuboff, toujours elle, a un concept que j’aime bien, l’« inévitabilisme ». Elle veut dire par là que les acteurs de la tech ont réussi à nous faire entrer dans la tête que certains inconvénients du progrès étaient inévitables. En gros, vous voulez gratuitement des trucs géniaux comme le Search de Google, Gmail, Google Maps, eh bien il est inévitable qu’on extraie et marchande vos données personnelles. L‘« inévitabilisme » c’est ce qui fait que les progrès de la techno ne sont pas négociés parce qu’ils vont d’eux-mêmes, dans un sens qui nous est présenté comme inéluctable. Soit dit en passant, c’est exactement ce qui s’est passé autour de la 5G.
J’en reviens à mes pisteurs et je me pose une question : est-ce qu’il y a des moyens d’y échapper complètement ? Imaginons une solution pratique toute simple. Si régulièrement je change de numéro de téléphone, est-ce que ça me permettrait d’échapper à la traque ?

Lovis_IX : Changer de numéro de téléphone en changeant simplement la carte SIM mais en gardant le téléphone, ça reste le même téléphone, donc le même identifiant publicitaire, donc la traque continue. Par contre, si vous changez de téléphone et de numéro, à ce moment-là, il va falloir qu’ils refassent tout le boulot. Ça peut coûter cher. Il existe dans les téléphones Android le moyen de réinitialiser l’identifiant publicitaire. C’est très bien caché et, à ce moment-là, ça rend caduque le traçage précédent. Mais il faut aussi nettoyer le reste.

Xavier de La Porte : Oui, parce que ça veut dire aussi qu’entre-temps Facebook, par exemple, qui a des traqueurs partout, a pu, de toute façon, vous créer un profil ; Google vous a créé un profil et cela même si vous changez de numéro de téléphone, d’identifiant publicitaire, etc., ils continueront d’exister.

Lovis_IX : Oui. Ils continueront d’exister et ils finiront par vous retrouver, de toute façon.

Xavier de La Porte : D’accord. Donc c’est impossible d’y échapper.

Lovis_IX : C’est pessimiste à dire.

MeTaL_PoU : C‘est compliqué d’y échapper.

Lovis_IX : J’ai peur que ce soit très difficile.

MeTaL_PoU : Il existe quand même des contre-mesures. Notamment sur F-Droid il y a un outil qui s’appelle Blokada9 qui est un bloqueur de pub, qui permet de bloquer la communication entre le téléphone et un certain nombre de sites tiers qui sont liés à pas mal de pisteurs et qui permet, en fait, de diminuer le nombre de données qui fuitent.
Pour moi, la question du pistage, c’est en fait un système. Du coup, pour remettre en cause un système, il faut forcément une prise de conscience collective.

Xavier de La Porte : Oui, ce n’est pas changer son numéro ou changer son téléphone qui fera qu’on y échappera.

Lovis_IX : On y échappera un temps, mais ils nous rattrapent.

Xavier de La Porte : Voilà, il faut reconnaître que c’est un peu désespérant comme constat. MeTaL_PoU le dit très bien, c’est un système vaste qui compte beaucoup d’acteurs puissants. D’ailleurs, pour terminer, je voudrais savoir si Exodus a reçu des menaces de la part d’un de ces acteurs, je ne sais pas, data broker, fabricant de pisteurs, annonceur, etc.

Lovis_IX : Oui, mais je ne dirai pas plus.

MeTaL_PoU : Oui, mais rien de…

Lovis_IX : Rien de méchant, mais je ne dirai rien de plus.

Xavier de La Porte : Il n’y a pas de procédure.

Lovis_IX : Je ne dirai rien de plus, justement pour éviter des problèmes.

Xavier de La Porte : OK. D’accord. Donc c’est vraiment la limite. Vous êtes vraiment dans une zone qui est…

Lovis_IX : Oui. On est un peu dans une zone grise oui. Il faut qu’on fasse très attention.

Xavier de La Porte : Voilà ! On suivra les aventures d’Exodus Privacy.
Merci à MeTaL_PoU et Lovis_IX, bénévoles d’Exodus Privacy qui ont pris le temps de discuter. Toutes les informations et plus encore sont, évidemment, disponibles sur le site de l’association.
À la prise de son c’était Michaël Besikian, au mixage Jean-Philippe Jeanne, à la réalisation Hélène Bizieau. C’était Le code a changé, un podcast proposé par France Inter en partenariat avec Fabernovel.

#85 - Au coeur de l'April - TNL 2020 - Sagesse et folie des foules - « Libre à vous ! » diffusée mardi 1er décembre 2020 sur radio Cause Commune

Le 01 December 2020 à 14:30:00

Au programme de l'émission : « Au cœur de l'April (dé)confinée », épisode 2. Plusieurs personnes actives au sein de l'April parleront des groupes de travail, des activités de l'April, son fonctionnement, les coulisses de l'émission ; les résultats des labels « Territoires numériques libres » 2020 ; la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet sur le jeu « la sagesse et/ou la folie des foules ».

Libre à vous !, l'émission pour comprendre et agir avec l'April, chaque mardi de 15 h 30 à 17 h sur la radio Cause Commune (93.1 FM en Île-de-France et sur Internet).

Au programme de la 85e émission :

  • Sujet principal : « Au cœur de l'April (dé)confinée », épisode 2. Plusieurs personnes actives au sein de l'April parleront des groupes de travail, des activités de l'April, son fonctionnement. Nous parlerons également des coulisses de l'émission.
  • Les résultats des éditions 2020 du label Territoire Numérique Libre (TNL).
  • la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet, vice-président de l'April, sur La sagesse et/ou folie des foules, un jeu de simulation de Nicky Case sous licence Creative Commons Zero.
  • Quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l'April et le monde du Libre

Podcasts des différents sujets abordés

Les podcasts seront disponibles après la diffusion de l'émission (quelques jours après en général).

N'hésitez pas à nous faire des retours sur le contenu de nos émissions pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat). Vous pouvez nous laisser un message sur le répondeur de la radio en appelant le 09 72 51 55 46

Personnes participantes

  • Étienne Gonnu, chargé de mission affaires publiques
  • Béatrice Pradillon, Responsable Communication de l'Adullact
  • Marie-Odile Morandi, administratrice de l'April et animatrice du groupe Transcriptions
  • Laurent Costy, vice-président de l'April
  • Christian Pierre Momon, administrateur de l'April et animateur du groupe Chapril
  • Adrien Bourmault, bénévole à l'April
  • Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l'April (à la régie)
  • Jean-Christophe Becquet, vice-président de l'April

Références pour la partie consacrée au label « Territoires numériques libres » 2020

Références pour le sujet long : au coeur de l'April (dé)confinée

Références pour la chronique de Jean-Christophe Becquet

Références pour la partie « Quoi de Libre ? »

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

Licences de diffusion, réutilisation

Les podcasts sont diffusés selon les termes d’au moins une des licences suivantes : licence Art libre version 1.3 ou ultérieure, licence Creative Commons By Sa version 2.0 ou ultérieure et licence GNU FDL version 1.3 ou ultérieure. Les musiques sont diffusées sous leur propre licence.

de_crevoisier.png LE-ROUTEUR-WIFI.COM

Mon test du routeur Archer C50 de TP-Link

Le 01 December 2020 à 11:35:56

Comme vous avez dû vous en rendre compte depuis que vous êtes l’un de nos fidèles lecteurs, la gamme de routeurs proposée sur le marché est extrêmement vaste, si vaste qu’il devient parfois difficile de faire un choix.

Vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir vous équiper d’un routeur en parallèle de votre box opérateur, et c’est bien compréhensible. En effet, ces fameuses box, sont certes pratiques, simples à utiliser et, sauf exception peu onéreuses, mais il faut bien avouer qu’elles possèdent aussi bon nombre de limitations.

TP-Link Archer C50
  • Performances (vitesse)
  • Performances (stabilité)
  • Portée
  • Simplicité
  • Prix
  • Design
4.3

Un bon routeur pas cher

LE routeur TP-Link Archer C50 est l’un des moins cher de la gamme AC de TP-Link. Pourtant ses performances sont très correctes par rapport à des sous-marques au même prix. Le savoir faire de TP-Link nous permet de profiter d’un produit à la fois simple performant et pas cher du tout !

Options de configuration moins nombreuses que sur les routeurs moyen et haut de gamme, fonctionnalités spécifiques absentes des box, WiFi des box bien moins performant que celui équipant les routeurs, les raisons pour vouloir adjoindre un routeur moderne à son réseau local sont nombreuses. Mais ce qui peut freiner certains acheteurs potentiels, c’est souvent le prix du routeur de leurs rêves. En effet, soyons franc, un routeur haut de gamme d’une marque bien connue peut rapidement avoir un certain coût et certains utilisateurs, même conscient des avantages qu’ils pourraient en tirer ne sont pas prêt à investir 250, 300, ou 400 euros dans ce type d’équipement.

Dans ce cas, beaucoup laissent totalement tomber l’idée de mettre en place un routeur en plus de leur box, mais ce n’est pas forcément la bonne attitude. Tout comme pour bien d’autres achats, il faut parfois savoir faire des compromis afin de trouver le produit qui nous convient, au juste prix.

En effet, outre le prix, allez-vous réellement vous servir de toutes les fonctionnalités offertes par un routeur très haut de gamme ?

Aujourd’hui, nous allons faire le tour d’une solution proposée par TP-Link, avec le routeur Archer C50.

TP-Link Archer C50

Le routeur se présente sous forme d’un boitier rectangulaire dans la face supérieure est légèrement concave et les coins arrondis. Le routeur est présenté dans un joli blanc glossi avec des bandes plus ou moins brillante ce qui lui donne un aspect zébré du plus bel effet. Dans la partie basse de la face supérieure, on trouve le panel de LED d’état qui vous informerons sur la santé ou la connectivité du routeur.

Le Archer C50 dispose de quatre antennes, deux sur les côtés et deux à l’arrière. Celles sur les côtés sont cylindriques et biseautées à leur extrémité alors que celle à l’arrière de l’appareil, si elles sont elles aussi cylindriques et biseautées, sont également rétrécies en leur milieu.

Le panneau de LED, vous indiquera, de gauche à droite, si l’appareil est alimenté, si le réseau 2.4 ou 5 GHz est actif, si un câble ethernet est raccordé et si le routeur a accès à Internet.

Il n’y a rien de notable sur les côtés de l’appareil, et on retrouve la connectique à l’arrière du C50. Ainsi, de gauche à droite, vous aurez droit à un bouton WiFi/WPS, un bouton reset, un port WAN, 4 ports LAN, un bouton On/Off et le port transformateur.

Spécifications

Le TP-Link Archer C50 est un routeur bi-bande, c’est-à-dire qu’il fonctionne sur deux gammes de fréquences, le 2.4 et le 5 GHz. Sur la bande 2.4, le routeur propose un débit maximum théorique de 300 mbps et de 867 mbps sur les 5 GHz. C’est donc du très classique, mais généralement cela fonctionne plutôt bien.

L’appareil propose un contrôle d’accès et un contrôle parental (filtrage d’URL et plage horaires), mais aussi du QoS (quality of service) qui vous permet de prioriser un type de flux plutôt qu’un autre. Par exemple, il est possible d’indiquer au routeur que vous préférez qu’il donne la priorité aux flux relatifs aux jeux vidéo, plutôt, par exemple, qu’à ceux concernant le streaming. Donc, pas de service VPN, client ou serveur, pas de cloud (absence de port USB oblige) bref, en d’autres termes, des fonctionnalités annexes assez peu nombreuses.

Installation et performances

L’installation du routeur est très classique, soit vous pouvez utiliser l’application TP-Link Tether depuis votre smartphone, et simplement suivre les instructions qui s’afficheront à l’écran, c’est très simple. Ou bien, vous pouvez également paramétrer le routeur avec l’ancienne méthode, à savoir, se connecter au wifi émis par l’appareil (les infos de connexion sont sous le routeur), puis ensuite ouvrir l’interface d’administration depuis votre navigateur.

Dans un cas comme dans l’autre, il faudra donner un nom à votre réseau WiFi, paramétrer ou non votre réseau invité, changer le mot de passe, bref effectuer toutes les tâches de base de l’installation.

Donc une fois le routeur raccordé au courant et à votre box via un câble ethernet, et une fois ce routeur configuré, nous pouvons nous rendre compte du débit WiFi qui est offert. Et disons-le tout simplement, les débits sont très bons. Ils sont comparables à ceux des modèles haut de gamme de routeur, bi-bande, bien évidemment. Donc à technologie comparable, ce routeur fait aussi bien que les très couteux.

L’intérêt

Il y a une chose majeure dont nous n’avons pas encore parlé, et qui est pourtant un facteur décisif lors de l’achat, je parle bien entendu du prix. Car oui, les fonctionnalités sont inférieures aux plus gros modèles, mais le prix, lui, n’a rien de comparable !

Rappelons que le WiFi offert est aussi véloce que n’importe quel autre routeur bien plus cher, donc, si vous n’avez pas besoin des fonctionnalités très techniques proposées par le haut de gamme, c’est peut-être une très bonne idée d’opter pour le TP-Link Archer C50 car, tenez-vous bien, ce routeur coute moins de 30 euros !!! Notez que je crois que c’est la première fois que j’utilise trois points d’exclamation à la suite… c’est dire comme le prix est intéressant.

Très honnêtement c’est un prix béton, vous ne trouverez pas mieux si vous voulez juste un WiFi qui fonctionne correctement contrairement (généralement) à celui des box. Rappelons que c’est environ 10 fois moins qu’un routeur haut de gamme d’une grosse marque concurrente. Alors certes, le design est assez simple et il manque des fonctionnalités (pas toujours utiles), mais avez-vous réellement besoin que votre routeur ressemble à un cyborg ou bien qu’il possède des fonctions dont vous ne vous servirez jamais ? 30 euros quoi ! Jetez-vous dessus si il vous faut un routeur.

TP-Link Archer C50
  • Performances (vitesse)
  • Performances (stabilité)
  • Portée
  • Simplicité
  • Prix
  • Design
4.3

Un bon routeur pas cher

LE routeur TP-Link Archer C50 est l’un des moins cher de la gamme AC de TP-Link. Pourtant ses performances sont très correctes par rapport à des sous-marques au même prix. Le savoir faire de TP-Link nous permet de profiter d’un produit à la fois simple performant et pas cher du tout !

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april.png Nouvelles April

Lettre d'information publique de l'April du 1er décembre 2020

Le 01 December 2020 à 07:45:03

Bonjour,

C'est avec une grande peine que nous avons appris le décès de Laurent Séguin, début novembre. Laurent était notamment ancien président de l'Aful, il travaillait chez Entr'ouvert. Figure incontournable du libre, personne aux multiples talents, tel était Laurent. Nous lui avons rendu un hommage dans Libre à vous ! du 10 novembre 2020.

Le rayonnement dont le programme Solidatech bénéficie auprès des associations en France est régulièrement questionné sur les listes de l'April, en particulier sur la liste du groupe de travail Libre Association. C'est pour cette raison que nous avons choisi de formaliser les questions que pose la place du programme Solidatech dans le paysage associatif en France et les entraves à l'adoption plus massive des logiciels libres que cela engendre.

En complément de son audition par la mission « Politique publique de la donnée », l'April avait publié quatre propositions sur la plateforme publique de contributions. La consultation est désormais close. Les quatre propositions de l'April sont les quatre plus soutenues de la plateforme. Merci à toutes les personnes qui ont soutenu ces propositions et contribué à ce résultat très positif. La synthèse de la consultation doit être publiée d'ici la fin de l'année.

Vous pouvez retrouver les podcasts des émissions « Libre à vous !». Au programme : l'accompagnement des associations à l'utilisation des logiciels libres ; chronique de Noémie Bergez sur la nouvelle recommandation de la CNIL sur les cookies ; chronique de Luk sur dépendance et informatique ; la Playlist de « Libre à vous ! » ; chronique de Marie-Odile Morandi sur le thème « De Robota à l'intelligence artificielle » ; chronique de Vincent Calame sur le thème « maintenir et archiver, deux enjeux pour un site associatif » ; apprentissage de la programmation pour les femmes ; chronique de Véronique Bonnet sur la documentation libre ; chronique d’Antanak sur téléphones mobiles et vie privée « Au cœur de l'April (dé)confinée », plusieurs personnes actives au sein de l'April parlent des groupes de travail, des activités de l'April, son fonctionnement, les coulisses de l'émission ; la chronique « In code we trust » de Noémie Bergez sur les moyens juridiques pour la sécurisation des données ; la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet sur Sounds of the Forest ; la politique logiciel libre de Voisins-le-Bretonneux ; la chronique musicale d’Éric Fraudain « Le fil rouge de la musique libre » consacrée à l’artiste Purrple Cat ; la chronique « La pituite de Luk » avec une proposition pour une vraie stratégie de promotion de l’informatique libre ; hommage à Laurent Séguin..

Pensez à vous abonner au podcast de l'émission ainsi qu'à la lettre d'actus.

Véronique Bonnet, présidente de l'April, est intervenue le 3 novembre 2020 lors de la première journée des États généraux du numérique libre et des communs pédagogiques, proposés par l'association Faire École Ensemble (FÉE). La vidéo et la transcription de son intervention sont disponibles. Eda Nano, administratrice de l'April, est intervenue le 18 novembre 2020 lors de la seconde journée, sur le thème des licences libres.

Les vidéos de l'anniversaire de la Free Software Foundation (Fondation pour le Logiciel Libre), auquel nous avons participé, sont désormais disponibles.

