Promouvoir et défendre le logiciel libre

14 October 2019

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Décryptualité du 14 octobre 2019 - ALICEM, la reconnaissance faciale s'impose en France

Le 14 October 2019 à 22:14:10

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ALICEM, l'appli de reconnaissance faciale obligatoire pour se forger une identité numérique sur France Connect qui fait du bruit.
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Revue de presse de l'April pour la semaine 41 de l'année 2019

Le 14 October 2019 à 21:14:59

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[Basta!] Mastodon, Diaspora, PeerTube...: des alternatives «libres» face aux géants du Net et à leur monde orwellien

✍ Alexis Moreau, Rachel Knaebel, le .

[Le Monde Informatique] Les codes sources des logiciels du secteur public publiés

✍ Dominique Filippone, le .

[Cryptonaute] L'UNICEF lance un crypto-fonds pour financer des technologies open source - Cryptonaute

✍ Vivien Coronel, le .

[Siècle Digital] France: la reconnaissance faciale bientôt imposée pour accéder aux services publics?

✍ Geneviève Fournier, le .

[Banque des Territoires] La feuille de route de la Dinsic marquée par le retour des grands projets informatiques

Le .

[Developpez.com] Les développeurs du projet GNU s'opposent au maintien du leadership de Richard M. Stallman,

✍ Stan Adkens, le .

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

[TheWashingtonPost] Emmanuel Macron Wants to Scan Your Face

Le 14 October 2019 à 10:00:00

It’s an interesting twist of fate that the European governments whose job it is to enforce sweeping new data-protection laws, rolled out to curb intrusive tech firms like Facebook Inc. and Google Inc., are increasingly finding their own digital ambitions tripped up by them. […]

Neither this objection, nor a lawsuit filed by privacy advocacy group La Quadrature du Net, seem to have deterred the state, though. […]

https://www.washingtonpost.com/business/emmanuel-macron-wants-to-scan-yo…

[NDLRP : Let’s support our internet !]

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Libre à vous ! Radio Cause Commune - Transcription de l'émission du 8 octobre 2019

Le 14 October 2019 à 09:52:57


Bannière de l'émission

Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 8 octobre 2019 sur radio Cause Commune
Intervenant·e·s : Emmanuel Revah - Alain Casier - Claude Guedj - Dimitri Even - Frédéric Couchet - Isabella Vanni à la régie
Lieu : Radio Cause Commune
Date : 8 octobre 2019
Durée : 1 h 30 min
Écouter ou télécharger le podcast
Page des références utiles concernant cette émission
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Bannière radio Libre à vous - Antoine Bardelli ; licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo radio Cause Commune, avec l'accord de Olivier Grieco.
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

logo cause commune

Transcription

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous. Vous êtes sur la radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur causecommune.fm. Merci d’être avec nous.
La radio dispose d’un webchat, utilisez votre navigateur web préféré, rendez-vous sur le site de la radio, causecommune.fm, cliquez sur « chat » et retrouvez-nous ainsi sur le salon dédié à l’émission.

Nous sommes mardi 8 octobre 2019, nous diffusons en direct, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.
Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, le délégué général de l’April.
Le site web de l’association est april.org et vous y retrouvez d’ores et déjà une page consacrée à l’émission avec les références que nous allons citer et la page sera évidemment mise à jour après l’émission. N’hésitez pas également à nous faire des retours.
Si vous souhaitez réagir, poser une question pendant ce direct, n’hésitez pas à vous connecter sur le salon web de la radio ou à nous appeler au 09 50 39 67 59, je répète 09 50 39 67 59.
Nous vous souhaitons une excellente écoute.

Maintenant le programme de l’émission.
Nous allons commencer dans quelques secondes par la première chronique d’Emmanuel Revah qui portera sur les DRM, les menottes numériques.
D’ici 10/15 minutes nous aborderons notre sujet principal qui portera sur le logiciel libre et les seniors.
En fin d’émission nous aurons une interview d’un groupe de musique libre qui s’appelle Stone From The Sky.
À la réalisation de l’émission aujourd’hui ma collègue Isabella Vanni. Bonjour Isa.
Je crois qu’on ne t’a pas entendue, en tout cas je ne t’ai pas entendue dans le casque.

Nous allons vous proposer comme à chaque émission avant de commencer un petit quiz. Je vous donnerai les réponses au fur et à mesure de l’émission.
Première question : à quel célèbre roman Amazon a-t-elle supprimé l’accès du jour au lendemain sur ses liseuses, non sans ironie vu le nom du roman, y compris pour personnes qui avaient payé pour le livre numérique ?
Deuxième question : lors de l’émission du 1er octobre 2019 nous avons parlé de la licence professionnelle Métiers de la Communication : Chef de projet : Logiciels Libres, quel est le nom de cette licence ?
Vous pouvez bien sûr proposer les réponses sur les réseaux sociaux, sur le salon web et au fur et à mesure de l’émission je vous donnerai les réponses.

Tout de suite place au premier sujet.

[Virgule musicale]

Chronique « Itsik Numérik » d'Emmanuel Revah sur les DRM

Frédéric Couchet : Nous allons commencer par la première chronique d’Emmanuel Revah intitulée « Itsik Numérik ». Nous initions des chroniques courtes depuis cette saison 3 de Libre à vous !. Emmanuel Revah a une entreprise qui s’appelle Hoga, h, o, g, a, et la mission est de sensibiliser les gens sur la façon d’utiliser des logiciels et des services et de faire la promotion du Libre, du partage et de la décentralisation. Normalement Emmanuel est avec nous. Bonjour Emmanuel.

Emmanuel Revah : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Emmanuel, ta chronique va porter sur les DRM. Je te laisse nous expliquer ta façon de penser sur les DRM.

Emmanuel Revah : Merci.
Parlons donc des DRM tant qu’on a encore le droit de le faire d’ailleurs ! Le DRM ou digital rights management ou, comme dit la FSF, Digital Restrictions Management ou en français « la gestion de restrictions numériques », c’est en fait l’obsession des maisons de disques et autres organismes de diffusion et plus récemment aussi celle de Google, Apple et Netflix.
En gros, ça fonctionne techniquement en prenant le contrôle de l’ordinateur des gens pour réguler ce que l’on peut faire, ou pas, avec nos propres machines. Ça fait des trucs comme permettre à Amazon de supprimer des livres des liseuses de leurs clients et ils l’ont d’ailleurs fait avec un livre, avec le fameux 1984. Les clients peuvent toujours aller chouiner sur les forums ou créer des groupes de mécontents sur Facebook où il n’y aura pas beaucoup de « like », car, de toute façon, la génération Facebook accepte pleinement les conditions générales de mépris de l’humanité. Pardon ! Je m’égare.

Ça fait des années, voire des décennies que nous, les libristes, on râle, mais aussi quelques libéraux capitalistes. Oui parce que les DRM ça soûle, ça soûle tout le monde ! Pire, ça soûle surtout les clients qui payent pour leurs trucs. Par exemple le dernier SimCity : pour y jouer il faut être connecté à Internet pour prouver qu’on a bien payé pour le jeu, mais aussi qu’on n’est pas banni d’Internet. Finies les soirées dans sa petite cabane en bois au fin fond de l’Ardèche à jouer au jeu vidéo tranquille, pénard. Oui, c’est dans ce genre de cadre que j’ai envie de jouer à un simulateur de gestion, de conception de ville capitaliste moderne.
Pour ces gens, la seule solution pour profiter du jeu, acheté avec de l’argent durement gagné dans notre monde sans pitié, c’est de le pirater. Eh oui ! Le DRM est devenu monnaie courante. Même la W3C [World Wide Web Consortium], organisme qui met en place des standards de publication qui sont censés promouvoir le Web ouvert à toutes et à tous. sans discrimination et sans barrière, a accepté cette notion de protectionnisme en tant que standard HTML.
Et pour aller plus loin dans la déprime, même les ordinateurs avec un système libre sont compatibles avec le DRM moderne : c’est intégré directement dans le navigateur, dans Chromium et, sans trop de résistance, dans Firefox aussi.
Nos médiathèques publiques nous donnent accès à des films et des documentaires très intéressants mais ça aussi ça passe par du DRM et pas n’importe quel DRM. Voilà, vous avez bien compris, c’est celui de Google qui, en plus, peut nous pister.

Il faut savoir que tous les films et séries diffusés sur Netflix, Arte et autres, qui sont protégés par la magie des DRM, peuvent être trouvés sur les machins de téléchargement légal sans problème et surtout sans DRM. Du coup, on peut les regarder sans être connecté au fin fond de sa cabane en Ardèche.

Bref ! Le DRM ça coûte « un pognon de dingue » et ça fonctionne cinq minutes.

Si on voulait vraiment éviter la diffusion via le partage entre guillemets « illégal », il faut faire comme avec le film LoL : avec juste un nom à la con ce film est pratiquement introuvable sur les sites de Torrent. Essayer de chercher LoL sur PirateBay, vous verrez bien ! Il y a tellement de réponses à côté de la plaque que j’ai carrément attendu qu’il soit diffusé sur TF1 en film du dimanche soir pour me dire que finalement, bof, je n’ai pas vraiment envie de le voir !
Il faut dire que le fait que Libé décrit ce film comme « comédie bourge à haute teneur sarkoziste » peut aussi expliquer le fait qu’on a du mal à le retrouver sur des sites de partage de culture. Oui, on peut soit parler de pirates – des gens qui attaquent et qui pillent les autres – ou alors on peut parler de partageurs de culture – des gens qui rendent la culture accessible à tous.

Si vous voulez faire un film qui ne soit pas restreint par les DRM mais qui soit difficile à trouver sur les Inter Web des pirates partageurs de culture, choisissez des titres à la con, par exemple, pour un film, je vous propose HDTV x264 ; ou, pour une série, Saison 3 complète ou alors Webrip. Il y a aussi Yify ou 1080p.BluRay ou DeeJayAhmed ou alors il y a AMZN. Avec ces noms, même Google aura du mal à pirater nos œuvres !

Frédéric Couchet : Merci Emmanuel pour cette chronique. Tu vas rester en ligne avec nous parce que la chronique s’inscrit dans une journée internationale contre les DRM organisée par la Fondation pour le logiciel libre, journée prévue samedi 12 octobre 2019, le site web c’est defectivebydesign.org, donc défectueux par dessin ou par conception ; les références sont sur le site de l’April, april.org. Et le 4 septembre 2018 nous avions consacré une émission au thème des DRM avec Marie Duponchelle avocate et Jean-Baptiste Kempf de VLC, le fameux lecteur multimédia libre. On va vous diffuser un court extrait de cette émission qui dure à peu près 5 minutes 30/6 minutes. Emmanuel, on se retrouve juste après.

[Extrait de la partie consacrée aux DRM de l’émission du 4 septembre 2019]

Frédéric Couchet : Vous êtes sans doute encore nombreuses et nombreux à utiliser des supports traditionnels des œuvres de l’esprit, par exemple un livre papier. Une fois que vous avez acheté ce livre papier vous disposez de libertés fondamentales, comme celle de le lire comme bon vous semble : vous pouvez sauter des passages, commencer par la fin, le relire autant de fois que vous voulez, l’annoter, le prêter.
De même, pour les personnes qui portent des lunettes, et nous sommes deux autour de la table sur trois personnes, on ne vous impose pas, quand vous achetez un livre, une paire de lunettes avec un prix en plus ; on ne vous dit pas « les lunettes que vous avez là c’est une marque qu’on ne connaît pas, dans laquelle nous n’avons pas confiance, vous ne pouvez donc pas les utiliser pour lire ce livre ; vous devez utiliser nos marques de lunettes à nous dans lesquelles nous avons confiance. »
Vous exercez donc votre droit à des usages considérés, comme pour la plupart des gens, légitimes.
Et puis, dans ce monde traditionnel, ce sont des pratiques qu’on ne peut pas vraiment contrôler. Parce que sinon, pour contrôler votre usage du livre, si on prend cet exemple-là, vous imaginez un agent assermenté de l’éditeur qui apparaîtrait tout d’un coup à vos côtés, vous tapoterait l’épaule et vous dirait « non, tu dois commencer ta lecture par le premier chapitre, avec toutes les annonces des prochains livres et les alertes sur les dangers ou pseudo-dangers de la contrefaçon, avant même de commencer la lecture de ton roman. Et puis de la même façon, si tu veux relire une deuxième fois le livre, eh bien il faut que tu repasses à la caisse. Et pareil, tu portes des lunettes, eh bien non ! Tu ne dois pas prendre tes lunettes habituelles, tu dois prendre les lunettes qu’on a vendues avec le livre.

Évidemment c’est un peu Big Brother. Ce contrôle absolu des usages privés est inimaginable, bien entendu, sauf qu’il est inimaginable dans le monde traditionnel. Mais en fait pas pour tout le monde car certaines personnes, enfin de très nombreuses personnes et organisations, notamment qui produisent des livres numériques, des DRM, ou tout objet numérique, considèrent qu’à partir du moment où techniquement on peut contrôler des usages, même privés, eh bien on va le faire, parce qu’après tout, si la technique le permet, on ne va pas se gêner si on peut contrôler des usages privés !

De nos jours un exemple : quand vous achetez un DVD ou de la musique en ligne, très généralement, on — le « on » étant le producteur, les industries culturelles — vous impose par exemple de visualiser certaines plages sur le DVD – publicité ; on vous impose aussi le choix d’un lecteur multimédia : vous téléchargez de la musique sur un site, vous devez utiliser le lecteur multimédia qui est fourni avec ce site et pas un autre. Et ce contrôle d’usage se met en place par ce qu’on appelle les DRM, qu’on va redéfinir après, bien entendu, qui est un outil technique qui contrôle un usage privé, mais aussi surtout par leur protection juridique.

Est-ce qu’on peut citer quelques exemples ? Parce qu’évidemment, aujourd’hui on va cibler beaucoup la vidéo avec Jean-Baptiste et Marie, mais est-ce que vous pouvez nous citer quelques autres exemples de DRM dans la vie quotidienne, pour permettre aux gens de comprendre que, finalement, on vit une vraie overdose de DRM ? Jean-Baptiste, Marie ?

Jean-Baptiste Kempf : Les capsules Nespresso. Ils ont essayé d’empêcher d’avoir des capsules compatibles. Aujourd’hui il ne faut pas acheter Nespresso pour d’autres raisons, notamment écologiques, mais c’était vachement pratique, ça c’est vrai. Et ils sont arrivés, ils ont essayé de vous empêcher, empêcher Monoprix et tout ça, de faire des capsules beaucoup moins chères. Et ça c’était juste pour des raisons d’incompatibilité et d’attaques juridiques. Ce n’est pas exactement des DRM mais c’est exactement la même idée. Vous n’avez pas le droit de mettre le café que vous voulez ; vous mettez le café que je vous vends, dont j’ai fait l’approvisionnement et dans lequel j’ai mes marges, etc.

Frédéric Couchet : Marie, vas-y.

Marie Duponchelle : On avait aussi l’exemple dans les imprimantes ; on a eu pendant très longtemps, en fait, des petits systèmes qui vous disaient « si vous ne mettez pas la cartouche imprimante de ma marque, votre imprimante ne marchera plus ! » Au niveau concret c’est à la limite des mesures techniques de protection mais c’est la même problématique et c’est exactement la même logique.

Frédéric Couchet : Étienne, tu as un exemple ?

Étienne Gonnu : Oui, je pensais à un exemple. Moi je suis amateur de jeux vidéos : quand je suis obligé d’être connecté à Internet pour jouer à un jeu qui, pourtant, le jeu lui-même, ne nécessite pas une connexion, mais pour vérifier que je l’utilise comme convenu ou que je n’ai pas une version qui ne serait pas autorisée. Je suis obligé de me connecter ! Je pense que ça relève de cette même logique.

Jean-Baptiste Kempf : Je pense à l’exemple que tu donnais tout à l’heure avec des lunettes qui se brouillent quand tu lis un bouquin ; ça fait rigoler aujourd’hui ; dans 20 ans c’est carrément possible ! Quand on voit l’évolution de la réalité augmentée ou même des Google Glass, aujourd’hui c’est ridicule ; franchement, dans 30 ans, ce n’est pas une blague quoi, c’est tout à fait possible !

Étienne Gonnu : D’avoir accès à une pleine expérience. Si vous avez nos lunettes, vous aurez une expérience supplémentaire.

Jean-Baptiste Kempf : Ce n’est pas déconnant de se dire que dans 15 ans, 20 ans, tout le monde aura des lunettes qui rajouteront des informations, plutôt que d’avoir à sortir son smartphone pour savoir où tu vas ; ça peut être vachement cool pour plein d’utilisations. Donc ce n’est pas débile de se dire que ça va être quelque chose qui va être généralisé. Oui, maintenant vous n’avez pas le droit de passer par là. Donc il y a des possibilités vraiment gênantes !Moi je n’utilise pas de DRM.

Frédéric Couchet : Tu utilises quoi ?

Jean-Baptiste Kempf : Je ne parle pas de « management » à chaque fois, je ne dis pas « gestion », je dis « limitation » et c’est ce que je dis aussi en anglais, je parle de digital rigths limitations, parce que le management donne l'impression qu’il y a une gestion, que ça simplifie, alors qu’en fait, pour l’utilisateur, c’est une limitation de ses droits.

[Fin de l’extrait]

Frédéric Couchet : C’était un extrait de l’émission du 4 septembre 2018 consacrée aux DRM. Vous retrouverez évidemment le podcast sur le site causecommune.fm et sur le site april.org.
Emmanuel, souhaites-tu faire une petite réaction courte suite à cette diffusion ?

Emmanuel Revah : Oui. Il y a deux trucs que je voulais dire, mais je crois que je ne vais n’en dire qu’un parce que sur les DVD et tout ça il y a déjà pas mal d’exemples. Mais je pensais aussi aux argumentaires des gens qui veulent défendre le DRM et souvent ils le défendent avec des trucs aussi absurdes que « la copie à usage personnel tue l’industrie », qui était le gros truc dans les années 80 en anglais d’où la cassette qu’on voit dans pas mal de logos. Et dans IT Crowd on voit un poster avec marqué « La couture maison tue la mode ». C’est très intéressant, ça résume super bien : en fait, ce que l’on fait en dehors du contrôle du capitalisme nuit au capitalisme, donc il faut absolument l’interdire. Avec l’informatique moderne on peut pousser plus loin que la loi et, en fait, c’est ça le DRM.

Frédéric Couchet : C’est une belle conclusion. Je vais juste préciser que IT Crowd est une série anglaise qui a eu deux ou trois saisons, je pense qu’on peut trouver les épisodes sur Internet.
Merci Emmanuel. C’était Emmanuel Revah dont le site est hoga.fr et on se retrouve le mois prochain.

Emmanuel Revah : Oui. Merci.

Frédéric Couchet : Belle journée. À bientôt.

Emmanuel Revah : À vous aussi. Au revoir.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Avant la pause musicale, je vais répondre à la première question du quiz vu qu’elle est en lien avec le sujet précédent. La première question c’était : à quel célèbre roman Amazon a-t-elle supprimé l’accès du jour au lendemain sur ses liseuses y compris pour les personnes qui avaient payé le livre numérique ? L’ironie a voulu que ce fut 1984 de George Orwell.

Nous allons faire une petite pause musicale. Nous allons écouter Bouquet d'Opinions par MoiJe. On se retrouve juste après. Belle journée à l’écoute de Cause Commune.

Pause musicale : Bouquet d'Opinions par MoiJe.

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Bouquet d'Opinions par MoiJe disponible sous licence Art Libre. Vous retrouverez les références sur le site de l’April, april.org, et sur le site de Cause Commune, causecommune.fm.

Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune 93.1 en Île-de-France et partout dans le monde sur le site causecommune.fm.

Avant de passer au sujet suivant je vais signaler à Emmanuel Revah qui faisait la chronique juste avant sur les DRM que nos invités ont trouvé la chronique très intéressante. Je lui fais passer le message s’il nous écoute toujours.
Nous allons donc maintenant passer au sujet suivant.

[Virgule musicale]

Logiciel libre et les seniors avec Alain Casier et Claude Guedj

Frédéric Couchet : Nous allons poursuivre avec notre sujet principal qui va porter sur les logiciels libres et les seniors.
Nos invités du jour : Alain Casier, conseiller en formation continue retraité et bénévole dans un centre social parisien. Bonjour Alain.

Alain Casier : Bonjour Fred.

Frédéric Couchet : Et Claude Guedj, comédien. Bonjour Claude.

Claude Guedj : Bonjour.

Frédéric Couchet : Je tiens à préciser que le sujet m’a été proposé, enfin nous a été proposé par Alain qui fréquente de temps en temps les apéros April au local, donc une fois par mois, j’en fais la pub, le prochain je crois, de mémoire, c’est le 18 octobre 2019, vendredi 18 octobre ; c’est un apéro ouvert à tout le monde dans le 14e arrondissement de Paris, vous retrouverez les références sur le site april.org. Alain nous a proposé il y a quelque temps ce sujet sur la question des logiciels libres pour un public très précis que sont les seniors même si, évidemment, les seniors ça commence, en fonction de la définition, à plus ou moins différents âges, mais avec des problématiques particulières.
Première question, une petite question de présentation, un tour de table. Qui est êtes-vous ? On va commencer par Alain Casier.

Alain Casier : À l’heure actuelle je suis essentiellement bénévole dans un centre social parisien – j’y suis depuis 18 ans donc ce n’est pas nouveau – j’anime des ateliers d’informatique, j’aide les utilisateurs à régler les problèmes qu’ils peuvent avoir avec l’informatique et, en particulier, on est en liaison avec le conseil des seniors du 10e arrondissement qui nous envoie fréquemment des personnes qui ont des problèmes avec l’informatique, qui ont des soucis avec leur portable ou avec leur smartphone d’ailleurs, donc on essaye de régler ça de façon à ce qu’ils soient plus tranquilles et plus libres aussi, de ce point de vue-là.
Ça m’a amené, en liaison avec mon intérêt pour les logiciels libres, à proposer à des gens qui avaient des difficultés sur des systèmes propriétaires à passer sur du système libre et en général, ce que j’ai pu constater, c’est que ces personnes avaient beaucoup moins de soucis une fois qu’elles avaient pu avoir un système libre installé. Elles revenaient moins me voir ou, quand je les voyais, elles me disaient : « Ça va, je n’ai pas trop de problèmes. »

Frédéric Couchet : Alain, excuse-moi. On va finir le tour de table, la présentation de Claude, et on va rentrer dans le détail, comme ça on saura qui sont nos invités. Claude Guedj c’est à vous.

Claude Guedj : Moi je suis comédien. Actuellement je joue dans une pièce qui a pour titre 12 Hommes en colère au théâtre Hébertot tous les soirs à 19 heures.

Frédéric Couchet : J’encourage toutes les personnes à aller la voir. Pour rappel il y a le film des années 50 de Sidney Lumet si je ne me trompe pas. On en parlait juste avant l’émission, dans la période qu’on vit actuellement avec notamment un certain nombre de réseaux sociaux qui jouent le rôle de tribunal ou autre, voir cette pièce ou lire la pièce Douze hommes en colère est une nécessité absolue.

Claude Guedj : Oui, certainement.

Frédéric Couchet : Je signale que la personne qui est en régie, donc Isabella, signale que c’est l’un de ses films préférés.
On a maintenant fait le petit tour de table de présentation. Avant de revenir sur ce que tu commençais à dire, Alain, sur le fait que tu avais beaucoup moins de problèmes avec des systèmes libres dans le cadre de tes formations, on va peut-être commencer par le premier sujet avant d’aborder vraiment le logiciel libre, c’est ce qu’on pourrait appeler la fracture numérique pour les personnes âgées, donc pour les seniors, parce qu’évidemment forcément il y a une problématique différente de celle que peuvent avoir les personnes de 20 ans, 30 ans ou 40 ans. Il y a plusieurs sujets potentiels, notamment il y a le recul de l’accueil physique dans les services publics ; il y a aussi les sites en ligne, on en a cité certains en préparant et on va en parler ; il y a les liens avec la famille ou les amis géographiquement éloignés. Qui veut commencer sur cette partie, vraiment la fracture numérique pour les personnes âgées ou pour les seniors en général ? Peut-être Claude ou Alain ? Qui veut commencer ? Claude qui a une expérience.

Claude Guedj : Je veux bien commencer. C’est-à-dire que moi j’ai l’impression de ne pas être né dans ce monde alors c’est difficile et tout ça me paraît parfois un peu insolite, pas inquiétant mais curieux et d’un accès un peu difficile. Ça va très vite. Il faut essayer de comprendre des choses auxquelles je n’étais pas habitué ; même la façon de réfléchir le monde est différente maintenant avec l’ordinateur et Internet. Il y a quelque chose en moi qui résiste malgré moi. Bien que j’aie été formidablement bien aidé par un certain Alain Casier qui a essayé de me former, j’ai encore du mal. Il y a des choses qui me font reculer, par exemple faire une déclaration d’impôt, faire des achats sur Internet, prendre un rendez-vous chez le médecin avec Docto je ne sais plus comment.

Frédéric Couchet : Doctolib.

Claude Guedj : Doctolib. Des choses comme ça ! Ce n’est pas que ça m’effraie, mais je ne sais pas très bien comment m’y prendre. Par contre, j’aime bien rechercher des thèmes musicaux, des informations sur des musiciens que j’aime, sur des questions culturelles, sur la lecture, la peinture, des choses comme ça. Bon, j’arrive à le faire et c’est avec beaucoup de plaisir. Mais des choses pratiques de la vie quotidienne, je ne sais pas pourquoi mais ça me rebute, ça me rejette un peu.

Frédéric Couchet : D’accord. On va revenir tout à l'heure sur la partie positive de l’apport de l’informatique, mais pour l’instant on va rester sur la partie problématique ou négative. J’ai une question d’ailleurs, à partir de quand avez-vous commencé à utiliser un ordinateur ? Et à partir de quand avez-vous commencé à utiliser, d’ailleurs peut-être contraint ou forcé, des services sur Internet, donc pour la déclaration d’impôt, comme vous l’avez dit, pour prendre des rendez-vous médicaux, peut-être même pour réserver des places de spectacle ?

Claude Guedj : Toutes ces activités, je ne les fais pas justement !

Frédéric Couchet : Vous ne les faites pas, d’accord.

Claude Guedj : Je ne les fais pas. Je fais des recherches sur la musique, la littérature, la peinture, des choses comme ça, oui, j’y arrive, mais je sais pas encore bien m’y prendre pour faire toutes ces…

Frédéric Couchet : Et l’usage de l’informatique on va dire de base, c’est-à-dire la bureautique, vous avez commencé à l’utiliser ? Si oui à partir de quand ?

Claude Guej : Eh bien quand mon a offert mon ordinateur, c’est-à-dire il y a un peu plus d’un an. Il y a un an.

Alain Casier : Un an.

Frédéric Couchet : Donc il y a un an vous vous êtes mis un petit peu à l’informatique. D’accord. OK ! Alain Casier, tu veux intervenir là-dessus ?

Alain Casier : Ce qu’évoquait Claude est tout à fait symptomatique de toute une population qui n’a pas eu la possibilité dans son travail, quand elle était en activité, d’utiliser l’informatique. Ce sont des gens qui, pour l’essentiel, sont très largement désemparés avec tous les exemples que donnait Claude, c’est tout à fait évident. Il semble qu’il y a de moins en moins d’accueil du public, d’accueil physique du public, donc ils sont en grande difficulté quand ils ont des démarches à faire, prendre un rendez-vous à l’hôpital, ils sont habitués au téléphone, donc on voit des gens qui sont en grande difficulté de ce point de vue-là.
Dans le centre social il y a un autre public qui est aussi en difficulté, ce sont des gens qui ne sont pas des francophones donc qui peuvent avoir des difficultés, dont certains se débrouillent très bien avec tous les outils numériques, mais d’autres, en fonction de leur âge, ce n’est pas forcément le cas. En tout cas pour les personnes âgées c’est une vraie difficulté. Et en même temps, on en parlera peut-être tout à l’heure, il y a ce qu’évoquait Claude, c’est-à-dire qu’il y a tout un potentiel qui peut apporter à ces personnes des connaissances diversifiées dans des tas de domaines, musical, toutes les vidéos qu’on peut voir et dont ils sont friands, tous les échanges avec leurs proches.

Frédéric Couchet : Tout à fait. Quand tu parlais tout à l’heure du recul de l’accueil physique, c’est évidemment dans les services publics notamment. C’est vrai qu’aujourd’hui on le voit, on parlait tout à l’heure de la déclaration d’impôt, sauf erreur de ma part elle va devenir obligatoire en ligne l’an prochain. Je demande de l’aide sur le salon web, si quelqu’un a des informations précises, mais je crois qu’elle va devenir obligatoire très bientôt, en tout cas pour une certaine catégorie de personnes et que ça pose évidemment, comme Claude Guedj vient de le dire tout à l’heure, des problèmes pratiques pour les gens qui découvrent ce monde-là.

Claude Guedj : Si je peux ajouter une chose.

Frédéric Couchet : Bien sûr Claude, allez-y.

Claude Guedj : Ce que je voudrais dire, je ne vais pas comparer ça à une infirmité mais pas loin, mais j’ai le grand désir d’y arriver, de le faire ; j’ai envie de me débarrasser de ça et de pouvoir utiliser toutes les possibilités qu’offrent Internet et l’ordinateur et de m’en servir, de bénéficier de tous ces avantages, de toutes ces ouvertures.

Frédéric Couchet : On va parler des avantages. Vas-y Alain Casier.

Alain Casier : Un petit point que Claude a évoqué, qu’on a évoqué ensemble, c’est qu’avant que tu aies un ordinateur et aussi un smartphone, tu n’étais jamais au courant des pièces qui étaient jouées par des amis ; tu n’étais jamais au courant des offres qui pouvaient t’être faites de jouer dans telle ou telle pièce parce que là c‘était une coupure dans ce qui fait tout ton métier, ta profession, c’était une coupure totale, quoi !

Claude Guedj : Tu as raison. C’est vrai que bien des amis qui étaient dans d’autres spectacles, qui jouaient des choses, qui faisaient des interventions différentes, je n’étais pas au courant. Je l’apprenais après et ils me disaient : « Oui, mais on a envoyé à tous nos amis qui ont des ordinateurs et Internet. Eux ils savent, ils sont venus. Tu n’es pas venu parce que tu n’as pas ! »

Frédéric Couchet : Donc il y a une exclusion sociale qui se crée, pas par la volonté forcée de vos amis ou des personnes qui sont dans votre métier, mais parce que leurs pratiques font qu’ils ont évolué.

Claude Guedj : Et que la mienne n’a pas évolué !

Frédéric Couchet : Et que la vôtre n’a pas encore évolué.

Claude Guedj : N’a pas encore évolué.

Frédéric Couchet : Concernant la déclaration en ligne obligatoire, on me signale sur le salon web que c’est à compter de 2019 : « l’obligation de télédéclarer ses revenus est généralisée à l’ensemble des contribuables. Le fisc prévoit toutefois des exceptions. » Je remercie @cousine qui est sur le salon web de la radio.
Ça c’est la partie problématique. Tout à l’heure, Claude Guedj, vous avez dit le terme « infirmité », c’est clairement un point de blocage, mais en tout cas dans votre vie à la fois sociale, et je pense qu’on le vit tous à peu près si on n’est pas dans réseaux sociaux, on est informés très tardivement d’un certain nombre de choses et c’est, en plus, un point de blocage dans votre pratique de comédien.

Claude Guedj : Professionnelle.

Frédéric Couchet : Professionnelle, c’est évidemment très dommageable. C’est le point de blocage, mais évidemment vous avez commencé à en parler tout à l’heure Claude, l’informatique apporte aussi des choses positives pour tout le monde, y compris pour les personnes âgées. Justement ans votre expérience récente sur l’informatique, sur l’usage d’Internet, qu’est-ce que ça a pu vous apporter concrètement, à la fois en termes personnels et en termes professionnels ?

Claude Guedj : Professionnels, non, mais individuels oui.

Frédéric Couchet : Alors individuels.

Claude Guedj : Par exemple d’abord pour écouter des chansons de Leonard Cohen ça a été formidable, j’ai découvert plein de choses, des chansons que je ne connaissais pas. Sur un peintre aussi, je cherchais des choses, j’ai réussi à les trouver et ça a été un grand plaisir et une grande satisfaction ; je me suis dit « ah formidable, j’ai appris… »

Frédéric Couchet : Vous utilisez un moteur de recherche ou vous allez sur Wikipédia ? Comment vous faites ? Par exemple Leonard Cohen qui a disparu il y a deux ans maintenant je crois, grand chanteur canadien, comment avez-vous fait ?

Claude Guedj : Écoutez j’ai tapé « Leonard Cohen » et tout est arrivé. C’était magique pour moi ! Je voulais écouter la chanson Le partisan, formidable ! je l’ai eue tout de suite.

Frédéric Couchet : Extraordinaire chanson !

Claude Guedj : Oui ! Et ça, ça a été presque un ravissement si j'ose dire.

Frédéric Couchet : D’accord. Tu voulais réagir là-dessus, Alain Casier ?

Alain Casier : Je crois que c’est un peu le cas de tout le monde. Tu as fait d’autres recherches sur Wikipédia de musiciens, de jazzmen.

Claude Guej : Charlie Parker.

Alain Casier : De Charlie Parker ; c’était pareil. À chaque fois c’est une occasion d’avoir une richesse en informations et pour les gens que j’ai l’occasion d’aider dans les ateliers que j’anime c’est exactement la même chose. Ils font des découvertes absolument incroyables de ce qu’ils pensaient, mais en même temps, et ça sera peut-être un des points qu’on abordera après sur les logiciels libres, il y a ce Claude exprimait, c’est-à-dire la crainte de communiquer sur des données personnelles.

Frédéric Couchet : On va en parler tout à l’heure.

Alain Casier : On reviendra peut-être là-dessus, mais je pense qu’à chaque fois que des gens peuvent taper dans un moteur de recherche, pas forcément celui le plus courant, s’ils peuvent taper le nom d’un artiste qu’ils recherchent, ils retrouvent de l’information, de l’information assez précise. Par exemple sur Wikipédia, je les incite à aider au financement de Wikipédia.

Frédéric Couchet : Actuellement il y a la campagne de dons annuelle.

Alain Casier : Il y a la campagne de dons, de façon à ce qu’ils comprennent bien qu’il y a un travail derrière, que ce n’est pas simplement un don, c’est un peu le contraire de Google qui lui va donner, apporter quelque chose de gratuit, de totalement gratuit mais qui, finalement, vous emprisonne largement. Au contraire, là on a la possibilité de donner pour un service ; pareil, les gens qui utilisent LibreOffice dans le centre social, qui veulent se former.

Frédéric Couchet : LibreOffice est une suite bureautique.

Alain Casier : C’est une suite bureautique. Et les gens qui veulent pouvoir taper du texte sans souscrire aux offres de Microsoft, je crois qu’ils comprennent bien qu’il y a un travail derrière et qu’il faut le financer à mesure de ses moyens.

Frédéric Couchet : J’ai une petite question parce que quand vous dites que vous avez tapé « Leonard Cohen » et tout est arrivé par magie, est-ce que vous avez eu conscience à ce moment-là, imaginé un peu le fonctionnement, comment c’est arrivé ? Je vais peut-être préciser ma question : est-ce qu’à ce moment-là vous faisiez la différence entre un navigateur web et un moteur de recherche ?

Claude Guedj : Pas du tout !

Frédéric Couchet : Pas du tout ! Je vous pose la question et je vais vous laisser poursuivre, parce que beaucoup de gens, de nos jours, confondent en fait le navigateur web avec le moteur de recherche, parce que quand le navigateur web s’ouvre les gens tapent un mot et ils confondent les deux ! Donc à ce moment-là vous vous êtes dit « c’est par magie », sans vous poser la question de savoir quel logiciel était mis en œuvre et par qui derrière.

Claude Guedj : Non. Mon ignorance était totale. J’ai eu cette révélation, tout d’un coup, tout ce que j’ai pu apprendre sur Leonard Cohen ou Charlie Parker est arrivé comme ça, après avoir tapé le nom.

Frédéric Couchet : Alain.

Alain Casier : Je confirme, la confusion est constante. Depuis des années que j’anime des ateliers ou que j’aide des personnes, la confusion moteur de recherche et navigateur est constante et à chaque fois je suis forcé de rappeler qu’il y a une hiérarchie entre les deux : l’un sert à aller sur Internet et l’autre à chercher des éléments plus facilement sur Internet. Ça c’est vraiment une difficulté constante de toutes les personnes ; je pense que ce n’est pas limité aux personnes âgées.