Les admin sys, bénévoles, de l'April ont organisé le week-end des 28 et 29 novembre ce qu'on appelle un camp. Ils se sont réunis, à distance, pour avancer sur différents projets et tâches de l'admin sys April. Des actions ont été faites pour le Chapril. Le groupe site web a également avancé sur la mise en place du futur site dédié aux transcriptions. Un grand merci à toutes les personnes qui ont participé.

Le groupe Transcriptions vous offre seize nouvelles transcriptions.

N'oubliez pas d'écouter les dernières éditions du Décryptualité.

Consultez la lettre publique ci-dessous pour toutes les autres informations et notamment la revue de presse qui propose une vingtaine d'articles.

Vous appréciez cette lettre d'actus ? Partagez-la autour de vous et encouragez les personnes à s'y abonner. Les archives sont disponibles.

Pour finir, une question : « Libre à vous ! » c'est un sujet principal et des chroniques animées par une dizaine de personnes, sur des sujets variés. Quelle est votre (ou vos) chronique préférée ? Et pourquoi ? (voir la liste des chroniques).

Librement,
Frédéric Couchet
délégué général de l'April.

Si vous voulez nous soutenir, vous pouvez faire un don ou adhérer à l'association.

Consultation « données publiques et codes sources » : le logiciel libre largement en tête

La consultation ouverte lancée dans le cadre de la mission sur les données publiques et les codes sources, portée par le député Éric Bothorel, s'est terminée le 9 novembre 2020. Plus de 100 contributions on été publiées, dont quatre par l'April pour une meilleure prise en compte du logiciel libre. Ces quatre propositions sont les plus soutenues de la plateforme.

Solidatech : un programme qui entrave le développement du libre en milieu associatif

Le rayonnement dont le programme Solidatech bénéficie auprès des associations en France est régulièrement questionné sur les listes de l'April, en particulier sur la liste du groupe de travail libreassociation1. Les interrogations portent majoritairement sur l’ambiguïté de Solidatech lorsqu'il s'agit des logiciels libres. Lire la mise au point.

Dossiers, campagnes et projets

États généraux du numérique libre et des communs pédagogiques

Des États généraux du numérique libre et des communs pédagogiques sont proposés par Internet le 3 et le 18 novembre 2020 par l'association Faire École Ensemble (FÉE).

Véronique Bonnet, présidente de l'April, est intervenue le 3 novembre, la vidéo et la transcription de son intervention sont disponibles, Eda Nano, administratrice de l'April, est intervenue de la journée du 18 novembre sur le thème des licences libres.

Vidéo de l'anniversaire de la Fondation pour le Logiciel Libre

La Free Software Foundation (Fondation pour le Logiciel Libre) fait l'annonce des vidéos de la soirée d'anniversaire de ses 35 ans. Soirée à laquelle l'April a participé, à distance.

Émissions Libre à vous ! diffusées sur radio Cause Commune

Cinq nouvelles éditions de notre émission Libre à vous ! ont été diffusées en direct sur radio Cause Commune.

Émission du 27 octobre 2020

Au programme : l'accompagnement des associations à l'utilisation des logiciels libres, avec des personnes représentantes des structures Ubapar, ADEC 56 et Infini ; la chronique de Noémie Bergez sur la nouvelle recommandation de la CNIL sur les cookies ; la chronique de Luk sur dépendance et informatique.

Les podcasts sont disponibles ainsi que la transcription.

Émission du 3 novembre 2020

Au programme : La Playlist de Libre à vous ! musiques libres déjà diffusées dans l’émission, et commentées par Valentin ; la chronique de Marie-Odile Morandi sur le thème « De Robota à l'intelligence artificielle » ; la chronique de Vincent Calame sur le thème « maintenir et archiver, deux enjeux pour un site associatif » ; hommage à Laurent Séguin.

Les podcasts sont disponibles ainsi que la transcription.

Émission du 10 novembre 2020

Au programme : L’apprentissage de la programmation pour les femmes ; chronique de Véronique Bonnet sur la documentation libre ; chronique d’Antanak sur téléphones mobiles et vie privée.

Les podcasts sont disponibles ainsi que la transcription.

Émission du 17 novembre 2020

Au programme : « Au cœur de l'April (dé)confinée » Plusieurs personnes actives au sein de l'April ont parlé des groupes de travail, des activités de l'April, son fonctionnement, les coulisses de l'émission ; la chronique « In code we trust » de Noémie Bergez sur les moyens juridiques pour la sécurisation des données ; la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet sur Sounds of the Forest.

Les podcasts sont disponibles ainsi que la transcription.

Émission du 24 novembre 2020

Au programme : La politique logiciel libre de Voisins-le-Bretonneux ; la chronique « Le fil rouge de la musique libre » d'Éric Fraudain consacrée à l'artiste Purrple Cat ; « La pituite de Luk », intitulée « proposition pour une vraie stratégie de promotion de l'informatique libre ».

Les podcasts sont bientôt disponibles ainsi que la transcription.

S'inscrire à la liste d'information dédiée à l'émission « Libre à vous ! »

Pour savoir toutes les nouvelles de l'émission Libre à vous ! sur les libertés informatiques, inscrivez-vous à la lettre d'actus.

Vous y recevrez régulièrement les actualités concernant l'émission : annonce des podcasts, des émissions à venir et de toute autre actualité en lien avec l'émission.

Décryptualité

Depuis le 20 février 2017, date du premier Décryptualité, un petit groupe de membres de l’April se réunit chaque semaine : « On a eu envie de faire quelque chose d’un petit peu différent de la revue de presse de l’April, qui soit un petit peu plus large ». Dans un format d’une quinzaine de minutes, les sujets concernant l’actualité informatique sont commentés de façon simple et accessible au plus grand nombre.

Seize nouvelles transcriptions

Le groupe Transcriptions de l'April vous offre de la lecture avec seize nouvelles transcriptions :

Revue de presse

La revue de presse fait partie du travail de veille mené par l'April dans le cadre de son action de défense et de promotion du Logiciel Libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l'April.

Pour gérer cette revue de presse, un groupe de travail a été créé (vous pouvez en consulter la charte) ainsi qu'une liste de discussion rp@april.org où vous pouvez envoyer les liens vers des articles qui vous semblent intéressants.

La revue de presse est désormais également diffusée chaque semaine sur le site LinuxFr.org. Cette diffusion lui offre un lectorat plus large.

Il existe un flux RSS permettant de recevoir la revue de presse au fur et à mesure (rapidement et article par article donc).

Les derniers titres de la revue de presse :

Un Petit guide de la revue de presse est disponible pour celles et ceux qui souhaiteraient contribuer.

Voir la page revue de presse sur le site pour le détail des articles.

Conférences, événements

Événements à venir

  • Réunion du groupe de travail Sensibilisation de l'April jeudi 3 décembre 2020 à 17 h 30, Pour tous les détails et pour vous inscrire à la réunion, rendez-vous sur le bloc-notes

Événements passés

Vie associative

Admin sys et site web camp

Les admin sys, bénévoles, de l'April ont organisé le week-end des 28 et 29 novembre ce qu'on appelle un camp. Ils se sont réunis, à distance, pour avancer sur différents projets et tâches de l'admin sys April. Des actions ont été faites pour le Chapril. Le groupe site web a également avancé sur la mise en place du futur site dédié aux transcriptions. Un grand merci à toutes les personnes qui ont participé.

Revue hebdomadaire

Chaque vendredi, à midi pile, les permanents et les adhérents qui le souhaitent passent en revue les tâches et actions relatives à l'April dont ils ont la charge lors de la « revue hebdomadaire April » sur IRC (canal #april sur irc.freenode.net, accès avec un navigateur web). La durée est limitée, généralement un quart d'heure. Cela stimule les bonnes volontés, suscite des idées et des contributions, permet de suivre les activités des uns et des autres et éliminer un certain nombre de problèmes bloquants.

Une page décrivant le principe d'une revue hebdomadaire est en ligne.

Vous pouvez en savoir plus en consultant en ligne les archives des premières revues hebdomadaires, et notamment la synthèse de la revue du 6 novembre 2020, la synthèse de la revue du 13 novembre 2020, la synthèse de la revue du 20 novembre 2020, la synthèse de la revue du 27 novembre 2020.

Adhésions

Au 1er décembre 2020, l'association compte 3 967 membres (3 664 personnes physiques, 303 personnes morales).

Soutenir l'association

L'April a besoin de votre aide. Vous pouvez faire un don à l'association et participer ainsi au financement de nos actions.

Pour faire un don à l'association, rendez-vous à l'adresse suivante https://www.april.org/association/dons.html (il est possible de faire un don par chèque, virement, carte bancaire ou encore prélèvement automatique).

Pour tout renseignement n'hésitez pas à nous contacter.

Rejoindre l'association à titre individuel

Dans une association, l'adhésion est un acte volontaire. C'est aussi un acte politique car c'est manifester son soutien à l'objet de l'association ainsi qu'aux valeurs qui le sous-tendent. Une adhésion fait la différence en contribuant à atteindre les objectifs de l'association.

Adhérer à l'April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de soutenir financièrement les actions de l'association.

Il est possible d'aider l'association en lui donnant de son temps ou de son argent. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Pour les hésitants, nous avons mis en ligne les réponses à de fausses idées classiques.

Pour adhérer à l'April, vous pouvez remplir le formulaire en ligne.

Pour tout renseignement, n'hésitez pas à nous contacter.

Rejoindre l'association en tant que personne morale

Que vous soyez une entreprise, une collectivité ou une association, adhérez pour participer activement aux décisions stratégiques qui vous concernent !

Votre structure a besoin de tirer le meilleur parti du logiciel libre et pour défendre ses intérêts, elle doit :

  • exercer une veille permanente pour se tenir informée des opportunités et des menaces ;
  • constituer et entretenir des réseaux relationnels institutionnels ;
  • être éclairée sur les contextes juridiques et stratégiques ;
  • contribuer à la défense de l'informatique libre face aux acteurs qui lui sont hostiles ;
  • mieux faire connaître et valoriser son action.

April est au cœur des grandes évolutions du logiciel libre. Adhérer à April permet :

  • de défendre collectivement un projet de société ;
  • de s'investir activement dans la vie de l'association à travers ses groupes de travail et ses actions ;
  • d'être informé régulièrement des événements logiciel libre ;
  • d'agir sur les institutions à travers un partenaire incontournable ;
  • de financer ou cofinancer des actions stratégiques.

Pour adhérer à l'April, il suffit de vous rendre à l'adresse suivante : adhérant dès maintenant à l'April.

Pour tout renseignement n'hésitez pas à nous contacter.

Archives

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Les archives de la lettre sont disponibles en ligne.

Décryptualité du 30 novembre 2020 - L'informatique source de nouveaux savoirs

Le 01 December 2020 à 00:23:56

Écouter le décryptualité
(15minutes)

podcast OGG

Grâce à la modélisation et la capacité à exploiter des gros volumes de données, l'informatique nous offre une nouvelle façon d'acquérir des savoirs. Decryptualité sur Mastodon Musique de l'indicatif : Sebkha-Chott - CRPTS ND TPSTRZ - KHOLIK NEFAEHRTITIK

30 November 2020

april.png Nouvelles April

Revue de presse de l'April pour la semaine 48 de l'année 2020

Le 30 November 2020 à 19:33:15

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[Le Monde.fr] «Le gouvernement doit rendre disponibles, en ligne, l'ensemble des “cahiers citoyens” en open source» (¤)

Le .

[EurActiv] Gaia-X: A trojan horse for Big Tech in Europe

✍ Stefane Fermigier, Sven Franck, le .

Sobriété numérique pour éviter la gueule de bois ? - La Voix Est Libre

Le 30 November 2020 à 17:39:24


Internet of Things

Titre : Sobriété numérique pour éviter la gueule de bois ?
Intervenants : Baptiste Wojtkowski - Romain de Laage
Lieu : Émission La Voix Est Libre, association Picasoft
Date : octobre 2020
Durée : 33 min
Écouter le podcast
Présentation de l'émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Internet of Things, Wilgengebroed on Flickr - Licence Creative Commons Attribution 2.0 Generic
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

Baptiste Wojtkowski : Bonjour à tous.
Vous êtes dans l’émission La Voix Est Libre, l’émission hebdomadaire de l’association Picasoft1 qui s’est donnée pour objectif de sensibiliser et former les citoyens aux enjeux du numérique, héberger des services web qui soient respectueux de la vie privée et promouvoir une approche libre, éthique, inclusive et locale du numérique. Vous pourrez retrouver cette émission en podcast sur radio.picasoft.net.
Cette semaine on va parler du numérique et de son impact sur la société et sur l’environnement avec le titre « Numérique, la sobriété pour éviter la gueule de bois ? ».
2020 est une année charnière pour le numérique érigé en outil idéal de la lutte contre le coronavirus permettant le télétravail, apéros Zoom, voire Jitsi Meet2 pour se donner bonne conscience. Le monde a basculé vers le tout numérique du matin au soir, certains avec plaisir, d’autres sous la contrainte. Certains ont aimé, d’autres pas.
Les infrastructures ont soutenu la charge mais pour combien de temps et à quel prix ? Ne devrait-on pas encore augmenter les capacités de transfert, de stockage pour permettre plus de services, plus d’offre et plus de croissance ?
2020 c’est aussi une année électorale qui a vu, enfin, passer au premier plan les enjeux environnementaux pour le numérique. Ils sont nombreux et documentés. De l’extraction à l’exploitation et au recyclage tout dans le numérique peut et doit être questionné.
Début octobre s’ouvrait un colloque gouvernemental3 « numérique et environnement » pour, je cite « poser les bases d’un numérique durable », preuve s’il en fallait qu’il n’y a pas d’informatique magique et que son impact sur l’environnement est loin d’être négligeable comparé à ses apports.

Romain de Laage : Du coup, on peut se poser la question du numérique et de l’environnement, savoir où est-ce que ça coince.
D’après un rapport d’étude4 de Green IT en 2019, à l’échelle mondiale, le numérique sous toutes ses formes représente environ 4,2 % de la consommation d’énergie primaire, 22 millions de tonnes de matériaux, 3,8 % des émissions de gaz à effet de serre et ce sont au total 34 milliards d’équipements informatiques – 34 milliards, donc c’est vraiment un chiffre énorme –, hors des accessoires. Ces appareils sont principalement situés dans les pays riches, par exemple en France le numérique concentre 12 % de la consommation de l’énergie, donc c’est vraiment énorme.
Le numérique, comme toutes les technologues en fait, a un coût et suppose une organisation particulière. Il est aussi porteur de choix politiques dont il faut vraiment être conscient. Parmi ces coûts certains sont assumés par les entités qui vont mettre en place ces dispositifs ; d’autres sont des externalités, des coûts qui seront assumés, en fait, par une partie de la société qu’elle en profite ou non. Ces coûts sont assumés dans toutes les étapes de la vie d’un objet informatique, lors de la production, lors de l’utilisation et aussi lors du démantèlement. Parmi ces coûts il y a les coûts environnementaux. Pour les coûts environnementaux du numérique on va compter, par exemple, l’épuisement des ressources non renouvelables, on en a déjà parlé lors d’émissions précédentes, par exemple l’extraction de terres rares, l’extraction de matériaux, l’extraction de pétrole pour produire l’électricité, etc. ; la consommation d’eau qui est due à la fabrication, à l’extraction, etc. ; la contribution au réchauffement climatique ; la consommation d’énergie primaire, qu’elle soit sous une forme qui est renouvelable ou non, d’ailleurs : l’énergie utilisée par le numérique va être produite à partir d’autres sources pour être transformée en électricité. Il y a aussi la consommation d’énergie finale, donc la quantité d’énergie sous la forme exploitée, généralement de l’électricité, mais aussi du pétrole, comme on en parlait pour l’extraction minière.
Parmi les équipements numériques, la plus grosse partie de la consommation va concerner les équipements des utilisateurs finaux, donc ça va être les tablettes, les ordinateurs, les box, les objets connectés, etc., télévisions, consoles. Ça va concerner les particuliers mais aussi les entreprises et les administrations et il y a, on l’a vu, une grosse diversité d’appareils. J’en ai cité quelques-uns, mais il y en a plein d’autres. Donc c’est assez logique, finalement, que ça concentre une grosse partie de la consommation.
Ensuite vient la consommation des datacenters et enfin tout ce qui va constituer le cœur du réseau et, dans le cadre de l’informatique, ça va être principalement le réseau internet donc les câbles, les routeurs, etc.
Il ne faut pas oublier que même si le numérique, Internet, etc., ça ne paraît être que ce qu’on a entre les mains, c’est bien quelque chose de physique, une infrastructure derrière qui a besoin d’être alimentée et maintenue, ça ne marche pas par la magie, d’autant plus que le numérique, on le voit, a de plus en plus d’usages et de plus en plus d’équipements sont aptes à utiliser le numérique. Donc ça ne va pas en s’améliorant.

Selon les appareils, leur consommation, leur taux d’utilisation, c’est soit la fabrication, soit l’utilisation qui va concentrer les coûts environnementaux. Le constat est sans appel : plus de la moitié de la consommation de chacun des indicateurs est liée aux objets individuels. Comment en est-on arrivé là ? Est-ce que les utilisateurs sont tous devenus fous de la technologie ? Est-on prêt à consommer jusqu’à la moelle tous les matériaux rares qui passent ?
Déjà, il y a un impact qui est très peu clair et visible : pour tous les utilisateurs, on a aussi une pression à la performance des usages qui devient, en fait, une norme, une dette numérique et une obsolescence programmée qui est toujours présente.