Frédéric Couchet : Exactement. Je posais la question parce que, côtoyant des ados, eh bien je constate que beaucoup d’ados, en fait, font aussi la même confusion. D’ailleurs, sur le salon web de la radio, quelqu’un précise que cette confusion n’est pas faite que par les seniors mais aussi par ceux qu’on appelle les digital natives ; ces digital natives confondent effectivement moteur de recherche et navigateur simplement parce qu’on ne leur a pas forcément expliqué. En l’occurrence évidemment, comme le précise mu_man sur la radio, Google, qui est le moteur de recherche, entretient bien volontairement la confusion entre les deux.
En tout cas voilà, c’est cette découverte d’une masse d’informations qui est librement partagée, d'ailleurs pas forcément que librement partagée, mais qui est partagée et qui est la base d’Internet.
J’avais aussi une autre question par rapport aux pratiques individuelles : est-ce que, depuis que vous vous êtes mis finalement sur l’informatique et sur Internet, vous avez plus de nouvelles de votre famille ou de vos amis notamment via un certain nombre de réseaux sociaux, je ne vais pas les citer parce que peu importe lesquels en fait ? J’ai l’impression qu’aujourd'hui on ne s’envoie plus de cartes postales, on ne s’envoie plus de photos imprimées pour se tenir au courant de la naissance du petit dernier ou de l’évolution des gens, on utilise les réseaux sociaux. Est-ce que dans votre pratique actuelle, maintenant, vous avez cette information qui vous arrive ?

Claude Guedj : Formidablement ! Pour moi c’est magnifique, merveilleux. Oui j’ai eu plein d’informations. Par exemple je préparais un autre spectacle, la personne a pu me laisser une page d’informations que j’ai pu lire, découvrir, réfléchir sur les questions qu’elle me posait, lui répondre, ça c’est formidable.
Bien sûr j’ai aussi pu avoir des informations sur ce que faisaient de nombreux amis.Je ne leur réponds pas par Internet, surtout pas, je n’y arrive pas encore très bien, mais encore avec mon téléphone.

Frédéric Couchet : C’est-à-dire ?

Claude Guedj : C’est-à-dire qu’ils m’envoient un message, moi je ne réponds pas forcément avec mon d’ordinateur mais je prends mon téléphone et je leur dis « j’ai eu ton message, je te remercie beaucoup. »

Frédéric Couchet : Pour bien comprendre, quand vous employez le terme « message » est-ce que c’est un courriel que vous recevez ou c’est un autre message ? Est-ce que c’est un SMS ?

Claude Guedj : Non, c’est un courriel sur Internet.

Frédéric Couchet : Et votre réflexe c’est de prendre votre téléphone et d’appeler pour confirmer ?

Claude Guedj : Oui. Ça ce n’est pas très pratique, il faut que je m’y mette. Il faut que je m’entraîne à aussi pouvoir répondre comme eux me contactent.

Frédéric Couchet : Effectivement. C’est un apprentissage !

Claude Guedj : Oui.

Frédéric Couchet : C’est intéressant de voir comment on s’approprie ces technologies et comment les réflexes sont là et comment ça évolue aussi, évidemment.
Avant d’aborder le sujet suivant qui va être la question des handicaps possibles par rapport à l’âge et l’informatique, Alain est-ce que tu veux ajouter quelque chose sur vraiment cette partie on va dire magnifique d’Internet pour les seniors, d’ailleurs pour tous les publics ?

Alain Casier : En fait, je crois que pour ce public comme pour les autres il faut partir des besoins qu’ils ont. C’est-à-dire que les besoins qu’ils ont c’est rechercher de l’information, c’est communiquer et le mail qu’évoquait Claude c’est un moyen de communication. Dans tous les ateliers qu’on anime c’est ce premier point.
Bien sûr, après, il y a accéder à des sites qui vont leur permettre de régler des problèmes administratifs ou de santé ou autres, mais, en fait, les besoins sont très simples. En général les gens ont peu besoin de bureautique ; ils ont éventuellement besoin de taper un courrier simple à une administration ou à une entreprise quand ils ont une question à poser ; si on reste sur ces besoins-là, ça couvre 90, 95 % des besoins.
Les réseaux sociaux en tant que tels, les gens s’en méfient plutôt, Je parle des seniors.

Frédéric Couchet : Les seniors !

Alain Casier : Les seniors, oui, je pense qu’ils ont une certaine méfiance vis-à-vis de l’usage des réseaux sociaux et elle n'est pas complètement infondée.

Frédéric Couchet : C’est la question des données personnelles dont tu parlais tout à l’heure ? Principalement.

Alain Casier : Les données personnelles, oui, tout à fait. Déjà, même le fait de faire une déclaration d’impôt en ligne, pour eux c’est une sorte d’ouverture sur des données personnelles qui devraient rester confidentielles. Donc il y a une crainte et je pense qu’elle est très générale. Elle est vraiment très marquée. Il y a peu de gens qui n’évoquent pas dans les ateliers que j’anime cette question de la confidentialité de leurs données, de la surveillance en ligne, du risque d’être piraté, comme le disent les gens. Donc c’est constant. Là je crois qu’il y a des éléments pour essayer de les rassurer et de leur dire qu’on peut faire certaines choses mais qu’on ne peut pas tout faire.
Ce que je voudrais peut-être rajouter aussi c’est que je m’aperçois que dans ces ateliers les gens n’ont pas seulement besoin d’utiliser des outils, ils ont aussi besoin de comprendre. C’est-à-dire que c’est rare que dans une heure et demie d’atelier il n’y ait pas dix minutes où je ne sois pas amené à expliquer d’une façon très simple quel est le fonctionnement fondamental d’Internet par exemple, comment fonctionne ce réseau ; par exemple comment les informations circulent d’un point à un autre ; comment ils récupèrent sur le serveur de Wikipédia un texte qui va les informer sur Leonard Cohen, pour reprendre ce cas-là.
Donc ce n’est pas simplement une formation à des outils. Il y a ça, il y a un côté très utilitaire, mais à la fois il y a la volonté de comprendre, de voir comment ça marche d’une façon courte, d’une façon simple.

Frédéric Couchet : D’accord. Est-ce que vous vous posez des questions sur vos données, on parlait des données personnelles, mais des données que vous pouvez produire, par exemple des photos que vous pouvez prendre et de leur devenir ? C’est-à-dire que la compréhension de savoir si la photo que vous avez prise est sur votre téléphone mobile ? Est-ce qu’elle est sur votre ordinateur ? Si demain vous avez un problème technique est-ce que la photo va être conservée ? Tout à l’heure Claude Guedj parlait de magie, effectivement ça peut être un peu magique ça quand on ne connaît pas l’informatique : quand on prend un photo où se trouve la photo, où se trouve le document que j’ai fait pour tel service public. Est-ce que ces questions-là vous y pensez ? Comment vous les traitez aujourd’hui ? Claude Guedj.

Claude Guej : Écoutez, je ne les traite pas parce que je ne sais pas l’utiliser.

Frédéric Couchet : D’accord.

Claude Guej : Je le regrette, ça fait partie de tous mes regrets, il faut que je me soigne sérieusement.

Frédéric Couchet : Dans les ateliers, Alain, ce point-là est abordé ?

Alain Casier : C’est pareil, où sont les données c’est un point incontournable des ateliers qu’on peut animer, parce que les gens les voient sur leur smartphone, par exemple, ou sur leur ordinateur, et ils ont l’impression que c’est chez eux. Ça c’est vraiment une notion sur laquelle il faut insister en disant « eh bien non, c’est dans un serveur, on ne sait pas où il est, donc on ne sait pas où c’est stocké. » Je crois que là il y a une formation très précise, pas forcément très longue, à faire sur cette question-là.

Frédéric Couchet : D’accord. Vous vouliez compléter Claude ?

Claude Guej : Oui. Moi savoir où sont les choses, ce n’est pas ça qui m’inquiète, c’est de savoir faire les choses.

Frédéric Couchet : Et de comprendre ! Ce que disait Alain.

Claude Guej : Et de comprendre, ce que disait Alain, comprendre les choses. Oui c’est ça qui me paraît le plus important, enfin en ce qui me concerne, avec mes limites.

Frédéric Couchet : Sur le salon web de la radio, sur causecommune.fm, où les auditeurs et auditrices peuvent nous rejoindre, il y a plusieurs réactions qui confirment effectivement que cette compréhension, ce besoin de compréhension est quelque chose qui est partagé par les seniors, notamment Marie-Odile. Non ! Marie-Odile parle d’autre chose, c’est WhatApps, on parlera tout à l’heure de WhatApps et de la méfiance, en tout cas c’est quelque chose qui est partagé.
Par rapport à cette volonté de comprendre, on y reviendra tout à l’heure sur le logiciel libre, mais Internet permet de consulter de nombreux documents qui vous permettent de comprendre. Je suppose que ça doit être absolument extraordinaire : tout d’un coup il y a un sujet qui vous intéresse, vous parliez tout à l’heure de Leonard Cohen, il y a la page Wikipédia de Leonard Cohen, mais je suppose qu’il y a des sites de fans de Leonard Cohen sur lesquels vous avez peut-être trouvé des références, des petits bijoux.

Claude Guedj : Oui. Ça je n’y ai pas pensé du tout. Je n’ai pas été très loin, j’ai été jusqu’au plaisir que je prenais à écouter Leonard Cohen et avoir des informations sur qui il était, comment il vivait. Voilà ! Je me suis arrêté là. Moi ça m’a beaucoup apporté, ça peut paraître comme limité.

Frédéric Couchet : Pas du tout ! J’ai une petite question avant la pause musicale. Dans l’introduction vous avez dit que vous étiez comédien et que vous jouiez dans la pièce 12 Hommes en colère au théâtre Hébertot. Est-ce que vous êtes allé voir la page Wikipédia de Douze hommes en colère ?

Claude Guedj : Non, moi je ne suis pas allé voir, mais mes amis au théâtre me l’ont montrée. Eux savent faire fonctionner tout ça ! Ils m’ont montré, c’était passionnant. Formidable. Oui !

Frédéric Couchet : On va faire une petite pause musicale et après on va reprendre la suite de notre conversation. Nous allons écouter Ambroise par Eau Forte. On se retrouve juste après. Continuez à passer une belle journée à l’écoute de Cause Commune.

Pause musicale : Ambroise par Eau Forte.

Frédéric Couchet : Nous avons écouté Ambroise par Eau Forte, disponible sous licence Creative Commons Attribution. Vous retrouverez les références sur le site de la radio causecommune.fm et sur le site de l’April, april.org.
Nous poursuivons notre échange avec Alain Casier, conseiller en formation continue retraité, bénévole dans un centre social parisien, que je vais d’ailleurs nommer, le Pari's des faubourgs dans le 10e arrondissement de Paris, et claude Guedj, comédien.
Nous parlons de logiciel libre et seniors. On va aborder le point suivant, notamment les handicaps possibles avec l’âge, parce qu’avec l’âge arrivent des handicaps possibles, que ce soit la vue, l’audition, même la dextérité sur le clavier. Claude Guedj, est-ce que vous avez rencontré ce genre de problèmes, quels qu’ils soient depuis que vous vous êtes mis à l’informatique, il y a à peu près un an de cela vous disiez avant la pause musicale.

Claude Guej : Oui. L’audition, je suis appareillé, donc je n’ai pas de problème ; pour la vue ça va, mais c’est le clavier. Là j’ai du mal avec le clavier.

Frédéric Couchet : C’est quoi le problème avec le clavier ?

Claude Guej : C’est-à-dire que je m’empêtre dans les lettres, au lieu d’écrire « bonjour », j’écris bonjour avec « zturt ». Je ne sais pas. Il faut que j’apprenne à me servir de ce clavier sans trop me tromper. J’ai essayé d’envoyer un mot à des amis qui m’ont dit : « Qu’est-ce que tu nous as raconté ? On n’a rien compris ! » Forcément, j’avais mis des lettres un peu n’importe comment sans le faire exprès ; en croyant bien faire, je faisais mal.

Frédéric Couchet : D’accord. Alain Casier est-ce qu’il y a des formations ? C’est le clavier sur ordinateur, c’est-à-dire le gros clavier ?

Claude Guej : Oui. Le clavier de l’ordinateur.

Frédéric Couchet : Est-ce qu’il y a des formations simplement à taper au clavier dans ton centre social ?

Alain Casier : Des formations spécifiques à la frappe sur le clavier, non, pas véritablement, par contre c’est vrai que ça fait partie des trois éléments de base que les gens doivent maîtriser au départ, c’est-à-dire la connaissance du clavier. Là aussi la connaissance du clavier c’est progressif. On ne peut pas le faire instantanément parce que si on noie les utilisateurs potentiels en leur décrivant toutes les touches d’un clavier et les usages possibles qu’on peut en faire, ça ne va pas marcher. Donc le clavier, la souris, le fenêtrage, ce sont les trois éléments de base.

Frédéric Couchet : Le fenêtrage, explique ce que c’est s’il te plaît.

Alain Casier : Le fenêtrage, c’est-à-dire que quand on lance une application on va voir sur l’écran un rectangle où va tourner l’application, le programme qu’on souhaite utiliser, par exemple Firefox qui est un navigateur web, donc on va voir ça, les gens vont vouloir le fermer, vont vouloir ouvrir un autre onglet pour, en même temps qu’ils font une recherche sur tel musicien pouvoir lire leurs mails sur un webmail et ainsi de suite, donc tout ça, ça fait partie des éléments de base ; il faut prendre le temps de le faire, justement avec les problèmes qui peuvent surgir, de vue, de dextérité manuelle ou simplement d’oubli : des personnes qui ne se souviennent plus que c’est la touche « AltGr » qui va permettre de taper une arobase.

Frédéric Couchet : Effectivement, il y a beaucoup de choses à apprendre. Sur le salon web on me signale Grammalecte qui est un correcteur typographique et grammatical libre qui peut être installé par exemple pour LibreOffice, qui permet de faire de la correction automatique ; c’est peut être une étape d’après, en tout cas il y a des outils qui sont disponibles. Et autour de l’accessibilité en général il y a pas mal d’outils dans le monde du logiciel libre qui dépendent des environnements de travail qu’on peut rencontrer. En tout cas il y a quand même pas mal de choses.
On a relativement peu parlé de logiciel libre parce qu’on a fait une introduction mais c’est une introduction qui est importante. On me signale que Grammalecte est aussi pour Firefox, donc le navigateur web, et Thunderbird qui est un outil pour lire ses courriels ; en tout cas il y a pas mal d’outils qui sont disponibles, on mettra évidemment les références sur le site de Cause Commune et sur le site de l’April.
On va aussi parler de logiciel libre, même si on en a déjà un petit peu parlé, et puis d’ateliers parce que toi, Alain, tu as notamment une longue expérience en formation continue vu que c’était ton métier avant et maintenant tu es animateur, enfin depuis très longtemps bénévole dans un centre social. Est-ce que tu fais de la formation au logiciel libre ou est-ce que tu fais de la formation à l’informatique en utilisant des logiciels libres ? Quelle est ta pratique de formation et notamment pour ce public spécifique des seniors ?

Alain Casier : Le public senior qui vient dans le centre social, dans pas mal de cas ils ont un ordinateur portable et c’est clair que, dans la plupart des cas, ce n’est pas un système libre qu’ils ont sur leur ordinateur portable. Je ne leur propose pas de changer leur système, bien sûr, mais je leur propose d’abord d’utiliser, même dans ce contexte d’une machine avec un système Microsoft, d’utiliser des logiciels libres, d’utiliser Firefox comme navigateur, d’utiliser des moteurs de recherche qui ne soient pas Google, d’utiliser LibreOffice quand ils ont besoin de taper du courrier. Ça c’est un premier pas.
Ensuite il y a des gens qui viennent et, comme il y a des relations qui s’établissent, qui me disent : « Moi je vais changer de portable, qu’est-ce que vous me conseillez, qu’est-ce que tu me conseilles ? » À ce moment-là je vais pouvoir, peut-être dans certains cas, leur proposer l’installation d’un système libre sur une machine sans système et, dans ce cas-là, je fais l’installation. Ça fera partie non pas des ateliers directement, mais toutes les demi-heures, pendant une demi-journée, je reçois des gens qui ont un problème informatique, je leur dis « vous prenez rendez-vous à l’accueil du centre pour venir » et ils viennent une demi-heure voire un peu plus parce qu’une installation ça peut être un peu plus long que ça, dans ce cas-là je leur installe un logiciel libre.
Ça peut aussi être des gens qui ne veulent plus de Windows, qui ont déjà une notion d’être dans un système propriétaire, d’avoir une restriction de leur liberté, et qui me demandent sur une machine, ça peut être dans un titre de voisinage ou d’amis, « j’aimerais mieux avoir un système qui ne soit pas un système Microsoft sur ma machine ». Dans ce cas-là je leur installe.

Frédéric Couchet : Ce sont des personnes qui ont déjà une réflexion bien avancée quand même.

Alain Casier : Oui, là c’est plutôt le cas.

Frédéric Couchet : Ce qui est intéressant dans l’approche c’est que les logiciels libres que tu as cités, LibreOffice, Firefox ou autres, sont des logiciels libres qu’on appelle multiplateformes c’est-à-dire qu’ils sont disponibles à la fois sur environnement Windows, également sur environnement libre donc les systèmes d’exploitation GNU/Linux et, pour la plupart, je crois aussi sur environnement Mac. Ce qui permet, en fait, qu’une personne qui arrive, comme tu le dis, avec son portable sous Windows tu vas la former, en tout cas lui montrer quelques logiciels libres de base qu’elle pourra évidemment continuer à utiliser chez elle et si un jour elle évolue vers un système entièrement libre, elle retrouvera les mêmes logiciels et d’autres. Finalement ça permet une transition souple vers les libertés informatiques.

Alain Casier : Oui, exactement. On est forcé de tenir compte du point où en sont les gens qui arrivent. Il n’y a pas de forcing à faire dans ce domaine-là. C’est sur la base de la conviction. Par contre, je pense qu’il y a des gens qui ressentent un petit peu, en tout cas qui craignent la mainmise sur toutes leurs données et qui sont assez ouverts sur ce type de questions. Disons que dans mon voisinage et entourage proche il y a une dizaine de personnes auxquelles j’ai dû installer un système libre à la place de Windows ou des machines sans Windows. Il y a aussi un point auquel elles peuvent être sensibles c’est quand même le coût des licences. C’est-à-dire que Windows, d’accord, on achète l’appareil, d’accord on ne se rend pas compte.

Frédéric Couchet : Le prix est quelque part inclus.