Concernant les réseaux et les datacenters, même s’ils sont un peu en retrait, on l’a vu, dans la consommation, ils consomment également énormément, près de la moitié de la consommation électrique du numérique. Du coup c’est la faute à qui ?
Principalement, on le voit, à l’usage de la vidéo. En 2019 d’après The Shift Project, avant le confinement, les cours et apéros Skype en ligne, etc., 80 % de la consommation électrique du réseau était due à l’usage de la vidéo. Contrairement à une idée très répandue ce n’était pas seulement du contenu pour adultes, mais aussi de la VOD, du stream, de la vulgarisation scientifique. La vidéo a bouleversé, en fait, les ordres de grandeur de consommation du numérique. Ainsi, si vous hésitez entre télécharger, par exemple, 10 heures de film ou l’intégralité de Wikipédia, sachez que vous consommerez la même quantité de données. Donc c’est vraiment impressionnant.
Pire que ça, en fait ces plateformes sont designées pour inciter les utilisateurs à rester et à consommer toujours plus de données, notamment via des fonctionnalités comme l’AutoPlay et la mise en avant de vidéos qui vont inciter les utilisateurs à rester sur la plateforme parce qu’elle a intérêt à ce que les utilisateurs restent.

Typiquement, une très mauvaise pratique si vous êtes un créateur de contenu, c’est de mettre des sources écrites dans la description de vos vidéos, puisque les utilisateurs vont quitter le site et les taux de recommandation vont baisser pour vous.
Du coup qu’est-ce qu’on peut faire ? Est-ce que le green IT peut nous sauver ? Baptiste ?

Baptiste Wojtkowski : Comme tu le disais, Romain, ce qu’on peut voir à travers cette présentation c’est que le numérique a un impact environnemental d'une part parce que c’est le numérique et que ça consomme des terres rares et, d’autre part, par le design qu’on en fait, par la manière dont on s’en saisit.
Ce qu’on voit bien à travers l’exemple de YouTube c’est que, d’une part, la vidéo c’est gourmand en énergie, ça transforme l’échelle des consommations, mais, en plus, la manière dont YouTube est designé c’est qu’on consomme encore plus et on a encore plus envie de consommer de la vidéo de manière un peu boulimique et de manière systématique.
Effectivement, la question qu’on peut se poser c’est : que faire ? Face à ce constat, une fois n’est pas coutume, on va faire notre quiz en début, milieu d’émission. On a trois questions pour nos utilisateurs.

  • D’une part, est-ce qu’il faut développer des nouvelles technologies plus performantes et, du coup, relativement moins consommatrices d’énergie ?
  • Une autre option ce serait peut-être d’adopter le modèle Amish et ne plus utiliser la technologie.
  • Ou enfin, viser la sobriété numérique et avoir des usages raisonnés du numérique.

On va énumérer chacune des options maintenant.

Pour la première option, ce qu’on sous-entend ce sont les débats autour de la 5G. Il y a énormément à dire sur le débat, ça lève énormément de sujets. On va uniquement s’y attarder d’un point de vue environnemental et d’un point de vue des discours dessus.
Ce qu’on peut dire d’un point de vue environnemental c’est que, au mieux, ce n’est pas fou pour l’environnement et, au pire, c’est dramatique.
Parmi les effets bénéfiques, on aurait l’augmentation de la productivité du réseau, c’est-à-dire que le transfert d’un octet consomme moins sur la 4G que sur la 3G et moins sur la 5G que sur la 4G. Pourquoi ? Parce qu’on transfère énormément de données et du coup, relativement, le coût de un octet diminue. On voit bien que le problème de cet argument c’est qu’il est très joli et scientifique, c’est-à-dire qu’on peut constater un rapport, mais l’implication « je consomme moins à l’octet, donc je consomme moins au total », ne peut jamais être vérifiée, car, pour faire des économies d’échelle il faut un changement d’échelle. Autrement dit, c’est parce qu’on consomme énormément d’énergie pour transférer des données que ramené à la donnée, ramené une donnée, ce coût est faible. On voit bien que dans la dynamique, la quantité générale de transfert de données augmente.
Pire, c’est l’augmentation des capacités du réseau qui amène à leur usage intensif. C’est ce qu’on appelle, en fait, l’effet rebond, c’est parce qu’il est peu cher de regarder une vidéo en ligne que je le fais. C’est parce que je regarde une vidéo en ligne que les gens produisent des vidéos en ligne, donc je contribue à augmenter la demande. Je fais diminuer le prix via des économies d’échelle, donc on peut toujours plus regarder des vidéos en ligne.

Un deuxième écueil dans la même veine, dans la veine du « on va produire des nouveaux objets pour éviter de consommer plein d’énergie », c’est celui des objets connectés. Ça mériterait une émission à part entière. Leur promesse, entre autres, c’est l’économie de ressources, l’utilisation parcimonieuse de celles-ci, par exemple la gestion du chauffage en fonction de l’occupation des lieux, la gestion de la lumière, tout ça automatisé pour éviter de consommer trois mégawatts en trop ; couper automatiquement les appareils inutilisés ou qui ne vont pas être utilisés, et ainsi éviter toute dépense superflue.
Le problème qu’on voit surtout dans l’objet connecté c’est qu’en fait l’inutile, le superflu, c’est souvent l’objet connecté lui-même, avec des matériaux plastiques, son processeur multi-usage dont on se sert, en fait, uniquement pour une application, sa batterie parce que, souvent, il embarque une batterie. Donc sur les 35 milliards d’équipements informatiques dont vous parlait Romain, 35 milliards, je rappelle, c’est huit fois le nombre d’être humains sur la planète. Chaque être humain a à son service, en moyenne, je dis bien en moyenne, huit équipements informatiques. Donc sur ces 35 milliards, 15 milliards sont des objets connectés. Est-ce que ces 15 milliards d’objets ont effectivement un impact, ont effectivement un intérêt sur la réduction de la consommation du numérique. Moi je pense que non !
La deuxième question c’est : est-ce que les besoins auxquels répond le numérique sont réellement des besoins ? Est-ce qu’on a réellement besoin d’avoir une machine à café qui, spontanément, quand on rentre chez soi, nous fait un café parce qu’on adore boire du café en rentrant chez soi ou commence à préparer du café avant notre réveil. Je prends l'exemple de la machine à café, mais il y a énormément d’objets dans les objets connectés qui nous vantent une rationalisation alors qu’en fait, ils sont eux-mêmes superflus et consomment énormément de ressources.
Ça c’était pour la première option du quiz.

Pour la deuxième option, je crois que la personne qui l’a mentionnée, mentionnait ça comme un épouvantail. Donc on ne va pas épiloguer sur la deuxième réponse du quiz.

Pour la dernière option, viser une sobriété numérique et des usages raisonnés, nous on pense que c’est quelque chose vers lequel il faudrait tendre à supposer que ce soit possible. En tout cas, c’est effectivement un cap à avoir, mais c’est un cap qui est compliqué et qu’on va essayer de développer ensemble.

Romain de Laage : Tout de suite la musique qui est donc cette semaine Mental disorder par Deathstaret et qui est sous licence C Réaction.

Pause musicale : Mental disorder par Deathstar.

Romain de Laage : De retour sur La Voix Est Libre. Nous venons d’écouter Mental disorder de Deathstar.
Nous retournons à notre émission sur le numérique et « la sobriété va-t-elle nous sauver ? »
On a évoqué les problèmes dus au numérique, savoir si le green IT peut nous sauver. On a vu, par exemple, que les objets connectés n’allaient pas nous sauver.
Maintenant on peut s’attarder sur des pistes qui sont peut-être plus sérieuses.
Déjà, en 2020, on semble se rendre compte qu’il y a vraiment un vrai problème. Cette année s’est tenue la Convention citoyenne pour le climat5 qui a rendu un certain nombre de dispositions sur le numérique parmi lesquelles elle a déjà proposé un petit moratoire sur la 5G, privilégier l’écoconception notamment l’écoconception des datacenters, réduire l’incitation à l’achat sur les écrans, lutter contre le renouvellement régulier des équipements individuels puisqu’on a vu que la production des appareils a un impact très fort ; allonger la garantie des équipements numériques à cinq ans et développer le réemploi et la réparation.
Baptiste, tu veux intervenir.

Baptiste Wojtkowski : Tu as évoqué l’écoconception logicielle. Qu’est-ce que c’est ? Est-ce que c’est un super logiciel qui va dans la poubelle verte dématérialisée ? Est-ce que c’est le nouveau buzzword de la Silicon Valley pour vendre des nouveaux produits ? Peut-être, mais on va essayer de s’attarder un peu sur ce qu’est l’écoconception.
De manière générale déjà, selon l’ADEME [Agence de la transition écologique], l’écoconception c’est une manière de concevoir des produits qui a recours aussi peu que possible aux ressources non renouvelables en leur préférant l’utilisation de ressources renouvelables exploitées en respectant le taux de renouvellement – le taux de renouvellement c’est la manière avec laquelle la ressource revient naturellement dans la nature – associée à la valorisation des déchets qui favorise le réemploi, la réparation et le recyclage.
Ce que ça veut dire c’est, en fait, dans tout le cycle de vie du produit, ne pas consommer plus que ce qu’on peut récupérer.
Avec tout ce qu’on a dit là c’est quand même hyper-mal parti parce que le numérique, on l’a dit, ce sont des terres rares qu’on doit extraire en utilisant beaucoup d’énergie ; c’est beaucoup de consommation énergétique et ce sont des métaux qu’on retraite, de manière générale, assez peu.

Comment le monde de l’informatique s’empare de ces définitions et est-ce que c’est fait de manière pertinente ?
Dans l’informatique on lui a donné un petit nom, « l’écoconception des services numériques ». Il y a bien deux catégories différentes dans l’écoconception des services numériques. Il y a à la fois faire des logiciels qui utilisent peu d’énergie, qui vont peu recourir à l’entièreté de l’Internet mondial pour s’afficher et, d’autre part, le design d’infrastructures logicielles qui sont réutilisables, démontables, qui utilisent peu de ressources, qui sont performantes par rapport à leur utilisation de métaux, etc.
D’après le rapport du Syntec les produits électroniques devraient être fiables, sûrs, apporter une valeur ajoutée tout au long de leur utilisation et devraient être également éliminés sans affecter l’utilisateur et l’environnement. C’est ça le but de l’écoconception.
Ce rapport6 du Syntec de 2019 est un rapport semi-imbitable comme les ingénieurs qui s’adressent au politique aiment bien faire, avec plein d’acronymes, et notamment un chapitre « définitions principes » qui fait six pages, plein d’industriels qui viennent se faire mousser parce qu’ils sont plus écolos que leur voisin, mais, une fois qu’on a passé tout ça, on trouve pas mal de choses intéressantes, notamment les cinq axes de travail de l’écoconception qui montrent bien les enjeux qu’il y a dans ce numérique.
Romain, peut-être veux-tu nous en parler ?

Romain de Laage : Effectivement.
Premièrement il y a l’amélioration de la transparence à l’égard des clients. Pour ça, chez Picasoft on a une solution simple, ça s’appelle libérer les services. Vous en avez sûrement déjà entendu parler dans nos émissions.
Un deuxième axe serait la réduction de la consommation d’énergie. Ça va passer par une dégradation qui sera imperceptible des services : diminuer un peu la qualité des images et des vidéos affichées sur son site, mais aussi limiter l’usage inutile de services tiers tels que le téléchargement de polices Google ou les pisteurs qui ne servent pas à grand-chose. La meilleure solution c’est de supprimer tous les pisteurs.
Troisièmement, on aura l’augmentation de la durée de vie des produits. Il y a plein de solutions : ça passe par des garanties plus longues mais aussi par la mutualisation de certains biens informatiques. Normalement, la semaine prochaine on vous parlera des commons, c’est un petit teaser pour l’émission de la semaine prochaine. L’idée ce n’est pas d’acheter des biens informatiques, mais bien de louer le matériel aux fabricants pour qu’ils aient un intérêt direct, en fait, à ce que leurs produits durent le plus longtemps.
Un autre point c’est la dette numérique associée à des logiciels qui sont toujours plus gourmands.
Quatrièmement, on a la suppression des substances dangereuses. C’est un enjeu purement industriel pour le coup. On ne va peut-être pas développer.
Le cinquième axe, du coup, c’est la réduction des impacts de la fin de vie du produit. C’est l’idée qu’un produit informatique, même si on allonge la durée de vie disons à cinq, dix ans, à un moment il ne va plus fonctionner et il va falloir s’en séparer. Il faut que le matériel soit démontable et que le désassemblage soit traité correctement. Du coup il faut aussi pouvoir concevoir les produits dans le but d’être démontés, recyclés, etc.
À l’échelle des utilisateurs, cela passe par privilégier l’utilisation de produits reconditionnés plutôt que neufs, l’utilisation de matériel démontable dont on peut remplacer facilement les composants. Pour l’instant, pour les ordinateurs de bureau ça se fait bien. Par contre, pour les PC portables et pour les smartphones, eh bien il faut choisir avec soin son matériel au moment de l’achat. Il existe déjà plusieurs solutions.

Baptiste Wojtkowski : Si on veut en parler dans la fin d’émission peut-être c’est voir comment le logiciel libre s’empare, en fait, de tous ces questionnements. Ce qu’on va développer c’est pourquoi, en réponse à ça, même si la réponse est imparfaite, le logiciel libre semble quand même s’imposer parmi tout ça.
Déjà, un point sur lequel j’aimerais bien revenir par rapport ça, c’est toute la question de la dette numérique. Aujourd’hui il y a tout un tas d’appareils qui sont trop vieux et qu’on ne peut plus utiliser, non pas parce qu’ils ne marchent, mais parce que l’ensemble des systèmes d’exploitation qu’on va vouloir utiliser sont obsolètes et surtout les fabricants ne les mettent plus à disposition. On peut notamment penser à Bill Gates qui, en 1980, disait que personne n’aura jamais besoin de plus de 640 kilooctets de mémoire. Aujourd’hui, si un ordinateur a 640 kilooctets de mémoire, on ne fait rien tourner dessus, rien du tout ! Pourquoi on ne fait rien tourner dessus ? Parce que tous les systèmes d’exploitation qu’on pouvait faire tourner dessus à l’époque ne sont disponibles nulle part. Personne ne les a rendus libres et personne ne propose d’installer quoi que ce soit dessus.
L’intérêt d’un logiciel libre c’est que vous pourrez aller rechercher des vieilles versions et les faire tourner sur des appareils qui sont techniquement obsolètes, mais qui pourraient quand même remplir le besoin qu’on a envie de remplir avec. Par exemple, on n’a pas besoin d’avoir un bête de course de 2020 pour faire du traitement de texte ; dans les années 2000, on savait déjà faire du traitement de texte et même avant. Et pourtant, vous prenez un PC qui a 20 ans, vous êtes incapable d’avoir un système d’exploitation qui soit efficace, en tout cas dans le domaine du logiciel propriétaire.

Romain de Laage : La philosophie derrière le logiciel libre, au-delà du logiciel, elle peut aussi aider au niveau du matériel puisque, on l’a dit, on a aujourd’hui du matériel comme des smartphones qu’on ne peut pas réparer. Eux c’est vraiment au niveau de la conception, ce n’est pas facile de réparer, souvent on ne peut pas faire grand-chose. Mais, pour d’autres matériels numériques, on peut notamment penser à certains objets connectés, pour la réparation de ces matériels-là en fait, le fait d’avoir du matériel libre, de savoir comment il fonctionne permet de comprendre les pannes, comprendre comment réparer, etc.

Baptiste Wojtkowski : Oui. L’aspect réparabilité est aussi un aspect important. Dans le domaine pas libre mais qui essaie de tendre vers une démontabilité, une compatibilité entre les composants, des specs suffisamment définies pour qu’on puisse démonter des ordinateurs, des téléphones, etc., c’est quelque chose qui se met en place. Le problème c’est que souvent, actuellement, ce sont quand même des solutions assez chères. On pense notamment au Fairphone7 qui est un téléphone qui doit coûter facilement 400, 500 euros, mais qui est déjà développé dans cette philosophie de « si vous avez cassé votre micro, si vous avez cassé votre puce, votre calculateur, etc., vous pouvez la retirer, c’est dans un petit compartiment pour elle-même, et en mettre une autre à la place ». Même si, en eux-mêmes, les composants chez eux ne sont pas libres, ça permet à n’importe qui — ce qui n’est fait pas actuellement — à des utilisateurs qui développent eux-mêmes des pièces de rechange qui respectent les fonctionnalités qu’on leur demande d’avoir.
Toujours pareil, ce qu’on voit c’est le fait de partager les protocoles d’échange entre les différentes pièces, le fait de rendre libre et accessible à tous, ça permet aux gens de s’emparer des choses et d’augmenter la durée de vie des appareils.