Alain Casier : Le prix est inclus. D’ailleurs on ne sait pas exactement quelle est la part respective du système et du matériel quand on achète un portable, ça c’est la première chose. Par exemple pour la bureautique, pour des gens qui ont besoin de LibreOffice pour différentes fonctionnalités, eh bien il faut s’abonner auprès de Microsoft si on veut Microsoft Office, c’est un renouvellement tous les ans et on paye tous les ans. Je leur dis « dans ce cas-là il faut mieux utiliser LibreOffice » ; on aide LibreOffice à continuer à se développer en versant un somme, somme toute modique et moins importante que celle qui est versée à Microsoft, pour avancer sur cette question.

Frédéric Couchet : Cette question du coût revient assez souvent dans les motivations ?

Alain Casier : Dans les ateliers que j’anime ce sont essentiellement des femmes âgées, essentiellement, beaucoup plus que des hommes.

Frédéric Couchet : D’accord. Comment tu l’expliques ?

Alain Casier : Déjà il y a un différentiel d’espérance de vie, peut-être que c’est ça ! Il y a peut-être ça et d’autre part, disons que dans l’ensemble il y a des femmes qui sont un peu isolées. Celles qui sont isolées viennent dans le conseil des seniors et, du coup, elles ont connaissance des ateliers qu’on peut animer. Je pense que des fois c’est le coût et, en plus, il faut penser que dans la maîtrise de l’informatique il y a un aspect culturel mais il y a un aspect social. Par exemple dans l’atelier que j’animais lundi dernier, donc hier, il y a une personne qui était couturière chez un tailleur, donc c’est quelqu’un qui a des revenus très modestes. Si je lui dis « il y a peut-être une économie de 50 euros ou de 100 euros à faire », ça fait une différence. Quand on voit les prix des licences Windows, quand elles sont achetées à part, c’est phénoménal !

Frédéric Couchet : Oui, c’est du racket !

Alain Casier : C’est plutôt 150 euros. Je pense que ça, ça peut toucher certaines catégories.

Frédéric Couchet : D’accord. Claude Guedj vous avez dit tout à l’heure que ça faisait à peu près un an que vous vous étiez mis à l’informatique. C’est quoi ? C’est quelqu’un de votre famille qui vous a acheté un ordinateur ou vous-même vous vous êtes dit « je vais m’acheter un ordinateur » ? Qu’est-ce qu’a été le déclencheur ?

Claude Guedj : Le déclencheur, ça a été une grande surprise, ça a été un cadeau qui m’a été fait par des gens de ma famille dont Alain, un oncle, un cousin qui, pour me mettre un peu au pied du mur, m’ont offert cet ordinateur.

Frédéric Couchet : On va expliquer que tous les deux vous êtes cousins. Je suppose que ça doit être assez souvent le cas qu’une personne de la famille ou la famille se cotise pour acheter un ordinateur à quelqu’un, à un senior de la famille, donc c’est l’occasion de découvrir. Très souvent, on va dire la majeure partie du temps, le système est préinstallé sans soute avec Microsoft Windows d’où l’importance d’avoir des logiciels libres multiplateformes et d’y aller par étapes. Tout à l’heure quand on préparait, Alain tu parlais de partir des besoins. On rencontre de moins en moins de gens qui essaient de contraindre et forcer les gens d’aller vers le logiciel libre ; ce qui est important c’est de partir des besoins des gens en fait.

Alain Casier : Oui. C’est-à-dire que si Claude nous avait dit « moi l’informatique je n’en veux pas » — je connais des gens dans mon entourage qui disent « Je ne veux jamais avoir aucun smartphone » —, mais en même temps tu constatais que, par rapport à ton métier, il y avait des liens que tu n’avais plus, que tu perdais de l’information et tout ça. C’est ça qui nous a motivés en faisant un tour et, pour tes 80 ans, que tu puisses avoir un ordinateur et également un smartphone.

Claude Guedj : C’est ça et rester en contact avec beaucoup de gens.

Alain Casier : C’était ça. Mais il y a des gens qui sont complètement réfractaires. J’ai des gens qui disent « je ne veux pas m’occuper de ça ou je n’ai plus l’âge de m’occuper de ça ». Je ne sais pas comment ils réagiront dans deux ans ou dans un an, mais, en tout cas, il faut partir de là où en sont les gens. Là, il y avait clairement chez Claude l’expression d’un besoin, l’expression d’un manque.

Frédéric Couchet : C’est ce qu’il a expliqué tout à l’heure notamment par rapport à son métier.
Je suis en train de regarder les commentaires sur le salon web. Je rappelle aux personnes qui nous écoutent qu’elles peuvent nous rejoindre sur causecommune.fm. Alain, tout à l’heure tu parlais de l’aspect coût, eh bien il y a mu_man qui nous rappelle qu’on peut trouver sur le site agendadulibre.org, « agendadulibre » tout attaché, non seulement tous les événements autour du logiciel libre mais également la liste des organisations qui font des formations, des accompagnements autour du logiciel libre, ce qu’on appelle les groupes d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciels libres. Alain, tu es bénévole dans un centre social parisien, mais partout en France il y a des groupes d’utilisateurs et d'utilisatrices qui aident les gens à aller vers le logiciel libre ; il y a aussi des médiathèques, des cyberbases, etc., ça c’est le premier point. Et sur l’aspect du coût c’est toujours mu_man qui dit « autant payer une petite cotisation à son groupe d’utilisateurs et d’utilisatrices local ou donner à LibreOffice plutôt que donner beaucoup d’argent à Microsoft ou Apple ». C’est vrai que c’est un retour qui peut être intéressant par rapport soit au projet soit aux gens qui vous aident. Alain.

Alain Casier : Tout à fait oui. Par contre dans ce domaine-là, moi je me suis senti des fois un peu démuni parce que j’étais le seul, dans le centre social, à pouvoir former. Le seul en tant que bénévole en général dans l’informatique parce qu’il y a des manques, des besoins. Il y a des centres sociaux qui sont espace public numérique et qui peuvent apporter une aide. Il y a aussi des médiathèques, par exemple comme celle des Halles qui fonctionne sur le logiciel libre, mais, quand on est seul, eh bien on se débrouille avec un petit groupe de personnes et on ne va pas plus loin. Je pense que ça pourrait être une ouverture sur les logiciels libres en général, qu’il y ait installation après d’un système libre c’est une autre question, c’est une autre étape, mais en tout cas sur l’usage de logiciels libres et sur la protection de ses données. Je pense que ce serait peut-être très intéressant que les groupes locaux visent aussi ce public-là, parce que les groupes d’utilisateurs de logiciels libres sont quand même en général plutôt tournés, enfin tournent avec du public jeune et des jeunes qui connaissent bien le domaine.

Frédéric Couchet : Du public avancé. Tu parles de viser le public des seniors.

Alain Casier : Voilà ! Viser le public des seniors et peut-être que dans ces groupes d’ailleurs, s’il y avait des bénévoles, des gens qui voulaient – alors c’est plus difficile pour les gens jeunes parce que les animations se déroulent souvent en journée, mais ça peut aussi se faire le soir dans certains cas –, ça serait bien de pouvoir étoffer le potentiel d’animateurs de ce type d’ateliers.

Frédéric Couchet : C’est un appel lancé aux groupes d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciels libres, effectivement d’élargir leur périmètre s’ils peuvent le faire parce que, comme tu le dis, les formations sont souvent en journée pour ce type de public.
Concernant les espaces publics numériques, j’informe les personnes qui nous écoutent que le 22 octobre, donc dans 15 jours, nous ferons une émission sur les espaces publics numériques et le logiciel libre avec une personne de la Cité des sciences et de l’industrie de Paris, une personne de la Cyberbase de Saint-Denis dans le 93 et une personne de la Bibliothèque francophone de Limoge, pour leur retour d’expérience par rapport à la formation et sensibilisation aux logiciels libres là pour tout public, évidemment ils ont aussi beaucoup de seniors. C’est le 22 octobre.
Je regarde les petites questions qu’on nous a aussi envoyées en préparant l’émission, notamment quelle est la publicité faite et de quelle façon fais-tu, notamment Alain, pour attirer les seniors dans ces formations ? Pour les sortir justement peut-être de la solitude dont tu parlais tout à l’heure ou de les convaincre de venir à ces formations ? Est-ce qu’il y a une méthode utilisée, est-ce qu’il y a une approche qui permet vraiment de les convaincre de venir ?

Alain Casier : Je disais à l’instant que j’étais des fois un peu seul à faire et, faute de relais, c’est difficile. J’ai des activités, je ne peux pas former des dizaines de personnes ; je peux former un groupe, je peux donner une demi-journée de plus. En gros, j’y consacre disons une grosse demi-journée, juste en atelier ou en soutien quand les gens ont un problème, qu’ils ont rencontré un bug en informatique, donc élargir, je n’ai pas besoin de faire trop de publicité en fait, c’est le conseil des seniors…

Frédéric Couchet : D'accord. Tu n'as pas besion. Qu’est-ce que tu appelles le conseil des seniors ?

Alain Casier : Le conseil des seniors est un groupement organisé par la mairie du 10e – je pense que dans les autres mairies d’arrondissement ça doit exister à l’identique – ils se réunissent pour des activités qui les intéressent, ils définissent ensemble les activités et on a la chance qu’ils se réunissent dans le centre social.

Frédéric Couchet : D’accord, ils sont sur place.

Alain Casier : Quand on a une activité chorale ils la mènent dans le centre social, ils connaissent les activités du centre, on leur présente, donc ça se fait très naturellement. Ça serait d’ailleurs peut-être dans d’autres endroits – je pense que ça existe dans d’autres arrondissements – un moyen de contact avec cette population qui est plus âgée que les autres.

Frédéric Couchet : D’accord. Dans ton expérience de formateur est-ce que tu vois des différences réelles dans l’approche entre les différents types de public, que ce soit les jeunes ou les gens de 30/40 et les seniors ? Ou est-ce qu’au niveau formation finalement c’est à peu près pareil ?

Alain Casier : Non, je crois qu’il y a les mêmes démarches de toute façon, sauf que là ce sont souvent des gens qui débutent complètement, qui n’ont même pas eu une approche quelconque ; c’est quand même difficile d’avoir des gens de 30 ans qui n’ont eu aucune approche du numérique et de l’informatique. Pour les gens qui ont plus de 65, 70, voire plus, il faut revenir sur les bases que j’évoquais tout à l’heure c’est-à-dire le clavier, la souris et l’utilisation d’un système avec des fenêtres. En plus, on constate que dans cette formation, la souplesse ergonomique apportée par certains logiciels, d’ailleurs que ce soit libre ou pas libre, peu importe, est une entrave à l’apprentissage rapide. Par exemple, le potentiel pour faire un copier-coller qui existe dans tous les logiciels à l’heure actuelle est perturbant pour beaucoup de personnes. C’est-à-dire qu’on ne va pas annoncer à quelqu’un qu’il y a cinq/six façons de faire un copier-coller dans tel logiciel. Donc il faut s’en tenir à une seule possibilité, leur dire « on peut faire autrement ; si ça vous intéresse je vous le dirai », mais surtout être très progressif dans le potentiel offert par les logiciels à l’heure actuelle. D’une certaine façon l’ergonomie tue l’ergonomie. La richesse visuelle, le graphisme, ça peut être très joli, mais c’est aussi une entrave en termes de formation.

Frédéric Couchet : Des fois la simplicité est un avantage.

Alain Casier : Du coup certains systèmes libres offrent un potentiel de systèmes simplifiés qui n’existe pas dans les systèmes propriétaires. Et je pense que là ça peut aussi être intéressant d’avoir des versions plus sobres.

Frédéric Couchet : Claude Guedj, dans votre découverte de l’informatique, est-ce que vous avez découvert récemment des logiciels ou des sites ? Vous avez parlé tout à l’heure du moteur de recherche, un petit peu aussi de Wikipédia, mais dans votre découverte est-ce que maintenant vous connaissez LibreOffice, VLC ou est-ce que vous êtes dans la phase d’apprentissage ?

Claude Guedj : Je suis plutôt dans la phase d’apprentissage, je ne vais pas trop m’avancer là-dessus, je dirais des bêtises, je suis plutôt dans la phase d’apprentissage et, comme je vous le disais tout à l’heure, j’ai envie d’en savoir plus et d’utiliser beaucoup plus que je ne le fais mon ordinateur et Internet et avoir une réponse à toutes ces questions que vous me posez auxquelles je ne peux pas répondre.

Frédéric Couchet : Dans votre pratique comment ça se passe ? Vous allez au centre social avec Alain ou vous avez de la formation à la maison ? Comment vous faites ?

Claude Guedj : C’est ALain qui se dérange jusqu’à moi pour m’aider à me dégrossir.

Frédéric Couchet : C’est Alain qui se déplace.

Claude Guedj : Je ne sais pas trop comment le remercier pour tout le mal qu’il se donne ! Je suis un peu bouché !

Frédéric Couchet : Je n’ai pas du tout l’impression que vous soyez bouché. Je crois que dans beaucoup de familles, en fait, c’est ça, c’est l’entraide dans les familles. Là vous avez la chance d’avoir quelqu’un qui s’y connaît bien en logiciel libre. Je pense que de plus en plus dans nos familles c’est le cas. Tu veux rajouter quelque chose Alain ?

Alain Casier : Je voudrais dire qu’il faut quand même aussi penser que ça peut être abordé avec plaisir cette découverte, quel que soit l’âge de cette découverte ; c’est-à-dire qu’à 80 ans, à 85 ans ou a 60 ans, on peut avoir du plaisir à découvrir le potentiel du numérique dans tel ou tel domaine. C’est vrai qu’il y a des contraintes qui sont très lourdes, qui handicapent les gens, il y a plein de choses difficiles, mais, en même temps, il y a aussi du plaisir à découvrir des choses qu’ils pensaient complètement inaccessibles.

Frédéric Couchet : On approche de la fin de l’émission, on a parlé tout à l’heure de sites qui parlent d’artistes et autres, Claude Guedj, dans votre métier, vous êtes comédien, est-ce que vous avez eu envie à un moment de vous lancer dans la création d’un site web, évidemment aidé par quelqu’un, pour faire connaître votre métier d’acteur, de comédien ? Ou ce n’est pas du tout dans vos intentions ?

Claude Guedj : Non, ce n’est pas dans mes intentions pour le moment. Mon intention c’est de l’utiliser d’une façon pratique, un peu intelligente. De m’ouvrir davantage aux possibilités qu’offrent Internet et l’ordinateur et de savoir un peu maîtriser tout ça. J’ai une grande envie de ça et cette émission va beaucoup m’aider et m’encourage fortement à continuer dans cette voie, à le faire et je vous en remercie beaucoup.

Frédéric Couchet : Écoutez c’est super. Vous êtes à la radio, les personnes qui nous écoutent ne peuvent pas voir Claude Guedj, mais quand il parle d’Internet, d’informatique, il a un sourire ! Donc on sent vraiment le plaisir de la découverte. En tout cas je vous remercie d’avoir participé à cette émission et je rappelle que vous êtes à l’affiche en ce moment avec 11 autres acteurs dans 12 Hommes en colère, au théâtre Hébertot, c’est dans quel arrondissement de Paris ?

Claude Guedj : 17e, au métro Rome.

Frédéric Couchet : 17e, métro Rome et c’est jusqu’à quand ?

Claude Guedj : Jusqu’à début janvier.

Frédéric Couchet : Jusqu’à début janvier 2020, donc courrez-y pour voir ce film et l’actualité, comme je l’ai dit tout à l’heure, rend encore plus important de voir ce genre de film, donc 12 Hommes en colère. Alain je vais te laisser le mot de conclusion.

Alain Casier : Je rectifie c’est une pièce, ce n’est pas un film.

Frédéric Couchet : Ah oui, j’ai dit un film. À l’origine c’est une pièce, le nom va m’échapper, c’est Reginald Rose, et effectivement après il y en a eu un film de Sidney Lumet, il y en peut-être eu d’autres. À l’origine c’est effectivement une pièce. Merci de la correction Alain. Donc merci en tout cas. Je remercie de nouveau Claude Guedj, comédien. Peut-être un mot de conclusion d’Alain Casier.

Alain Casier : Si cette émission peut servir à susciter des volontaires pour un bénévolat où qu’ils soient et quelle que soit sa nature pour développer le logiciel libre et aider les seniors à s’en sortir sur les problèmes qu’ils rencontrent en informatique ça sera parfait. Ce sera pour moi un atout important.

Frédéric Couchet : Je l’espère aussi. En tout cas je vous remercie de votre participation et je vous souhaite de passer une belle journée. On va passer au sujet d’après.

[Virgule musicale]

Interview de Dimitri Even du groupe Stone From The Sky

Frédéric Couchet : On va faire une pause musicale, mais en fait, la pause musicale est intégrée dans le sujet d’après parce que, tout simplement, nous allons écouter la musique d’un groupe que j’aurai le plaisir d’interviewer juste après. Nous allons écouter Agger par Stone From The Sky. On se retrouve juste après.

Pause musicale : Agger par Stone From The Sky.

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Aggerpar Stone From The Sky, disponible sous licence Art Libre. J’espère que vous avez apprécié ce morceau comme nous l’avons apprécié ici et nous avons le plaisir d’avoir par téléphone avec nous un des membres du groupe, Dimitri Even. Bonjour Dimitri.

Dimitri Even : Bonjour.

Frédéric Couchet : Tu es donc un membre du groupe Stone From The Sky. Première question avant d’aborder la partie on va dire licence libre, est-ce que tu peux présenter rapidement le groupe d’un point de vue musical parce que tout le monde ne maîtrise pas forcément ce type de musique et puis son historique, son nombre de membres ? Présente-nous un petit peu Stone From The Sky.

Dimitri Even : Stone From The Sky est un projet qui est né en 2012 sous mon impulsion et celle de Florent, le guitariste. C’est un projet qu’on a fait au départ un peu pour s’amuser, on ne savait même pas quel instrument on voulait prendre chacun, c’était à peu près à ce niveau-là, et c’est devenu un projet très sérieux assez rapidement.
On fait ce qu’on appelle du stoner. Dans les grandes généralités, nous on est complètement instrumental et, du coup, c’est de la musique qui est un mélange de tout ce qui est un peu musique Black Sabbath, Kyuss, Queens of the Stone Age, mélangée, en fait, au Krautrock un peu allemand, toutes les musiques un peu psychédéliques allemandes, post-rock, la musique progressive seventies. Il y a beaucoup de choses qui datent du passé, mais réactualisées de façon très moderne avec un fond hyper-moderne, en fait.

Frédéric Couchet : D’accord. Et vous êtes combien dans le groupe ? Vous êtes deux ?

Dimitri Even : On est trois : basse, guitare, batterie. Voilà, le minimum nécessaire pour faire un maximum de bruit !