Un autre point qui me paraissait vachement important que tu as aussi dit, c’est pareil, là on retrouve directement la philosophie du Libre, c’est Google qui, actuellement, propose souvent des cours gratuits de développement qui vous permettent de développer très rapidement des sites web pour tous vos usages. C’est génial, sur le principe ça a l’air trop bien, ce sont des formations gratuites et tout. Leur objectif c’est que vous utilisiez tous leurs services et en fait, en ayant suivi les cours de Google, ce que vous faites c’est créer un site qui va faire plein d’appels à Google. Donc quand quelqu’un va faire une requête sur votre site, il va demander deux, trois éléments à votre site, globalement le texte et c’est à peu près tout, et après il va aller faire des requêtes à des serveurs partout dans le monde pour aller récupérer les polices d’affichage, donc la forme du texte, pour aller récupérer des librairies CSS, pour aller récupérer des trackers. Chose très importante qu’on vous apprend dans une formation Google c’est mettre des trackers pour bien savoir comment les gens sont venus sur votre site, comment est-ce qu’ils sont arrivés là, est-ce qu’ils sont restés longtemps, où est-ce qu’ils ont cliqué, où est-ce qu’ils ont mis leur souris, qu’est-ce qu’ils ont regardé. Tout ça, ce sont plein d’informations que Google vous incite à récupérer. À chaque fois qu’il va y avoir sur un site Google, c’est la mobilisation du réseau, c’est du calcul sur votre machine, donc ça contribue à abîmer les matériels, ça contribue à leur utilisation et ce n’est pas forcément nécessaire en fait.
L’intérêt de Google c’est surtout de récupérer les données et de faire énormément de big data. En fait, à votre échelle, vous récupérez aussi des données que vous auriez pu avoir autrement et vous passez toujours par des services Google, vous passez souvent aussi par des services Facebook, par des services offerts par tous les GAFAM et, ce qu’il faut bien voir, c’est qu’ils ne sont pas à l’endroit de votre site, mais ils sont partout sur le monde, votre requête va passer le câble sous l’Atlantique, elle va passer à plein d’endroits, aller des requêtes vraiment partout et ça, ce n’est pas la sobriété numérique ; je ne sais pas ce que c’est, mais en tout cas ce n’est pas de la sobriété numérique.

Romain de Laage : Finalement, quand on parlait de dégradation imperceptible des services c’est ce genre de dégradation, c‘est ce genre de chose qu’on voulait éviter, c’est qu’on fasse des appels qui sont inutiles pour l’utilisateur final, qui sont utiles seulement pour les GAFAM, finalement pour leur modèle économique.

Baptiste Wojtkowski : On peut citer quand même une bonne initiative qui a été prise pendant le confinement, c’est l’initiative de YouTube de diminuer la qualité de base de vos vidéos pour réduire le flux. Voilà quand même un point positif de l’histoire.
Le point négatif étant, logiciel libre merveilleux s’il en est, il existe un add-on Wikipédia qui vous permet, quoi qu’il arrive, de mettre la qualité maximale d’une vidéo YouTube pour contrebalancer cette décision prise. On voit que le fait de faire un logiciel libre ce n’est pas toujours associé non plus à…

Romain de Laage : Finalement, l’utilisateur a toujours le choix de ne pas installer cet add-on puisque finalement il est libre, ce n’est pas intégré dans Wikipédia, etc. Il peut faire comme il veut.

Baptiste Wojtkowski : Bien sûr. C’est ça qu’on défend dans le logiciel libre, c’est toujours se poser la question : est-ce que j’en ai besoin ? Qui le fait ? Pourquoi ? Quel est le modèle économique ? Et là, déjà la question est-ce que j’en ai besoin ?, je pense que la question est vite répondue, comme dirait l’autre. Pas besoin d’avoir une vidéo en 8K.
Je ne sais pas si tu as encore des choses à dire sur le sujet, Romain.

Romain de Laage : Non, je n’ai plus grand-chose à dire. En tout cas c’était super intéressant. Merci pour avoir préparé cette émission. Merci à toi Baptiste.
Vous pouvez retrouver cette émission sur radio.picasoft.net, notamment avec les liens vers les sources et aussi le plan général de l’émission.
Avant la fin, j’ai vu sur le PeerTube de Monsieur Bidouille, dont le lien sera en description du podcast, qu’il a sorti une vidéo sur un thème connexe qui est donc la sobriété sur Internet. Là c’est vraiment axé Internet pour le coup, donc la sobriété et l’impact environnemental d’Internet.
Merci Baptiste et à la prochaine.

Réunion du groupe de travail Sensibilisation de l'April jeudi 3 décembre 2020 à 17 h 30 (accueil à 17 h 15) à distance

Le 30 November 2020 à 16:34:48

3 Décembre 2020 - 17:15
3 Décembre 2020 - 19:30

Logo du groupe de travail Sensibilisation de l'April

Le groupe de travail Sensibilisation

L'objectif du groupe de travail Sensibilisation de l'April est la production d'outils de communication pour sensibiliser un plus large public aux enjeux du logiciel libre et des formats ouverts. Toutes nos ressources sont publiées sous licence libre, ainsi toute personne ou structure souhaitant sensibiliser au logiciel libre autour de soi peut les utiliser, les modifier et les partager librement.

La participation aux actions du groupe de travail Sensibilisation est ouverte à tout le monde (membre de l'April ou pas).

Quand et quoi ?

Le groupe de travail Sensibilisation de l'April se réunit chaque jeudi du mois. D'autres réunions ponctuelles peuvent être organisées au cours de l'année.
Toute personne intéressée peut participer aux réunions du groupe (membre de l'April ou pas).

Une réunion du groupe Sensibilisation aura lieu jeudi 3 décembre 2020 en visioconférence. Horaires : dès 17 h 30 et jusqu'à 19 h 30 (accueil à partir de 17 h 15). Il sera possible de rejoindre la réunion à tout moment. Ordre du jour : à cette occasion, nous continuerons à rédiger le descriptif des cases du plateau du Jeu du Gnou (pour le projet Jeu du Gnou, voir plus bas). Nous poursuivrons notamment l'élaboration des explications succinctes des cases relatives au danger « Centralisation et monopoles » (cases 33 et 39 du plateau).

Pour tous les détails et vous inscrire à la réunion, rendez-vous sur le pad. Si vous prévoyez de rejoindre la réunion après 17 h 30, merci de préciser votre horaire d'arrivée en plus de votre nom/pseudo.

Image du Jeu du Gnou

Jeu du Gnou

Le Jeu du Gnou est l'un des projets en cours du groupe de travail Sensibilisation. Il s'agit d'un jeu de plateau coopératif et pédagogique dont le but est de sensibiliser le grand public aux enjeux de l'informatique (libertés vs servitudes, protections contre les dangers).

On peut déjà jouer au Jeu du Gnou ? Oui ! Il est possible de télécharger les éléments graphiques de la version beta depuis le pad principal du jeu.

Qu'est-ce qu'il reste à faire ? Finaliser le livret accompagnant le jeu, réaliser le graphisme, rédiger de nouvelles questions.

Comment contribuer ? Tester le jeu, relire et rédiger les textes, proposer des images, sont autant d'actions possibles pour nous aider à faire avancer le projet. Sans oublier bien sûr la participant aux réunions ! :-)

Pour en savoir plus sur le Jeu du Gnou et sur comment contribuer, voir la page wiki du projet.

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

Global Security Law: routine surveillance of demonstrations

Le 30 November 2020 à 12:51:30

On October 10, the deputies of the majority LREM submitted a draft law for “global security”. The National Assembly will debate it on November 4, with unheard-of, unjustified urgency. Its article 21 seeks to deregulate the use of mobile cameras carried by police force. Its article 22 seeks to legalise surveillance by drone. Its article 24 seeks to forbid the public to spread images of police officers.

We demand the rejection of these three measures, if only because they violate the fundamental right of expression (through demonstrations). This is not the only criticism to be made against this text, but it is the one we take up in this first analysis.

The confrontational approach to maintaining order

To understand properly the dangers posed by this proposed law, one must place it within overall practices of keeping order in demonstrations. There are two opposing approaches.

A first approach, “accompaniment”, as taught in the police training center or as found in Germany, Sweden or Switzerland, concentrates on protecting demonstrators, dialogue, and defusing violence.

A second “confrontational” approach, vividly evident since 2015 and strongly denounced ever since (for instance, see the 2018 report of the Rights Advocate), depends above all on dissuading people from taking part in demonstrations, whether by exhausting participants psychologically (herding them into enclosures, blocking or filtering ways in and out, tear gas or pepper spray, searches, shoving them around) or by outright physical violence (rubber bullets, grenades, charging them). This second approach treate demonstrators not as individuals but as dehumanized “flows” that must only be channeled, misdirected, held, or dispersed.

The “accompaniment” approach is theoretically compatible with our basic right to demonstrate. In contrast, the confrontational approach is in its essence frontally opposed to this right. And it is this approach which the “global security” law is aimed to reinforce, by giving the police three new technological means to further it.

Surveillance of groups on the ground

A 2016 law authorised the police and gendarmes to film their activities with “mobile cameras”. But one condition was imposed: the officer bearing the camera may have no access to the images. These may be used only afterward, when a particular event during the activity justifies it. This condition, according to a CNIL opinion, represents one of the basic guarantees rendering these means acceptable.

Article 21 of the “global security” law proposes to do away with this guarantee. Not only may an officer have access to the images he has recorded, but — more seriously — the images will be available not only after the events: they may be transmitted in real time to the command post. What is the aim of this real-time transmission? It is manifestly not to inform the command center of what is happening, because oral communication has been quite sufficient for decades. In our view, one of the main reasons will be to permit analysing images automatically in real time. Remember that police forces have been authorised since 2012 to use facial recognition software to identifier against 8 million photos already on file from prior encounters with the law any image they hold, whether from fixed cameras or mobile ones, video published online, etc.

During a demonstration, facial recognition in real time will permit the command center to inform officers on site to identify many demonstrators they encounter, already wrongly on file or from earlier encounters with the law, using data held solely by the police out of view of independent checks. This new tool will multiply certain police abuses against persons already identified: “preventive” arrests, forbidding their movements, pointless interrogations, physical searches, confiscating possessions, abusive behavior…

This will not be only an enhancement of the current situation, but a substantial change: at present the police can maltreat only a handful of the better-known persons whose faces human police officers can remember. This cognitive limit disappears completely with facial recognition in real time, which can bear on any, or nearly any, political demonstrator. This evolution is totally alien to the protective approach to maintaining order, but perfectly fits the confrontational approach.

Aerial surveillance of groups

Article 22 of the “global security” law proposes to authorise a practice that has become widespread, in violation of the law, in recent months: deploying drones for surveillance of demonstrations (a practice which we have just assailed in Paris).

This kind of aerial surveillance is utterly useless in the nonconfrontational approach to maintaining order: drones are no tool of dialogue or keeping the peace but, on the contrary, distance some police and gendarmes from the demonstrators, who can’t even see them. Conversely, surveillance of groups by drones fits the confrontational approach perfectly in two ways.

In the first place, as with mobile cameras, the images drones capture can be analyzed by facial recognition in real time, facilitating targeted action by the police against demonstrators already identified. Surveillance by drones also permits, more simply, to follow the movement of any “bothersome” individual selected during a demonstration, with the aim of directing ground forces to manage him. Mediapart recently gave a gripping example: the testimony of demonstrators who, in defending the public hospital, released a floating banner during a talk by Emmanuel Macron, and whom the police interrogated in a private home, explaining that they had been tracked by drone – before releasing them after four hours without bringing charges. Gérard Darmanin explains without embarrassment that in the “new national scheme of maintaining order” drones “are useful operationally as well as in their ability to identify troublemakers”.

In the second place, a more collective approach is now added to these targeted attacks. Drones are the ideal tools to manage the confrontational approach’s dehumanised flow. The view from the air gives the “flows” and “fluids” that we have become concrete visibility. In it appear clearly the faucets and valves the police can deploy to retain, redirect, or let run the human flow: water cannons, barricades, filters, grenades, and gas. The strategy of exhausting the crowds is quite delicate to manage without a comprehensive view, and the main job of the drones is to offer this view.

Worse, with a view from so high and so distant, the orders of the command center cannot but be disconnected from the most basic human considerations: often the demonstrators are nothing but points viewed from above, whose suffering and fear are invisible to view. The ideal conditions are jointed together to prevent the enforcers of order from being distracted by any empathy or moral considerations, so that nothing will hold back the uncalled-for violence that will dissuade the demonstrators from returning to exercise their rights.

Forbidding documenting the actions of the police

Article 24 of the “Global Security” law proposed to forbid the public to make public the image of the face or any other identifying element of a national police officer or national gendarmerie officer in the course of a police operation, and when this happens with the aim of harming his physical or psychological integrity. This latter qualification is supposed to reassure us, but don’t be fooled: the police already regularly forbid people from filming them even though they have the right to do so. This new rule can only render opposition by the police even more systematic and violent, no matter what the law says exactly. Similarly, this qualification will immediately be instrumentalised by the police to demand that social networks large and small censor any images of police abuse, to the extent that French law makes these platforms responsible for “manifestly illicit” images that they don’t remove on demand.

One must understand here again that that if maintaining order were done with an approach of protection and peaceability, this measure would be utterly useless. People wouldn’t denounce policemen and wouldn’t publicise images if the strategy used to maintain order didn’t depend on violence. The sole objective of that part of the law is to permit that violence to persist by rendering it practically incontestable.

Conclusion

None of these three measures would have any use in a nonviolent approach to keeping order, whose objective didn’t consist of attacking the legitimate exercise of a basic liberty, but rather to work with it. Even more to the point, these measures would bestow a new power in a context where contesting police violence is growing and where there is a crying need for democratic mechanisms of counter-powers and to regulate the maintenance of order.

This misguided act of the LREM deputies, with the complicity of the government and its allies of the center exposes a disconnection of certain representatives. We ask the national assembly to disregard these articles and to demand — this is also their role — from the Interior Minister a radical change in the model of maintaining order.

april.png Nouvelles April

« Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (1er décembre 2020)

Le 30 November 2020 à 10:03:36

1 Décembre 2020 - 15:30
1 Décembre 2020 - 17:00

Photo d'illustration de l'émission

85e émission Libre à vous ! de l'April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM et DAB+ en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 1er décembre 2020 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l'émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l'émission en général.

Au programme :

  • sujet principal : deuxième épisode d'« au cœur de l'April (dé)confinée », après celui du 17 novembre 2020. Plusieurs personnes actives au sein de l'April parleront des groupes de travail, des activités de l'April, son fonctionnement. Nous parlerons également des coulisses de l'émission. Posez nous toute question, nous y répondrons. Pour cela, mardi 1er décembre, vous pouvez vous connecter sur le salon #libreavous sur le salon web de la radio ou nous appeler au 09 72 51 55 46
  • Les résultats des éditions 2020 du label Territoire Numérique Libre (TNL).
  • la chronique « Pépites libres » de Jean-Christophe Becquet, vice-président de l'April, sur La sagesse et/ou folie des foules, un jeu de simulation de Nicky Case sous licence Creative Commons Zero.
  • quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l'April et le monde du Libre

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Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h.

Les archives de l'émission

Écouter les émissions précédentes

29 November 2020

Bruno GODILLON

Contrôle parental : comment protéger les enfants du cyber harcèlement ?

Le 29 November 2020 à 15:38:38

Un contrôle parental efficace

Les enfants n’ont pas toujours conscience des dangers auxquels ils sont exposés sur internet. Pour protéger ces derniers, le contrôle parental est bien une excellente option. En effet, ce contrôle se doit d’être plus strict à cette époque où le smartphone est un compagnon de tous. Protéger son enfant du cyber-harcèlement, c’est d’abord mettre en place des mécanismes adéquats qui permettent de ne pas l’exposer. Être au courant des interactions de l’enfant sur internet est notamment une bonne alternative pour prévenir les risques de cyber-harcèlement.

À l’adresse www.spyfer.info, vous découvrez un excellent logiciel espion. Grâce à ses fonctions et à ses fonctionnalités, il permet de limiter les risques de harcèlements pour les enfants. En effet, avoir accès au téléphone d’un enfant est une bonne option pour le suivre et pour s’assurer de ses fréquentations. Vous pourriez avoir recours à un logiciel espion pour établir cet accès.

Prévenir le cyber-harcèlement

Il est de la responsabilité des parents d’aider leurs enfants à se protéger du harcèlement sur internet. En effet, cette prévention passe par différents facteurs. D’abord, il est nécessaire d’assurer la sécurité sur internet en protégeant les données personnelles et les paramètres de confidentialité. Lorsque les supports numériques des enfants ne sont pas protégés, ils sont exposés à une cause majeure de cyber-harcèlement. Aussi, il faut donner la bonne éducation en ligne aux enfants. Le respect de l’autre et de sa vie privée d’une part et le respect du droit à l’image d’autre part sont des notions qui, connues et mises en pratique, aident à éviter les conflits sur internet. Ces conflits peuvent en effet dégénérer en harcèlements.

Instaurer un climat de confiance et discuter

En tant que parent, il est d’une grande efficacité d’installer un climat de confiance avec ses enfants. Une telle relation facilitant le dialogue parent enfant permet de prévenir de nombreux dangers. Surtout, en cas de difficultés, ce climat avec les parents permet aux enfants de poser des questions et d’obtenir les bonnes solutions. Dès les premiers pas des enfants sur le web, il est important de leur expliquer les risques liés au cyber-harcèlement.

En pratique, ces discussions peuvent déboucher sur l’établissement de certaines règles à respecter sur internet. Ceci permet à l’enfant ou à l’adolescent d’utiliser plus sainement et plus rationnellement internet et les réseaux sociaux. De même, vous pourrez accompagner vos enfants dans leurs premières activités en ligne.

Que faire en cas de cyber-harcèlement ?

Idéalement, inculquez à vos enfants de bons réflexes pour réagir au mieux lorsqu’ils sont exposés à des cas de cyber-harcèlement. Il est notamment intéressant de garder les preuves du harcèlement. En pratique, il faut conserver les interactions, les discussions ou les commentaires de publication. Enfin, l’enfant doit se référer à un parent ou à un tuteur afin d’entamer une procédure judiciaire si cela s’avère nécessaire.