Frédéric Couchet : D’accord. Dans l’émission, une des spécificités de nos pauses musicales c’est de ne diffuser que des musiques sous licence libre, c’est un choix qui n’est pas forcément ordinaire. C’est votre cas, vous diffusez votre musique sous licence Art Libre. Comment avez-vous découvert l’existence de ces licences libres ? Pourquoi avoir choisi une licence libre et, en particulier, pourquoi la licence Art Libre ?

Dimitri Even : En fait, dans notre précédent projet à Florent et moi, on est rentrés dans une association qui s’appelle l’AMMD, l’Amicale du Mekanik Metal Disco, qui était constituée de copains qui n’habitaient pas très loin de chez nous. On est rentrés dans l’asso. Quand ils ont commencé à nous parler de tout ça, on a trouvé ça super intéressant, ils nous ont vachement initiés à tout cet univers-là et, en fait, ça nous a paru la logique même. À partir du moment où on a commencé à monter ce projet pour nous c’était la base que ce soit en licence Art Libre. C’était aussi la culture de notre musique et c’est quelque chose qui est en train de se développer donc on est hyper-contents de participer à cette montée en puissance des licences Art Libre, même si elles ne sont pas toujours toutes vraiment libres, mais au moins il y en a une partie qui monte.

Frédéric Couchet : D’accord. Et par rapport à votre but de faire de la musique, c’est quoi la motivation principale ? C’est gagner de l’argent ? Devenir célèbres ? Vous faire plaisir ? Partager le plaisir ?

Dimitri Even : C’est surtout se faire plaisir. En fait, l’idée c’est que le projet nous permette de faire des tournées, des concerts dans plein d’endroits différents, qu’on puisse un peu découvrir des nouvelles têtes, découvrir des nouveaux publics, se faire plaisir aussi. On est aussi très rigoureux sur la gestion du projet : le projet ne nous fait pas gagner d’argent, mais il ne faut pas non plus qu’il nous coûte de l’argent. En fait, on a une manière très professionnelle de faire tourner le groupe même si on est tout bonnement des amateurs selon le système français qui dit que si tu es payé tu es professionnel, si tu n’es pas payé tu es amateur. Alors que nous on se considère un peu comme des professionnels, même si on ne fait pas d’argent dessus.

Frédéric Couchet : D’accord. C’est-à-dire que vous avez un métier à côté et là, ce que vous faites, c’est pour le plaisir même si c’est fait de façon professionnelle ?

Dimitri Even : Tout à fait. Voilà ! Ça mange nos loisirs et nos vacances, mais on est contents parce que c’est notre plaisir.

Frédéric Couchet : D’accord. Quand tu parles de concerts, est-ce que le fait d’avoir de la musique sous licence libre c’est un frein, quelque chose de plutôt positif ou c’est neutre quand tu organises les tournées ?

Dimitri Even : On va dire que le milieu stoner n’est pas encore hyper-formé à ça, des fois ça leur passe un peu au-dessus de la tête, sauf en Allemagne où c’est quand même un vrai plaisir de pouvoir foutre sur leurs fichus trucs de la GEMA « c’est de l’Art Libre, va te faire voir », c’est assez sympa.

Frédéric Couchet : C’est quoi la GEMA ?

Dimitri Even : La GEMA c’est la Sacem allemande qui est, pour le coup, beaucoup plus agressive que la Sacem française, qui va vraiment chercher y compris dans les squats, y compris dans les lieux autogérés ; s’il y a un concert qui est fait, ils iront quand même te fiche le petit papier souvenir.

Frédéric Couchet : Je ne savais qu’on pouvait être plus extrême que la Sacem. La version allemande de la Sacem est encore pire que la Sacem ; c’est ce que tu dis.

Dimitri Even : C’est ça, ils sont très agressifs. Du coup, on essaie d’introduire cette notion d’Art Libre, de prix libre, de choses comme ça, qu’on essaie de faire entrer aussi un peu dans la tête du stoner français. On commence à voir des groupes qui font la même chose. On commence à voir quelques petites mentions CC BY NC qui traînent par-ci par-là, on se dit « bon ce n’est pas mal, c’est un premier pas, ça commence à venir. »

Frédéric Couchet : Je précise que CC BY NC ça veut dire notamment que c’est « pas d’usage commercial », alors que vous, dans la licence Art Libre, vous autorisez l’usage commercial. Mais, comme tu dis, c’est une première étape dans la réflexion.
Le fait que ce soit en licence Art Libre n’empêche pas évidemment de vous payer, même de payer pour récupérer les sources sur votre site ou sur le site de Bandcamp. J’ai vu que le troisième album, Break A Leg dont Agger est un extrait, est sorti chez Fuse Records. Est-ce que ça veut dire qu’on peut acheter une version on va dire matérielle de l’album, un vinyle ou quelque chose dans le genre ?

Dimitri Even : Nous, notre politique c’est d’avoir quelque chose le plus accessible possible, notamment sur les CD. Le CD est en vente à prix libre sur nos concerts. Par Internet on essaie d’éviter les trucs type prix libre parce que sinon ça va nous coûter plus cher en frais de port qu’en CD donc ce n’est pas gérable pour le moment. La musique en téléchargement numérique est à prix libre aussi. On a également des vinyles et pour le coup, là on essaie d’avoir la meilleure qualité possible pour une vente la moins chère possible, parce que ce n’est parce que tu n’es pas riche que tu n’as pas le droit de repartir avec un beau vinyle. On est, je pense, à au moins six/sept euros moins cher que le prix standard du marché. On est assez contents de pouvoir tirer un peu les prix vers le bas.

Frédéric Couchet : C’est important. Je pense qu’il y a encore plein de gens qui sont attachés. Personnellement je suis toujours attaché à l’aspect matériel, que ce soit un vinyle ou CD, avec éventuellement une petite plaquette, etc., donc c’est important de pouvoir repartir avec un objet qu’on achète lors de vos concerts.

Dimitri Even : Oui, tout à fait. Et puis il ne faut pas se foutre de la gueule des gens, il faut essayer d’avoir un beau projet : si quelqu’un repart avec un beau vinyle, avec une belle pochette, une belle musique, au moins il est vraiment hyper-content de sa soirée et, de toute façon, il reviendra aux concerts, il rachètera autre chose. À partir du moment où on ne se fout pas de la gueule des gens, les gens nous le rendent et, du coup, ils reviennent, ils rachètent le CD suivant, ils font attention à nos sorties. Le prix libre et les prix raisonnés sont toujours le plus efficace. On a réussi à convertir quelques collègues aussi à ça dans le milieu, ils vendent leur première démo en prix libre et, en fait, ils se rendent compte qu'ils font plus d’argent que quand ils vendaient ça à cinq/dix euros.

Frédéric Couchet : C’est parfait. Au-delà de la licence libre, est-ce que, pour faire votre musique, vous utilisez des logiciels libres ?

Dimitri Even : Les logiciels libres, pour tout ce qui est partie on va dire graphisme, visuel, tout ce qui est un peu externe à la gestion du son, on fait tout sous Gimp, logiciel libre. Par contre, encore le petit souci, la petite étape qu’on n’a pas encore pu passer parce que notre sondier n’est pas encore sensibilisé à ces choses-là, mais on l’embête un peu au fur et à mesure pour qu’un jour il y passe. En fait, on a un ingénieur du son qui est notre ancien batteur, qui connaît parfaitement le son du groupe, avec lequel on est hyper en confiance, qui lui, par contre, fonctionne encore sous Mac pour tout ça. Avec le temps on ne désespère pas, un jour, peut-être, de le faire passer sous Ardour, ça viendra avec le temps !

Frédéric Couchet : Dernière question parce que la fin de l’émission est très proche, votre actualité ? Vous êtes en concert à Paris ? Où ça et quand ?

Dimitri Even : On joue à L’International le samedi 12, donc samedi là.

Frédéric Couchet : 12 octobre.

Dimitri Even : Je ne sais pas dans quel arrondissement de Paris c’est.

Frédéric Couchet : 11e.

Dimitri Even : Vous pouvez nous voir là-bas. En plus, on jouera avec Echolot et Qilin, si je me rappelle bien, et pour une association qui est vraiment super, qui se bouge vraiment le cul pour faire jouer des groupes sur Paris qui s’appelle Fuzzoraptors, qui est vraiment dans un esprit similaire au nôtre : essayer au maximum de faire des concerts accessibles, plein de choses comme ça. Le reste du mois, à partir du 23 on part en tournée européenne, on fait France, Belgique, Allemagne, Suisse. Donc si vous voulez nous attraper on ne sera pas très loin de chez vous à un moment ou à un autre dans la fin du mois de novembre.

Frédéric Couchet : Écoute en tout cas c’est super. Pour les gens qui sont en région parisienne le 12 octobre 2019, à L’International dans le 11e. Pour les autres vous allez sur le site, je ne l’ai pas cité mais je vais le citer, stonefromthesky, c’est tout attaché, stonefromthesky.fr et on retrouvera dates de concerts, musique, etc.
Écoute, Dimitri, je te remercie et je te souhaite un bon concert samedi et de continuer à faire de la belle musique qui nous permet de faire des belles pauses musicales dans Libre à vous !. Ça fait très plaisir.

Dimitri Even : C’est un plaisir pour nous. Bonne journée.

Frédéric Couchet : À bientôt Dimitri. Bonne journée, au revoir.

Dimitri Even : Merci.

Annonces

Frédéric Couchet : Nous allons passer aux petites annonces de fin.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Annonces de fin très rapides parce qu’on n’a pas beaucoup de temps.
Déjà la réponse au quiz ; la question c'était : lors de l’émission du 1er octobre 2019 nous avons parlé de la licence professionnelle Métiers de la communication, chef de projet, logiciels libres, quel est le nom de cette licence ? C’est la licence CoLibre, colibre.org.

Pour les annonces vous irez sur l’Agenda du Libre, agendadulibre.org, et vous verrez tous les évènements.
Je vais juste en profiter pour vous encourager à écouter les autres émissions de Cause Commune ; il y a des antennes libres, il y a des émissions sur la culture numérique, sur la culture, sur la musique, sur les livres, sur les sciences sociales, sur les nouvelles mobilités, sur l’éduc pop. Je félicite tout particulièrement Quentin Hernandez qui a récemment découvert les luttes sociales politiques et climatiques, mais aussi Olicat, Olive, Charlotte, William, Quesch et j’en oublie sans doute. Cause Commune c’est « La voix des possibles », écoutez-la.

L’émission se termine. Je remercie les personnes qui sont participé à l’émission et évidemment Isabella qui était aux manettes de la régie aujourd’hui.
Les références sont sur le site causecommne.fm et sur le site de l’April, april.org.

On se retrouve en direct mardi 15 octobre 2019 avec le collectif Regards Citoyens qui s’intéresse au fonctionnement des institutions publiques à partir des informations publiques.

Je vous souhaite de passer une agréable fin de journée. On se retrouve en direct mardi 15 octobre 2019 et d’ici là portez-vous bien.

Générique de fin d’émission : Wesh Tone par Realaze.

Découvrez la bande-annonce vidéo de l'émission « Libre à vous ! » (version longue)

Le 14 October 2019 à 08:03:00

Découvrez le bande-annonce vidéo, version longue, consacrée à notre émission Libre à vous ! diffusée sur radio Cause Commune.

Libre à vous !

Depuis mai 2018, l'April anime Libre à vous ! une émission d'explications et d'échanges sur la radio Cause Commune sur les thèmes des libertés informatique.

Bande-annonce de l'émission

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Votre routeur est-il à jour ? Comment vérifier et effectuer la MàJ ?

Le 14 October 2019 à 06:44:47

Garder votre routeur à jour est crucial pour assurer la sécurité de votre réseau. La faille Shellshock a infecté des millions d’appareils grâce à une faille dans la sécurité de l’OS Unix présent sur la majorité des routeurs et de nombreux routeurs infectés sont aujourd’hui transformés en Botnet.

Je vous conseille de vérifier régulièrement si votre routeur fait bien ses mises-à-jour de sécurité. En fonction de votre routeur/box, vous devez soit faire ces mises-à-jour à la main, soit mettre la mise-à-jour automatique pour ne plus avoir à vous en soucier. Les box récentes font en général leurs mise-à-jour automatiquement sans que vous n’ayez à vous en préoccuper.

Un système d’exploitation avec ses failles

Votre routeur fait tourner un programme qui est très semblable à un système d’exploitation (comme Windows ou IOs sur les ordinateurs). La majorité des routeurs récents sont construits sur une version de Linux, et cela signifie que des failles de sécurité dans le Kernel Linux ou les logiciels associés (comme le bug Shellshock dans Bash Shell) peuvent affecter votre routeur. Des problèmes peuvent aussi survenir à cause d’un logiciel OS pour routeur mal codé, comme la « backdoor » découverte sur les routeurs Linksys, Netgear et d’autres grosses entreprises.

Les routeurs domestiques sont particulièrement visés car ils sont exposés directement à internet. tous vos autres appareils sont cachés derrière votre routeur, et ne sont pas accessibles publiquement sur internet. Votre routeur fait office de Fire-Wall, protégeant vos autres appareils des connexions entrantes. Cependant, le routeur est accessible directement depuis internet grâce à son adresse IP et cela le rends vulnérable aux attaques. Il est donc important de garder cet élément de votre réseau bien à jour pour éviter tout problème.

Comme pour les mises-à-jour sur ordinateur, le constructeur de votre routeur doit sortir régulièrement de nouvelles versions logicielles pour sécuriser votre routeur. En fonction de sa marque et du modèle, il peut-être nécessaire que vous fassiez ces mises-à-jour manuellement depuis l’interface d’administration du routeur.

Comment mettre-à-jour le routeur

Pour mettre à jour le logiciel de votre routeur, vous devrez accéder à son interface d’administration depuis un navigateur Web. En général, vous trouverez les options de mises-à-jour du routeur dans l’onglet « Mise-à-jour », « update » ou « system upgrade ».

Sur les box internet fournies par votre FAI, il est probable que les mises-à-jour se fassent automatiquement sans que vous n’ayez besoin d’intervenir (en fait je n’ai jamais vu une box qui ne se mettait pas à jour automatiquement). Votre FAI sélectionne les mises-à-jour à effectuer et lance l’installation automatique chez ses abonnés lorsqu’elle est prête. Sur certaines box il est même impossible de rechercher une mise-à-jour manuellement. Si vous ne voulez pas vous soucier des mises-à-jour de votre matériel réseau, c’est surement la meilleure solution possible !

Les routeurs récents sont généralement configurés à l’achat pour effectuer les mises-à-jour automatiquement, si c’est le cas de votre routeur, vous n’aurez rien à toucher – si cette option est disponible mais pas activée, je vous recommande de l’activer tout de suite. Par exemple, les routeurs Asus RT-AC disposent de la mise-à-jour automatique de leurs système proposée lors de l’installation initiale du routeur. Asus donne aussi la possibilité de lancer manuellement une recherche pour un nouveau logiciel si vous le voulez depuis son interface d’administration.

Sur les routeurs plus anciens, la page de mise-à-jour vous donneras la version actuelle de l’OS installé sur le routeur et un espace pour lui fournir un fichier de mise-à-jour. Si c’est le cas que votre appareil la méthode à suivre n’est pas beaucoup plus compliquée :

  • Relevez la version du logiciel de votre routeur
  • Lancez une recherche Google avec « marque + modèle + [Update] »
  • Rendez-vous sur le site officiel de la marque et cherchez la dernière version logicielle disponible pour votre modèle
  • Si la version du logiciel actuel est le bon, vous n’avez rien besoin de faire, votre routeur est déjà à jour. Si une nouvelle version est disponible, téléchargez-la.
  • Vous pouvez ensuite envoyer et installer la nouvelle version du logiciel de votre routeur en suivant les indications.

Routeur Tomato ou DD-WRT

Si vous avez installé un logiciel tiers comme Tomato ou DD-WRT sur votre routeur pour améliorer ses performances ou accéder à des options plus avancées, vous aurez tout de même besoin de faire les mises-à-jour régulièrement.

Ces systèmes alternatifs permettent d’effectuer des tâches réseaux avancées : de nouvelles options sont ajoutées régulièrement au fil des mises-à-jour et de nouvelles failles de sécurités corrigées. Pour bénéficier de toutes les options disponibles sur votre nouveau logiciel je vous recommande de bien vérifier que les mises-à-jour sont faites. Les mises-à-jour de ces logiciels tiers sont généralement manuelle pour donner une plus grande maîtrise de leurs réseau aux utilisateurs.

Les mises-à-jour du routeur sont très importantes pour votre sécurité sur votre réseau et je vous conseille de vérifier régulièrement si de nouvelles mises-à-jour sont disponibles. Je suis sûr qu’au moins certains d’entre-vous n’ont pas vérifié ces mises-à-jour depuis des années, alors pensez tout de même à y jeter un œil !

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Lucas CIMON

GitHub project statistics and Python interactive coding

Le 14 October 2019 à 06:00:00

Iframes not supported. Click on the link below to access the graphs.

The iframe above displays some graphs I've built last week, in order to get some insight on some GitHub projects issues & pull requests evolution. They are directly inspired by nf-core project activity statistics.

Click here to open those graphs in another tab

In this post, I will explain step by step how I wrote a Python script that can generate those graphs for any GitHub project. This script is available as a gist, but the last part of this article is structured as a practical exercise, to guide you to write it yourself.


Goal & methodology

Initially, I was struggling to find a tool that would produce graphs of a GitHub project issues & pull requests growth.

Some useful tools exist to analyze a project activity, like gitstats, that can generate a very complete graphical report of a git repository history, but does not provide any statistics on issues & PRs.

That is when I discovered the nf-core website page dedicated to measuring their project activity ÂŤ in numbers Âť, made by Phil Ewens. After asking permission to reuse them, I decided to write a Python script that would generate those graphs.

It happens that in the last few months I have written several Python scripts with a similar purpose: querying an HTTP API and generating an HTML page from this data.

Sounds simple, isn't it ? đŸ˜‰ It doesn't require complicated code, but there a few tips & tricks I used that I think are worth sharing, including how to program iteratively with code auto-reloading.

In the next sections I will describe in details the nuts and bolts of this approach. I'll start by describing some Python come that make a good starting point for this kind of script. Then I'll guide you through the steps needed to generated GitHub activity graphs.


Libraries

Before detailing what this script does, let's present its foundations: the libraries it uses.

Python libraries

In Python, it is standard to bundle code dependencies as packages, hosted on Pypi.

You can easily install the packages needed for this script by using pip:

pip install jinja2 livereload requests xreload

Now let's explain briefly what are those libraries useful for:

  • jinja2 allow to combine template files with code variables using a specific syntax made of mustaches like {{ }} or {% %}. In our case, we will generate a page.html file based on a template.html file.