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Portée WiFi : Une augmentation de la portée de 60m avec une MàJ logicielle !

Le 29 November 2020 à 13:45:33

Tandis que nos habitations se remplissent d’objets connectés, la surface de couverture de nos routeurs devient cruciale, en effet, pour garder la liberté qu’offre le WiFi, et pouvoir se détacher totalement des câbles encore faut-il que l’ensemble de nos pièces, de nos coins et recoins soient connectables.

Jusqu’à il y a encore peu de temps, les acharnés de la connexion multipliaient les points d’accès pour éliminer les zones blanches. J’ai personnellement possédé jusqu’à 4 points d’accès WiFi différents chez moi pour pouvoir avoir du WiFi partout. C’est très pénible car il faut switcher manuellement entre chacun des SSID (réseaux WiFi) dès que vous changez d’emplacement, mais au moins ça permet d’être connecté. Cette gymnastique devient vite pénible, quand j’étais au salon, il fallait que je sois connecté à telle borne, puis, quand je migrais vers ma chambre il fallait changer de point d’accès, et c’était la même chose si je devais me trouver à l’étage.

Un nouveau produit

Les fabricants de matériel réseau, ont répondu à cette problématique en mettant sur le marché, depuis quelques mois, les systèmes mesh. Ces systèmes de connexion se présentes sous la forme d’un ensemble de modules qu’il conviendra d’installer un peu partout chez vous. Ces modules communiquent entre eux et vous offrent en permanence la meilleure connexion en vous connectant au point d’accès (module) le plus adapté à un instant « T ».

Un système en maillage est probablement la manière la plus efficace de pouvoir apporter du réseau à l’ensemble de votre maison, et j’aurai aujourd’hui beaucoup de mal à me séparer de cette installation, mais ces systèmes comportent un inconvénient, leur prix. En effet, aussi efficaces soient-ils, ils ne sont pas à la portée de toutes les bourses et pour pouvoir bénéficier de l’un de ces systèmes mesh, il faudra généralement débourser entre 250 et 500 euros, suivant la marque et le nombre de modules.

Ça, c’était la situation jusqu’à il y a quelques mois, mais il semblerait qu’une autre solution commence à voir le jour.

La mise à jour

En effet, des chercheurs pensent qu’il pourrait y avoir une autre solution. Un simple protocole logiciel qui étendrait la distance sur laquelle les appareils connectés peuvent envoyer et recevoir le signal WiFi. On parle ici d’une amélioration de l’ordre d’une soixantaine de mètres.

Ces chercheurs, membres de la Brigham Young University, ont baptisé ce protocole ONPC pour On-Off Noise Power Communication. L’intérêt de ce protocole c’est que là où le WiFi classique a besoin d’un certain débit pour pouvoir maintenir une connexion, le ONPC réduit considérablement ce besoin. Pour le WiFi traditionnel, il faut environ qu’un débit de 1 MBps soit maintenu, alors qu’avec le ONPC, on passerait à seulement 1 bit.

Grâce à ce nouveau protocole, les appareils connectés peuvent faire savoir, en permanence, au routeur qu’ils sont toujours là, même s’ils sont loin, ils sont toujours connectés. Pour cela, ils maintiennent une connexion en envoyant périodiquement un très faible signal au routeur.

Donc, nous aurons des appareils qui seront en mesure de dire au routeur qu’il ne faut pas qu’ils soient déconnectés, qu’ils sont toujours en vie. Grâce à ce protocole, il a été possible d’allonger de 67 mètres la portée du WiFi.

L’avantage de ce protocole ONPC c’est donc de pouvoir garder des appareils connectés sur une plus grande distance, cela est acquis, et il comporte également un second très bon point, c’est un protocole uniquement logiciel. Cela veut dire qu’il peut théoriquement être installé sur n’importe quel appareil WiFi et sur n’importe quel routeur. Une simple mise à jour pourrait donc généraliser ce protocole sur tous nos appareils.

Mais, je vois un gros inconvénient à tout cela.

Mon avis ?

En effet, garder un appareil connecté à son routeur c’est bien, mais quid du débit ? Car rien dans ce protocole nous indique une amélioration de ce côté-là. Donc, on aurait des appareils connectés au routeur, partout dans la maison, mais avec une bande passante de quelques bits ?

Quel est le réel intérêt en fait si ce n’est la prouesse technologique ?

Je me fais bien évidemment l’avocat du diable, et je ne doute pas une seule seconde que ce protocole devrait voir le jour en addition d’un système permettant de fournir du débit aux appareils restant connectés, mais pour le moment je ne vois pas bien comment cela sera possible.

Pour résumé, avec ce que nous savons pour le moment sur le ONPC, et bien, ça ne sert pas à grand-chose… avoir du WiFi dans son grenier avec un débit de 3 bits/s c’est tout de même très proche que de ne pas avoir de WiFi non ?

Donc, pour le moment, et je dis bien « pour le moment », l’ONPC reste ce qu’il est dans les faits, c’est-à-dire un moyen astucieux de pouvoir garder un appareil connecté sur de longues distances, mais pas vraiment une technique apportant de réels gains dans l’utilisation quotidienne de son réseau WiFi.

En d’autres termes, tant que l’ONPC ne sera pas couplé à une méthode permettant d’augmenter les débits sur de longues distance, les systèmes mesh auront encore de beaux jours devant eux.

Le système parfait

Le Graal, se serait un système mono appareil, comme un routeur, qui serait capable de transmettre un gros volume de données sur de longues distances et avec un taux de pénétration important, le tout à un bon prix.

C’est-à-dire un routeur, comme nous les connaissons aujourd’hui, mais dont le WiFi serait capable de passer facilement les obstacles, et donc de couvrir l’intégralité de la surface de votre maison. Le truc, c’est que suivant l’environnement de votre maison, l’épaisseur des murs, la surface etc… un tel appareil n’existe pas forcément.

Si vous achetez un très bon routeur, il couvrira toute votre maison, si celle-ci est de taille raisonnable et que les murs ne sont pas en béton armé de 30 cm d’épaisseur… Garder un signal actif, ne changera rien à cela, un appareil connecté au routeur, mais sans débit, ça ne sert pas à grand-chose.

Soulignons toutefois l’importance de cette découverte et espérons qu’elle sera bientôt mise en place aux côtés de quelque chose qui permettra de contourner cette problématique de débit. Bien évidemment, nous vous tiendrons informés des nouveautés dans ce domaine si elles pointent le bout de leur nez, pour le moment, je ne saurais trop vous conseiller de lire nos différents tests des systèmes mesh que nous avons eu entre les mains, ça pourrait vous donner des idées.

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28 November 2020

Bruno GODILLON

Vivaldi ajoute un client mail à son navigateur web

Le 28 November 2020 à 09:01:45

Vivaldi est un navigateur web créé par l’ancien PDG et co-fondateur de Opéra, Jon von Tetzchner. L’une des principales raisons qui ont conduit à sa création est de fournir aux internautes un navigateur web avec un client de messagerie intégré. D’autant plus que Opéra avait déprécié son client de messagerie et son lecteur de nouvelles M2.

Vivaldi Mail a mis un certain temps à se développer, mais semble avoir atteint un stade de maturité assez avancé dans le processus. Il se compose de trois éléments :

un client mail ;
un lecteur de flux rss ;
un calendrier.

 

Sur le papier, le client de messagerie travaille avec les services de messagerie électronique les plus modernes via IMAP ou POP. Toutefois, la compatibilité totale avec Gmail n’est pas assurée. D’ailleurs, lorsqu’on essaie de se connecter à un compte Gmail, une erreur apparaît qui indique que l’application n’est pas prise en charge car elle n’a pas encore été vérifiée par Google.

Les nouvelles fonctions RSS et Calendrier

Deux autres fonctionnalités intéressantes ont été introduites dont le lecteur de flux RSS et le calendrier. En ce qui concerne l’agrégateur d’actualités, la caractéristique la plus importante est la possibilité d’importer des flux provenant de lecteurs tiers. D’ailleurs, la compatibilité avec le format OPML est prévue. Il suffit de renommer le fichier, par exemple feeds.xml, et de l’ouvrir avec le navigateur web Vivaldi. Actuellement, les flux sont gérés avec la même interface que Vivaldi Mail mais une interface distincte sera créée à l’avenir si le besoin des utilisateurs se fait ressentir.

Enfin, en ce qui concerne le calendrier, la protection de la vie privée a été bien mise en œuvre. Il est possible de décider de conserver le calendrier sur un seul ordinateur, puis de le mettre hors ligne, ou d’utiliser la synchronisation dans le cloud. Cela est possible soit par le biais d’un compte Vivaldi, soit par tout autre calendrier conforme à la norme CalDAV.

Si vous souhaitez tester dès maintenant ces nouvelles fonctionnalités, qui seront introduites dans les prochaines versions stables de Vivaldi, vous devez télécharger le dernier snapshot du navigateur. Des aperçus sont disponibles pour Windows, Mac OS et GNU/Linux. Sur Linux, en particulier, les paquets au format deb supportent également les architectures ARM. Une fois la procédure d’installation terminée, pour activer Vivaldi Mail, visitez vivaldi://expériences/, activez la fonctionnalité et redémarrez le navigateur.

Source : Vivaldi

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27 November 2020

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Mon avis sur le système mesh Tenda Nova MW6

Le 27 November 2020 à 13:33:38

Comme tout le monde le remarque a un moment ou à un autre de son utilisation quotidienne du WiFi, c’est une technologie qui n’est pas exempt de défauts. Le principal est que, le WiFi étant une onde, il est soumis à certaines règles quant à sa propagation dans un milieu donné. En gros, le WiFi ça fonctionne super bien si vous êtes dans la même pièce, ou bien si les murs qui vous séparent de votre routeur ou box ne sont pas trop épais et ne sont pas constitués de certaines matières.

Tenda Nova MW6
  • Performances (vitesse)
  • Performances (stabilité)
  • Portée
  • Simplicité
  • Prix
  • Design
4.8

Un excellent système mesh simple à utiliser

Le Tenda Nova MW6 est un excellent système mesh que je recommande particulièrement pour sa simplicité d’installation. Son Design de cube le rends très facile à intégrer à une déco intérieure moderne.

Comme nous l’avons déjà indiqué dans nos articles, si vous possédez une vielle maison aux murs très épais, ou une maison avec certains murs en béton armé, alors vous voyez très bien de quoi je veux parler… dans certains environnements, le plus puissant des routeurs peine à fournir du réseau en dehors de la pièce où il est installé.

A cela, il y a plusieurs solutions, par exemple, jusqu’à il y a peu de temps, personnellement, j’avais ma box dans ma chambre, deux câbles RJ45 en partaient, l’un rejoignait un point d’accès à l’étage, et l’autre câble un second point d’accès dans mon salon. Ça marchait très bien, mais du coup j’avais trois réseau différents chez moi, ce qui est très pénible. Car si pour les appareils fixe, comme une imprimante WiFi par exemple, cela ne pose pas de problème, pour ceux qui sont amenés à se déplacer, comme un smartphone ou un ordinateur portable, il faut toujours être en train de changer de réseau.

Les utilisateurs qui sont dans cette situation ont donc, pour beaucoup, également essayés les répéteurs. C’est certain que de cette manière on s’affranchi de devoir changer manuellement de réseau WiFi, mais là non plus ce n’est pas la panacée, on ne sait jamais trop sur quel point d’accès on est connecté, et il arrive très fréquemment que l’appareil ne switch pas et du coup vous vous retrouvé connecté au point d’accès qui propose le moins bon accès.

La dernière solution à ce problème, la plus récente, est ce que l’on appelle les systèmes mesh. C’est un ensemble de petites bornes, vendu par pack de plusieurs modules, extensible et qui présente plusieurs intérêts. Ces petites bornes se disposent partout dans la maison afin de créer un maillage de point d’accès. Ces bornes communiquent entre elles et décident à un moment précis sur laquelle d’entre elle il convient que vous soyez connecté. Avec un tel système, vous avez donc un unique réseau WiFi qui couvre l’intégralité de votre maison, qu’elle que soit cette maison puisqu’il est possible de rajouter autant de bornes que nécessaires.

Bref, les systèmes mesh c’est ultra pratique et c’est à mon sens, le futur du WiFi domestique, mais il se pose souvent un problème avec ce genre de matériel, le prix. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un système mesh performant, fonctionnel et à prix très contenu. Le Tenda Nova MW6.

Présentation

Au déballage, le premier truc qui choque un peu c’est le form factor du produit, les modules du système mesh sont cubiques. Sur le coin supérieur droit, vous aurez droit à une LED de notification multi couleur, ce n’est pas du RGB adressable, mais c’est déjà plus simple de voir une led qui peut devenir rouge, bleu, rose… que d’avoir à se souvenir des codes de clignotement d’une led mono couleur. Sur le dessous des modules, vous trouverez deux ports RJ45, l’un peut servir pour connecter le module à la box, ou bien comme l’autre, de port LAN standard. C’est aussi dessous que se situe le port secteur et le bouton de reset.

C’est à peu près tout pour le design de l’appareil, c’est très sympa de mon point de vue et ça change un peu de tout ce que l’on a l’habitude de voir.

Côté caractéristiques, les modules fonctionnent en WiFi ac, il s’agit bien entendu de double bande. Le maximum théorique annoncé est de 300 mbps sur le 2.4 GHz et de 867 mbps sur le 5 GHz. C’est donc très standard et dans la mouvance actuelle si on ne parle pas du ax. Je n’ai pas de renseignements quant au processeur, ou plutôt SOC qui équipe les modules, mais par contre on sait que chaque module est équipé de 128 Mo de mémoire RAM.

Chaque module mesure 10x10x10, c’est donc assez simple de pouvoir le placer dans sa déco d’intérieur sans que ce soit trop voyant.

Les modules intègrent le MU-MIMO, c’est-à-dire que les données de plusieurs utilisateurs peuvent être traitées simultanément. Et le Beamforming est également de la partie. Le Beamforming est une technologie permettant d’envoyer le signal directement vers le client qui demande une information et non pas dans toutes les directions comme cela se fait avec un routeur plus traditionnel.

Le regret que l’on pourrait avoir c’est que les modules ne disposent pas de port USB afin de pouvoir y adjoindre de l’espace de stockage. C’est un peu dommage, mais ce n’est pas non plus un problème insurmontable, d’autant plus qu’à mon sens c’est un peu dommage de stocker des fichiers sur des périphérique réseau non câblés.

Mon avis

Ces modules sont vendus, soit à l’unité, pour pouvoir étendre un pack, soit, justement, en pack. Ces packs comportent soit deux, soit trois modules. Comme vous le verrez si vous faites une recherche sur Amazon, la différence de prix entre le pack comportant deux modules et celui en comportant trois est si mince qu’on est tenté de prendre un pack de trois modules. Personnellement, c’est ce que je vous conseille de faire.

L’installation se fait extrêmement simplement, en effet, Tenda, fait comme les autres fabricants et met à la disposition de ses clients une appli smartphone qui vous permettra de faire la configuration initiale du système, de l’agrandir, de le paramétrer une fois en route et même d’avoir accès à certaines informations de monitoring.

A l’usage, la connexion n’a pas subi de coupure et le switch entre les différents modules est transparent pour l’utilisateur et assez performant. Le débit monte environ à 170 mbps sur la bande des 5 GHz et à 90 mbps en 2.4, ce qui est satisfaisant pour la norme ac.

Vous pourrez paramétrer un réseau invité. Comme son nom l’indique, ce type de réseau permet à vos invités de pouvoir se connecter à internet, mais pas d’avoir accès à vos ressources locales, comme par exemple le contenu de votre NAS ou bien encore de streamer sur vos chromecasts.

Bref, on va faire simple, c’est très certainement le meilleur système mesh pour le prix auquel le Tenda Nova MW6 est proposé. En effet, un pack de deux vaut à peine plus d’une centaine d’euros, et le pack de trois 10 € de plus. C’est donc un excellent choix si le but premier est d’avoir un WiFi relativement performant, même s’il n’est pas à la dernière norme.

Tenda Nova MW6
  • Performances (vitesse)
  • Performances (stabilité)
  • Portée
  • Simplicité
  • Prix
  • Design
4.8

Un excellent système mesh simple à utiliser

Le Tenda Nova MW6 est un excellent système mesh que je recommande particulièrement pour sa simplicité d’installation. Son Design de cube le rends très facile à intégrer à une déco intérieure moderne.

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april.png Nouvelles April

OpenStreetMap fait saliver les ogres - Décryptualité du 23 novembre 2020

Le 27 November 2020 à 07:48:58


Logo du projet OpenStreetMap

Titre : Décryptualité du 23 novembre 2020 - OpenStreetMap fait saliver les ogres
Intervenants : Manu - Luc
Lieu : April - Studio d'enregistrement
Date : 23 novembre 2020
Durée : 15 min 49
Écouter ou enregistrer le podcast
Revue de presse pour la semaine 47 de l'année 2020
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Logo du projet OpenStreetMap, Ken Vermette - Licence Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Description

Un article de blog affirme que depuis un an, OpenStreetMap a été investi par les "AFAM" (les GAFAM sauf Google). Les contributions corporate ont représenté 75% du total alors qu'elles en font normalement 25%. L'occasion de parler cartographie et de ce que ce développement représente en opportunité et en risque.

Transcription

Luc : Décryptualité. Semaine 47. Salut Manu.

Manu : Salut Luc.

Luc : Qu’a-t-on au sommaire ?

Manu : Une petite revue de presse. Quatre articles principaux.