  • livereload provides two services: it can .serve() files as an HTTP server, so that you will be able to navigate with your web browser to http://localhost:5500/page.html, and it can .watch() for changes on some target files, in our case in order to trigger a new generation of page.html and to instruct your browser to reload this page. This is made possible because livereload actually injects some Javascript code in the HTML of the pages it serves.

  • requests is maybe the most handy Pypi package ever, as it will allow you to perform HTTP requests easily. We do not use it in our initial minimal code, but we will need it in later steps to get data from GitHub.

  • xreload is initially a script written by Guido van Rossum and named xreload.py, but made Python3-compatible and uploaded on Pypi to make things easier. Its purpose is to hot reload a Python module. In our case that means, when we run ./build_page.py --watch-and-serve, to update all the objects in the running Python interpreter, each time we save new changes made on the file build_page.py.

Because Python comes with batteries included, it has many useful built-in modules. We rely on two of them here:

  • argparse is a powerful parser for command line arguments (things like --help or -n 1 passed to a program).

  • webbrowser will ask your default web browser to open a given URL.

Javascript libraries

Later on in this tutorial, I will introduce some Javascript code. So let's also mention JS libraries :

  • I used the same one to draw graphs as my model nf-core statistics page : the ChartJS library.

  • on other projects I often used DataTables JS, which adds very handy features to HTML <table> elements. Here is a starting code if you want to use it, in this case with jQuery:

<script>
const queryParams = new URLSearchParams(location.search);
$(document).ready(() => {
    $('#id-of-your-table').DataTable({
        pageLength: 100,
        order: [[ 0, 'asc' ]],
        search: { search: queryParams.get('search') || '', },
        createdRow: (row, data) => {
            console.log('data:', data);
            if (data[1].toLowerCase() === 'warning') {
                $(row).addClass('warning');
            }
        }
    });
});
</script>

Minimal starting code

I usually start with those 2 files:

  • template.html: nothing really fancy here, apart from the jinja2 {{mustaches}}, which will render the value of the variable name or display World if it is undefined or empty
<!doctype html>
<html lang="en">
  <head>
    <meta charset="utf-8">
  </head>
  <body>
    Hello {{ name or 'World'}} !
  </body>
</html>
#!/usr/bin/env python3
import argparse, sys, webbrowser
from os.path import dirname, join, realpath

from jinja2 import Environment, FileSystemLoader
from livereload import Server
import requests
from xreload import xreload


PARENT_DIR = dirname(realpath(__file__))


def main():
    args = parse_args()
    build_page(args)
    if args.watch_and_serve:
        watch_and_serve(args)

def parse_args():
    parser = argparse.ArgumentParser()
    parser.add_argument('--watch-and-serve', action='store_true')
    return parser.parse_args()  # reads sys.argv

def build_page(args):
    env = Environment(loader=FileSystemLoader(PARENT_DIR))
    with open(join(PARENT_DIR, 'page.html'), 'w') as output_file:
        output_file.write(env.get_template('template.html').render(name='Bob'))

def watch_and_serve(args):
    server = Server()
    server.watch('template.html', lambda: build_page(args))
    server.watch(__file__,        lambda: reload_script() and build_page(args))
    webbrowser.open('http://localhost:5500/page.html')
    server.serve(root=PARENT_DIR, port=5500)

def reload_script():
    return xreload(sys.modules[__name__], new_annotations={'RELOADING': True})


if __name__ == '__main__' and 'RELOADING' not in __annotations__:
    main()

Go and try it ! Create those files on your computer and call python3 build_page.py --watch-and-serve. A web page should open in your web browser. Now, without shutting down the script:

  • try to change the Hello word in template.html
  • try to change the value of the name variable on line 27 of build_page.py

Code structure

To start with, notice that the first line of the script is #!/usr/bin/env python3. This is called a shebang. If you make the Python file executable (e.g. by calling chmod u+x build_page.py), and invoke this script as a command (i.e. ./build_page.py), your shell will read this line and know it needs to use the Python 3 interpreter to execute the script coming after in the file. Moreover, by using env instead of specifying the exact path to the python3 command, we ensure that the correct interpreter will be used if using a virtualenv.

Now, if we focus on the functions only, and the order in which they are called in this script, we could summarize it like that:

main()
  parse_args()
  build_page()
  watch_and_serve()
    reload_script()

Those functions are defined top-down : starting from the program entry point to the most specific subroutines.

Let's go through them in details.

main

This is the program entry point. It is called when the script is loaded and both those conditional expressions are true:

  • __name__ == '__main__': this guard is very common in Python scripts, to avoid executing the main entrypoint if one just import functions from the module, e.g. with from build_page import parse_args.

  • 'RELOADING' not in __annotations__: this ensure the main function is not called when using xreload. The reload_script section will explain this further.

parse_args

This function define all the command line arguments that the script accept, perform their parsing and return and object args containing the corresponding flags.

Our script will have two main operating modes: either it will simply generate the HTML page and stop, or it will run indefinitely, serving the generated web page as an HTTP server and hot-reloading changes made to files.

To enable this later mode, we define a single boolean option. args.watch_and_serve will be True if --watch-and-serve is provided, and else its value will be False.

build_page

This function will contain our main logic. For now it only uses jinja2 to construct the resulting HTML page. Note that we pass the variables to use in the template to the .render method.

By using the PARENT_DIR constant, we ensure that the file paths used are all relative to the build_page.py script parent directory. This way, if we are in the directory /tmp in a console shell, and we call /var/scripts/build_page.py, the generated page.html will be created in /var/scripts.

watch_and_serve

This function basically configures livereload. It tells it to serve files in the PARENT_DIR directory on localhost:5500; to watch for changes made in the template.html file and then to rebuild page.html; to watch for changes made in the build_page.py (which is the value of __file__) and then to reload the script and rebuild page.html; and finally it opens http://localhost:5500/page.html in the default web browser.

reload_script

This function reload the current module (retrieved with sys.modules[__name__]) from the file build_page.py. In doing so, it adds an annotation RELOADING to the module, so that the main() function is not re-executed.


Adding features step by step

Now that we have our code skeleton, let's iterate while python3 build_page.py --watch-and-serve is running ! For each step below, let's add code to template.html & build_page.py to implement new features.

The goal here is to generate 2 graphs of GitHub issues and pull request over time for a given repository, taking inspiration from the nf-co.re website.

As this can make a good coding exercise, I'm going to explain for each step what I want to achieve, so that you can try it yourself. I'll provide the source code I ended up with myself after each step.

Step 1

First, let's focus on the HTML + Javascript part.

Having got approval from Phil Ewes & the nf-core project to reuse their layout, my first goal was to strip down the https://nf-co.re/stats page to the very minimal code that would display those graphs.

After copy-pasting the web page source code into the template.html file, you will realize that the rendered page is broken, because it has many dependencies to other JS & CSS files served on relative paths.

To fix this, for every <script> or <link> tag, either get rid of it (googletagmanager, leaflet, hammer.min.js, canvas2svg.js, FileSaver.js, jquery.tablesorter.min.js, popper.min.js, JS & CSS for code highlighting...) or replace it by a CDN-hosted version. I usually prefer to have all my dependencies on-disk and to serve them with livereload, but in the context of this exercise I prefer to keep things really simple and stick with only two source files.

Two special cases remain: nf-core.js, which on further inspection reveals to be useless in the context of those 2 graphs, and nf-core.css, which you can shorten up and incorporate as an inline <style> tag. Finally, get rid of all the unnecessary HTML & JS code, including the "Download as SVG" button.

The chartData[].data.datasets[].data array in the main inline <script> contains the data points to display in the graphs. You can also make it shorter. For now, just define a bunch of hardcoded dummy data points.

The resulting code at the end of this step: step1/.

Step 2

Now, let's prepare the data retrieval by setting up a local file cache and adding command line options.

Why using a cache ? Two reasons: to avoid hitting GitHub rate limit of 60 requests per hour if unauthenticated, and to speed things up by avoiding to repeat HTTP calls that have already been made.

The idea is to systematically write all the JSON responses to a dump.json file, and to use this file instead of making HTTP requests if the --use-dump option is passed to the script.

As you add this option to the argparse parser, use this occasion to introduce a required argument specifying which GitHub repository to target. Because the command line arguments are not parsed again on every "reload", you will have to restart the script when you edit the parse_args function, otherwise you'll get an

AttributeError: 'Namespace' object has no attribute ...

In terms of code structure, we're going to add two new functions, read_dump & write_dump. You can also factor-out the code dedicated to generate the HTML file into a generate_html function. Finally, initiate a get_github_stats function returning some dummy data: a dict with 2 fields: org_repo (a string) and issues (an array).

This is an opportunity to remove our hardcoded data from template.html, and inject it from the Python code by using jinja. Use this syntax to insert the charts data points: {% for x, y in issues %} ... {% endfor %}.

And to build the page title, use the org_repo variable like this:

<a href="https://github.com/{{org_repo}}">{{org_repo}}</a> in numbers

The resulting code at the end of this step: step2/.

Step 3

Next step: perform the data retrieval from GitHub API.

The data we need for our use case is relatively simple to obtain: all issues & pull requests information is accessible through the issues resource as a JSON document: https://api.github.com/repos/$org/$repo/issues.

We need to be careful about two things though:

  • by default closed issues are not returned, so we need to provide a state=all query parameter.

  • the data returned is paginated. To get all the data, we need to request this resource with an incrementing page query parameter as long as it does not return an empty response. Code tip: you can get a forever incrementing integer variable by using itertools.count:

for page in count(1):
    ...

As a bonus, for users with a GitHub account and willing to use this script authenticated, if a GITHUB_OAUTH_TOKEN environment variable is defined, you can pass it to the API as an HTTP header Authorization token.

Because the resulting github_stats['issues'] data is not correctly formatted for our template, we will stick with dummy data for now and implement a valid pre_process function in next step.

The resulting code at the end of this step: step3/.

Step 4

Finally, let's transform the data to fit our template needs.

The goal here is to use our github_stats['issues'] data to build the 4 arrays needed by our graphs:

  • open_issues_count_over_time
  • closed_issues_count_over_time
  • open_prs_count_over_time
  • closed_prs_count_over_time

Start by generating a dict named issues_per_creation_day that associate to a given day all the issues created on that date. collections.defaultdict may be useful here. You retrieve the creation date base on the created_at field in GitHub data, but you will have to shorten it because our date must have a format like 2019-05-10.

Once you have this issues_per_creation_day dict, you should be able to be build the other 4 arrays, by filtering issues depending on their state (closed or not), and if they have a pull_request field, indicating they are actually pull requests and not simple issues.

Finally, if you want the same result as the nf-core project activity statistics, take care to build cumulative statistics.

The resulting code at the end of this step: step4/.


Conclusion

This method can be applied in many other situations, whether an HTML page is involved or not. It is very useful and frequent to use this approach when coding video games for example, and I think that Markus @notch Persson used some code auto-reloading when he wrote his Ludum Dare entry Prelude of the Chambered.

If you want to streamline your code once you are satisfied with it, the whole watch-and-serve logic can be easily removed in the end.

I hope this Python code will be useful to you ! If you use this approach yourself, or if you're willing to give me some feedback on this article, please add a comment below đŸ˜‰ I'll try to answer you questions if you have any !

13 October 2019

Bruno CORNEC

The Europe Redfish Workshop Agenda is now available

Le 13 October 2019 à 22:23:11

Time is flying, and the Workshop is like winter, coming ! We now have the agenda available so you should be even more keen to attend that free event in Lyon the 31st of october !!

Let’s meet over there !

jzimmermann.png Jérémie ZIMMERMANN

[BloomBerg] France Set to Roll Out Nationwide Facial Recognition ID Program

Le 13 October 2019 à 10:00:00

France is poised to become the first European country to use facial recognition technology to give citizens a secure digital identity — whether they want it or not. […]

The government wants to funnel people to use Alicem and facial recognition,” said Martin Drago, a lawyer member of the privacy group La Quadrature du Net that filed the suit against the state. “We’re heading into mass usage of facial recognition. (There’s) little interest in the importance of consent and choice.” The case, filed in July, won’t suspend Alicem. […]

https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-10-03/french-liberte-tested…

[NDLRP : Let’s support our internet !]

12 October 2019

Matthieu SAULNIER

DNSSEC sur les sous-domaines

Le 12 October 2019 à 16:58:59

Bonjour à toi Lecteur, ça faisait un moment.

Aujourd'hui on va parler de quelque chose dont on a beaucoup entendu parler, qui inspire la crainte et l'espoir, l'orgueil et la peur. DNSSEC, ce système, permet de bloquer les serveurs DNS menteurs. Les serveurs DNS menteurs sont les résolveurs utilisés par les utilisateurs d'Internet, ce sont ceux des FAI pour le grand public, ce sont ceux des entreprises dans les grandes entreprises, et ceux d'OpenDNS ou Google pour les geeks.

Ces résolveurs ne sont pas trop à craindre, il y a peu d'abus, sauf sur les résolveurs des FAI qui suivent les censures d'État, OpensDNS qui applique une politique non-neutre, Google qui doit bien défendre ses intérêts, etc...

Et puis, en dehors des résolveurs, il y a d'autres mécanismes pour résoudre les noms en adresse IP directement implantés dans le système de chaque machine (/etc/hosts), et il y a le cache du navigateur en plus.

Comme tu le constates, cher Lecteur, il y a plein d'endroits où trouver des réponses à des requêtes DNS, mais il n'y a rien qui dit que la réponse est la bonne !

C'est pour résoudre ce problème simple qu'a été inventé DNSSEC. Il est très compliqué à mettre en place et demande beaucoup d'actions manuelles. Et le pire, c'est qu'il faut renouveler toutes ces actions tous les mois pour compenser la petite taille des clés cryptographiqes afin de maintenir un bon niveau de sécurité sur la zone DNS.

Autant dire qu'il parait impensable de le mettre en place dans ces conditions. Ceci était mon premier constat.

Il y a plein d'articles sur Internet qui expliquent comment installer DNSSEC, je mets de coté le fait qu'ils ont l'air compliqués, ce n'est pas le problème. Il y a deux problèmes en réalité.

Le premier est que tous ces articles expliquent comment mettre en place DNSSEC avec un bureau d'enregistrement (Registrar), sans expliquer le principe de base. Pour moi, c'est trop obscure, et je pense que ça a dû rebutter beaucoup de personnes.

Le second problème est que, si l'on ne peux pas comprendre le principe de base, comment peut-on appliquer le principe à ses sous-domaines. Je ne critique pas le fait qu'il n'y ait presque aucune documentation (vraiment aucune) sur le DNSSEC pour ses sous-domaines. Je ne suis pas un consommateur et je n'aime pas quand c'est tout cuit.

J'ai donc écumé le web, et j'ai trouvé cet article, qui explique à la perfection le principe de base, et qui rend applicable la technique à ses sous-domaines. On chauffe...

Et là, cher Lecteur, tu te dis :

Aoutch, il faut multiplier le travail par le nombre de zone DNS pour les sous-domaines ! /o\

Oui mais non. Grâce à cet article, j'ai pu suffisament bien comprendre la technique pour faire un script qui automatise *tout*.

Absolument "tout" ?

C'est obligatoire, le DNSSEC est une chaine, on ne peut pas reprendre la chaine à mi-chemin, en cours de route. Ça ne fonctionne pas comme ça.

C'est pourquoi le script ne peut pas fonctionner si l'on ne lui indique pas le domaine principal. Si on lui indique que le domaine principal, il va faire le job. Mais l'idée de ce script, c'est de lui indiquer autant de zones DNS de sous-domaine que l'on veut : il va faire le travail pour intégrer les sous-domaines à la zone du domaine principal. Le gain de temps est monstrueux.

On peut le relancer tous les mois ou toutes les semaines pour changer le salage. On peut le lancer tous les 3 mois pour changer toutes les clés cryptographiques. Il affiche dans la console toutes les informations utiles pour mettre à jours les enregistrements chez son Registrar.

Alors certes, ce billet n'est pas une énième doc sur le DNSSEC, mais je tenais à partager mon script, je le fais tourner intensément depuis 2 petites semaines, et les résultats sont bons...

Voici les dessins produits par un validateur en ligne, un schéma vaut mieux qu'un long discours :

Capture d’écran du 2019-09-28 23-04-09.png

Une idée d'amélioration : pouvoir intégrer DNSSEC sur une zone DNS d'un sous-sous-domaine.

Capture d’écran du 2019-09-28 23-04-54.png

Luc DIDRY

Scan­ner et impor­ter faci­le­ment ses livres sur Inven­taire.io

Le 12 October 2019 à 15:06:49

J’ai des livres. Plein. Peut-être trop. On s’en fout. Le truc, c’est qu’une belle collec­tion comme ça, c’est mieux quand elle est cata­lo­guée.

D’où mon inté­rêt pour inven­taire.io : c’est un plate-forme (libre !) sur laquelle on peut impor­ter ses livres, les marquer comme dispo­nibles au don ou au prêt, se connec­ter avec des gens, regar­der les inven­taires des uns et des autres, faire une demande de prêt…

C’est très simple d’em­ploi et si on four­nit l’ISBN d’un livre, la plate-forme va essayer de récu­pé­rer les données (auteur, couver­ture, synop­sis, etc) toute seule via wiki­data et d’autres sources de données. Très pratique donc. Le site propose même un scan­ner de code-barres ! Pile-poil avec un smart­phone, mais ça devrait même aussi fonc­tion­ner avec une webcam. On peut aussi utili­ser une appli­ca­tion de scan­ner de code-barres, on n’est pas obligé d’uti­li­ser celui du site.

Par contre, si scan­ner des codes-barres avec un télé­phone est pratique, véri­fier et vali­der les livres qui résultent du scan­nage sur le télé­pho­ne… c’est un peu bof. Surtout si comme moi vous scan­nez les livres par paquets de 50. L’idéal est donc de scan­ner avec son télé­phone et de vali­der sur l’or­di­na­teur…

KDECon­nect pour la liai­son télé­phone — ordi­na­teur

KDECon­nect est un outil très pratique pour contrô­ler son ordi­na­teur depuis son télé­phone : y envoyer des fichiers, gérer le lecteur multi­mé­dia… Et dans l’autre sens, on peut accé­der à l’es­pace disque de son télé­phone depuis son ordi­na­teur. Mais surtout, la killer feature, pour moi, c’est le partage du presse-papier : je copie un truc sur le télé­phone ou sur l’ordi et son contenu se retrouve dans le presse-papier de l’autre appa­reil.