Luc : Le Monde.fr, « En rentrant dans de prestigieuses bibliothèques, le logiciel libre gagne ses lettres de noblesse », un article de Vincent Fagot.

Manu : Le logiciel libre, en gros le code des logiciels libres qui sont hébergés sur GitHub, il était question et il est en train d’être stocké sous des glaces dans des pays froids, pour être stocké à long terme et être là encore dans des milliers d’années. Il est aussi distribué notamment sous la forme de boîtes assez jolies avec des microfilms à l’intérieur, il est distribué à différentes bibliothèques qui veulent accueillir du code source. C’est bizarre, mais il y a un côté symbolique et il y a un côté « on l’a sous le coude au cas ». On veut stocker pour le long terme le logiciel libre qui fait notre monde aujourd’hui.

Luc : Développeurs de logiciels libres, dites-vous que vos bugs resteront jusqu’à la fin des temps !
Aquitaine Online, « Industrie du logiciel libre : un véritable atout pour la Nouvelle Aquitaine », un article de Jean-Marc Blancherie.

Manu : Ça parle d’attirer du logiciel libre dans une région de France, plutôt pas mal, on a déjà parlé du sujet. Je pense que les gars là-bas arrivent à faire parler d’eux. Ils veulent monter des entreprises, faire venir des initiatives, c’est plutôt bien.

Luc : ZDNet France, « Youtube-dl : l'EFF pousse Github à remettre le projet en ligne », un article de Catalin Cimpanu.

Manu : Ce sont les tragédies classiques : y a des ayants-droit qui se plaignent qu’un outil permet de télécharger, de pirater leurs contenus, à eux, parce c’est leur droit, donc ils se plaignent, ils envoient une lettre à GitHub. GitHub fait « c’est quoi ce bordel. OK ! » Donc ils ont enlevé un logiciel.

Luc : Comme ça, il n’y a pas de procès.

Manu : Voilà, il y a de ça. Donc ils ont enlevé youtube-dl et youtube-dl c’est quoi ?

Luc : C’est un plugin pour navigateur, au moins sur Firefox. « dl », c’est pour download, ça permet de télécharger des vidéos sur son disque qui sont sur YouTube initialement.

Manu : En fait c’est un logiciel assez basique, qui ne fait pas grand-chose et certainement pas contourner des règles ou contourner des dispositifs de protection. En fait, il n’y a aucune raison réellement de l’enlever, c’est juste un outil de téléchargement.

Luc : C’est un exemple de l’effet dissuasif de la menace juridique. Personne n’a envie de se prendre un procès, même une grosse boîte.

Manu : Ils l’ont remis en place et il y a des avocats qui sont mis sur le coup, notamment les avocats de l’EFF, Electronic Frontier Foundation, donc des gens bien qui vont défendre nos droits face aux ayants-droit.

Luc : usine-digitale.frc, « Qui est derrière Unsplash, la banque d'images gratuites qui inonde le Web? », un article de la rédaction.

Manu : Ce ne sont pas juste des images gratuites qui sont dans cette banque d’images, ce sont des images qui sont librement utilisables, même diffusables et, je crois, qu’elles sont modifiables, il faudrait aller creuser dedans, parce que justement c’est du Libre de ce point de vue là. Mais il y a une petite problématique, quand même pas toute petite, c’est qu’on peut faire tout ce qu’on veut avec les images qui sont sur cette banque d’images si ce n’est, grâce à elles, constituer une autre banque d’images. Donc ce n’est pas libre en fait. Ce critère-là fait que ça ne fonctionne pas. C’est un petit peu bizarre, un petit peu rageant et les gens qui posent des images dans cette banque d’images doivent et peuvent se poser des questions. Il y a eu d’autres problématiques, leurs images peuvent être utilisées un peu pour n’importe quoi et le gouvernement britannique a utilisé l’image d’une danseuse pour dire qu’elle devrait peut-être devenir informaticienne. Ça a un peu choqué tout le monde, y compris la personne qui avait pris la photo et la personne qui était sur la photo. Le gouvernement britannique l’a retirée, ça a fait un petit scandale. Voilà, c’est effectivement une conséquence possible de mettre des contenus à disposition librement. Il faut s’en rendre compte. Ça n’empêche que cette clause qui fait qu’on ne peut pas reconstituer une base de données à côté, c’est un peu choquant.

Luc : Ça souligne l’importance de la façon dont les données sont organisées et que tout ça est presque aussi important que les données : qui contrôle ça garde finalement beaucoup de pouvoir sur les usages et les gens.

Manu : Le sujet du jour, Luc ?

Luc : On va parler de tout autre chose, on va parler d’OpenStreetMap1.

Manu : OpenStreetMap est aussi une basse de données, mais de cartes.

Luc : C’est de la cartographie. On le résume souvent en disant que c’est le Wikipédia de la cartographie en quelque sorte. Un projet qui est né en Grande-Bretagne il y a, je pense maintenant, une bonne quinzaine d’années. Quelqu’un s’est dit pourquoi on ne ferait pas une carto collaborative et ça a commencé avec des passionnés, des bénévoles.

Manu : Comme beaucoup de projets libres.

Luc : Comme à chaque fois, tout le monde a dit « ça ne marchera jamais ! »

Manu : Surtout quand tu as Google qui débarque avec Google Maps.

Luc : Effectivement. Je me souviens qu’à l’époque, dans mon boulot, on utilisait des cartographies et j’avais dit on pourrait contribuer un petit peu à OpenStreetMap, ne serait-ce que parce que un, on travaille beaucoup avec des clients publics.

Manu : Tu travaillais dans les transports.

Luc : Dans les transports publics. En fait les cartos, même Google Maps qui est une bonne carto en termes de fonctionnalités et de complétude, même dans ces cartos-là le milieu rural est très peu renseigné. Nous on travaillait beaucoup avec des collectivités qui ont toutes des contrats avec des fournisseurs de carto propriétaires et qui sont enchantés de prendre les données que ces collectivités vont récolter, dans le transport tu as notamment tout le transport scolaire. Les départements, à l’époque, allaient chercher les gamins dans les villages, les hameaux et tout ça, qui sont très mal répertoriés.
J’avais discuté avec des gens qui avaient dit : « En gros on va leur filer les données et après ils vont nous les revendre lors de la mise à jour et on n’est pas trop content » . J’avais dit à mes patrons on pourrait proposer juste de mettre ces données-là dans OpenStreetMap, envoyer les traces GPS qu’on avait et, en plus de ça, ce n’est même pas un sujet concurrentiel avec les boîtes qui font la même chose que nous, avec qui on est en concurrence, on n’est pas en concurrence sur la cartos, on va tous les acheter, grosso modo, chez les mêmes fournisseurs. Même si à l’époque la carto n’était pas encore assez complète, on met juste des billes dedans, ce qui ne nous prendra beaucoup d’efforts, on se fait une réputation, on contribue avec pas grand-chose, mais on contribue quand même et, un jour, on pourra peut-être basculer dessus et arrêter de payer des fournisseurs de carto.

Manu : Et comme d’habitude, tu as été trop en avance sur ton temps. Luc, tu as raté ton coup.

Luc : Oui. Ce qui est marrant c’est que notre directeur technique a dit « il y a Google Maps », c’était le début où Google Maps arrivait en force en disant « c’est facile à utiliser, ça marche très bien. »

Manu : Ce n’est pas cher !

Luc : Au début c’était même gratuit. Voilà, on ne va pas s’emmerder !
Ce qui s’est passé c’est que des années après, une fois que tout le monde a mis du Google Maps partout parce que, effectivement, c’était très pratique et gratuit, etc., ils ont commencé par monter les tarifs. En gros, on disait qu’au-delà d’une certain quantité de requêtes c’était payant. Ils ont baissé ces seuils-là, monté les tarifs, etc.

Manu : Et ça devenait de plus en plus cher, rapidement.

Luc : Ils ont refait un deuxième coup il y a trois, quatre ans peut-être, où là ça a été vraiment très sévère, en fonction des tranches on a quand même eu une multiplication des coûts par 60.

Manu : En gros, quand tu installais Google Maps sur ton site web, au début ça ne coûtait rien. Au bout d’un an, si ton site web était très consulté, ça coûtait un peu d’argent et puis très rapidement ça coûtait très cher.

Luc : Effectivement. À l’époque on a plein de sites web qui ont arrêté leur carto, tout coupé, parce qu’ils ont dit « je veux de l’argent ». En plus de ça, il y a plein de malins qui se disaient « je ne vais pas payer, de toute façon le Web est grand ». Sauf que le métier de Google…

Manu : C’est de tracer les gens !

Luc : Voilà et c’est de surveiller tout l’Internet. Du coup, va leur échapper alors que tu fais appel à un de leurs services sur ton site web !, eh bien il faut se lever de bonne heure. Il y a des gens qui se sont retrouvés comme ça avec Google qui frappe à leur porte et qui dit : « Bonjour, c’est 100 000 euros. »

Manu : Ça doit faire bizarre quand tu as une facture qui arrive comme ça le matin. Pour le coup, tous ces gens-là se sont rendu compte du jour au lendemain qu’OpenStreetMap existait, ils ont commencé à l’intégrer. Ce n’était pas tout à fait le même niveau de qualité visuelle, moi je trouvais notamment que…

Luc : Il ne faut pas mélanger le côté visuel et les données qui sont derrière. Dans OpenStreetMap tu as plusieurs rendus possibles. Déjà tu peux choisir le type d’informations que tu vas donner, parce qu’il y a des couches, en quelque sorte, et rien ne t’interdit de développer ta propre présentation graphique. Eux en proposent une par défaut quand on va sur leur portail, mais derrière il y a des données, on peut récupérer des données, monter son propre portail, etc. D’ailleurs c’est un des trucs où beaucoup de gens, notamment des entreprises qui sont assez légères là-dessus : elles vont taper directement sur les bases de données d’OpenStreetMap qui reste un projet qui était à l’époque amateur.

Manu : Un truc communautaire avec des serveurs pas très solides.

Luc : Un truc communautaire, Voilà. Qui ne garantit pas, une fiabilité de folie et les gens ne se sont pas posé de questions, ils ont dit « c’est gratuit, on y va » et ils se sont mis à interroger tout ça évidemment sans se dire qu’ils pourraient peut-être verser 100 euros dans l’année, pas une fortune.

Manu : La base de données s’est constituée. C’était de l’open data, de fait, des données qui étaient partagées et tout le monde y contribuait. Je sais qu’il y a pas mal d’amateurs qui faisaient les chemins de randonnée, qui faisaient les bancs dans les parcs publics, même les arbres, les arbres sur les rues étaient cartographiés. Tout le monde mettait un peu ce qu’il voulait et c’était bien accueilli.

Luc : Il y a toujours ça. C’est toujours le cas. Dans l’Agenda du Libre2 que tu as développé et que tu maintiens, il y a plein d’évènements, de cartoparties, de gens qui se réunissent pour travailler ensemble, parce qu’ils trouvent ça intéressant, ils vont sur le terrain.

Manu : Ou que, par hasard, leur coin n’est pas bien cartographié, pas aussi bien cartographié qu’ils le voudraient, donc ils font des tours dans la ville ou le village et ils essayent d’aider, de contribuer, de remonter les données qui manquent.

Luc : Effectivement c’est très rigolo. C’est moins conflictuel qu’un Wikipédia, parce que dans Wikipédia on arrive très vite dans des débats idéologiques avec des guerres de tranchée. Là on est sur quelque chose de plus technique.

Manu : De plus factuel.

Luc : De plus factuel, on va dire : où est la route.

Manu : On se rappelle que Google Maps n’est quand même pas un mauvais outil. Ils ont des millions de kilomètres qui sont parcourus par des voitures qui enregistrent tout et n’importe quoi.

Luc : C’est un excellent outil.

Manu : Ils sont plus ou moins interdits en Allemagne.

Luc : Pour Street View.

Manu : Voilà. Les Allemands ne veulent pas qu’on cartographie, ça leur a créé des problèmes. On rappellera aussi que Google Maps n’était pas présent dans certaines zones, notamment des zones de conflit. Bagdad, bizarrement, n’était pas aussi bien cartographiée par le grand G alors qu’OpenStreetMap, au contraire, avait des cartographies assez à jour. Il y avait des gens qui participaient et on sait qu’OpenStreetMap a été utilisé dans des zones de conflit, dans des zones de catastrophes.

Luc : Oui. On en a parlé régulièrement. Un des atouts c’est la souplesse et comme n’importe qui peut apporter les éléments, etc., il y a même une association qui s’est montée, notamment de réaction rapide en cas de catastrophe pour pouvoir travailler sur des vues aériennes ou des choses comme ça.

Manu : Des images satellites.

Luc : Des images satellites pour, très rapidement, faire une cartographie de telle sorte que les gens qui sont sur le terrain puissent bosser plus efficacement. Ce n’est pas du tout le même objectif qu’un Google qui est là pour gagner du fric. Effectivement, lui s’en fout un petit peu du tremblement de terre.

Manu : Il y a même des institutions, des pays qui ont contribué.

Luc : Je me suis intéressé d’un peu plus près à ça il y a des années. Par exemple en Hollande, l’équivalent de l’IGN [Institut géographique national], je ne sais plus quand, ça va faire au moins huit, dix ans je pense, a dit « nous y croit et on met tout notre fonds cartographique en Libre et on le met dans OpenStreetMap ». Il y a tous les ans un évènement qui s’appelle State of the Map3, l’état de la carte. À une époque, je ne sais pas si ça se fait encore, une entreprise faisait une animation avec la Terre, passée en accéléré, où, au fil de l’année, on avait des lumières où il y avait des choses qui étaient déclarées dans OpenStreetMap.

Manu : Tous les contributeurs allumaient la planète.

Luc : Cette année-là les pays-Bas, boom !, se sont allumés en une seule fois parce que tout a été versé d’un coup, c’était très impressionnant.

Manu : Là, c’est pour ça qu’on en parle, il y a des contributeurs nouveaux et puissants qui ont débarqué et qui s’intéressent à OpenStreetMap comme un bijou, un petit trésor.

Luc : C’est un article4 que tu as déterré, écrit par Joe Morrison qui travaille dans une boîte qui est dans le domaine de la carto, qui dit qu’en un an, les « AFAM » puisque Google n’est pas le coup, se sont jetés sur OpenStreetMap et inversé un peu la tendance puisque, avant, il y avait 25 % des contributions qui venaient d’entreprises et maintenant c’est l’inverse, c’est 75 % des contributions qui viennent d’entreprises avec Apple en tête.

Manu : Le grand G n’est pas là parce que justement c’est lui qui est dominant sur la cartographie sur Internet, on va dire, et les autres qui sont derrière, qui sont un peu à la ramasse, quelque part ils se sont mis ensemble sur quelque chose de commun alors que, pourtant, ce sont des ennemis mortels sur tellement de domaines.

Luc : On le voit. Il y a plein d’autres domaines dans le développement, dans l’informatique, la Fondation Linux5 par exemple, où il y a plein de gens qui sont concurrents mais qui contribuent ensemble à quelque chose qui profite à tout le monde.

Manu : Là il y a du BIG-MAP qui tape sur OpenStreetMap. Apple, c’est Apple Map ?, je ne sais même pas, qui doit taper sur OpenStreetMap, des trucs comme Tesla.

Luc : Apple s’était cassé les dents il y a quelques années. Ils avaient essayé de faire un concurrent à Google Maps, leur truc n’était pas fini. Il y a des gens qui avaient failli mourir parce qu’en Australie ils faisaient tourner à droite au lieu de tourner à gauche.

Manu : Et tu te retrouvais ?

Luc : Au milieu du désert avec rien, pas de station-service, donc si les gens roulaient trop longtemps, ils arrivaient au milieu du désert, il n’y avait personne et ils pouvaient crever de chaud.

Manu : C’est un minimum dangereux, on a besoin d’avoir des données un peu solides. Je sais que Tesla utilise OpenStreetMap, en tout cas d’après l’article.

Luc : De fait, il y a un fonds cartographique est assez utilisé qui s’appelle Here, comme « ici » en anglais, h, e, r, e, qui était porté depuis plusieurs années par des constructeurs automobiles européens. Ce besoin d’être indépendant de Google a été clairement identifié par beaucoup de grosses entreprises au fil des années. La preuve, quand on dit qu’il faut être autonomes des GAFAM, il n’y a pas que nous qui le pensons, il y a des tas de gens qui gagnent beaucoup d’argent qui en ont conscience. Effectivement, le fait que Google ait fait exploser ses tarifs a motivé plein de gens à essayer de se passer de lui.

Manu : C’est un moyen de se rendre compte qu’il y a quelqu’un qui est dominant et qui utilise sa position dominante pour en tirer un gros avantage.
Là les entreprises, ces fameux « AFAM » – je trouve ça génial, les « AFAM » qui poursuivent le G, je trouve ça super – c’est quand même quelque chose comme six trilliards de capitalisation boursière, c’est quelque chose de conséquent.

Luc : Ça ne change pas grand-chose pour la carte.

Manu : Non, mais ça donne des moyens.

Luc : Oui. Mais ça pose aussi des questions, parce qu’il y a toujours cette peur de dire que le projet qui était essentiellement communautaire, même s’il y avait des entreprises c’était des PME ou des boîtes de taille plus ou moins importante mais pas des mastodontes comme peuvent être ces boîtes-là.

Manu : Il y avait un équilibre.

Luc : Il y avait une forme d’équilibre. C’est une chose dans l’article qui parle de la tragédie des communs dont on a très souvent parlé. Or, c’est une chose qui ressort dans le bouquin d’Elinor Ostrom6. Elle dit que quand il y a un commun à gérer et qu’il y a un acteur qui est beaucoup plus gros que les autres ça ne marche pas. Là on n’est pas dans un bien commun puisque la carto est réplicable, c’est juste de l’information, c’est un bien public selon sa définition, peut-être que ça ne marche pas exactement pareil, mais on peut craindre que le poids de ces boîtes-là fasse que le projet puisse être dévoyé.

Manu : À priori il reste des points qui peuvent poser problème. Il y a la gouvernance, la gestion de la communauté c’est quelque chose qui peut être pris en charge par des groupes particuliers ; il y a la marque qui peut appartenir à quelqu’un et peut être contrôlée et puis les serveurs, mine de rien ce n’est pas rien !

Luc : Après, si le projet devient énorme, il va falloir beaucoup d’argent pour avoir des serveurs parce que tout le monde va vouloir taper dessus. Du coup les GAFAM vont dire « venez chez nous, on a toute l’infrastructure qu’il faut ». Après ça, il y a un système de gouvernance du projet, du coup même la marque qui appartient à quelqu’un, sauf à avoir un dictateur éclairé, pareil, tu peux avoir du noyautage. Je comprends l’angoisse de la communauté qui a fait grandir ce projet au fil des années et qui voit maintenant, une fois qu’ils ont fait le gros du bouleau, les GAFAM débarquer là-dedans en disant « on va être super copains ! ». Dans ce cas-là oui, tu as tendance à serrer les fesses.

Manu : On en a parlé il n’y a pas très longtemps. Les institutions françaises essayent de se bouger et faire de l’open data, ce qui était déjà le cas avant et la France n’est pas trop mauvaise sur ce sujet. Là on pourrait imaginer que la France contribue : elle met toutes les cartos de l’IGN, les cartos de météo et autres données qu’on a aujourd’hui, dieu sait qu’il y en a, la Poste par exemple, je ne sais pas, tout ça pourrait aboutir dans OpenStreetMap, ce serait super intéressant.

Luc : Oui, ce serait bien ! Je crois que l’IGN n’a pas mal assoupli sa position par rapport à OpenStreetMap, mais, initialement, ils ont été plutôt dans une logique assez frileuse. En tout cas ça démontre, encore une fois, la pertinence du Libre et le fait que nos décideurs ont été bien bêtes de ne pas se précipiter là-dessus beaucoup plus tôt.

Manu : Tu as été encore trop en avance, trop tôt Luc. Tu me diras si tu as d’autres idées comme ça d’ici la semaine prochaine.

Luc : À la semaine prochaine.

26 November 2020

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Castopod supports Web Monetization

Le 26 November 2020 à 19:00:00

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april.png Nouvelles April

La vérité vraie, médias et réseaux sociaux - Décryptualité du 16 novembre 2020

Le 26 November 2020 à 17:05:10


Médias, Le Vrai du Faux

Titre : Décryptualité du 16 novembre 2020 - La vérité vraie, médias et réseaux sociaux
Intervenants : Manu - Luc
Lieu : April - Studio d'enregistrement
Date : 16 novembre 2020
Durée : 15 min
Écouter ou enregistrer le podcast
Revue de presse pour la semaine 46 de l'année 2020
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Médias, Le Vrai du Faux - Licence GPL v3.
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Description

Partant d'un article sur la responsabilité des médias traditionnels dans le chaos de la présidence de Trump, Manu pose la question de ce qu'est la vérité vraie.

Transcription

Luc : Semaine 46. Salut Manu.

Manu : Salut Luc.

Luc : On enquille directement sur le sommaire.

Manu : Petit sommaire mais de qualité, en gros.

Luc : Presse Citron, « Mobilizon : ce nouvel outil permet d'organiser des événements sans passer par Facebook », un article de la rédaction.

Manu : C’est la présentation d’un nouvel outil qui met en avant le partage, la diffusion des savoirs, sur du logiciel libre fédéré, donc ce n’est pas un outil centralisé comme Facebook et justement il se propose, au moins dans certains éléments, donc l’organisation d’évènements, de remplacer Facebook.

Luc : Est-ce que ça ne fait pas un peu concurrence à l’Agenda du Libre1 que tu as développé ?

Manu : De plein de manières, oui. Mais tu peux aussi considérer que l’Agenda du Libre est un site centralisé qui va permettre, effectivement, d’alimenter par exemple Linuxfr2 alors que Mobilizon3 c’est tout le monde qui peut faire des petits sites sur d’autre sujets que le Libre. C’est tout à fait approprié en tant qu’outil, même plutôt intéressant.

Luc : ZDNet France, « Guido van Rossum, le fondateur du langage Python, rejoint Microsoft », un article de Steven J. Vaughan-Nichols.

Manu : C’est bon comme information, parce que Python c’est le langage considéré comme le plus apprécié, le plus recherché en ce moment dans le monde de l’informatique, dans les recherches d’emploi, dans les projets, les choses comme ça. Vaste débat, en tout cas Python a le vent en poupe.

Luc : C’est quoi le meilleur langage ?

Manu : Exactement. C’est ça. Le débat est gigantesque et là ce dictateur… comment dit-on ?

Luc : Ce dictateur bienveillant.

Manu : Exactement, eh bien il avait pris un peu de distance par rapport au projet, il y avait des petites problématiques de personnes, notamment, et il devait être fatigué. Là ça a un peu étonné quand même, moi en tout cas ça m’étonne, il rejoint Microsoft. Il ne sera pas le premier, il ne sera pas le dernier à faire ça, mais ça fait un grand pas.

Manu : Peut-être que Microsoft est passé dans le camp du bien alors ?

Manu : En tout cas ils font plein de Libre et là ils vont financer, d’une certain manière, des gens qui contribuent au Libre, parce qu’il va continuer à travailler sur ce type d’outil. Pas mal intéressant mais bizarre quand même.

Luc : Acteurs Publics, « Ouverture des données : des pistes pour relancer la machine », un article d’Emile Marzolf.

Manu : Ça parle d’open data et de quelle manière on peut faire en sorte que ça s’ouvre encore plus, qu’on ait encore plus accès à des données. Il y a des blocages, il y a des choses qui sont un petit peu difficiles. L’April est pas mal à l’écoute là-dessus, sur le sujet, parce que c’est quelque chose d’utile et important et très connexe au logiciel libre.

Luc : Rue89 Strasbourg, « Professeur en informatique, Germain Forestier inspire scientifiques et gouvernants sur le Covid », un article de Jean-François Gérard.

Manu : Ce prof est plutôt intéressant. C’est un libriste convaincu qui partage des données, c’est justement très dans l’optique open data, mais liées aux cartographies du covid. L’épidémie et son évolution ont été compliquées à appréhender pour tout le monde, les journalistes, le grand public, les politiques aussi. Il a fourni des outils, des cartes assez sympas, un peu comme de la météo, et ça permet de mieux appréhender notre problème actuel. Le gars est plutôt intéressant et ça fait plaisir de voir ce genre de projet et ses revendications de partage de connaissances parce qu’il n’est pas en train de chercher à monétiser tout ça, à bloquer, à contrôler ce qu’il produit. Non, non, au contraire, il diffuse et il partage. C’est plutôt sympa.

Luc : Un vrai libriste.
novethic, « Time for the planet : un fonds d'investissement citoyen pour décarboner l'économie », un article de Béatrice Héraud.

Manu : C’est un article qui ne parle beaucoup de logiciel libre et d’open source. C’est un fonds qui se propose de financer des entreprises et des petites boîtes sans faire des bénéfices, financer les entreprises qui vont partager leurs innovations et leurs découvertes ou leurs créations en open source. Donc c’est quelque chose d’assez original. Il est prévu, en tout cas ils demandent et ils cherchent à obtenir un financement d’un milliard, mais on ne sait pas trop ce que ça va donner.

Luc : Il y a peut-être des gens qui se disent qu’il est temps d’agir et c’est peut-être un frémissement. On peut espérer. Pour une fois je suis optimiste.
Le sujet de la semaine, tu avais quelque chose.

Manu : Oui. J’ai l’intention d’enfin dévoiler le fond et là je veux qu’on parle, toi et moi, de vérité, de la vraie vérité vraie, avec un grand « V ».

Luc : C’est un sujet qui te tiens vraiment à cœur donc !

Manu : J’adore. Je suis convaincu que la vérité avec un grand « V » n'existe pas ou, à tout le moins, qu’elle ne nous est pas accessible.

Luc : C’est vrai !

Manu : J’ai l’impression de partager ce point de vue-là avec un grand homme de notre époque, avec Donald Trump.

Luc : Je pense que vous avez beaucoup en commun.

[Rires]

Luc : Ton interrogation est partie d’un article4 que tu m’as fait suivre, qui a été publié sur Ina global – INA, Institut national de l’audiovisuel –, qui est une interview d’un chercheur américain qui s’appelle Yochai Benkler, qui travaille à Harvard et qui s’est penché sur tout ce qui s’est passé aux États-Unis avec les actions de Trump et toutes les actions au niveau politique, électoral. C’est très intéressant, c’est un sujet dont on a parlé à intervalles réguliers. Lui a un éclairage assez différent de plein de choses qui ont été dites, notamment que nous avons dites.

Manu : Effectivement, il remonte un peu sur l’importance des médias et des journalistes, met à mal, de son point de vue en tout cas, le fait que les médias sont en train de se numériser et qu’Internet, les médias sociaux, les réseaux sociaux, Facebook, soient devenus dominants dans la propagation des opinions et des débats. Donc non !, de son point de vue les journalistes ont encore une place prédominante, mais ils l’ont un peu perdue, c’est-à-dire qu’ils n’y croient plus d’une certaine manière.

Luc : On rappelle aussi que le gouvernement britannique a étudié Cambridge Analytica5 pour voir si ça avait eu effectivement autant d’influence qu’on l’a dit sur le vote sur le Brexit et la conclusion est que non, que ça a été très survendu et que ce n’est pas si puissant que ça. Peut-être, effectivement, qu’on s’est tous beaucoup emballés, nous y compris, sur ces sujets-là.
Ce que je retiens de l’article c’est qu’il dit qu’en fait les réseaux sociaux sont une sorte de caisse de résonance mais que derrière ça il y a un tempo et un vrai programme qui a été mis en place par Trump et ses alliés pour lancer des dynamiques, pour foutre le bordel, pour jouer sur les sentiments, pour qu’il n’y ait pas de débat. Qu’il y a aussi des politiques pour casser la possibilité de voter. Ils ont mis en place des politiques, sous couvert d’éviter la fraude électorale, qui visaient à empêcher de voter les catégories de population qui ne votent pas pour eux, notamment celles qui ont un peu trop de mélanine dans la peau. Et que derrière il y a un vrai plan organisé, c’est le résultat qu’on voit aujourd’hui, que ce n’est pas, comme on l’a souvent compris, une sorte de résultat d’une foule laissée à elle-même sur les réseaux sociaux et qui partage des fake news et des choses comme ça.

Manu : Dans les mécanismes que j’ai l’impression d’identifier, grâce à l’article notamment, il y a celui des médias et, on va dire, des journalistes en général qui ont perdu pied, en tout cas c’est l’impression que ça donne.

Luc : C’est ce qu’il dit.

Manu : À une époque ils étaient les juges entre deux groupes partisans ; les journalistes représentaient une forme d’objectivité et ils ne devaient pas prendre parti. Sauf que là, avec Donald Trump, le gars a clairement mis de côté la réalité, il s’est affranchi d’une vérité avec un « V » majuscule, de ce côté. De ce côté-là, à la limite je suis assez d’accord avec lui.

Luc : Il ne s’en est pas affranchi puisqu’il a dit que c’était la vérité.

Manu : Non ! Il se base sur des faits alternatifs et il ne creuse plus maintenant sur une réalité partagée et consensuelle, mais au contraire sur des émotions que chacun ressent et sur la vérité de l’individu, du groupe qu’il constitue.

Luc : Il reste accroché à la vérité.

Manu : Mais c’est une vérité qui n’est pas partagée. Et quand le journaliste va essayer d’être objectif, en tout cas c’est souvent ce qu’il essaye d’être, clairement même eux sont conscients que c’est difficile, eh bien il perd pied parce que d’un côté il y a un groupe qui continue à travailler sur une forme de consensus alors que l’autre a tapé dans la table, il a tout fait tomber, il est parti de son côté en embarquant toute optique de mise en commun et il a clairement gagné pendant les quatre dernières années.

Luc : En gros, ce qu’il dit c’est qu’effectivement les journalistes, américains en tout cas, ayant cette position de neutralité, par exemple sur la question de qui a gagné l’élection aux États-Unis, ils vont avoir tendance à dire « les partis ne sont pas d’accord », ce qui est un fait en l’occurrence.

Manu : Oui.

Luc : Il y a un autre fait qui est que Trump ment. Quand quelqu’un ment et que c’est vérifiable par des faits, c’est un mensonge et ça c’est un fait.

Manu : Mais il y a encore quelques mois jamais les journalistes n’auraient dit d’un homme politique majeur comme le président des États-Unis qu’il ment.

Luc : Voilà !

Manu : C’était quelque chose qu’ils se refusaient à faire dans leur globalité.

Luc : De la même façon les réseaux sociaux, y compris Twitter qui n’est pas trop favorable à Trump, se sont toujours interdits de le virer en disant il raconte juste n’importe quoi.

Manu : Ou même il est dangereux.

Luc : En revanche, ils commencent à mettre un petit peu des bandeaux en disant « attention, ceci est faux. »

Manu : Tardivement !

Luc : C’est assez rigolo de voir le retournement dont tu parles aujourd’hui, parce que ça arrive pile au moment où Trump perd l’élection, donc on sent un courage de haut niveau des journalistes.

Manu : Retournement, c’est-à-dire que maintenant les journalistes ont fait un choix, en tout cas on en a l’impression, et les grands médias américains ont fait ce choix de dire, non, là, quand il dit une connerie, on l’arrête, on arrête ce qu’il diffuse en cours de route, ce qui est extraordinaire, et on dit qu’il dit des bêtises.

Luc : Un des résultats de la recherche c’était de dire, évidemment, chaque camp va avoir ses médias favoris. J’ai vu une infographie qui montrait qu’avec le fact-checking les médias de la droite américaine étaient beaucoup plus dans les conneries que ceux de l’autre côté. Il explique qu’il y a plein de gens qui, en ne voyant pas d’éléments contradictoires dans la presse opposée ou la presse généraliste un peu neutre, donnent finalement du crédit à quelque chose qui est faux. C’est là que se fait la différence entre la vérité et les faits. La vérité, effectivement c’est quelque chose de ressenti, d’inatteignable, c’est une forme d’idéal. Le fait est quelque chose qu’on peut partager, qu’on peut vérifier. Nous sommes tous les deux assis sur des chaises et on est d’accord là-dessus puisqu’on est face à face.

Manu : On s’est mis d’accord là-dessus, mais effectivement, moi, de temps en temps, j’ai tendance à dire non !, tout est illusion, donc je vais prendre un peu de recul. Certes, on peut se mettre d’accord. À un moment donné, si je me jette d’un immeuble, je tombe, je me fais mal. Mais notre sensation ou notre optique de ce qu’est la gravité, par exemple, c’est le résultat d’une illusion, c’est une illusion qu’on a construite depuis longtemps, qu’on remet en cause maintenant avec la relativité générale et on se rend compte que non, la gravité c’est juste le résultat d’une inertie, de l’espace temps. Donc c’est quelque chose qui remet en cause la vérité qu’on avait pu construire auparavant.

Luc : Oui, tout est illusion, certes, mais après il y a une valeur pratique des choses et voilà, tu sautes du tout de l’immeuble, tu meurs, tu ne peux plus argumenter derrière comme quoi tout est illusion.

Manu : Mais là regarde, Donald Trump déboule, il arrive en haut de l’immeuble et il te dit « non, ce sont des fake news. Moi j’ai une réalité alternative, des faits alternatifs, je peux me jeter de l’immeuble. De toute façon, je ne crois pas ce que tu me dis sur la gravité et l’impact au sol. Mon émotion c’est que je vais y arriver. »

Luc : Dans ce cas-là on lui dit « saute » et l’affaire est vite réglée !

Manu : Bizarrement ce n’est pas ce qu’il fait parce qu’on peut supposer qu’il a bien, quand même, une conscience de ce qui va arriver, c’est une conscience commune, mais il y a des gens qui le suivent. Qu’est-ce qu’ils sont dans ce cas-là s’ils se jettent de l’immeuble ?

Luc : Des fous ou des fanatiques. Après, je pense que dans l’humanité c’est quelque chose d’assez fréquent. Tu as une réalité qui est socialement négociée, où tu as de l’illusion, où on va se raconter des choses, et c’est tout le temps, dans tous les aspects de notre vie et ça permet, en plus, de bouger les gens, donc ce n’est pas inutile. À nous écouter on pourrait croire que c’est vraiment caca et que c’est complètement nul, mais il y a énormément de choses qui se font par ce biais-là. Et si on n’a pas cette partie-là, on n’arrive pas à s’organiser ou très difficilement.

Manu : J’ai l’impression qu’on est tous dans une pièce de théâtre gigantesque, on a des rôles. Autour de la table, toi tu as le rôle de Luc, moi j’ai le rôle de Manu. C’est une forme de construction qu’on a faite avec le temps, sur laquelle on s’est mis d’accord et qui fonctionne assez bien. Tout ça, c’est un consensus, une pièce de théâtre. Trump et Boris Johnson sont partis sur un autre consensus, ils ont cassé ce qui existait un peu avant, en tout cas ils ont essayé. Bonne chance maintenant, c’est mis de côté. Il va falloir reconstruire des consensus, ça va être compliqué, peut-être même infaisable.