Pour utili­ser KDECon­nect, il faut l’ap­pli­ca­tion KDECon­nect (dispo­nible sur F-Droid, je ne sais pas si elle est sur le play store) et sur l’or­di­na­teur, il faut instal­ler le paquet kdeconnect et lancer les appli­ca­tions (/usr/lib/x86_64-linux-gnu/libexec/kdeconnectd pour lancer la version ordi­na­teur depuis la ligne de commande pour une Debian). Il y a aussi une version pour Gnome : gscon­nect.

Ensuite, il faut que les deux appa­reils soient dans le même réseau. Après, il n’y a plus qu’à appa­reiller les appa­reils.

Barcode scan­ner sur le télé­phone

Instal­lez Barcode scan­ner (dispo­nible sur F-Droid) sur votre télé­phone et confi­gu­rez-le pour qu’il copie ce qu’il scanne dans le presse-papier.

On y est presque : avec ces deux outils, l’or­di­na­teur peut d’ores et déjà rece­voir dans son presse-papier les codes-barres que vous allez scan­ner.

Surveiller le presse-papier avec Clip­no­tify

J’ai trouvé un projet, Clip­no­tify qui permet de surveiller le contenu du presse-papier. Télé­char­gez la dernière version sur https://github.com/cdown/clip­no­tify/releases.

Enre­gis­trer les codes-barres dans un fichier

Vous aurez aussi besoin de xsel pour accé­der au contenu du presse-papier (Clip­no­tify ne donne pas le contenu de celui-ci, il se contente de regar­der s’il change), ainsi que de tee.

Ensuite vous n’au­rez plus qu’à lancer cette petite commande :

while clipnotify
do
    ISBN=$(xsel)
    echo $ISBN | tee -a /tmp/clip.log
done

Faites Ctrl+C pour arrê­ter.

NB: Je ne pipe pas direc­te­ment xsel vers tee car xsel ne fait pas de retour à la ligne. Notez aussi que vous pouvez vous passer de tee en faisant echo $ISBN >> /tmp/clip.log, mais j’aime bien voir direc­te­ment sur le termi­nal ce qui écrit dans /tmp/clip.log.

Pour une raison que j’ignore, chaque contenu de press-papier se retrouve écrit plusieurs fois dans le fichier /tmp/clip.log. Corri­ger le fichier n’est pas diffi­cile :

uniq /tmp/clip.log  | grep "^97"

Ou (au cas où on scanne le même livre deux fois par inad­ver­tance) :

sort -u /tmp/clip.log  | grep "^97"

Le grep est là pour se déba­ras­ser des codes-barres mal scan­nés : un ISBN comment toujours par 978 ou 979. Pensez à regar­der le numéro que vous indique avoir scanné Barcode scan­ner !

Voilà. Vous avez main­te­nant une belle liste d’ISBN qu’il nous suffit désor­mais de coller sur https://inven­taire.io/add/import 🙂

Et si vous voulez voir ce que j’ai dans ma biblio­thèque, vous pouvez aller voir sur https://inven­taire.io/inven­tory/framasky (mais je suis encore en train d’im­por­ter mes bouquins, j’ai pas fini de tout scan­ner).

EDIT (12/10/2019) : ajout du grep pour enle­ver les codes-barres mal scan­nés.

Crédit : Photo par Eli Fran­cis sur Unsplash

de_crevoisier.png LE-ROUTEUR-WIFI.COM

Comment et pourquoi tous les appareils chez-vous partagent-ils la même adresse IP ?

Le 12 October 2019 à 04:57:53

La majorité des utilisateurs d’internet utilisent chez eux un abonnement FAI qui fournis une seule adresse IP au routeur. C’est cet appareil qui s’occupe ensuite de distribuer internet à tous les appareils connectés. Cela est en contradiction avec le principe de contact direct d’appareil à appareil autours duquel internet a été développé. Cependant nous n’avons qu’un nombre d’adresses IP limités pour le monde – et on arrive à court !

Les adresses IP publiques : Une ressource limitée

Il existe moins de 4.2 milliards d’adresses IPv4 disponibles. En d’autres termes, il y a plus d’appareils connectés dans le monde que d’adresses IP disponibles. Internet arrive à court d’adresses IPv4, même si elles sont rationnées.

Plutôt que de vous assigner une nouvelle adresse IP pour chaque nouvel appareil chez-vous, votre FAI (Fournisseur d’accès à Internet) ne vous donne qu’une seule adresse IP.

Adresse IP Publique ou Privée : La différence

Votre routeur est connecté directement au réseau internet, et dispose d’une adresse IP publique (qui peut changer avec le temps). Votre routeur est ensuite en charge de partager cette adresse publique avec tous les appareils connectés chez vous.

Votre routeur donne par ailleurs, une adresse IP locale aux appareils connectés au réseau. Cela leurs permet de communiquer entre-eux sans passer par internet, toutes les communications restent derrière le routeur et se font directement chez vous. Cependant ces adresses IP locales ne sont pas accessibles depuis internet.

Par exemple, admettons que votre adresse IP publique soit 23.24.35.33. En entrant cette adresse IP dans un navigateur internet, n’importe-qui peut contacter directement votre routeur. Si l’adresse locale de votre PC est 192.168.2.10, et que vous essayez d’accéder à cette adresse depuis internet, vous joindrez simplement l’adresse 192.168.2.10 sur le réseau local où vous vous trouvez.

C’est un peu compliqué mais je vous propose une petite comparaison imagée pour mieux vous représenter la différence :

Imaginons qu’une entreprise ait l’adresse postale : 230 Rue Kézistepa, 13000 Marseille, France. Tout le monde peut écrire une lettre à cette adresse et l’envoyer par la poste pour contacter l’entreprise, c’est son adresse publique. Dans cette entreprise les employés utilisent un système de lettres pour communiquer d’un service à l’autre (c’est ringard depuis l’apparition des e-mails mais on n’est pas là pour juger). Les employés peuvent donc envoyer une lettre au service Vente de l’entreprise en indiquant sur l’enveloppe simplement « Service Vente ». Cependant n’importe-qui dans le monde ne pourra pas contacter le service vente de cette entreprise en postant un lettre pour le « Service Vente », c’est une adresse unique privée accessible uniquement depuis l’entreprise.

Traduction d’adresse réseau et Redirection de ports

Lorsque vous vous connectez à un autre appareil sur internet – un serveur web pour charger un site internet par exemple – votre ordinateur envoie les informations via votre routeur. Votre routeur modifie ensuite les paquets et attribue un port unique à chaque connexion sortante du routeur. Lorsque le site web vous renvoie des données, il les renvoient à ce port spécifiquement et votre routeur sait qu’il doit faire suivre ces données au périphérique à l’origine de la connexion. C’est ainsi que les routeurs gèrent le trafic internet de plusieurs appareils à la fois en utilisant une seule adresse IP publique.

Cependant ce type de communication peut échouer lorsque le trafic entrant n’est pas demandé. Par exemple, si quelqu’un essaye de se connecter à l’adresse IP de votre routeur depuis internet, ce dernier ne sait pas où envoyer ce trafic. Dans ce genre de cas, tout ce que le routeur peut faire, c’est simplement ignorer le trafic. Cela fait de votre routeur un pare-feu pour toute communication entrante non désirée.

Si vous voulez recevoir ce trafic entrant, vous pouvez mettre en place une redirection de ports sur votre routeur. Par exemple, il est possible de dire à votre routeur que vous hébergez un serveur Minecraft sur le port 25565 sur une adresse IP locale précise. Lorsque votre routeur va recevoir une connexion sur le port 25565, il sait qu’il doit envoyer ce trafic à l’adresse IP locale spécifiée. C’est pour cette raison qu’il est souvent nécessaire d’ouvrir des ports lorsque vous utilisez une application qui fonctionne en serveur en recevant des requêtes extérieures au réseau local.

Deux futurs possibles

Comme mentionné plus haut, nous arrivons à court d’adresses IPv4 malgré le rationnement de celles-ci. A long terme, chaque appareil aura sûrement sa propre adresse IP. Cependant à court terme, il est possible que vous n’ayez même pas une adresse IP publique rien qu’à vous…

  • Une adresse IPv6 pour chaque appareil : Le nombre d’adresses IPv4 maximum est d’un peu moins de 4.2 milliards d’IP, cependant IPv6 dispose de 2128 adresses IP différentes. Cela représente 340282366920938463463374607431768211456 adresses IP différentes, soit 50100000000000000000000000000  adresse IP par personne sur terre. Une fois qu’IPv6 sera plus démocratisé pour remplacer IPv4 , on pourra certainement fournir une adresse IP différente pour chaque appareil.

  • NAT de classe opérateur : En ce moment certains FAI ont du mal à fournir une adresse IP unique à chacun de ses clients. Le NAT de classe opérateur est une solution proposée par certains FAI. Un FAI utilisant un NAT de classe opérateur garderait ses adresses IP publiques pour lui-même. Le NAT ferait alors office de « routeur géant » qui permet de distribuer les adresses IP locales à tous ses clients. Malheureusement cela représente quelques contraintes pour les utilisateurs avancés d’internet : il est impossible d’utiliser un logiciel qui fonctionne comme serveur (impossible de rediriger les ports du NAT de l’opérateur) et on ne dispose pas d’une adresse IP publique unique sur internet.

A sa création, internet n’as pas été pensé pour accueillir autant d’appareils et les limitations imposées par les adresses IPv4 commencent à poser des problèmes de disponibilité. Le passage au système IPv6 va nous permettre de disposer de bien plus de  d’adresses disponibles à l’avenir.

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11 October 2019

april.png Nouvelles April

Comprendre et agir contre les DRM en écoutant « Libre à vous ! »

Le 11 October 2019 à 09:21:29

L'overdose des DRM

Dans le cadre de la Journée internationale contre les DRM (« menottes numériques ») samedi 12 octobre 2019, nous vous invitons à écouter et partager les podcasts de deux émissions Libre à vous ! consacrées en partie aux DRM. Libre à vous ! est l'émission de l'April, chaque mardi de 15 h 30 à 17 h, sur la radio Cause Commune et en podcast.

Cette journée est l'occasion de rappeler à quel point ces menottes numériques sont dangereuses pour toute personne utilisant ou développant des logiciels libres, et empêchent pour tout le monde des usages, pourtant tout à fait légitimes, des œuvres.

Chronique « Itsik Numérik » sur les DRM (12 minutes)

Lors de l'émission du 8 octobre 2019, Emmanuel Revah a fait sa première chronique « Itsik Numérik » sur les DRM.

Écouter en ligne

Discussion sur les DRM lors de l'émission du 4 septembre 2018 (42 minutes)

Lors de l'émission du 4 septembre 2018, Frédéric Couchet, délégué général de l'April, et Étienne Gonnu, chargé de mission affaires publiques, ont discuté des menottes numériques avec Jean-Baptiste Kempf (président de VideoLAN, l’association qui gère VLC media player et fondateur de la société Videolabs qui crée des services autour de VLC et, plus généralement, des nouveautés autour de la vidéo) et Marie Duponchelle (avocate, docteur en droit, département Droit de l’immatériel, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteure d’une thèse intitulée « Le droit à l’interopérabilité : études de droit de la consommation », Marie Duponchelle a été stagiaire à Videolan, puis à l’April il y a quelques années).

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Émission « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (15 octobre 2019) - Regards Citoyens - Loi République numérique - Sensibilisation

Le 11 October 2019 à 08:15:26

15 Octobre 2019 - 15:30
15 Octobre 2019 - 17:00

Photo d'illustration de l'émission

La quarantième émission Libre à vous ! de l'April sera diffusée en direct sur radio Cause Commune sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur le site web de la radio, mardi 15 octobre 2019 de 15 h 30 à 17 h 00. Le podcast de l'émission et les podcasts par sujets traitées sont disponibles dès que possible, quelques jours après l'émission en général.

Notre sujet principal portera sur le collectif Regards Citoyens. Au programme également : la chronique de Xavier Berne, journaliste à Next INpact, sur les trois ans de la loi pour une République numérique;la chronique d'Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l'April, sur les actions en cours du groupe de travail Sensibilisation.

Si vous souhaitez poser une question en direct, pendant la diffusion de l'émission, vous pouvez appeler le 09 50 39 67 59 ou vous connecter sur le salon web.

Écouter le direct mardi 15 octobre 2019 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h.

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Le ministère des Armées va-t-il enfin commencer sa cure de désintoxe ?

Le 11 October 2019 à 06:07:55

Vendredi 11 octobre 2019, la sénatrice Christine Prunaud a déposé une question écrite pour savoir de quelle manière le ministère des Armées comptait intégrer la « maîtrise des codes sources » dans les critères des négociations à venir pour la possible reconduite de l'Open Bar Microsoft, l'actuel s'achevant en 2021.

Mme Christine Prunaud attire l'attention de Mme la ministre des armées sur le partenariat de notre armée au logiciel de la société Microsoft. Le renouvellement du contrat nommé « open bar » pour les années 2017-2021 s'est effectué dans la discrétion la plus totale, sans aucune communication officielle du ministère. Établi pour la première fois en 2009 et renouvelé depuis deux fois, ce contrat n'a donné lieu à aucun appel d'offres ni à aucune procédure publique, malgré les recommandations des experts militaires. Les nombreux experts de la sécurité et de la souveraineté ont émis des avis défavorables sur cet accord qui lie le ministère aux intérêts de l'entreprise Microsoft. Ils rappellent également l'impérieuse nécessité dans ce domaine de maîtriser les codes sources. D'autres solutions ont pourtant été trouvées par d'autres corps militaires comme la gendarmerie qui a réussi à se passer des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) pour mettre en place des logiciels libres. Les questions de sécurité nationale ou de secret défense, souvent opposées aux demandes de transparence sur des sujets comme les ventes d'armes, ne sauraient être utilisées dans ce domaine de la souveraineté numérique. C'est pourquoi, alors que le partenariat devrait s'achever en 2021, elle lui demande si le ministère entend intégrer le critère de la maîtrise des codes sources dans le futur appel d'offres.

Depuis 2009 le contrat Open Bar, dans ses renouvellement successifs, organise la dépendance du ministère des Armées aux logiciels de Microsoft. Un accord contre lequel l'April n'a de cesse de lutter pour en désigner les effets néfastes et réclamer la transparence sur les conditions de sa conclusion. En août 2017 nous apprenions ainsi le renouvellement, pour quatre ans, de l'accord Open Bar entre Microsoft et le ministère. Dans « la discrétion la plus totale », pour reprendre les termes de la Sénatrice Christine Prunaud, puisque cette information nous était parvenue non pas par une publication au Bulletin officiel des marchés publics, comme la loi l'exige, mais par une réponse à une question écrite de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam.

Dans cette réponse de 2017, la ministre des Armées informait qu'une feuille de route serait établie en 2018, « indiquant à la fois le calendrier et les applications pour lesquelles il serait pertinent de passer au logiciel libre ». Sans surprise, aucune suite n'a été donnée… Deux ans plus tard cette nouvelle question écrite sonne donc comme un nécessaire rappel face à l'incapacité du ministère à faire œuvre de transparence sur ce dossier.

La temporalité de cette question n'est évidemment pas anodine puisqu'elle s'inscrit dans les suites de la publication du rapport de la commission d'enquête du Sénat sur la souveraineté numérique le 1er octobre 2019 qui relevait page 155 1 :

« Lors des auditions menées par notre commission d’enquête, il ne nous est pas apparu formellement que l’État, dans ses politiques d’achats de matériels et de logiciels informatiques, avait une doctrine générale pour intégrer dans ses appels d’offre cette dimension essentielle de la sécurité des données. Pour s’assurer du respect d’un cahier des charges qui intégrerait cette exigence, il lui faudrait se doter de moyens d’analyse des solutions proposées dont la plupart des ministères semblent dépourvus. Plusieurs de nos interlocuteurs ont souligné que la lisibilité totale des codes sources des programmes informatiques pouvait être une des conditions essentielles de la souveraineté de l’État sur ses moyens numériques. »

Rappelons en outre que l'intégration de la « maîtrise des codes sources » doit s'inscrire dans une réflexion de fond pour lever les barrières, technique et juridique, à l'accès et aux modifications de leur logiciel. En somme, le ministère de l'Armée, à l'instar de ce qu'à fait la Gendarmerie nationale, doit s'engager résolument en faveur du logiciel libre.

10 October 2019

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Comment mettre une adresse IP fixe sur votre routeur ?

Le 10 October 2019 à 03:18:51

Tous les routeurs, récents ou plus anciens, permettent à leurs utilisateurs d’assigner une adresse IP fixe aux appareils en réseau. Je vous propose sur cette page de découvrir comment et pourquoi il est intéressant d’utiliser des adresses IP statiques sur votre réseau.

Vous avez été plusieurs à me laisser des commentaires concernant des IP fixes et j’ai décider d’en faire un article pour vous aider à comprendre ce concept :

« Bonjour
Est ce que votre firmware retire les limitations comme celle de ne pouvoir que 64 IP fixes. Personnellement j’ai bien plus d’équipement et je me trouve bloquer par cette limitation absurde!

De même que dans le contrôle parental, limitation à 16 équipements.

Merci »

DHCP ou IP statique ?

Pour mieux comprendre l’utilisation des adresses IP fixes fixes, commençons par expliquer le paramètre IP dont la majorité d’entre-vous doit utiliser actuellement.  La grande majorité des réseaux modernes y compris les petits réseaux personnels à la maison, utilisent le DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol). Le protocole DHCP permet d’assigner automatiquement une nouvelle adresse IP à chaque nouvel appareil qui se connecte au réseau sans interaction nécessaire de l’utilisateur ou de l’administrateur réseau. Prenons un exemple pour montrer à quel point le DHCP nous simplifie la vie…

Imaginons qu’un de vos amis vous rende visite avec son ordinateur. Il veut se connecter à votre réseau pour accéder à internet, vous lui donnez donc le mot de passe WiFi pour se connecter et c’est fini. Sans DHCP, vous auriez du vous connecter à un ordinateur pour accéder au panneau de configuration de votre routeur et assigner une adresse IP libre manuellement à l’appareil de votre ami (par exemple 10.0.0.99). L’adresse est alors « réservée » pour cette appareil et elle lui sera attribuée à chaque connexion.

Avec le DHCP cependant, c’est bien plus simple. Votre ami se connecte au réseau du routeur grâce au mot de passe que vous lui avez fourni et dès que la connexion est établie entre l’ordinateur et le routeur, le DHCP du routeur cherche une adresse IP libre dans son répertoire et assigne automatiquement l’une d’elles au nouvel appareil. Lorsque vous ami se déconnecte, l’adresse IP est libérée et retourne dans la réserve d’IP libres. Lorsqu’il reviendra se connecter une autre fois, il n’est donc pas sûr de récupérer la même adresse : ça s’appelle une IP dynamique.