Luc : Un truc que j’avais trouvé rigolo, j’avais lu un article sur une étude qui avait été faite sur des violons et des joueurs de violon. Ils étaient allés dans un évènement où il y avait plein de très bons violonistes, des musiciens professionnels. Ils avaient fait tester, les yeux bandés, des violons à différents violonistes en leur demandant de les classer.

Manu : Il y avait des Stradivarius dans le lot ?

Luc : Oui. Il y avait des Stradivarius qui sont censés être les meilleurs violons, c'est censé être les violons qu’on n’a jamais réussi à égaler. Il y avait des violons très haut de gamme mais faits par de luthiers encore vivants. Les violons haut de gamme contemporains ont tous été préférés par les gens qui ne savaient pas avec quoi ils jouaient. Ça n’empêche que plein de gens expliqueront que si, tel violon est beaucoup mieux. Et ce sont des phénomènes qu’on va retrouver partout, tout le temps.

Manu : Donc des croyances qu’on construit, qu’on co-construit et effectivement on n’y coupe pas, ça fait partie de la société.

Luc : Si on parle un petit peu d’informatique, comme il y a beaucoup d’aspects de nos activités qui passent maintenant par l’informatique, derrière on a les logs, c’est-à-dire qu’on a des enregistrements de ce qui est fait. Du coup ça permet de confronter à des faits qui sont « qu'est-ce que j’ai dans les logs ? » Ça m’arrive au boulot. Le client qui dit : « Le logiciel a fait ceci cela ! »

Manu : Quand tu remontes dans l’historique.

Luc : On lui dit : « Tu as dû faire tel truc – Non ! » Et dans les logs, on voit bien qu’il a fait le truc en question, on lui dit : « C’est dans les logs ». Après il va dire : « Oui, mais les logs, ce n’est pas vrai ». Or, quand on est dans le métier, on sait que si c’est dans les logs c’est que ça a été fait.

Manu : C’est la donnée de référence. Quand on se confronte à plusieurs avis, plusieurs opinions, des gens qui vont énoncer des choses opposées, c’est effectivement intéressant de retomber sur une donnée de référence, je crois qu’on appelle ça parfois des golden records.

Luc : Oui. Dans un milieu encore un peu différent, notamment des gens qui vont gérer des systèmes avec des bases de données qui sont importantes et avec plusieurs bases de données qui se parlent. Typiquement, dans de grosses entreprises, on peut avoir plusieurs systèmes qui vont gérer, par exemple, la liste des employés et on veut, à un moment, se dire OK je vais fixer la référence et telle version c’est ma référence. Je connais des entreprises qui parlent d’« espace vérité », parce que c’est celui-là qu’on considère comme étant la vérité. On retrouve le côté conventionnel de la vérité dont tu parlais plus tôt.

Manu : On sait bien que c’est une problématique qui existe déjà depuis longtemps, mais comme tu dis, à un moment donné, on peut être confronté à des aspects qui ne sont pas prédits ou mal prédits par ces croyances et qui vont se retourner contre ceux qui croient en ces théories.
Ceci dit, moi je trouve que c’est quand même toujours intéressant d’avoir une petite partie de folie et que dans l’humanité il y ait des gens qui continuent à avoir des opinions complètement à l’encontre du reste. Si jamais il y avait un problème global, peut-être que ceux-là seraient les seuls survivants qui arriveraient à sortir l’humanité d’une déchéance complète. Imaginons, par exemple, un vaccin qui va tuer à six mois de distance tous ceux qui l’auront pris, j’espère bien qu’il y aura quelques personnes qui ne l’auront pas pris. Bizarrement, dans la plupart des cas, moi je vais prendre le vaccin, je n’en doute pas, mais je trouve que c’est intéressant qu’il y a ait petite portion de l’humanité qui garde ce grain de folie et qui se mette à part. Il faut juste que ce ne soit pas cette partie-là qui dirige le monde, parce que c’est quand elle dirige le monde là, pour le coup, on prend des risques.

Luc : Sauf que là ça devient une grande portion et pas une petite. Le truc qui est terrible dans l’humanité, dans le fonctionnement social, c’est qu’une société entière peut basculer dans le fantasme et suivre un programme complètement délirant.

Manu : On va voir pour le programme pour la prochaine semaine. On espère que le monde sera encore là.

Luc : Oui, c’est une hypothèse, je veux bien y croire. À la semaine prochaine peut-être.

Manu : À la semaine prochaine.

La 5G est-elle politique ? - elzen

Le 26 November 2020 à 15:07:46


elzen

Titre : La 5G est-elle politique ?
Intervenants : Emmanuel Macron, voix off - Christophe Michel, voix off - elzen
Lieu : Association Skeptikón
Date : 16 novembre 2020
Durée : 12 min 3
Visionner la vidéo
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : capture d'écran de la vidéo - Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les mêmes conditions
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

elzen : Il y a quelques semaines, un membre de La Quadrature du Net1 est intervenu dans un évènement organisé à Lyon par le mouvement anti-5G.
Pour les gens qui ne la connaîtraient pas, La Quadrature du Net est une association de défense des libertés dans le contexte numérique. Elle se bat notamment contre les politiques de surveillance et a réussi à faire annuler quelques-unes des dérives liberticides de nos différents gouvernements. C’est à ce titre que l’association était invitée à cet évènement pour parler des problématiques de surveillance, liées ou non, à cette technologie.
Cependant, il se trouve que l’un des arguments d’opposition à la 5G que retiennent le plus ses partisans est celui du possible danger des ondes sur la santé. Les résultats scientifiques actuels montrant qu’il est très peu vraisemblable que les ondes utilisées par la 5G et d’autres technologies similaires présentent un quelconque danger à ce niveau, l’opposition à la 5G est donc perçue par toute une partie de la population comme une élucubration antiscientifique, d’autant plus que pas mal de spéculations complotistes font également la part belle à cette technologie.
Quand un membre de La Quadrature du Net, à l’occasion de cet évènement, a exprimé sur les réseaux sociaux le fait que, suite à de nombreuses discussions internes, l’association se positionnait plutôt contre cette technologie, il a donc fallu faire face à un certain nombre de réactions outrées qui associaient immédiatement cette position aux arguments antiscientifiques ou complotistes.
Bien que ces réactions aient pu, de loin, ressembler aux arguments que peut formuler la pensée critique contre tel ou tel discours, on en était, dans les faits, assez loin si l’on va voir dans le détail. Ça me paraît donc important de soulever quelques points à ce sujet d’où la présente vidéo.

Commençons d’emblée par une précision. Je ne m’exprimerai pas ici sur les raisons de fond d’être pour ou contre la 5G en elle-même. Ce qui m’interpelle ici est plutôt la construction d’un certain discours pro 5G qui a été développé à cette occasion et qui me semble particulièrement problématique.
La première chose qui me semble essentielle à souligner, parce qu’elle semble avoir été oubliée par pas mal de monde, est qu’il est possible d’être d’accord sur une conclusion générale en étant pour autant profondément en désaccord sur les raisons qui nous font arriver à cette conclusion. De la même manière, ça a d'ailleurs déjà été soulevé ici, qu’il est possible d’avoir raison pour de mauvaises raisons.

Christophe Michel, Voix off : Remarquez bien le fait que le raisonnement soit invalide ne garantit pas que la conclusion est fausse ; c’est peut-être faux, c’est peut-être vrai, on ne peut pas conclure. Beaucoup de gens pensent qu’ils ont démontré que la théorie de leur adversaire est fausse juste parce que des arguments invalides ont été utilisés. Mais on peut très bien avoir raison pour de mauvaises raisons.

elzen : C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je ne m’attarde pas davantage sur les multiples arguments fallacieux pro 5G que vous avez pu voir tout à l’heure. Leur intérêt dans le débat est, de toute façon, très limité. Bref !
Que La Quadrature du Net se positionne globalement contre la 5G, avec son angle de vue qui est la défense des libertés, ne signifie en aucun cas qu’elle soutient les arguments anti ou pseudo-scientifiques développés par les autres opposants, arguments qui sont, en fait, complètement en dehors de son champ d’analyse. Ce point est assez important parce que déclarer qu’on doit être soit pro 5G soit anti-ondes en général, eh bien ça relève du faux dilemme. Il s’agit de nier le fait qu’il puisse simplement exister d’autres raisons de s’opposer à une technologie que celles qui nous paraissent faciles à démonter. Utiliser consciemment ce type d’argument est assez malhonnête, mais il vaut mieux éviter de partir du principe que les gens en face de nous sont malhonnêtes.
En l’occurrence, il est beaucoup plus probable que les gens qui tenaient ce type de discours ne perçoivent réellement pas d’autre motif que la peur des ondes pour s’opposer à la 5G et c’est peut-être même ce qui fait le plus peur dans l’affaire. En effet, l’essentiel des critiques qu’a rencontrées La Quadrature du Net sur ce positionnement semblait reposer sur un principe simple selon lequel un progrès technologique serait forcément un progrès tout court. C’est ce principe que je voudrais fortement questionner aujourd’hui.

Les argumentaires ne manquent pas pour expliquer en quoi la 5G serait, selon ses défenseurs, un formidable progrès technique. Mais ils passent assez souvent sur les aspects politiques de la question et, de ce fait, ne répondent pas vraiment aux arguments avancés par La Quadrature du Net qui, eux, sont des arguments politiques.

Resituons les choses.
Le domaine de la politique c’est le domaine des choix que l’on doit faire pour organiser la société. Bien évidemment, il est préférable que ces choix s’appuient, autant que possible, sur les connaissances scientifiques et sur la technologie disponible à un instant donné. Ce sont ces données qui font qu’on a, ou pas, des chances d’arriver à nos objectifs. Mais ces données ne suffisent pas en elles-mêmes pour prendre une décision. Il est nécessaire de préciser quels sont nos objectifs.
Prenons un exemple classique. Le verre met 4 000 ans à se décomposer dans la nature. Si notre objectif est de retrouver notre lieu de pique-nique favori en bon état la semaine suivante, alors il est préférable de ne pas laisser traîner nos bouteilles qui se trouveraient toujours là. Mais, si notre objectif est au contraire de laisser une trace de notre passage pour que les générations futures puissent les retrouver et les analyser, alors il est préférable d’opter pour le verre par rapport à d’autres matériaux, comme le carton, qui disparaîtraient beaucoup plus vite.
La durée de décomposition du verre n’est qu’une donnée. Ce qui importe, ce sont les choix que nous allons faire en fonction de cette donnée.
Or, les technologies dont on choisit, ou pas, de se doter, ont une influence sur les choix que l’on est en mesure, ou pas, de faire. La technologie n’est donc pas aussi neutre qu’on pourrait le croire.
L’image habituelle est ici celle du couteau qui peut être employé aussi bien pour couper son pain que pour tuer quelqu’un. Dans les deux cas, ce sont les objectifs de la personne qui comptent et, si cette personne veut tuer des gens, ce n’est pas le couteau en lui-même le meurtrier. Bon ! Tout le monde sera d’accord là-dessus. Réfléchissons un peu plus loin que ça. Les couteaux sont très loin d’être les seuls objets tranchants dont nous disposons. Une épée, par exemple, est généralement encore plus efficace qu’un couteau pour tuer quelqu’un. En revanche, couper son pain à l’épée est quelque chose de beaucoup plus pénible. L’épée en elle-même n’est toujours pas responsable du fait qu’on l’utilise pour tuer des gens, mais avoir à sa disposition une épée ou un couteau change les actions qu’on va être en mesure de faire et faire le choix de prendre avec soi une épée ou un couteau conditionne beaucoup ce qu’on va pouvoir faire ensuite. En ce sens, la technologie dont on se dote n’est pas neutre.

On voit ici qu’il faut faire attention au sens des mots qu’on emploie car « neutre » peut avoir des tas et des tas de sens différents selon le contexte. La Quadrature du Net est ainsi une des grandes défenderesses de la neutralité du réseau, mais c’est une neutralité complètement différente.

Continuons à prendre les analogies habituelles et imaginons, en guise d’Internet, le réseau postal. Le but, dans les deux cas, est d’amener des paquets du point A ou point B. Ce que l’on appelle la neutralité du réseau ce sont les obligations que l’on donne au facteur : il ne faut pas ouvrir les enveloppes pour regarder à l’intérieur du paquet ; il ne faut pas non plus prioriser, c’est-à-dire décider que si c’est telle sorte de paquet ou pour telle destination, on va faire beaucoup plus ou beaucoup moins d’efforts que dans les autres cas. Le réseau est neutre au sens où tous les paquets sont traités à égalité.
Le fait qu’on mette en place un réseau neutre, eh bien ça n’est pas neutre. Ça donne la possibilité de construire une société dans laquelle tout le monde a droit à la parole à égalité, contrairement à d’autre sortes de réseaux, comme la télévision, où seule une petite minorité de gens a les moyens de s’exprimer.
Ça ne veut pas dire qu’on va forcément construire cette société-là, de la même manière que prendre un couteau ne veut pas forcément dire qu’on va s’en servir pour couper du pain, mais ça nous en donne la possibilité.

Dans ce contexte, la 5G est un des moyens dont on se dote pour relier les gens au réseau.
Si l’on reprend notre comparaison avec le réseau postal, ça peut représenter le fait de déplacer les colis par camion, tandis que l’Internet par fibre optique correspondrait par exemple au fait de déplacer les colis sur des rails avec un train. Globalement le résultat est le même, on transporte bien des paquets du point A au point B dans les deux cas. Mais, quand on regarde dans le détail, chaque technologie va avoir ses avantages et ses inconvénients. Le réseau ferré, par exemple, va être beaucoup moins souple. On ne pourra relier un point donné que si on a posé les rails qui vont jusque-là. Mais, d’un autre côté, la vitesse de transfert des trains et des camions ne va pas forcément être la même et le coût environnemental non plus. Il y a donc des choix à faire, des choix politiques sur la façon dont on va décider de relier les gens en fonction des différentes technologies à notre disposition.
Nous ne sommes pas passés des vieux trains à vapeur au TGV juste parce que les TGV étaient un chouette progrès technique. Nous y sommes passés parce qu’on a pesé les avantages et les inconvénients de la nouvelle technologie, sur autant de plans que possible, et qu’on a conclu que ça valait le coup de refaire une bonne partie des rails pour ça.
De la même manière, peut-être que les camions de cinquième génération sont un chouette progrès technique par rapport à ceux des générations antérieures, mais c’est très loin d’être la seule question à se poser à leur sujet.
Parmi ces questions à se poser, il y en a une qu’il ne faut surtout pas négliger : qui va prendre la décision ?
Si l’opposition à la 5G est parfois violente, c’est en grande partie parce que les gens ont l’impression qu’on leur impose quelque chose qu’ils perçoivent comme dangereux, peu importe qu’ils aient raison ou pas sur ce point, sans les avoir consultés. Or, la façon dont on construit la société – car les outils qui nous servent à communiquer sont ce qui nous permet de faire société, donc leur choix conditionne la façon dont on construit celle-ci – est une question qui nous concerne toutes et tous. Imposer la décision d’utiliser la 5G sans prendre en compte l’avis des gens c’est le contraire de construire une société égalitaire dans laquelle tout le monde a droit à la parole ; c’est le contraire de ce que des associations comme la Quadrature du Net essaient de construire avec l’Internet neutre qu’elles défendent, ce qui est déjà une raison politique tout à fait valable de ne pas être d’accord.

Certes, beaucoup d’opposantes et d’opposants à la 5G utilisent des arguments pseudo ou antiscientifiques et nous sommes d’accord sur le fait que c’est un problème. Mais, d’une part, ils ne sont pas les seuls ; quelques exemples m’ont ainsi servi d’illustration pour cette vidéo. D’autre part, il y a quelque chose qui me semble essentiel à garder en tête. Les personnes électrosensibles, par exemple, sont avant tout des gens qui souffrent. Il se trouve que nous savons que les raisons pour lesquelles ils et elles souffrent ne sont pas celles auxquelles ils et elles pensent puisqu’aucun lien avec les ondes n’a jamais pu être démontré. Mais savoir ça, ça ne les empêche pas de souffrir et se moquer de leur position ou les insulter n’a rien pour arranger la situation.

Emmanuel Macron, voix off : Évidemment on va passer à la 5G. Je vais être très clair. La France est le pays des Lumières, c’est le pays de l’innovation et beaucoup des défis que nous avons sur tous les secteurs se relèveront pas l’innovation. Donc on va expliquer, débattre, lever les doutes, tordre le cou à toutes les fausses idées, mais oui !, la France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation. J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle Amish et je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine.

elzen : Vous pensez réellement qu’atteindre le niveau de mépris auquel nous venons d’assister va faire progresser l’humanité ? Moi pas. On peut faire tellement, mais tellement mieux que ça ! Si vous prétendez utiliser les outils de la pensée critique au sujet de la 5G, ça pourrait être intéressant de commencer par utiliser la guillotine de Hume.

La 5G ne doit pas être utilisée juste parce qu’elle existe. Il faut se poser la question de ce qu’elle apporte et de ce que l’on veut faire avec. C’est cette question que la Quadrature du Net s’efforce de poser et pour ça, on peut les remercier.
On peut être d’accord, ou pas, avec leur conclusion, mais tâchons de le faire en connaissance de cause, en ayant réellement réfléchi aux arguments des uns et des autres. Réfléchir c’est plus efficace à plusieurs.


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Mise à jour: Le 02 December 2020 à 17:33:21