Tout ceci se passe en un instant sans que vous ne puissiez le voir et, si votre routeur ne bug pas, vous n’aurez jamais à vous en inquiéter ou vous y intéresser car tout se déroule en tâche de fond. Pour la majorité des utilisateurs, le système DHCP est très pratique et permet donc de se connecter au réseau facilement. Il existe cependant certaines situations où l’utilisation d’IP fixes est plus intéressant…

Quand faut-il utiliser une adresse IP statique ?

Voyons ensemble quelques situations qui pourraient nécessiter que vous utilisiez une adresse IP fixe.

  • Vous avez besoin d’une résolution de noms fiable sur votre réseau pour y trouver les ordinateurs facilement et efficacement. Bien que les protocoles de réseau aient évolué au fil des ans, utiliser un protocole de résolution de noms plus simple comme SMB (Server Message Block) sera la plupart du temps le plus simple, mais avec certaines applications il n’est tout simplement pas adapté. Par exemple, si vous voulez synchroniser un média sur XBMC, l’adresse IP de votre source sera nécessaire. Dès que vous comptez localiser précisément et rapidement un appareil sur votre réseau (dans notre exemple XBMC : l’appareil client doit trouver l’appareil source du média), l’attribution d’une adresse IP statique sera la solution la plus simple. L’attribution d’adresse IP fixe sur un réseau reste la méthode la plus stable et moins source d’erreurs aujourd’hui.

  • Vous voulez attribuer un schéma d’adresses IP facile à comprendre pour les utilisateurs aux appareils de votre réseau. Dans la vie de tous les jours, vous n’avez probablement pas d’intérêt à attribuer une adresse précise à l’ordinateur de votre ami : une adresse IP assignée par défaut fera l’affaire. Cependant si vous avez chez vous des appareils (Raspberry, serveur, NAS…) auquel vous devez accéder via une ligne de commandes grâce à leurs adresse IP. Il peut-être très intéressant de leurs assigner une adresse fixe pour éviter de perdre du temps à l’avenir. De plus en choisissant l’IP de ces appareils vous pouvez choisir des chiffres précis que vous n’aurez pas de mal à retrouver par la suite. Par exemple, si je laissais le DHCP activé sur mon routeur, mon Raspberry Pi changerait régulièrement d’adresse et je ne pourrais pas y accéder aussi facilement via son adresse IP depuis un autre appareil sur le réseau. Je lui ai donc assigné une adresse IP fixe facile à retenir pour moi pour simplifier sa configuration.
  • Vous utilisez une application qui repose essentiellement sur les adresses IP des appareils connectés. Certaines applications nécessiteront spécifiquement une adresse IP pour communiquer avec d’autres appareils sur le réseau. Dans ce genre de situation il serait vraiment peu pratique de devoir changer l’adresse IP de l’appareil cible à chaque fois que le DHCP la change. Assigner une adresse IP fixe à l’appareil en question peut rendre l’utilisation de l’application bien plus aisée et agréable.

Comment assigner une adresse IP statique ?

Avant que vous ne commenciez à distribuer des adresses IP statiques à droite et à gauche, revoyons ensemble quelques conseils réseau de base pour vous éviter de faire des erreurs.

Tout d’abords nous allons vérifier quelle plage d’adresses IP est disponible sur votre routeur. Votre routeur devrait disposer de deux plages d’IP : une plage d’IP complète et une limitée réservée au DHCP. La plage d’IP complète disponible sur un routeur wifi classique est habituellement de 10.0.0.0 à 10.255.255.255 ou de 192.168.0.0 à 192.168.255.255. Et dans cette plage complète, une partie des adresses est réservée aux IP fixes, habituellement elle comprends 252 adresses de 10.0.0.2 à 10.0.0.254 par exemple. Une fois que vous connaissez les deux plages d’attribution d’adresses IP, voici comment vous devriez procéder pour attribuer une adresse IP fixe :

  1. N’utilisez jamais une adresse qui se termine par .0 ou .255. Ces adresses spéciales sont habituellement réservées aux protocoles réseaux. c’est pour cela que la plage DHCP donnée en exemple ci-dessus termine par .254.
  2. N’utilisez jamais une adresse au tout début de la plage d’IP disponible. Par exemple les adresses 10.0.0.1 ou 192.168.0.1 sont généralement utilisées par le routeur. Même si vous avez modifié l’adresse IP de votre routeur pour des raisons de sécurité, je vous déconseille d’utiliser l’ancienne adresse du routeur comme adresse IP statique.
  3. N’utilisez jamais une adresse hors de la plage d’IP totale disponible. Si votre routeur a une plage d’IP allant de 10.0.0.0 à 10.255.255.255, toutes les IP que vous allez assigner devront être comprises dans cette plage (et suivre les deux premières règles). Cette plage comprenant plus de 17 million d’adresses, vous devriez parvenir à en trouver une qui vous conviens.

Certaines personnes préfèrent n’utiliser que des adresses en dehors de la plage DHCP (par exemple, ils n’utilisent jamais les adresses de 10.0.0.2 à 10.0.0.254 pour leurs IP fixes), mais pour un réseau particulier, je ne penses pas que cela ait un réel intérêt. Il y a peu de chances que vous utilisiez plus de 252 appareils connectés à votre réseau, donc vous ne devriez probablement pas vous en soucier non plus.

Bien, maintenant que vous avons une liste d’adresses statiques libres, nous allons pouvoir commencer à les attribuer via le panneau de configuration du routeur. Pour vous y connecter, je vous propose un tuto complet.

Une fois connecté au « back-office » (panneau de configuration) du routeur, nous allons nous rendre dans la partie « LAN » ou « serveur DHCP » du menu. Vous devriez y trouver les paramètres de configuration du serveur DHCP ainsi qu’une partie pour attribuer manuellement des adresses IP aux appareils connectés au réseau. C’est la partie qui nous intéresse.

Pour identifier les appareils connectés au réseau, le routeur va vous proposer soit l’identifiant réseau qu’ils portent, soit leurs adresse MAC. Sélectionnez l’appareil que vous voulez modifier dans la liste et entrez dans la partie « Adresse IP associée » l’adresse que vous aurez choisi en suivant les 3 règles ci-dessus.

La majorité des routeurs domestiques permettent d’assigner un nombre limité d’adresses IP avec leurs Firmware par défaut. Il reste cependant possible d’y installer un logiciel tiers comme DD-WRT qui vous permettra d’assigner autant d’IP statique que vous le souhaitez.

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08 October 2019

april.png Nouvelles April

« Libre à vous ! » diffusée mardi 8 octobre 2019 sur radio Cause Commune - Logiciels libres et seniors - DRM - Stone From The Sky

Le 08 October 2019 à 13:30:00

Au programme : logiciels libres et les seniors; interview du groupe Stone From The Sky ; première chronique « Itsik Numérik » d'Emmanuel Revah sur les DRM (« menottes numériques »).

Libre à vous !, l'émission pour comprendre et agir avec l'April, chaque mardi de 15h30 à 17h sur la radio Cause commune (93.1 FM en Île-de-France et sur Internet).

La trente-neuvième émission a été diffusée mardi 8 octobre 2019.

Nous avons commencé par la première chronique d'Emmanuel Revah sur les DRM (« menottes numériques »). Nous avons enchaîné avec notre sujet principal qui portait sur logiciels libres et seniors avec Alain Casier, conseiller en formation continue retraité, bénévole dans un centre social parisien et Claude Guedj, comédien. Nous avons poursuivi par l'interview de Dimitri Even du groupe Stone From The Sky. Nous avons terminé par des annonces.

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Podcasts des différents sujets abordés

N'hésitez pas à nous faire des retours sur le contenu de nos émissions pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat).

Personnes participantes

Les personnes qui ont participé à l'émission :

  • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
  • Alain Casier, conseiller en formation continue retraité, bénévole dans un centre social parisien
  • Claude Guedj, comédien
  • Dimitri Even de Stone From The Sky et de l'AMMD
  • Emmanuel Revah
  • Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l'April, à la régie

Galerie photos

Vous pouvez voir quelques photos prises pendant l'émission.

Références pour la chronique « Itsik Numérik » d'Emmanuel Revah sur les DRM

Références pour la partie logiciels libres et seniors

Références pour l'interview du groupe Stone From The Sky

Références pour la partie sur les annonces diverses

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

Décryptualité du 7 octobre 2019 - Les moteurs de recherche

Le 08 October 2019 à 06:37:47

Écouter ou télécharger le décryptualité du 7 octobre 2019 (16 minutes)
Decryptualité sur Mastodon
Les moteurs de recherche nous dominent (surtout un).

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Test de Private Internet Access

Le 08 October 2019 à 03:49:09

Depuis le temps que nous en parlons, nous n’allons pas refaire un topo complet sur ce qu’est (ou ce que n’est pas…) un VPN. Je suis certain que vous avez toujours en tête qu’un VPN (Virtual Private Network) est un réseau virtuel chiffré, entre vous et un serveur tiers. Ce serveur tiers effectuera pour vous les requêtes que vous lui demandez, et vous renverra les données.

Les intérêts sont multiples, comme par exemple de protéger votre vie privée en chiffrant vos échanges entre votre machine et le serveur VPN, ou bien encore de pouvoir géolocaliser votre adresse IP dans un pays différent du votre. Changer la localisation de son adresse IP servant bien évidemment à pouvoir contourner certains blocages, comme ceux relatifs aux droits de diffusion sur certains médias, ou bien la censure étatique dans certains pays.

Aujourd’hui, c’est à un prestataire de service VPN que nous allons nous intéresser. Private Internet Access.

Private Internet Access est une société détenue par le groupe London Trust Media, qui possède aussi notamment Freenode IRC. C’est une entreprise qui a été créée en 2010 et qui propose un abonnement VPN moderne, fiable et à un prix très correct vis-à-vis des autres acteurs du marché.

Le VPN Private Internet Access

Des prestataires VPN il y en a maintenant pléthore, mais il est malheureusement assez rare qu’ils regroupent tout ce que l’on aimerait trouver dans un tel service. Les prestataires VPN peuvent être gratuits, et bien souvent, ils vendent vos données personnelles pour continuer à subsister ou bien payant et certains dépassent la centaine d’euros par an. Ils peuvent être peu cher, et disposer d’une technologie vieillissante et peu sûre, ou bien au top du domaine, mais être bien plus cher. Certains acceptent le téléchargement P2P, d’autres non. Certains disposent d’une multitude de serveurs disséminés partout dans le monde et d’autres ne couvrent qu’une petite poignée de pays. Enfin certains fournisseurs conservent vos logs de connexion et d’autres non.

Bref, ce n’est pas facile de trouver un fournisseur VPN qui cumule un maximum de qualités.

Mais alors Private Internet Access dans tout ça ?

L’abonnement

Il est vraiment très intéressant, et il vous suffira de faire un petit tour par les sites de la concurrence pour vous en convaincre. Comme bien souvent dans ce genre de marché, le prix sera dégressif, suivant combien vous achèterez de mois en une seule fois.

Le prix pour un mois est de 6.95$ là où beaucoup d’autres fournisseurs VPN se situent autour des 9 ou 10 dollars. Le prix pour 6 mois est de 35.85$, ce qui fait un prix au mois de 5.99$. Et enfin, ce qui nous intéresse le plus car c’est bien souvent la formule qui est choisie, l’année complète vous coûtera 39.95$ (soit que 4$ de plus que pour 6 mois, il faudrait être bête pour hésiter…)

Les prix pratiqués sont donc extrêmement corrects, et croyez-moi je sais de quoi je parle, j’ai longtemps travaillé dans ce milieu. Mais des prix seuls ne veulent pas bien dire grand-chose, tout dépend de ce que vous obtiendrez pour ce tarif.

Avec Private Internet Access, en avez-vous pour votre argent ?

Les services

Nous l’avons vu, généralement, lorsque le prix du VPN est aussi intéressant, il y a anguille sous roche au niveau des services proposés, et avec Private Internet Access, ce n’est pas du tout le cas.

Les principaux protocoles VPn sont proposés par l’application, PPTP, L2TP, OpenVPN, il ne semble que manquer l’IKEV2 pour les portables, mais c’est déjà très intéressant.

De plus, un proxy vous permettra de regarder la télévision et le streaming à l’étranger sans même connecter votre VPN. Ce n’est pas tout puisque bien d’autres services viennent se greffer à cette offre déjà généreuse, comme par exemple la possibilité de pouvoir connecter jusqu’à 10 appareils en simultané, ou bien un bloquer de pub intégré (par DNS menteur), et le tout est regroupé au sein d’une application, pour le moins agréable.

Et c’est vraiment le moins que l’on puisse dire de cette appli. Comme je l’ai dit, j’ai longtemps travaillé pour une boîte proposant un service VPN, et l’application de Private Internet Access, est vraiment la plus jolie que j’ai vu. Chapeau au graphiste. Toutes les principales options sont facilement accessibles, et l’appli est très ergonomique.

Cette application est disponible sur Windows (bien entendu), et Mac, mais aussi pour les appareils mobiles iOS et Android. Il est également possible de se procurer l’application si vous tournez sous Linux, mieux encore, il existe une extension pour Chrome, Opera et Firefox… et pour les appareils qui ne possèdent pas d’application dédiée, il sera toujours possible d’installer manuellement une connexion.

Bon tout à l’air merveilleux, mais où est le piège ? C’est un VPN peu cher et avec les mêmes services que les plus grands noms du marché, mais alors, il n’y a pas assez de serveurs ou, alors ils ne sont localisés que dans deux ou trois pays ?

Les serveurs

Et bien en fait pas du tout ! Private Internet Access dispose de plus de 3000 serveurs répartis dans 32 pays (52 régions) … vous ne devriez pas avoir trop de problème à trouver une connexion près de chez vous ou à l’autre bout du monde qui réponde à vos besoins. Tant que nous parlons de l’emplacement des serveurs, évoquons tout de suite la question qui fâche, Netflix.

Vous n’êtes pas sans le savoir, Netflix bloque les adresses IP des serveurs VPN identifiés comme tels. En gros, et pour faire simple, en plus des listes déjà existantes, si Netflix se rend compte qu’à un moment T 300 utilisateurs utilisent leur plateforme depuis une seule IP, cette IP est automatiquement bannie.

Bon nombre de prestataires VPN ont tout bonnement arrêté ce jeu du chat et de la souris avec Netflix et d’autres fournisseurs de VOD. Car à chaque blocage d’un serveur, il faut changer l’adresse IP de ce dernier, ce qui coûte en temps et en argent. Mais pas Private Internet Access qui continu, à l’heure où j’écris ces lignes de proposer un accès à Netflix US.

La performance

C’est inhérent à l’utilisation d’un VPN, votre bande passante va baisser. Voilà, c’est comme ça, on n’y peut rien. Mais tout est question de savoir dans quelles proportions cela baisse ! Je connais certains petits prestataires VPN qui se vantent de disposer d’énormément de serveurs, mais certains sont carrément inutilisables du fait de cette perte de bande passante.

Bon je vais vous faire grâce des graphiques et des explications techniques qui ne vous intéresseront pas, pour les remplacer par un petit retour d’expérience simple et à mon avis plus parlant.

J’habite en France, et j’ai une connexion VDSL 2 + de 100 mb/s, et oui ici on n’a toujours pas la fibre, mais bon ça pourrait être pire. Donc, je me suis connecté, en L2TP au travers de la très belle application de Private Internet Access à l’un de leurs trois serveurs du Royaume-Uni, résultat, je perds 20% de ma bande passante. Ce qui en d’autres termes n’est pas perceptible lors d’un usage non intensif à plusieurs machines de ma connexion.

C’est pour moi, un résultat très satisfaisant pour regarder BBC Iplayer, ITV ou All 4. Connecté aux Etats-Unis, la baisse était de mon côté un peu plus importante, mais Netflix tournait très bien, sans ralentissement, sans dégradation de l’image et sans freeze.

Nous serions donc en face d’un VPN rapide, peu cher, efficace et proposant plein d’options ? Et bien en fait, oui. Pour être très honnête, c’est quasiment au niveau d’un très grand nom du marché comme Express VPN, sauf que Private Internet Access est beaucoup, beaucoup moins cher…

Conclusion

Si le pays auquel vous avez besoin d’être connecté figure dans la liste des serveurs de Private Internet Access, alors foncez. Tout simplement. C’est fiable, pas cher, réglo, il n’y a vraiment rien à dire, et si vous êtes un fidèle lecteur, vous devez savoir que si j’avais trouvé un ou plusieurs défauts importants je ne me serais pas privé pour vous le dire ! Certains constructeurs ou prestataires en ont déjà fait les frais !

J’ai essayé de vous faire découvrir le service, car moi il m’a séduit, plutôt que de vous faire une énumération technique imbuvable et ennuyeuse, mais pour ceux que ça intéresse, sachez également que le service est hermétique aux fuites DNS, et que l’appli propose du split tunneling (si vous ne savez pas ce que c’est, une partie de votre flux passe par le VPN et une partie non). Bien entendu, pour ceux qui sont assez téméraires pour télécharger, sachez que l’appli est équipée d’un Kill switch, et donc, qu’en cas de rupture de la connexion VPN, vos téléchargements seront stoppés, pratique non ?

Enfin je finirais en disant à ceux d’entre vous qui deviennent de plus en plus méfiants quant à ce qui circule de vous sur Internet, qu’il est possible d’installer directement la solution sur votre routeur, et ainsi de protéger, en une seule fois, tous les appareils de votre maison.

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07 October 2019

tnitot.png Tristan NITOT

Un (dernier ?) En Vrac

Le 07 October 2019 à 17:59:00

velo en bord de mer

J’ignore ce que cette rubrique En Vrac va devenir. En effet, j’ai arrêter d’utiliser Twitter pour l’instant, comme je l’expliquais dans le tweet ci-dessous. Avec mes nouvelles responsabilités, je n’ai plus envie d’utiliser mon temps et mon énergie à débattre sur Internet. Arrêter Twitter est difficile (c’est une addiction) et un soulagement (de mettre fin à une addiction). On verra si je reprends un jour. On verra. En attendant, je suis sur Mastodon, pour ceux que cela intéresse.

Comme une sourde envie de fermer mon compte Twitter. Ras le bol de ce feu de poubelle permanent où s’entrechoque des egos alimentés par des certitudes absolues à géométrie variable

Voici donc une série d’articles qui m’ont intéressé :


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Mise à jour: Le 14 October 2019 à 23:03:44